‹ L'honorable A.-N. Morin [microforme]Chapitre 21 sur 41 · REA · texte numérisé non relu

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ment plein droit de réclamer, le pouvoir comme parti, puisqu'ils postédaicnt la confiance de la très grande majorité de la population bas-canadienne. Ils refusaient de s'associer à des homme: auxquels ils ne pouvaient se fier, et qui ne leur offraicnt aucune garantie pour faire adopter les mesures favo-

rables aux intérêts du pays. Ne voulant pas se

trouver eux-mêmes dans la fausse position de MM. Viger et Papincau, position qu'ils avaient justement

dénoncée, ils refusèrent offre qui leur était faite.

L'année 1846 ne devait pas se terminer avant que l'Angleterre n'eût nommé un gouverneur dent le nom, avec celui de Sir Charles Bagot, cst en- ‘core prononcé vec amour par les Canadiens de Tage française,

Lord Elgin, noinmé gouverneur du Conde le 16 septembre de 1846, n’arriva au pays qu'à la fin de janvier de l’année suivante.

Après e.amen de la position de: partis politiques du pays, Lord Klzin put se convaincre que l'administration, telle qu'eils était constituée, ne pouvait posséder la confiance pubiise à un degré suffisant, Doué d’un cœur noble et généreux, il vit avec peine la position isolée qu’occupait ia population française dans son propre pays. Il voulut y remédier en appelant au por voir quelques-uns des Dans ce but, et sur l'avis de ses ministres, i{ s’adressa à M. Morin et à M. Caron, et leur offrit, à chacun, un portefeuille. Ces offres, étant les mêmes que celles qui avaient été

faites et rejetées dans les négocia tions précédentes, q ne pouvaient suffire aux exigences légitimes du là parti libéral que représentait M. Morir ; c’est pour- | p quoi il les rejeta de nouveau, donnant pour rai- | 4 son qu'il avait contracté une alliance avec des

chefs d'une autre origine, qu’il ne pouvait poiné Là oublier. M Caron crut agir dans l'intérêt de ses se compatriotes, en poussant les négociations plus E d' loin ; mais ses offorts n’eurent pas de succès. La E to: conduite de MM. Morin et Caron fut approuvée de Œ ni leurs amis politiques. BE ne “La presse ministèrielle, dit Tureotte, accusa la encore, mais sans raison, les Canadiens-Français | éci de refuser le pouvoir et de négliger, par là, les ] vrais intérêts de la province. L'alliance des con Æ suj servateurs avec les libéraux du Bas-Canada aurait

été une excellente affaire ; elle aurait probable- ce ment eu pour résultat d'empêcher les troubles de mè 1849. Il est regrettable qu'elle n'ait pas eu lieu; maïs enfin, la faute retombait sur les conservateurs, 4% M. qui voulaient toujours reconstruire le cabinet au d

profit du parti britannique et du Haut-Canada, et du qui refusaient d’asseoir le gouvernement sur des #Æ rail bases constitutionnelles, en répudiant le pass A gré de la double majorité.” D ai

C’est au mois Le juin de cette année [1847], que ‘ M. Morin eut le matheur de perdre sa mère, dont % nèt le cœur était un chef-d'œuvre d'amour, Ce cœur Æ rivé

si tendre, si compatissant, ele l'avait rassé en en: tier à son fils Augustin. On a souvent dit de lui.

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qu'il-avait l’exquise sensibilité d'une femme : c'était là un legs de sa mère, dont les grandes qualités

pouvaient encore lui servir de guide et de flambeau dans la-voie du salut.

Lorsque cette triste nouvelle lui parvint, il était à Montréal : c'était pendant la session, et sa présence était presque indispensable dans la chambre d'assemblée, où les :ibérau* avaient besoin de toutes leurs forces réunies pour combattre le ministère Sherwocd-Daly. Toutes ces considérations ne purent l'empêcher d'aller verser une larme sur la tombe de celle qu'il avait tant aimée, et il avait écrit qu'il serait présent aux funérailles.

Nous rapportons ici ce que nous a raconté, à ce sujet, M. l'abbé L.-T. Bernard, qui célébra le service de Mme Morin. Rien de plus touchant que ce récit faisant voir l'amour si beau du fils pour sa

mère.

“A la mort de sa vénérable mère, nous a écrit M. Bernard, M. Morin était à Montréal, au milieu des plus graves occupations, pendant une session du parlement, Il avait écrit qu’il serait aux funérailles de sa mère, et l’on était persuadé que, malgré 8es nombreux travaux, il y serait. On l’attendait donc,

“A l'heure où devoit commencer la cérémonie fu-

. nèbte, on n avait encore aucuve nouvelle de l'ar-

rivée de M. Morin. Le corps de la défunte avait été déposé dans la chapelle de procession. C'était M, L,-T. Bernard, proche parent, aujourd’hui an-

cien curé, qui devait accomplir la cérémonie. On retarGa le service de plus d’une heure, pour attendre M. Morin, et, lui, il ne comprenait point pourquoi l’on retardait la cérémonie. |

“Or, voici ce qui était arrivé.

M. Morin, en mettant le pied dans le village de Saint-Michel de Bellechasse, s'était rendu immédiatement dans la petite chapelle, où il n'avait cessé de prier et de pleurer auprès du corps de sa mère. Quelle ne fut pas la surprise.et l'étonnement de l’officiant, lorsque, après avoir bénit la fosse et jeté. la pelletée de terre traditionnelle sur le cercueil, il aperçut tout à coup un homme dont ilne voyait pas la figure, prendre une poignée.de terre, l'arroser de ces larmes, la baiser respectueusement, puis la jeter lui-même sur la tombe. ‘A cet instant, l'officiant reconnut M. Morin, qui, ensuite, vint à la sacristie le remercier d’avoir rendu les derniers devoirs à sa mère, au nom de toute :la famille.”

Après bien des tentatives et des tâtonnements, nous avions, pour la session de 1847, le ministère Sherwood-Daly, dont faisait partie M. John-A. . Macdonald, devenu, depuis, sir John, Ce n'était alors qu'un jeune dépaté, doué de grands talents

qui devaient le mener, plus tard, à jouer un. beau rôle sur le théâtre politique du pays En 1847, M. John-A. Macdonald manquait d'expérience; et c'est probablement pour cette raison qu'il-partageait les principes injustes et outrés des conserva-

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