‹ L'honneur d'une femme [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 28 · NT AT · texte numérisé non relu

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cette joue légèrement estompée de poudre, au coin de cette lèvre d'un rose artificiel, Daria jadis cherchait la trace des baisers de la trahison. Aujourd’hui, après un premier tressaillement d’effroi sur ses traits où tout était composé, d'où restait bannie l'émotion déformante, elle épiait en vain quelque trace de souvenir, quelque crispation de pitié,

— Veux-tu le voir ?” demanda-t-elle.

—“ Qui done ?.… Michel ? Est-ce qu'il est ici ?” s’écria Mme de Vasqueuil, qui tourna vers la tapisserie fermée un regard d'inquiétude et de répulsion.

—“Non, Ilest là-hant, dans notre appartement.

— Ah!... au cinquième... Ecoute, chérie, tu m'excuseras... J'ai le cœur si malade, surtout depuis mes terribles histoires de cet hiver, que je ne peux pas monter tant d'étages.”

“ Et si j'avais tenu à mon mari, j'aurais pu être jalouse de cet amour-là !...” songea celle qui avait vu.

Là dessus Adeline de Vasqueuil, ayant dit tout ce qu'elle voulait dire, entendu tout ce qu’elle voulait savoir, ayant épuisé la distraction d'une entrevue si en dehors de toutes les circonstances habituelles, éleva la vx pour s'adresser à Nicole :

— Cocolette.… Chouchou... 11 faut dire au revoir à ton ami Serge.”

Deux lamentations gentilles partirent ensemble du coin d’atelier où le petit garçon montrait des images à son amie, en lui racontant d’extraordinaires aventures.

— “Tu me ramèneras, maman ?” cria la fillette.

— “Bien sûr. Et Serge aussi viendra te voir. Il faut l'envoyer jouer chez nous, Daria.” poursuivit-elle. ‘ Et toi-même, tu nous l'amèneras, j'espère. Viens à la maison. Et même à mon jour, n'est-ce pas ? Tu n’as pas besoin de te gêner, chérie. Comme nous sommes en deuil, tu ne rencontreras personne.”

Elle traitait inconsciemment son amie en paria, ayant des raisons de se cacher. Mais elle gardait la satisfaction de se sentir très magnanime, Car elle n'ignorait pas que sa visite devait être à peu près la seule reçue par Daria, depuis la débâcle, de la part de leurs connaissances.

Prête à franchir la porte, elle s'arrêta :

— “ A propos, ma petite Daria, tu prendras ceci comme je vais te le dire...”

“ Que sera-ce ? ” pensa l'amie pauvre, ‘“ étant donné ce qu'elle débite sans préambule ?...”

— “Tu me parlais tout à l'heure de monsieur d'A rthail,” reprit Adeline. ‘“]Jl a été obligeant, dévoué, disaistu. C'est très bien. Seulement, réfléchis. Dans ta position, il faut que tu fasses encore plus attention qu'une autre.”

Daria se redressa. Elle se sentait rougir, surprise par l'inattendu d'un tei propos, Son orgueit qui, avot Àû d'être ombrageux par la longue habitude de s'effacer depuis l’en-

fance dans cette inégale amitié, s’insurgea :

U, Ur

amener

- “ Je ne comprends pas,” fit-elle avec une hauteur qui déconcerta l’autre.

—“ Oh ! moi, tn sais, ce que je t'en dis...C'est peut-être un cancan stupide. On sera plus sévère pour toi maintenant, c'est naturel.

— Mais enfin, qu'y a-t-il ?

—Æh bien, il paraîtrait qu'on t'a rencontrée avec le capitaine.

— Qui donc ? Et où cela ?

— Le fils Riaguet, à une station de la lisne de Ceinture.

— Le fils Riaguet !...” s'exclama son amie. “Je eroyais que ton deuil t'empêchait de voir personne.”

Par quelle impulsion la bienveillante Daria trouva-t-elle une si directe riposte ? Purement le hasard, l'instinct défensif écartant le sujet pénible. Ce fut au tour d'Ade'ne de rougir. Elle devint pourpre sous sa poudre de riz :

Daria, cependant, expliquait, non sans nervosité :

—* A la campagne. je me promenais à cheval avec monsieur d'Arthail Mon mari n’y trouvait rien à redire. Et cependant il était le seul qui eût droit.

— Quelle différence!” reprit Adeline, qui, pour l'attaque, retrouva son aplomb. ‘ Vous étiez à cheval, avec un domestique derrière vous, Aucune cachotterie.. Vous agissiez en gens de notre monde, Mais, maintenant, ma pauvre chérie, ne l’oublie pas, ce n'est plus lo même chose, On admettra cela d'autant moins parmi nous que le capitaine est un brillant parti, — pas de fortune, mais quel nom ! quel avenir ! Ces dames le guettent pour leurs filles. Elles ne te pardonneraient pas. Et tu n'es plus de force, elles te briseraient comme verre, Enfin, comprends-moi bien, je te parie dans ton intérêt.

— Merci,” fit Daria.

— ‘‘ Surtout... je te recommande... n’abordons Le as ce sujet devant mon mari. Gaston est d'un collet-monté !.. Il me défendrait de te voir s’il pensait qu'on peut rien dire sur ton compte.’

Devant l'inconscience évidente de cette femme, Daria se demanda si elle n'avait pas rêvé la scène surprise par le petit carreau du wagon. Elle aperçut clairement une sorte de bonne foi obtuse, une oblitération du sens moral, la monumentale imbécillité d'une certaine éducation et d’un certain milieu, combinée avec une pauvreté d'âme telle qu'on ne pouvait y découvrir même de ja méchanceté. La perception indéfinissable, mais très vive de cette ue psychologique, l'empêcha de prendre Adeline par le bra pour la pousser dehors, comme elle en avait eu un instant la velléité, D'ailleurs, le petit Serge, à cette minute même, se glissait contre Sa Jupe, et, ses clairs yeux tendres levés vers elle. disait :

— # Oh! maman, quel bonheur que Nic -ole soit venue et que

madoma da Vagnu: eunil nous invita ! Ta

depuis. tu sais.… depuis qu'on à nie toutes nos “sbire, que papa est malade et que tu mets de vilaines robes. Tu me mèneras voir Nicole, dis, petite mère ?

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— Oui, mon chéri,” répondit Daria, qui trouva aussitôt la force d’embrasser son amie d'enfance.

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Des saisons passèrent, Les cours de russe, d'anglais, d’allemand., d’italien, dirigés par Mme Nogaret, acquirent une 2ertaine vogue, Elle plaga plusieurs traductions dans d'importantes revues. Sans arriver à l'aisance, que ce genre de travail, même avec des succès et des efforts extraordinaires. ne pouvait lui donner, elle maintenait son mari, ses enfants, elle-même, à l'abri des privations. La vie végétative du malade fut entourée de soins. Les petits enfants entrèrent au lycée — Serge d'abord, André deux ans plus tard. Jamais ils ne s'aperqurent d’une différence d'éducation entre eux et les plus fortunés de leurs camarades. Tenus à l'écart de leur luxe, de leurs plaisirs, ils ne les voyaient qu’en classe, et, sur ce domaine, l'intelligence et l'application des petits Nogaret les maintenaient au premier rang.

Lorsqu'ils revenaient de vacances, ils avaient autant de joyeux récits à faire que les autres, car ils passaient, avec leurs parents, deux mois de l'été dans cette villa que Daria tenait de sa mère, sur les bords du lac de Lucerne. C'était pour la santé de ses fils, et aussi par une pensée de culte filial, que Daria conservait cet unique débris de leur ancienne splendeur, et qu’elle faisait le sacritice, coûteux pour elle, d'y entretenir un ménage gardien, des braves gens de Goldau, sobres, consciencieux et peu exigeants, comme les paysans de leur race.

La nuïveté de ce couple fut, d’ailleurs, l'occasion d’un quiproquo sans conséquence extérieure, mais d'une signification presque tragique.

Avant de passer pour la première fois une saison dans cette petite proy.iété, située sur la rive même du lac, près de Weggis, au pied du Rigi, Daria crut dovoir en faire l'inspection, car, abandonnée depuis longtemps, la maison pouvait être inhabitable. Elle entreprit done le voyage, qu'elle fit coïncider avec un déplacement de d’Arthail. Tous deux s'arrangèrent pour se rencontrer là-bas. Leur liaison n'avait pas changé de nature, Elle avait seulement acquis plus de profondeur, un plus puissant secret de vaillance et de joie. Un sentiment irrésistible rendait ces deux êtres indispensables l'un à l'autre, les faisait se rechercher au delà même des limites de la prudence.

Ils ne ménageaient peut-être pas assez l'opinion, et, pour tout dire, ils ne se cachaient pas avec toute la cireonspection qu'il eût fall, Mais eûre d'eux-mêmes, soucieux de satisfactions trop hautes, ils n’envisageaient que ce genre de péril, et un peu pour le dédaigner. Quant aux tentations que leur infinie tendresse ne pouvait éviter, ils s'en défendaient par le plus persévérant silence.

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Is ne risquaient pas la périlleuse aventure de se les confier. Et ils s'étaient assuré le plus solide auxiliaire de la volonté humaine : l'habitude, Ayant adopté une certaine façon d'être, ils ne s’en départaient jamais. Cette attitude, difficile à trouver, difficile à prendre au début, tout de suite après les scènes ardentes de Versailles et de l'étang rustique, devenait non moins difficile à changer à mesure que leur obstinée résolution les y confirmait davantage, Chacun, en sy hasardant, eût craint de briser un charme.

Le capitaine d'Arthail avait le bonheur de ne pas redouter l'éloignement dans une garnison de province, car :| venait d'être attaché au grand Etat-Maijor, et il restait indéfiniment à Paris. Quand Daria dut faire son petit voyage d'inspection aux Myrtilles, son chalet de Wegpgis, Olivier découvrit qu'il devait justement Passer quelques jours à Lucerne, C'était au début de la belle Saison, à l’époque où l'on est à peu près sûr de ne pas rencontrer un seul Parisien en Suisse

Tous deux se donnèr mot pour monter ensemble voir un coucher de soleil du he : Rigi. Olivier vint prendre Daria

aux Myrtilles,

Par le petit chemin de fer à crémaillère, ils s'élevèrent presque au sommet. Pourtant, par prudence, ils ne montèrent pas jusqu'au Kulm, dont les hôtels pouvaient leur ménager de compromettantes rencontres, Ils quittèrent le train à Staffe]l, et commencèrent à escalader Ja pointe du Rothstock. Les alpinistes assurent que de cette cime, inférieure de cent cinquante mètres seulement au point culminant de la montagne, on contemple les plus beaux couchers de soleil, tandis que les levers offrent plus de splendeur au Kulm.

Le long d'un âpre sentier, Daria et son ami grimpaient sans trop parler, à cause du léger essouftlement. Dans le petit wagon ouvert, tandis que haletait la locomotive-joujou, cramponnée, traverse après traverse, aux verticineuses pentes, la présence de quelques Bâlois, à l'accent dur Comme un éboulis de cailloux, les avait empêchés de se communiquer leurs impressions. Et voici qu'ils se trouvaient seuls, dans cette haute région où ils pouvaient croire le monde si loin au-dessous d'eux.

Seuls... ils l’étaient absolument, et avec une impression de soli-

tude telle que jamais ils ne l'avaient éprouvée, En plein été, le Rothstock est un but d'excursion, On y monte de tous les hôtels qui se perchent sur les hauteurs ou se blottissent dans les gorges du Rigi. Mais, en ce soir de printemps, c'est à peine si la montagnc revirginisée par l'hiver. oubliait sa sauvagerie native pour se rappeler qu'elle était à la mode et qu'elle devait se préparer à ’invasion des toilettes élégantes, des jeux de tennis et des orchestres tziganes,

Vers la droite, le soleil approchait de l'horizon, dans la pureté d’un ciel dont ses rayons dévoraient l’azur. Mais, en face, contre le rempart des Alpes formidables, des vapeurs demeuraient

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suspendues, tassées en veloutes blanchâtres. Les glaciers se cachaient en partie derrière ce voile, d'où surgissaient, de place en place, leurs cimes les plus inaccessibles. Daria, qui les connaissait, comme des amis immuables, dont le revoir lui faisait battre le cœur, désignait les sommets à Olivier.

— “ Voici,” disait elle, “le Titlis. Je le reconnais à sa pointe, qui tombe d'un côté à pic, tandis qu'elle s'allonge de l’autre sous une nappe de neige, dont vous pouvez distinguer l'épaisseur audessus du granit. Le premier qui émerge ensuite, c'est le Finsteraarhorn, puis, cette aiguille blanche, c'est le Wetterhorn. Voilà les deux frères jumeaux, le Mônch et l'Eiger. Quant à la Jungfrau, malgré sa hauteur plus grande, vous ne pouvez pas l'apercevoir. Placée en arrière, elle paraît plus basse d'ici. Ces nuages, quel malheur !... Ah ! c'est une fatalité !.…

— Non, mon amie... Oh! non 1 g'écria vivement Olivier, ‘“ Ne laissez pas échapper de vos chères lèvres un seul mot de regret. Bénissons cette minute pour nos yeux et pour nos cœurs.”

La poésie indicible du spectacle et l'émotion du poignant têteà-tête frémirent dans sa voix, Daria en écouta le suave retentissement se prolonger au fond de son âme, comme on écoute longtemps mourir la vibration d'une cloche qui vient de se taire,

Olivier se tenait tout près d'elle, avec une tentation de l’enlacer, dans l’effroi de l’abîme qui s'ouvrait au-dessous d'eux. Le Rothstock. en effet, est une dent aiguë qui se termine en une plateforme de quelques pieds carrés. Une traverse de bois sur deux piquets forme le seul garde-fou du côté le plus abrupt. Sur la pente plus douce, par laquelle on y monte, pousse une herbe où foisonne la flore si merveilleuse de la montagne : les œillets et les pensées sauvages, les gentianes bleues, la rose des Alpes, les larges piastres d’or des arnicas, les collerettes gaufrées des grandes pâquerettes. De petites vaches fauves broutaient cette herbe savoureuse, s'interrompant quelquefois pour fixer sur les deux promeneurs leurs doux yeux familiers. Des clochettes carrées pendaient à leur collier de cuir. Quand leur mufle avançait pour saisir une touffe appétissante, ces clochettes tintaient avec un bruit de cristal et d'argent. Parfois, c'était un son isolé, aussitôt évanoui. À d'autres moments, quand plusieurs des bêtes remuaient ensemble, des symphonies bizarres se produisaient, des cadences inattendues, mais toujours si mélodieuses qu'on los eût dites exhalées par l'âme divine et triste de la montagne. Musique frêle. ingénue,

brisée, qui chantait là, toujours la même, depuis des siècles, dans l’espace énorme.

“Oh! Daria.… Voir cela pour la première fois et le voir avec vous!” murmura d'Arthail.

A mesure que le soleil descendait, une brume violette envahissait le lac. L'eau, gagnée par l'ombre, étendait avec des pâieurs d'argent et de perles ses quatre bras en forme de croix. Les proues de granit qui déchiquètent sa surface, la creusent, la refoulent et font si tourmenté le dessin de cet admirable miroir,

l'enfermaient dans de colossales architectures polychromes. Audessous de la région lumineuse des nuages et des glaciers, les arêtes, les croupes, les murailles, tout l'amoncellement que projeta le cataclysme millénaire, prenait les seintes mauves, pourpres, Safrances, rouge obscur, avec lesqueles il dut jaillir de la planète incandescente.

Le Pilate, à la crète dentelée, d’une si nette découpure de bistre

sur le vert délicat du ciel, déroulait jusqu'à l'eau pâle un manteau d'améthyste.

Si l'on détournait les yeux de ce chaos sublime, évoquant une genèse d’astre en fusion, pour les porter à droite, vers la plaine où se couche le soleil, on découvrait sans fin la verdoyante Argovie, qui, tout éclairée encore, prenait sous les rayons presque horizontaux des chatoiements d'émeraude.

Mais Daria voulut contempler aussi l'autre côté, la vallée qui se creusait presque à leurs pieds, vers Kloësterli, pour descendre et s'aplamr jusqu'au lac de Lowerz.

“Oh! regardez,” dit elle presque à voix basse, étreinte jusqu'à l'angoisse religiense. ‘“ Regardez... notre ombre ”

Elle lui touchait le bras. Il tressaillit à ce contact. Cette main de femme, si légère, venait, sans qu'elie s'en deutât. d’efileurer des forces en révolte, plus bouillonnantes que celles qui soulevèrent ces montagnes. La liberté farouche de l'espace, le eri de Ja beauté souveraine, l'ivresse de l'heure, cet air impétueux à faire éclater les poumons, ce soleil qui allait mourir, tout, jusqu'à la vie instinctive de ces bêtes si douces, dont chaque mouvement éveillait un frisson de métal plaintif, venait de déchaîner en d’Arthail la tentation affolée de saisir Daria et de la presser contre son cœur.

Ce n'était pourtant pas l'effet de la passion seule, l'ébullition de la vie, enflammée soudain par le vertige universel et par un spectacle d'immortalité, C'était une adoration d'homme et une détresse d'enfant, l'orgueilleux désir d'étreindre l'idole sur un autel incomparable, et le tremblant besoin de se sentir chéri dans l'oppression des espaces déserts, Ah! de quelle ferveur. de quelle fièvre caressante, de quelle avide tendresse il palpituit !

Daria vit tout cela dans sa pâleur et son regard lorsqu'il se tourna par un grand sursaut de tout son être. Pour elle,avec un amour égal, d'autres tourments l'agitèrent. Un tel éclair de souffrance jaillissait des yeux d'Olivier !.. N'était-il pas à bout ?.… Garderait-elle longtemps le brûlant trésor enfermé dans ce cœur volontairement clos ?.. Quel homme peut prolonger indéfiniment un tel héroïsme ? A ce point de tension, les sentiments s'affolent ou décroissent, mais leur équilibre devient impossible. Ah ! c'était fatal. il se lasserait. Les années fuyaient si brèves, Le temps et la fatigue altéreraient d’ailleurs la beauté qui lui était si chère.

Tout à coup Daria regretta de l'avoir amené ici. Un souflle insidieux flottait sur cette hauteur, A quoi bon cette lutte si âpre? Qu'étaient-ils, sinon deux êtres infimes perdus dans l'im-

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