Scène VI
Les Mêmes, AUGUSTA «t MICHALSKI Entrent .
Augusta. — Ah! te v'ià donc! iit «'embrasiant.) Et tes afTaires ont toujours bien marché ? Mais qu'est-ce que j* demande là? Quand on est habillé comme ça! H est vrai que tout ce qui reluit n'est pas or. Vlà mon mari.
Robert. — Mon cher beau-frère, laissez-moi vous serrer la main, bien cordialement!
MiCHALSKi. — C'est trop d'honneur. Ça n'est pas souvent qu'on fait tant d'honneur à une main calleuse.
Robert. — Beau-frère, voilà qui n'est guère fraternel. (a Augusta.) OÙ est Aima?
AuCfUSTA. — Not' princesse ne se trouvait pas assez belle pour son noble frère. Il a fallu d'abord qu'elle
se fasse coiffer. (Robert reale interdit.)
Augusta. — Elle va sans doute arriver avec le premier tramway. D'où vient c' beau gâteau?
M*"* Heinecke te fait passer i la ronde. AugusU «t Michalski
en prennenu — Encorc un petit morceau, mon Robert.
Robert refuse. Tous les autres mangent. Un silence.
Heinecke. — Qu'est-ce que tu dis de ça, Michalski? Sois le bienvenu, fils chéri...
Michalski, mangeanu — Des blagues I
Robert, surpris. — Reau-frère!
Heinecke. — Comment? C que j' fais de si bon cœur, avec mon bras ankylosé... (Robert le oaime.)
Michalski. — Je n' suis qu'un ouvrier et j' dis ma pensée, tout droit. J' n'aime pas les manières et les embarras. Quand on doit travailler dur comme nous autres, et que la faim et le fouet vous talonnent...
Heinecke. — Surtout quand on se promène à onze heures du matin et qu'on mange du gâteau...
Augusta, mangeant. — Allons, v'ià encore que vous vous attrapez, (a Michalski.) Tu ne pourrais pas t' tenir tranquille? Tu vois bien qu'i' tombe en enfance.
Heinecke. — Moi... en... parfait. Eh! bien, t'entends. Vlà comment m' traitent mes propres enfants.
Robert, bas à sa sœur. — Ecoute, Augusta, je n'aurais jamais cru possible qu'on dit de pareilles choses.
Augusta. — Quelles choses?
On firappe. Un domestique en livrée entre, un bouquet à la main.)