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peut le tenter tout au moins, car, n’atteignant que les apparences, elle s’en contente nécessairement ; elle est donc dupe des faux-semblants. Il est vrai que le jour où elle démasque les hypocrites, elle est pour eux sans pitié; mais cela n'empêche pas les habiles de lui en faire accroire en attendant ! » Aussi lui a-t-on fait son procès, et même parfois d’une façon assez rude, mais non sans raison. Bossuet l’accuse « de flatter la vertu et de la corrompre ; de déguiser le vice et de lui donner du crédit ; d’attribuer aux hommes ce qui appartient à Dieu, et de les enrichir, s’il se pouvait, de ses dépouilles ? ». L’honneur mondain et l'opinion publique pris pour base de la morale, ne pourront jamais produire, au lieu de la moralité, que la dissimulation et l’hypocrisie la plus raffinée.
À condition qu’on n’en fasse pas la règle suprême de la moralité, mais un moyen seulement pouvant servir ou de frein aux natures trop ardentes ou de moteur aux natures trop lâches, l’emploi peut en être toléré dans la vie morale. Mais il faut toujours que l’on recherche le bien pour luimême ou mieux pour Dieu, et que l'approbation de l’opinion ne soit qu'un encouragement à faire notre devoir. Secouer le joug de l’opinion n’est pas, le plus souvent un signe d’indépendance de caractère, mais bien plutôt le commencement d’une émancipation et d’une licence absolue. C’est ce que l’on constate chez certains criminels qui, une fois perdus d'honneur et n’ayant plus à compter avec l'opinion, se précipitent à corps perdu dans le vice. « Cette morale sur mesure, toute flexible et précaire qu’elle soit, rend toutefois des services : garde-vertu mitoyen, cadre utile, qui protège de quelques vilaines choses ; ceux qui secouent son joug descendent plus souvent au-dessous qu'ils ne s'élèvent au-dessus ?. »
1 MarION. La grande encyclopédie. Art. Honneur, p. 237.
2 BossuET. Sermon sur l'honneur du monde. Lebarq. ITI, 337. — Cf. P. WENzEL LercH, S. J. Die moderne Ehrenhafhigheit.
3 D'AVENEL. Les Français de mon temps (Nelson), p. 210. Cf. Marron. Grande encycl. Art. Honneur, t. XX, p. 237-38. — PAULSEN. System der Elhih, I. p. 96.
Il est clair au premier abord que l'honneur mondain variant avec le temps et les lieux, ne saurait être admis comme le fondement de la morale qui doit rester la même en tous temps et en tous lieux. La chose n’est pas aussi évidente lorsqu'on entend parler du véritable honneur, au sens où l’exposait de Vigny, et qui n’est autre chose que « la conscience, mais la conscience exaltée, le respect de soi-même et de la beauté de sa vie porté jusqu’à la plus pure élévation et jusqu’à la passion la plus ardente ! ». Ainsi entendu, l'honneur n’est pas sujet aux fluctuations de la mode, il reste le même partout et toujours, comme la conscience et la loi naturelle. Il règle non seulement les actes extérieurs, comme l'honneur mondain, mais aussi la vie intérieure, car une action déshonnête est indigne d’un homme qu'il ait ou non des témoins, qu’il en découle pour lui des avantages ou des désavantages. Ce sentiment de l'honneur est incontestablement un principe d’élévation morale, un ressort qui pousse aux actions nobles et généreuses, un frein qui retient sur la pente du vice, mais il est également certain qu’il ne peut suffire à fonder la moralité.
Et d’abord, pour nous, chrétiens, 1l est insuffisant, car nous avons reçu une révélation dont nous avons à tenir compte. Nous ne pouvons faire abstraction des vérités que la foi nous enseigne : Dieu promet des récompenses à ceux qui le servent, et menace de châtiment ceux qui se révoltent contre lui; celui qui renoncerait aux récompenses ou qui se moquerait des châtiments, et qui sous prétexte de moralité plus haute ne voudrait faire le bien et éviter le mal que parce qu'il y croirait son honneur d'homme engagé, celui-là ferait injure à Dieu qui a établi les récompenses et les châtiments.
Cependant « la plus pure des Religions ne tente ni de nier ni d’étouffer ce sentiment de l’Honneur », elle ne tend qu'à le régler et à l’épurer, à le rendre plus vif et plus durable en lui donnant un fondement raisonné.
1 DE VIGNY, op. cit., p. 267.
Ce sentiment de l’honneur que l’incrédule porte en lui sans trop savoir d’où 1l vient, la religion nous apprend sur quoi 1l repose. Ce sentiment naît d’un souvenir inconscient de notre origine divine. Si nous avons si vivement conscience de notre dignité, c'est que nous sommes les images de Dieu,
° que nous venons de lui et que nous retournons à lui ; c’est
que notre nature humaine à été unie une fois à la nature divine, que nous avons été élevés à un état surnaturel et que nous sommes devenus participants de la nature divine. Ces souvenirs qui dormaient au fond de chacun de nous, la religion les réveille ; nous possédions l’effet sans trop bien connaître la cause : la religion la rappelle à notre souvenir et donne ainsi un fondement solide à l'honneur qui, senti seulement et non raisonné, reste sujet, comme tous les sentiments, à bien des variations et des déviations.
De plus, un danger du sentiment de l’honneur pris comme base de la moralité, c’est d’exalter l’orgueil de l’homme. En lui apprenant à ne compter que sur lui-même, à ne demander jamais d'assistance à personne, à faire le bien sans en attendre ni récompense ni reconnaissance et uniquement-parce que l’honneur l'exige, l'honneur amène l’homme à croire qu'il ne doit rien à personne, et qu’il ne doit fléchir le genou devant personne, n1 honime ni Dieu. Il se fait ainsi son Dieu à lui-même en rapportant tout à jui, ou bien il fait de l’honneur son idole, sa fin dernière en recherchant tout pour l’honneur et l'honneur pour lui-même. Or nous savons que l’honneur n’est qu’un moyen, et qu’on n’en doit jamais faire sa fin dernière.
Ce danger fût-1l même écarté, on ne pourrait, pour autant, donner le sentiment de l’honneur comme étant, à lui seul, un principe suffisant de moralité. Une règle morale doit être accommodée à tous les hommes : le sentiment de l'honneur ne répond certainement pas à cette exigence. Ceux qui se laissent guider par ce sentiment ce sont « les cœurs d’acier, les cœurs des forts » mais tous les hommes n’ont pas reçu Énbartaseumcœurtde cette trempe Cest iort beau « ces sacrifies modestes, silencieux, sombres, abandonnés, sans espoir de nulle couronne divine ou humaine, cette vertu de
la vie sans palme céleste après la mort ! »; mais cet idéal n’est guère à portée de l’humanité. Cette vertu stoïque, avec son air désintéressé et son caractère de grandeur en impose, et elle est de nature à enflammer les âmes généreuses, mais ce désintéressement absolu n’est point le fait de la nature humaine. Il est impossible que l’homme, dans toutes ses opérations, sorte absolument de lui-même : toujours il se recherche en quelque façon, et lorsqu'il paraît s’oublier complètement, c’est alors souvent qu'il se recherche le plus 2 Aussi Dieu qui connaît la nature humaine et ses aspirations a-t-il eu soin d'établir des récompenses et des châtiments, et s’il ne veut pas que l’homme se laisse diriger, dans sa conduite, exclusivement par un motif d'intérêt personnel, 1l ne lui interdit pas de s’aider de l'espérance et de la crainte pour embrasser avec plus d’ardeur la pratique de la vertu.
Mais le reproche le plus sérieux que l’on puisse faire au sentiment de l’honneur, c’est qu'étant une règle de conduite purement intérieure ÿ, elle manque et de fermeté et d’autorité 4, et qu'elle est, par suite, très sujette à déformation. Il est, il faut le reconnaître, des âmes fortes qui ne transigent jamais avec le devoir une fois connu ; mais pour quelques âmes ainsi trempées, combien d’âmes faibles qui acceptent tous les prétextes pour se soustraire à leurs obligations.
1 DE VIGNY, op. cit., p. 262 et 266.
? Le désir du bonheur étant le fond de notre nature, il faut, pour être fortement portés au bien et détournés du mal, que nous ayons la perspective d’une récompense ou d’un châtiment. Le culte de la vertu désintéressé, du bien pour le bien, est une belle théorie pour des philosophes en chambre. LAUTARD. Revue hebdomadaire, XXe année 07 D OS
* L’honneur est une Religion mâle... sans dogme et sans cérémonies, dont les lois ne sont écrites nulle part. DE VIGNY, op. cit., P207
? Sur certains points chacun l’entend à sa façon, et c’est le libre examen appliqué à la conduite... L'honneur manque d'autorité. C’est une règle que l’on se donne à soi-même ; on est ainsi directeur et dirigé, juge et partie. Pour qu’une loi s'impose, pour qu’elle ait une forte prise sur nous, il faut que le législateur soit autre que nousmême, qu'il ait une supériorité pouvant exiger notre respect et notre obéissance. LAUTARD, loc. cit., p. 518.
L'homme est porté naturellement à faire des compromis avec les passions ; quand elles font entendre haut leur voix, quand leurs réclamations s'élèvent plus impérieuses, le jugement de l’homme se trouble et il en vient à se persuader que ce qui est conforme aux passions n’est pas contraire à l'honneur.
Et non seulement on peut se faire illusion dans l’application de la règle, mais la règle elle-même tolère certains écarts. Avec quelques vices, l'honneur n’admet aucune transaction ; chez tous et en tous temps il condamne la déloyauté, l'infidélité, et en général toute violation de la parole donnée. Car, comme le remarque Hello {, ce qui aux yeux du monde, distingue le déshonneur de la faute, c’est que le déshonneur, au contraire de la faute, suppose toujours un manquement à la parole donnée. Aussi sur tous les points où la parole n'est pas engagée, l'honneur se montre-t-il beaucoup plus accommodant. Et de fait, on voit des hommes, même guidés par un sentiment délicat de l'honneur se permettre d’étranges hbertés sur certains chapitres de la morale. Et n'est-ce pas ce que reconnaît de Vigny lui-même quand il écrit que l'honneur « se tient debout au milieu de tous les vices, s’accordant même avec eux au point de s’accroître de leur énergie ? ». Ainsi, le sentiment de l'honneur auquel échappe
1 Quelle est la chose qui fait que le coupable n’est pas seulement coupable mais infâme ? Quelle serait, si le déshonneur avait une essence, quelle serait l’essence du déshonneur ? Ce serait, si je ne me trompe
Promettre et ne pas tenir.
La honte a bien des formes, bien des aspects, bien des visages. Il y a mille façons de se déshonorer. Mais toute multiplicité se résout dans une unité quelconque ; le péché produit les effets les plus divers, et, pourtant, au principe de tout péché, il y a un monstre unique, l’orgueil. La honte a tous les costumes ; elle en change souvent, elle s'habille suivant les circonstances; sa physionomie est mobile; tantôt elle rit, tantôt elle pleure ; mais si on y cherchait, la lumière à la main, parmi toutes ces laideurs, quel est le type qui les résume, et le principe qui les a fait naître, on verrait que le déshonneur a promis et n’a pas tenu. E. Hezro. L'homme. « L'honneur », p. 46.
2 pE Vicnv. Servitude et grandeur militaires, p. 266.
une grande partie de la vie morale, ne peut suffire à fonder une moralité sérieuse, aussi longtemps qu’il fait abstraction de toute considération religieuse.
On nous objectera que la religion avec ses dogmes et sa grâce, avec ses promesses et ses menaces est loin pourtant d'empêcher toutes les fautes, et que l’on rencontre des croyants dont la moralité est plus suspecte que celle de bien des incrédules qui n’admettent d’autre règle de conduite que le sentiment de l’honneur. Nous ne faisons pas difficulté de l’admettre, mais sans nous arrêter à discuter ces faits particuliers, nous nous contenterons de faire remarquer que ceux qui n’ont pas été retenus par les considérations religieuses l’auraient été certainement beaucoup moins par le sentiment de l’honneur, et que de plus, les croyants ne peuvent se permettre aucune faute sans violer les lois de la religion, tandis que les partisans de l'honneur peuvent se permettre bien des écarts sans que leur honneur en soit censé atteint.
Il faut donc à l’homme une règle extérieure qu'il ne puisse déformer, et une assistance qui lui aide à s’y conformer ; cette règle extérieure, le christianisme la lui montre dans les commandements promulgués par Dieu sur le Sinaï et renouvelés par Jésus-Christ, et cette assistance, c’est la grâce que Dieu nous donne pour nous aider à surmonter les difficultés.
Si l'honneur à lui seul ne suffit pas à fonder une moralité solide et générale, il peut aider la religion et devenir un secours très puissant « comme une seconde religion ». « Il fait les amitiés sûres et fidèles au malheur même. Il élève la parole donnée à la hauteur du serment. Il inspire la noble fierté du cœur et il préserve de la sotte fierté des manières. Il assure la loyauté dans les démarches, la délicatesse des procédés, la véridicité dans les paroles, la courtoisie dans la conversation. En un mot il fait l’homme aimable 1. » C’est assez de titres à sa recommandation.
1 LAUTARD, loc. cit., p. 520 et 523.
TITMIOE
Nous pouvons maintenant, dans un bref résumé, opposer la conception scolastique de l’honneur à celle des systèmes opposés.
L’honneur, dans la conception scolastique et catholique, est un acte extérieur par lequel on témoigne de l’excellence de celui à qui cet acte s'adresse.
Le premier fondement de l’honneur ainsi conçu se trouve dans la nature même de l’homme, qui porte en lui, dès sa naissance, l’image de Dieu à l’état d’ébauche, d’où une excellence innée qui l’élève déjà bien haut au-dessus de la nature sensible.
Cette image de Dieu est développée et embellie par la grâce qui se surajoute à la nature comme un vêtement, ou mieux qui la compénètre et l'élève à une perfection que la nature, par elle-même, eût été impuissante à atteindre.
La plus grande perfection, l’homme l’atteint par son union avec Dieu dans la vision béatifique, union la plus étroite après l’union hypostatique : c’est alors seulement qu’il porte en lui l’image et la ressemblance de Dieu par la conformité à sa gloire, qu'il ne possédait d’abord qu'en espérance.
Il suit de là que, bien loin d’exclure le sentiment de l'honneur au sens moderne du mot, c’est-à dire la conscience de la dignité et de la valeur personnelle, la conception catho lique tend au contraire à lui donner un fondement plus solide et à favoriser son développement. Eclairé par la Révélation sur la grandeur de son origine et de sa destinée, ins-
IT EL Ce
truit de son élévation à un état surnaturel et de sa participation à la nature divine, le chrétien doit avoir, de sa dignité, un sentiment plus vif que tout autre homme, sentiment d'autant plus solide qu’il est mieux fondé en raison.
La considération de sa dignité ne porte pas le chrétien à s'élever au-dessus des autres, car il sait que tous les hommes sont ou peuvent devenir participants des avantages et des prérogatives dont il jouit et que tous, par conséquent, peuvent avoir droit au même honneur que lui. Aussi n’y-a-t-il pour le chrétien aucune distinction de caste, de race, de nation 1 ; il a du respect pour ses supérieurs, pour ses égaux et aussi pour ses inférieurs car en tous, il sait voir l’image de Dieu que tous reproduisent, encore que d’une façon plus ou moins parfaite. C’est cette croyance à la communauté d’origine et de destinée qui produit dans les milieux où la doctrine chrétienne est suivie dans sa pureté cette familarité respectueuse qui ne supprime pas les distinctions hiérarchiques, mais qui rapproche les extrêmes de la société en élevant le petit, l’humble, le faible, et en portant le grand et le fort à s’abaisser vers lui. ;
Ce respect le chrétien l’étend à toutes les créatures, même privées de raison, car en toutes il voit au moins un vestige lointain de Celui qui seul mérite proprement l'honneur.
Tout honneur, toute gloire, le chrétien les rapporte à Dieu ? en dernière analyse, car c’est de lui seul que vient tout le bien, et l’homme ne peut s’attribuer en propre que ce qu'il y a de défectueux dans l’œuvre du Créateur. Le respect envers Dieu est considérablement augmenté par suite de la connaissance plus exacte que nous en donne la Révélation. Le respect n’a pas, dans la religion catholique, ce caractère de froideur et de crainte qu’il revêt dans presque toutes les religions fausses : c’est un respect confiant, le
! Induentes novum (hominem) eum qui renovatur in agnitionem, secundum imaginem ejus qui creavit illum, ubi non est gentilis et Judaeus, circumcisio et praeputium, barbarus et Scytha, servus et liber, sed omnia et in omnibus Christus. Col. III, 10, rt.
? Soli Deo honor et gloria. I Tim., 1, 17.
respect du fils envers son pèe et non point celui de l’esclave envers son maître.
Quelque prix que le chrétien attache à l'honneur il n’en fait pourtant pas sa fin dernière. Il le regarde comme un moyen précieux qui doit lui faciliter la pratique de la vertu, mais qui ne peut en aucun cas la remplacer. Que si on lui refuse l'honneur auquel il a droit, il sait se contenter du témoignage de sa conscience et de l’honneur dont il est assuré de jouir devant Dieu.
Dans le cas d’une injuste atteinte portée à l'honneur, la religion chrétienne ne défend pas d’en exiger la réparation, mais uniquement par les moyens efficaces et légitimes et non point par la vengeance ou par le duel. Si la réparation ne peut être obtenue il ne reste qu’à supporter patiemment l'injustice.
Ainsi donc le christianisme, loin de chercher à étouffer dans les fidèles le sentiment de l’honneur, refuse seulement de l’accepter comme unique règle de conduite, abstraction faite de toute idée religieuse. On voit déjà les Pères rappeler aux fidèles leur honneur de chrétiens pour les engager à mener une vie digne de ce titre 1 ; 1ls ne faisaient en cela que suivre l’exemple des Apôtres qui, eux aussi, ne voulaient pas que les chrétiens oubliassent qu'ils étaient devenus, par le Baptême, les temples du Saint-Esprit ?, et qu'ils avaient à se garder de profaner ce temple par une conduite indigne. Aïnsi respect envers soi-même, respect envers les autres hommes et surtout respect envers Dieu, recherche modérée de l'honneur rapporté à Dieu, tranquillité devant l’outrage et la calomnie, telles sont les conclusions qui découlent de la conception chrétienne et catholique de l'honneur.
La conception de l'honneur et les idées qui en découlent varient évidemment suivant l’idée qu’on se fait de l’homme,
1, Agnosce, o christiane, dignitatem tuam, et divinae consors factus naturae, noli in veterem vilitatem degeneri conversatione redire. Memento cujus capitis et cujus corporis sis membrum. LEo MaAcnus. Serm. x de Nat. MIGNE, P.-L., t. LIV, col. 192-3.