‹ L'Homme selon la science et la foiChapitre 5 sur 31 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

paroles; elle est à la lutte et aux actes virils. A nous, catholiques, de prouver que les hommes de foi qui croient à la science de Dieu, et qui, de ces hauteurs souveraines, étudient l'homme et la nature, sont les maîtres de ces êtres diminués qui se limitent à la matière et au savoir positif dont l'horizon étroit ne dépasse pas les moindres facultés de la raison.

On a craint pour nous certaines tendances à la nouveauté; et on a prononcé le mot suspect de novateur, à propos de certaines pages de ce modeste volume. Nous le déclarons, rien n'est plus loin de notre pensée que de vouloir innover quoi que ce soit. Nous n'avons d'autre ambition que de rester fidèle au large esprit théologique qui résume si bien toute science, qui est le véritable esprit de la doctrine chrétienne, et qui a suscité à l'Église catholique ses meilleurs génies et ses plus grands défenseurs. Mais nous déclarons aussi que, pour rien au monde, nous ne voudrions nous inféoder à ce qui n'est pas la Parole même de Dieu et

l'P.KFACE IX

la saine raison. Si l'on appelle amoureux de la nouveauté ceux qui fuient la routine, nous le somme». Si l'on appelle amoureux de la nouveauté ceux qui acceptent les transformations sociales et politiques, lorsqu'elles ne vont ni contre la justice, la religion, ou la patrie, nous le sommes. Si l'on appelle amoureux de nouveauté ceux qui accueillent les vérités que la science de jour en jour découvre, nous le sommes. Si enfin c'est être amoureux de nouveauté que de dire les choses comme on les sent, que de penser d'après soi-même, sans se soucier toujours de copier un modèle ou de prendre l'habit à la mode, nous la sommes. Pourquoi donc tant craindre la légitime indépendance de l'esprit et la franche allure du caractère, lorsque de telles qualités s'allient au respect de la loi et des droits de l'autorité? Qu'on regarde le moyen âge. Vit-on régner jamais plus de liberté d'esprit que dans ses écoles? Et cependant, la sève chrétienne fut-elle jamais plus abondante, l'autorité de l'Église plus finalement respectée, la foi divine plus

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