Scène X
HEINECKE, M- HEINECKE, AUGUSTA, MICHALSKI
Heïnecke. — Eh! la mère! cinquante mille balles! (Michaiski veut l'embrasser.) Trois pas en arrière, mon garçon ! (il fouille dons sa poche, en tire un mouchoir, l'ouvre sur son çenou, y dépose le chèque et replie le mouchoir avec précaution pardessus puis le met dans la poche intérieure de son veston.) Là,
maintenant, j'te permets de t'montrer tendre.
M"* Heïnecke. — J'en suis malade de joie! iiis s'embrassent en pleurant.) Quaud je pèusc ! Je ne serai plus forcée maintenant d'aller au marché sans argent; quand j'aurai froid, je pourrai, sans remords, recharger le feu dans l'après-midi, ferme ! Et le soir nous mangerons de la charcuterie.
Heïnecke. — El j'irai en tramway, tant que j'voudrai.
MiCHALSKi. — Exactement cinq cent mille fois à dix pfennigs.
M"* Heïnecke. — Et le canapé, lu m'en feras cadeau!
Augusta. — Mais vous n'allez plus aux Indes maintenant, j'imagine.
M"*" Heïnecke. — Au nom du ciel !
Heïnecke, en même temps. — T'es folle !
Augusta. — Qu'est-ce qu'il va dire de ça, M. Robert?
M"* Heinecke.— Ah oui ! Robert ! (EUe se dirige vers U porte.)
Augusta, u retenant. — Si j'ai un conseil à t'donner, laisse-le dormir. Il l'apprendra toujours assez tôt. M"» Heïnecke, saisie. — Qu'est-ce que tu veux dire?
Heïnecke, poussant sa femme du coude et lui montrent la porte
de la cuisine. — Et cclle qui cst là?... Hé! Hé !
M""' Heïnecke. — La pauv' petite chérie !
Heïnecke, mystérieusement. — Nous allous lui faire une surprise. Chut!...
Ils vont tous sur la pointe des pieds à le porte de la cuisine.
Heïnecke, qui marche le premier, pousse la porte. On entend un
cri. II recule effaré. — Qu'est-cc que c'cst que ça, mère, qu'est-ce que c'est que ça ?
M»* Heïnecke, levant les bras au ciel. — Seigneur Jésus.
MiClIALSKI, regardant par-dessus leurs épaules. — Cré...
mille tonnerres !
Heïnecke, avec une feinte sévérité. — Eh! bien! arrive ici. La voix d'Alma, anxieuse. — Oh ! HOU ! je t'en prie. Heïnecke. — Veux-tu t'dépècher !