‹ L'honnête fermier [microforme]Chapitre 35 sur 52 · NETTE, LOUISON · texte numérisé non relu

NETTE, LOUISON

MARGUERITE

Lune, mes chères filles, regardez bien.

Tout ce que vous voyez là, vous savez que

nous lavions donné à monseisneur ? Eh bien ! monseigneur nous l’a rendu. Il ne veut ni de notre argent, ni de notre blé, ni de nos vaches. Il nous donne quittance pour rien de notre dette entière.

LOUISON, allant chercher le chapeau, et le présentant à M. de Verville.

Vous ne voulez donc pas de notre argent non plus ?

M. DE VERVILLE

Non, mes chères amies. L’ardeur que vous avez montrée à secourir vos parens m'a appris combien vous méritez les uns et les autres qu’on vous soulage dans vos peines. . Reprenez donc ce que vous m’avez donné pour eux ; mais faites-en l’usage que vous avait d’abord inspiré votre tendresse. Par exemple, Louison, puisque ton père a perdu son troupeau, ne serais-tu pas bien aise d'employer tes épargnes à lui en acheter un autre ? |

LOUISON, d’un air triste.

Hélas ! il s’en faut que j'aie assez pour cela.

M. DE VERVILLE

Mais si tu en avais assez, serais-tu bien contente de lui faire ce présent ?

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LOUISON

Ah ! monseigneur, comme je serais joyeuse !

M. DE VERVILLE. Ù Je suis curieux de voir la mine que tu aurais, ainsi que Jeannette. Thibaut, comme tu t’y connais un peu mieux que tes filles, je te charge d’aller demain pour elles au marché, et de leur acheter à chacune six jeunes vaches, les plus belles que tu pourras découvrir. Tu en trouveras Pargent tout prêt chez moi. (est un petit cadeau que je fais à tes L.fans, pour qu’ils aient le plaisir de te le faire à leur tour.

Eh ! monseigneur, ne vous lasserezvous point de nous accabler de vos bienfaits ? Remerciez-le donc avec moi, mes enfans. (Marguerite, Jeannette et Louison tombent aux genoux de M. de Verville, les embrassent, et baisent ses mains, en pleurant de joie, tandis que Thibaut, immobile et muet, le considère dans une profonde sui prise.)

M. DE VERVILLE, détournant la tête pour cacher ses larmes.

Relève-toi donc, Marvuerite ; relevezvous, mes chères amies,

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