ESPÉRER s'emploie le plus souvent sans préposition
l'espère gagner mon procès; et quelquefois avec de avant un infinitif, si cet infinitif le suit immédiatement: peul-on espérer de vous revoir ? Re re
102. — Remarque.—Espérer ne portant à l'esprit que l'idée d’une. chose future, car l'espérance n’a pour objet ni ce qui est actuel, ni ce qui est passé, ne peut Ctre suivi d’un verbe au pré-
sent de l'indicatif ou au passé, comme dans ces phrases : J'espère ‘4
que Pauline se PORTE bien; nous espérons que vous AYEZ FAIT lo ‘route sans accident. A la place d'espérer, il faut employer croire, penser, et dire : je PENS8 que Pauline se porte bien ; nous PENSONS que vous avez fait un bon voÿage. va Il en est de même des verbes promettre, compter. Ne dites donc PAS, Je vous PROMETS Que Je lai vu, mais je vous assure que je l'ai” Vu ; Je COMPTE Die présume, je pense Que due à Féraud} É. à è 703.—ESSANERiprend indifféremment à ou de: j'ai essayé ve marcher où & mareher. Mais employé sous la forme de verbe pronominal, il ne prend que la préposition à : je the suis essayé À nugèr, NOUS NOUS sommes essayés A courir (ACAD.) : 704.—ÉVEILLER, RÉVEILLER. Éveiller et: réveiller, quo qu’en disent divers grammairiens, s'emgloient l’un pour l’autre : quand él est une fois endormi, on ne saurait l'ÉYEILLER ; on m'est venu ÉVRILLER ce malin à cing heures ; il a défendu yon Le RÉVLILLAT ; il dormirait jusqu'à midi si on ne lé RÉVEILLAIT. Conjugués sous la forme des verbes. pronominaux, ls signifient l'un et l'autre cesser de dormir : £/ S'ÉVEILLE tous les jours à Lu même heure ; jeme suis RÉVEILLÉ trois ou quatre foiscette mit. (Acap.) 105.—ÉVITER signifie fuir : éviter quelqu'un, les périls ; éviter
vous êtes: (Cette judicieuse remarque est
. les travaux, les peines, les plaisirs, etc.
3 & : 5 Remarque— Eviter signifiant fuir, le sujet de ce verbes ne saurait faire l'action que pour lui-même, sans jamais la faire retome bersur une autre personne, àttendu que celui qui fuit ne peut fuir pour un autre: ce jeune homme Évite le jeu, les mauvaises connaissancess Mais Ce serait S'eXPrin ncorréctement que de die: 7e VOUS ÉVITERAI celle‘peine; je veux VOUS ÉVITER ce désagrément }
MVous êles maintenant plus lcborieux, mais je :
Fe Et ‘ "+ | “+ LA GRAMMAIRE
épargnehaï celte peine, ce désagrément.
. 106—EXCUSE. Demander excuse n'est pas français ; il faut dire demander pardon. En voici le motif: il y a entre-ercuse et pardon cetté-différence que le mot excuse se dit des raisons que présente le coupable, et que pardon se dit de la rémissiôn d’une ‘ faute accordée par l'offensé. Or, demander pardon, c’est solliciter de l’offensé la rémission d’une faute, et demander excuse ne peut 8e rendre que par demander ses propres raisons d'excuse, mots vides de sens, barbarisme parfait. OS 707.—FAILLIR s'emploie sans préposition, ou avec l’une des
‘dans ce cas, il faut se servir du verbe épargner, et dire: je vous
prépositions à, de: j'ai failli DE tomber, À tomèer, j'ai failli mourir.
Acap.) ; ., , S 708.—FAIRE s'emploie souvent d’une manière relative avec . la plupart des autres verbes ; alors il lient la place, et prend la sigaification du verbe auquel il:se rapporte : cet homme n'aime pas tant le jeu qu'il raISAIT, c’est-à-dire tant qu’il l’aimait ; #7 travajlle mieux qu'il n'a jamais FAIT, C'est-à-dire mieux qu'il n'a jamais travaillé; nous nous-entretinmes de cette nouvelle, comme nous AURIONS FAIT de toute autre chose, c'est-à-dire comme nous nous serions entretenus. . de are Ne rire que, suivi d’un infinitif, a deux sens différents : 1o‘il signific être toujours, ou presque toyjours à faire une certaine chose : 57 N& FAIT QUE jouer, qu'éludier, que dormir, qu’aller et revenir, etc. (ACAD.) :
20 Il se dit encore d’une action instantanée : je Ne ris Que le
toucher, et il lomba ; il n'a rar que paraitre cl disparaitre ; uand il vient ici, sl Ne Fair QU'entrer el sortir ; allendez-moi, Je xe vais Qu'aller et revenir. (Acan.) :
NE FAIRE QUE De indique que l’action exprimée par le verbe qui suit vient d'avoir lieu: 1! NB FAIT QUE DE sorlir, Que p'arriver, Que Ds s'éveiller, c'eat-à-dire il y: a peu de temps qu'il est sorti, qu'il est arrivé, qu’il est éveillé. (Acan.) . s
709.—FAIRE EAU, FAIRE DE L'EAU. Faire eau, terme de marine, se dit d’un bâtiment dans lequel l’eau de la mer pénètre : le navire raisarr au de loule part. :
Fame ps L'EAU signifie s’approvisionner d’eau pour les besoins . de l'équipage: nous visildmes le Ci ous Napoléon, pendant
élène. , vu, 8e disent des quandyez loul rendu : 11
et dire: je vous
rançais ; il faut entre-ercuse et
dés raisons que
rémissiôn d’une ‘
n, c’est solliciter Zcuse ne peut 50 se, mots vides de
1 avec l’une des
ai failli mourir.
e relative avec ace, et prend la it homme n'aime l’aimait ; 52 tramieux qu'il n'a nouvelle, comme re comme nous
différents : lol ire une certaine mir, qu'aller et
je NB ris QUE le cl disparaitre ;
; allendez-moi,
par le verbe qui » QUE D'arriver, ps qu'il est sorti,
> EAU, terme de la mer pénètre :
pour les besoins ,
poléon, pendant
disent des quantout rendu : 11
s’en faul peu ; sù aimuble que (Acan.) ce mot que de
; \ mots, {a vue, les yeux, les regards ; firer les yeux, la vue, les regards sur quelqu'un, sur quelque chose. (Aca>.) Fe Nous ferons remarquer qu'on dit plutôt avoir les yeux, la vue, des regards firés sur quelqu'un, que fixer la vue sur quelqu'un.
112 —FLAIRER, FLEURER: Fairer, c'est sentir par l’odorat : en rLamRANT le beurre, on s'assure s'ilesl frais. :
* FLetren, c'est répandre, exhaler une odeur: vous avez d un gési au figuré: sa répulalion
bouquel qui FLEURE Von. Il se dit a ñe FLEURE PAS COMMe baume (AcAD.) 713.—FLEURIR a ua double.sens: au propre, il signifie pous.:
.. ser des fleurs, être en fleurs : les'roses FLEURIsSExT el Ke fancnt . promplemen! ; celle ss ne FLEURIT qu'en aulomne. Au figuré,
fleurir signifie étre dans un élal de prospérité, de splendeur ;
où élre en crédil, en honneur, en réputation. Dans cette accep- ,
tion, la syllabe fleu se change en /lo, mais seulement à l'imparfait de l'indicatif et'au participe-présent : Athènes FLoRISsAIT saus Périclès ; les sciences cl les beaux-arts FLORISSAIENT, OA FLEURI sous ce prince ; le commerce *isueir dans la pair. ” L'adjectif dérivé de ce verbe est florissant : là maison de ce négociant esl dans un élal FLOoRISSANT. (Acan.)
714.— AVOIR FOI A, EN, DANS, se disent indistinctement ; c'est le goût qui en décide: avoir foi À quelqu'un, À quelque
chose ; avoir foi pans les promesses d'une Personne, je n'ai pas
foi Ex lui. (Acan) sé À k 715.—SE DONNER GARDE ou DE GARDE se disent indiffé. remment: donnez-vous garde ou donnez-vous de garde de loùcher à cela. (Acad.) es EE LT 716.—GUET. Il faut dire: ce chien aboïe à propos ; il csl de très-bon Guer, et non de très-bonne avetre. (A rad.) (Guelle\ n’est pas français.)
17.—HASARDER DE, A, se disest indifféremment : fasarder \ De faire une chose ; je me hasarderai À faire celte pronosilion. '
(Acad.)
718.—-HÉRITER prend ou ne prend pas la préposition de : j'ai hérilé une somme considérable, ou j'ai hérité une somine considérable. (Acad.) La première de ces façons de parler est là plus usitéc. #
119.—IMITER L'EXEMPLE. Moins scrupuleuse que quelques grammairiens, l'Académie dit imiter l'exemple de quelqu'un, pour signifier preadre Ja conduite de quelqu'un pour modéle. Nous rappellerons encore qu'elle dit imiler un exemple d’écri-
e FIXAIS, Ü n'a à cessé de nous
* tons points renversé par cette autorité imposante de l’Académie.
ture, et non uNS exemple (1).
HO = MPOSE ÿ DOS
DT S 1 mployé absolument, le verbe imposer signifie inspirer mme
. ploy du respect, de l'admiration, de la
(1) L'article de M. Chapsal, sur le mot imiter, est donc de
SELON L'ACADÉMIE- ee 237:
Dans ce sens, il ne se dit qu'autant qu'il est suivi de l'un des
js
LA GRAMMAIRE
crainte: sa présence m'iupose, i! rose par la fierlé de son re- : gard ; nolre contenance 1MPosA aux ennemis. è En imposer, c’est tromper, abuser, surprendre, en: faire ac-
- croire: vous VOULEZ EN IMPOSER à l'OS juges ; VOUS NOUS EN IMPOall ne le croyez pas, il* EN mmpo8E; il ne faul pas que ses manières doucereuses nous EN IMPOSENT, .C'esl un homme au
# fond très-malin. (Acad.) : ee
721.—INDUIRE A ÉRREUR, EN ERREUR. /nduire à ergeur °: se dit dè la cause volontaire ou involontaire de l'erreur : i/fut induil À erreur par une fausse cilalion.
induire sx erreur ne se dit que pour {romper à dessein: il a de EN erreur ; ce fourbe vous induira x erreur. € 722.—INFECTER, INFESTER. Jnfecler signifie gâûter, corrompre, incommoder par quelque chose de puant, de contagieux, de veñimeux: ce marais INFECTE l'air ; 1l nOUS INFECTE avec son haleine ou de son haleine ; ‘la peste avail wÿecTÉ loule la ville. Et au figuré, il iNredre le pays de sa pernicieuse doctrine ; si vous le [réquentez, il vous 1NF&OTERA de ses dangereuses marimes. (Acad.) À Infester signifie ravager, désoler, tourmenter par des irrup- ‘ tions: les ennemis INFESTAIENT le pays par leurs courses ; sous ce prince la France fut wresrée par les brigands. Il se dit par extension des animaux nuisibles ou incommodes : les saulerelles inresrent souvent des provinces enlières en Orient ; les rals inrgsTenT celle maison. On dit mème: les mauvaises Herbes 1xresTenT les champs. (Acad.)
: 723.—ÊTRE INQUIET DE ou SUR se disent indifféremment. Ainsi l'Académie ne tient point compte des différences de. signification établies.par M. Girault-Duyivier entreAda cause et l'objel de l'inquictude, nuances insaisissfbles du reste. Elle dit:. il esf sans inquiélude DE l'aenir ou/sur l'avenir. ne
724.—INSULTER quelqu'yh, c'est le maltraiter, l'outrager de faits ou de paroles. É
InsuLTER A, c'est manquer à ce que l’on doit aux personnes ou aux choses: n'insullons /pas aux malheureux ; insuller a ses
ges, À la misère, À lgraison, Au bon sens, AU bon goûl ; et figurément, leur faste insulle À la détresse publique ; leur allé-
. gresse insulle À ma douleur. (Acad.)
725.—INVEOTIVER est neutre; il ne faut donc pas dire comme s’il était actif, il wa invectivé, il nous a inveclivés ; mais il a inveclivé coNTRE moi, CONTRE nous. (Acad.)
126.—JOINDRE A ou À VEC se disent indifféremment : joindre un mol A un autre ou‘Avec un aulre ; joindre la prudence 4 la
a valeur. (ATA BIOIS À 68 srusité :
“ oatt
ST RTE CT SU MR OO Ve ‘ONU UNS
avec.
727.—LAISSER. Ne pas laisser ve ou que.ns se disent indifféremment: ceia ne laisse pas v'élre embarrassani, v'éloggier, ou qua D'éire embarrassant, qua n'élonner. (Acad.)
fierlé de son re- :
re, en faire ac- LS NOUS EN IMPOul pas que ses
un homme au :
nduire À ereur l'erreur : à l
er à dessein: il duira Ex erreur.
nifie gâter, cor- , de contagieux, INFECTE QUEC SON r£ toule la ville.
se doctrine ; si ngereuses MAT i-
* par des irrup- S courses ; SOUS ands. Il se dit 1odes : les sauleen Orient ; les : les mauvaises
, indifféremment.
ences de. significause et l'objet Elle dit:.i/ esf
ter, l'outrager de ux personnes ou ; insuller À ses u bon goûl ; et ique ; leur allé-
; donc pas dire inveclivés ; mais
emment : joindre