‹ L'honnête fermier [microforme]Chapitre 41 sur 52 · M DE VERVILLE, THIBAUT, MARGUERITE, JEAN NETTÉ, LOUISON, GEORGE · texte numérisé non relu

M DE VERVILLE, THIBAUT, MARGUERITE, JEAN NETTÉ, LOUISON, GEORGE

(George ôte son cha eau, et s'incline, en voyant M. de Verville.)

THIBAUT, Courant le prendre par lu main.

Vins, mOn fils ; regarde ce digne homme, Après le ciel et tes parens, c’est à lui que tu dois avoir pour la vie les plus grandes obligations. Considère-le bien.

C’est notre bon seigneur, à qui nous devions donner tout ce que nous possédons ur la terre, ét qui nous l’a rendu.

MARGUERITE

Et qui donne de plus à tes sœurs un Joli trousseau.. Aussi long-temps que tu vivras, mon fils, il faut que tu le bénisses châque jour, dans ton cœur. Nous t'en donnerons l’exemple pendant notre vies tu le suivras après notre mort, n'est-ce pas ?

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GEORGE

Comment pourrais-je y manquer, puise Qu'il à tant de bontés pour nous ? Mais mon père disait hier que nous allions quitter la ferme : est-ce que nous y restons ?

THIBAUT

Oui, mon enfant, toujours, toujours, J’espère bien y voir naître mes arriére-pe« tits-fils. £ GEORGE, dahs un transport de joie, couränt vers Mar-

glerite.

O ma mère ! c’est pour vous que j'en suis le plus joyeux. Je puis maintenärit vous le dire, Toute cette nuit yous ‘i’a- Ves fait pleurer de chagrin, |

M. DE VERVILLÉ, | |

Et pourquoi donc, mon ami ?:

GEORGE, prehant M. de Verville par la main, et Le conduisant vers la fenêtre. :

Venez, monseioneur, je vais vous l’apprendre. Vüyez-vous là-bas, :près de la haie, ce vieux pommier presque sans feuilles ? Ma mère, disait ce printemps, qu’elle était bien chagrine de ce que la gelée l'avait si fort maltraité, parce qu’elle:n’a- Vait mangé de si bonnes pommes de sa vie, et que l'arbre était én -danger dé né-

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rir. Le lendemain, avant qu’elle se füt levée, j'allai avec, mon frère choisir sur ce pommier les bourgeons les plus vis sureux

pour les enter sur d’autres arbres qui sont

dans le verser, afin que celui-ci venant à se perdre, ma mère eût toujours de ses bonnes pommes. Si nous avions quitté la ferme, c'était bien triste ; un autre y serait venu, qu, avec le temps, aurait man gé le fruit de nos entes. |

M. DE VERVILLE

Rien r’était plus facile que de les enlever en partant. Personne n'aurait profité de ton travail.

GEORGE

Pourquoi laurais-je fait? je n’y trouvais aucun profit. . Et quand j’y'en aurai trouvé, je sais trop bien qu’on ne doit pas chercher à faire son avantage au préjudice de ses Semblables, Au contraire, J'aurais

désiré qu'ils eussent cueilli de bon fruit sur nos arbres,

M. DE VERVILLE

Mais tu disais tout-à-lheure que c'était

bien triste qu'un autre eût mangé le fruit de vos entes ?

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