‹ L'honneur de la maison drame en cinq actesChapitre 58 sur 59 · MAIRIE · texte numérisé non relu

MAIRIE

PAUL

MAURICE

Pourquoi donc m’appelez-vous monsieur?

Ah I jo ne sais plus, moi... parbleu ! je vous appelle monsieur... parce quo vous ne m’appelez pas votre fils I

MAURICE

Quo vous importe le mot, si je vous traite en fils?... Vous ai je jamais donné le droit do douter de ma bonté pour vous? Depuis votre naissance, mes soins vous ont-ils jamais manqué» 4 Ai-je jamais cessé do veiller sur vous de loin, si je ne pouvais le faire de près! Aujourd'hui encore, no viens-jc pas de me conduire envers vous comme un pere?

PAUL

Que voulez-vous dire ?

MAURICE

Je veux dire que tantôt, quand votre mere tremblait pour vous, moi aussi je tremblais, et qu’en fin je n’ai pu obtenir pour vous tani de clémence de la paît de monsieur de Maubrcuil, qu’en le décidant à changer d’adversaire.

PAUL

Qu'cntends-je I...

élise.

Ah ! Maurice!... Maurice !... Voilà Paul, voila celui que tu accuses d'indifférence!

PAUL, avec joie.

Est-il possible f... Ainsi, vous vous êtes battu pour moi !... ainsi, vous l’avouez, vous aussi, vous m’aimez, mon pèrcl... (Il lui prend la main.)

Maurice, avec un monument douloureux.

Prenez garde, Paul, vous me faites mai 1

Blessé I

ÉLISE

Vous êtes blessé !...

MAURICE

Ce n’est rien... presquo une égrutignure...

Paul, turc de joie.

Ah ! tout s'explique, à présent!... quand celte nuit, vous mo demandiez l’heure de mon rendez-vous... c'était pour \oir le colonel avant moi... et quand ce matin, monsieur de Maubreuil... qui sait si vous n'étiez par près de lu, le forçant par votre présence à s’humilier ainsi !.. Je comprends tout maintenant... et j’ai osé... pardon, pardon, ma mère !... (Il se jette aux pied* de s a mère , fui baise les mains ; Elise fait à Matu ke un geste de gratitude; Maurice lui fait signe de se taire. — Paul, se relevant, Oh ! ma sœur... ma soeur ! (// sort pour aller rejoindre Mathilde , et la ramène , suivie d'Edmond et de la baronne.)

ELISE

Maurice, jusqu’à ce jour, jo vous aimé, honoré... d’aujourd'hui, je ne cesserai de vous bénir car vous avez mis le comble à -vos bienfaits... Ah! oui, je sais (lue le passé est là, vivant, ineffaçable... je sais que vous ne l’oublierez jamais '.M mais laissez-moi espérer, monsieur, que par mes soins, par mon dévouement de tous les instants, je parviendrai à vous paraître moins odieuse... Celte grâce, je vous la demande, à genoux... ne m’écrasez pas par votre clémence, en me refusant les moyens de la reconnaître I...

Maurice, très-ému , fa relevant , à coix berne.

Relevez-vous donc, madame... votre fils nous regarde... il pourrait croire que vous avez besoin d'étro pardonnée I ÉLISE.

AU I... Maurice, cst-ce un rêve?

% MAURICE

Non... c’est le réveil, Elire.

LÏIUNFEUR DK LA MAISON.

UN valet, annonçant.

Monsieur lo vicomte do Beauséant I

PAUL

Lui icil dans colle maison I... H osel...

acirBTT v.

Les Mêmes , BEAUSÉANT.

BEAU séant, pâle et défait.

C'ânt le cœur pénétré do honte oi do remords quo j’oso ma présenter ici et affronter les regards de tant do personnes quo j’ai offensées... ( A Maurice.) Ilélas I monsieur, vous serez clément pour moi, et votre courroux tombera quand vous saurez combien j’ai déjà payé cher ma conduite : elle me coûte la vie de mon meilleur ami.

PAUL

Monsieur do Maubrcuil...

BT AT SÉANT, à Paul.

Vient do rendre lo dernier soupir...

LA baronne, à part.

Pauvre Georges!

BEAUSÉANT

C’est sa volonté suprême que je remplis en venant ici , car il m’a chargé, en oxpirant, d'un message pour vous, monsieur, et d‘un dépôt que je dois vous remettre.

PAUL

A moi?

BEAUSÉANT

Et il a ajouté : Beauséant, toi seul es cause de tout ce qui arrive; loi seul, par un propos, ns jeté le troublo dans celte famille si heureuse; loi seul as cause le mal , c’est à toi do le réparer... Après ma mort, monsieur drChgpnoviéro* va être séparé des siens...

ÉLISE

Comment I...

MAURICE

Sans doute, Élise... de nos jours, un homme ne meort pas de moi t violente, même dans un duel loyal, sans quo la justico s’en inquiète.

BEAUSÉANT

Eh bien ! m’a dit Maubreuil, je no veux pas que monsieur de Çhennevièrrw soit inquiété ; jo ne veux pas qu’il ait a uio .Wandire jusqu’après ma mort. Jure-moi, Beauséant, jure-moi (tuo pi* tous moyens possibles, tu sauras mettre monsieur “ce. Cbermovières à l'abn des conséquences de ce duel... Je jurai, 'éleommé-tous les moyens possibles se réduisaient à un seul, c'est celui 4a que j’ai choisi .. Après avoir fermé les yeux do monamijo suis allé me dénoncer moi-même comme son adversaire, comme l’autour de sa mort.

PAUL

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