‹ L'honneur: comédie en quatre actesChapitre 12 sur 46 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

Les Mêmes, WILHELM

Muhlingk. — Eh! bien?

WiLHELM. — M. Heinecke fils, du fond de la cour, fait dire qu'il aura l'honneur de se présenter à deux heures.

Lénore fait un mouvement involontaire et Jette les yeux sur la pendule.

Muhlingk. — Voyez-vous ça! Comme un personnage. C'est bon.

WiLHELM. — Pardon, il a encore nommé quelqu'un qui doit venir, avec lui ; le baron Trast, je crois.

Muhlingk, sursauunt. — Comment! le baron Trast!

Trast et. C'% Conrad, le roi du café Ul fait un signe au domestique qui se retire.)

Conrad. — En voilà un commis qui a eu de la chance I

L'ILLUSTRATION

AcU' II, scène II. — M"* MQhlingk, M. MQhlingk, Conrad. Lénore.

MuiiLiNGK. — Ohl il faut que nous invitions le baron, Amélie.

M"* MuiiLiXGK. — Très bien; demain à déjeuner.

LÉNORE. — Comment, et pas Hobert Heinecke?

Conrad, à ptrt. — De mieux en mieux.

MuHLiNGK. — Hem! En somme, tu as raison. Quand on sait, à l'occasion, s'abaisser jusqu'à ces gens-là, on les attache par la reconnaissance aux intérêts de la maison. Cela rapporte souvent des mille et des mille, Conrad. Ce garçon s'est très bien formé sous la direction de Benno, et, comme j'ai l'intention de l'envoyer encore pour dix ans aux Antilles...

LÉNORE, indignée. — Ce n'cst pas air\si que je l'entendais, papa.

MuHLiNT.K. — Peu importe.

M"* MuHLiNGK. — Et toi, Conrad, tâche de veiller à ce que ce garçon ne fasse pas quelque balourdise. Il vient du fond de la cour, et la caque sent toujours...

Conrad se levant — Pardon. Vous voudriez, n'est-ce pas, que j'invite aussi mes amis?

MuHLiNGK. — Certainement, tes amis aussi.

Conrad. — le vous demanderai la permission de m abstenir. Je ne peux vraiment pas mettre des jeunes gens de bonne famille en rapport avec le llls de... (du

geste il montre le fond.) M. HcinCCke,

LÉNORE, à Conrad, k mi-voix. — Tu ferais micux de dire : le frère de M"' Heinecke?

(Conrad, effrayé, puis se ressaisissant. — OuCSl-CO que tU

veux?

LÉNORE. — Tu le sais mieux que moi.

Conrad. — Parle.

Lknoiie. — Faut-il?

Conrad. — Alors, tu me menares?

MuHLiNGK. — Mes chers enfants, pas de scènes ici.

M"* Ml iilin(;k, bas à son mari. — Nous n'avons rien entendu. Haut.i Je vais aller me reposer un peu. Tu ne veux pas en faire autant?

MOhlingk la baise au front, cérémonieusement.

Conrad, à part.— L<» bon vieux temps! Haut. Au revoir.

M*"" Mijhlingk se dirige vers le fond. Miihiingk sonne. LllNOMi:. courant après sa mère. — MlTC.

M""* MUHLINGK, se retournant, aimable mais nerveuse. — C'CS bon, mais laisse-moi. (EUe sort. Wilhelm entre.)

Mlhlingk. — Vous ferez entrer les visites dans mon

cabinet. Il sort ainsi que Wilhelm.»

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