Scène XII
Les Mêmes, ROBERT
Robert, sortent du cabinet de Miihlingk, entre sans itre aperçu et écoute.
Trast, conuouant. — Ouand, au bout de plusieurs années, il revient dans sa famille, il trouve sa sœur, à peine devenue jeune fille, en relations trop intimes avec un jeune noble. Messieurs, ne nous indignons pas. Par son origine, cette jeune lllle était prédestinée à ce sort. Mais notre gaillard s'avise de vouloir demander raison à l'amoureux tout comme s'il était venu au monde hidalgo et non pas Métis.
Conrad, bas. — Attention, ceci s'adresse à moi.
Trast. — Vous le voyez. Messieurs, c'était pure folie; aussi fut-il éconduit comme un fou. Alors seulement se révéla la véritable nature de ce garçon. Comme un brigand, il surprend le jeune noble et l'abat d'un coup de pistolet. On le condamne, et, jusqu'au pied de la potence, ce rustre, oui, c'est bien Pépé qu'il s'appelait, ne soutenait-il pas qu'il mourait pour son honneur? N'est-ce pas. Messieurs, que c'est tout simplement ridicule ?
Robert, savançant. — Tu te trompes, cher ami; ce rustre était dans son droit. Et je n'aurais pas agi autrement.
Trast. — Ahl Te voilà, toiî U va & lui rapidement, bas.)
Tu ne- connais personne ici. No le retourne pas et
viens. (ll lepoutM d« forc« vert la porta.'
HoDERT, bai. — Est-cc quc ce n'esl pas Conrad, là?
Trast, de mima. — (le sont dcs étrangers. Viens. ^Haut.) Vous nous excusez, Messieurs, nous sommes pressés.
LoTH.\mE, à Conrad. — Ail! je Comprends. {Haut. Permettez, encore une question, Monsieur. (Duo ton tranchant. Si vous n'admettez pas l'honneur ici-bas, par qu<u les gens d'honneur le remplaceront-ils?
TnAST, M retournant. — Par le dcvoir, jeune homme. (D'un ton léger. H est vrai que c'est un peu gênant. Messieurs...
HoBKRT. — Pardon ! Vous êtes Monsieur Conrad Muhlingk?
CoNR.vD. — C'est bien mon nom.
Robert, atupéfatt. — Comment?... Et... Oui, j'oubliais. Vous ne me reconnaissez pas. Je suis... (ii ae dirige vera
lui la main tendue.'
Trast. s'interpoaani. — Tu ne donneras pas la mainà ce Monsieur.
Robert interdit Jatte lea yeux autour de lui; ik fixa Conrad, puis Traat, puis encore Conrad. Il pousse un cri, maif aussitôt se dominant. — Je désire avoir un entretien avec vous, Monsieur Miihlingk, seul à seul. .
Conrad. — Vous le voyez, j'ai des amis, mais dans une heure je serai ii votre disposition.
Robert. — Soit dans une heure, Monsieur Miihlingk.
Trast entraîne Robert vers la porte.
RIDEAU