SCÈNE VIII
BROGHILL, WILLY, HOUGTON,
caché .
willt. Ah! c’esl doue vous, mylord, qui voulez que je fuie! et pourquoi i parce que sans doule le monde, qui juge sur 1 apparence, me croira coupable, en me voyant reculer devant l'éclat d’une procédure?...
Le moyen est bien trouvé ! oui , certes !
mais je ne fuirai pas... je veux contempler la justice en face, et savoir enfin pour qui elle est.
HOUGTON , a Vrcart. Ou’ai-je entendu !
( Courant à fViily.) Accusé!... toi, mou fils!...
willy , reculant de surprise, llougton!
■oüAtoït. Ton père, ton père* que rien n’arréte plu^ dès qu'un danger te menace ton perc, prêt à se pincer en Ire loi et les ennemis... ton père que lu as appelé si souvent en vain! Comprends tu, entant?...
ton père!...
willy. Oh! oui, mon père! quel autre pourrai réclamer ce litre dan» un pareil moment? quel autre oserait me serrer dans ses bras; moi, déshonoré, flétri, ac cusé de vol ?
hougton. Mais qui donc t'accuse?
willy, montrant Broghill. Lui!
hougton. Impossible!
WILLY. Lui!
hougton. Vous , mylord 9 bboghill , av*cjorce. hh bien ! oui... son honneur était nécessaire à la conservation du mien • je l ai saciifié comme j avais autrefois sacrifié le voire... comme je lui sacrifierai tout au monde... Je me méprise, je me déleste moi-méint* ; mais les choses ont été trop loin pour reculer.
hougton. Vous reculerez cependant ; vous reculerez devant votre serin* ni indignement faussé, devant votre conscience, devant l'écrit que je vous ai fait déposer dans ce coffre, et que vous deviez relire chaque jour... Qu’eu avez- vous fait?
broghill . le déchirant. Le voici...
hougton, tirant le couteau de son sein .
Et voici le couteau que j’avais promis de Vous rapporter, si jamais vous deveniez parjure.
wiLLY. Arrêtez... sa mort ne nous sauverait pas. My lord , je tombe à- vos pieds...
Mon père , vous ne l’ignorez pas , fut frappé d’une injuste condamnation : on le cherche, on le poursuit, il est perdu s’il retombe entre les mains du bourreau...
Qu'il s échappe , et je me résigne à mou sort : rien , rien pour moi ; mais le salut de mon père !
hougton. Mylord , le salut de mon fils!
sanie était fausse et calomnieuse, et que mon fils est innocent.
broghill. Mais... mon honneur !
hougton. Le sien ue vaut -il pas le vôtre (
broghill. Que résoudre ! que faire?...
hougton. Votre devoir : écrivez, ..
broghill. hh bien ! oui... vous serez satisfait... Périssent nus coupables espérances!.. qu'on sache que je suis 1 assassin de sir Robert... le calomniateur de Willy...
un infâme enfin !
v 11 prend la plume el va écrire. Bruit à la porte à droite. )
amély , en dehors. Broghill ! Broghill !
broghill. Elle! Améiy !... mon fils! et je leur léguerais un nom couvert d’opprobre !
hougton . Ecrivez donc, mylord, ou bien j ouvre cette porte, et je parle.
broghill , saisissait un des pistolets placés sur îc bureau , et le lui déchargeant dans la poitrine. Tu ne parleras pas!
Jlougton rh incclle et tombe , en étouffant un cri. V\ illy se précipite vers le routc..u qu’il tenait et qui s'est échappé de sa main )
broghill, qui l'a prévenu dam ce mouvement , s'empare du couteau. A moi ce fer! à moi la vengeance d'Hougion !
( Il se frappe. )
z.m<ly , qui est parvenue à ouvrir la porte de droite , s’élançant en scène. Au meurtre !
( Cou ru ni au fond , ouvrant violemment la porte. ) Entrez , entrez tous!
( Pile , égarée, elle revient tomber i genoux auprès de Hroghill expirant.)