Scène XI
Les Mêmes, ALMA
Aima apparaît dans un costume indien ; elle se cache le visage dans les mains. Ils tournent tous autour d'elle en riant et avec des cris d'admiration. AugusU tAte l'étoffe.
Augusta. — C'est le costume indien.
Michalski. — De la princesse qu'on a mise nue comme un ver.
Alma. — Je voulais... seulement... l'essayer. Je vais l'ôter tout de suite.
M"* Heïnecke, u caressant avec précaution. — Doux Jésus! Un véritable petit ange !
Alma. — Vous n'êtes donc plus fâchés contre moi?
Heïnecke. — Fâchés? (se souvenant, avec sévériu.) C'està-dire, si, très fâchés. Mais cette fois encore nous ferons céder la justice à l'indulgence, (se retournant.) Bien dit, hein?
M*"* Heïnecke, caressant les cheveux de sa flUe, la conduit vers
la dcoite. — Viens, assieds-toi ! Non,' pas là, ici... sur un fauteuil.
Alma. — Sur un... qu'est-ce qui s'est donc passé?
Heïnecke. — Hé ! hé!
Ils s'asseyent tous autour d'elle.
Alma. — Et je pourrai aller ce soir au bal masqué ? Heïnecke. — Oui, tu pourras aller au bal masqué. Augusta, avec ironie. ~ La pauvre enfant!
Heïnecke, se levant précipiumment. — II faut qu'j'aille tout de suite à la caisse.
MlCIIALSKl, débouchant la bouteille de liqueur. — Attendez!
Pour qu'un bonheur tienne bon, faut l'arroser. Donne des verres, Alma.
M"* Heïnecke, se levant vivement. — Laisse cette chère enfant tranquille. C'est mon affaire. (Eiie va au buffet et en
Ure des verres k liqueur, 1 Augusta.) Qu'cst-CC qUC tU VOUlaiS
dire tout à l'heure avec Robert?
Augusta. — Tu le verras bien.
M"* Heïnecke. — V n'peut pourtant pas nous envier notre peu de bonheur, à nous autres, pauv' vieux.
Michalski, levant son verre, chente. — A vot' sauté... A vot' santé...
M"* Heïnecke. — Silence, au nom du ciel !
On entend le bruit d'une chaise dans la chambre k c6té.
MiCHAi^sKi, criant. — Mcsdamcs et Messieurs, je bois à notre porte-veine, à M"' Alma Heinecke, et avant tout, à la noble famille qui s'est toujours montrée généreuse.
Heinecke. — Vive la famille Muhlingk! Hurrah !