LA BAIE DE QUEBEC
Quels sont ces attrayants rivages * Que baigne un lac majestueux ?
pin Quels monts riants quoique sauvages, Nous S'étendent au nord sous mes yeux ?
: Puis cette cime crénelée,
lir de $ :
Et ces vaisseaux aux mâts luisants ?
Cette ville en cercle étalée,
Et ces clochers qui font appel aux ans ?
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Ces traits hardis de la nature,
Ces œuvres de l'homme et de l'art,
Ces tons que cherche la peinture,
Que los vers n'offrent nuile part,
Cette chatoyante féerie
Du mirage à double horizon ;
Ces lieux enfin, c'est ma patri: :
Combien ses fils l’aiment avec raison |
Cette Île qui ferme la Baie,
Jadis chère au dicu des buveurs,
Le soir quand la brise est tombée,
S'agite au chant de ses rameurs.
Dans ses nouvelles destinées
Orléans préfère aux raisins
Ses hauteurs d'épis couronnées, Ses bords peuplés d’intrépides marins.
AE
Et toi, cataracte fumante, Emule du Niagara, Au désespoir de quelque amant Dis si ton gouffre servira...
Jamais. Notre sage Amérique
- Ne verra point un pareii saut. | D Son nécro'oge prosaïque
Nomne Sam Patch et n’a pas de Sapho.
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Restes de sanglants stratagèmes Entre des peuples indomptés,
Les Hurons s'éteignent d'eux-mêmes Là, sur des sables écartés.
1ls ont adopté notre vice, Ont-il: pris aussi nos vertus ?
De nos mœurs la docte malice, Ba les fixant, les a-t-elle abattus P
| Ce fleuve qui là se resserre, j Vit naviguer avec ardeur Vers une bourgade étrangère Cartier, pilote ambassadeur :
Cartier que l’histoire infidèle Abandoïne après ses travaux, Fut-il un des aïeux d’Adèle ?
Quelle est la terre où repose ses os ?
feux que la mer aventureuse Porte chez les Napolitains, Par une ressemblance heureuse Voient Québec dans des flots lointains + Même entour, même grâce austère Et même ensemble d'accidents.
Notre Vésuve..... Ah ! le cratère En puisse-t.il rester fermé longtemps]
: Mais la plage que j'ai chantée jornme nous a ses jours de deuil, Par 1: froid l’onde tourmentée Offre un vaste et mobile écueil.
Ces rideaux si vert: .out à l'heure Apportent les premiers frimas, La neige vient, l'hiver demeure, Adieu zéphirs, moissons, verdure, mâts..
Nous aimons à mettre sous les yeux de nos lecteurs deux des articles nécrologiques publiés parles journaux du pays, à la mort de M. Morin, Nous donnons celui du Courrier du Canadu, et nous le ferons suivre de celui qu'a écrit l’hon. P.-J.-O. Chauveau,dansZe Journal de l' Instruction publique. Oa y trouvera quelques détails que nous n'avons point donnés ; et tout détail, tout petit qu’il puisse paraître, prend de l'importance, grandit, quand il s'applique à un homme de i':nportance et de la grandeur morale de M, Morin, dont tous les actes ont été marqués au coin des plus nobles sentiments. Voici le premier de ces aiticles : ;
“ Parmi tous les hommes publics qui ont paru sur la scène politique du Canada, depuis le jour de ce que nous pourrions appeler l'émancipation des Canadiens-Français, s’il en est un dont la mémoire restera eu vénération dans toutes les classes de la population du Bas-Canada, c’est bien le grand citoyen que nous venons de perdre dans la personne de l'honorable Awgustin-Norbert Morin.
Dans la galerie de nos grands hommes, on rencontrera peut-être des figures plus éclatantes, plus éblouissantes, plus majestueuses que celle de l'illustre défunt : on n’en renrontrera pas de plus belles, de plus pures et de plus noblesque celle de cet humble enfant de 11 campagne, de ce modeste fils de cultivateur qui, .arvenu aux plus hauts honneurs, conserva cette naïve simplicité, cctte touchante candeur, cette édifiante piété, êette fran-
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chise et cette honnêteté qui caractérisent notre brave population agricole.
‘“ Comme nous le disions dans la courte notice biographique à vol d'oiseau que nous publions, dans notre dernier numéro, Angustin-Norbert Morin na° qüit à St-Michel, le 12 octobre 1893, d'une respectab'e famille de cultivateurs. Dès ses premières années, le jeune Norbert se ft remarquer par . sa piété filiale, sa dévotion envers. la Ste-Vier-
ge et sa précoce inteliigence. Ses pieux parents, avec l'instinct qu'ont tous les parents, entrevirent. un avenir brillant pour leur enfant, et du jour où ce pressentiment se glissa dans leur esprit, ils ne rêvèrent plus qu’une chose: faire faire un cours d'études classiques au jeune Norbert. |
“Ce rêve, le dévouement le réalisa : les pieux parents, à force de privations, réussirent à économiser -une somme assez ronde pour couvrir les dépenses de la première année d’études, et le jeune Norbert entra au petit séminaire de Québec à l'âge de treize ans. [1]
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[1] L'auteur de cette notice nScrologique, M. Renaud, alors rédacteur du Courrier, a exagéré les sacrifices faits par M. Morin pour faire instruire son fils ; car, nous l'avons déjà dit, le père du sujet de cette biographie était ce que nous sommes convenus d’appeler, dans nos campagties, un habitant à l'aise, qui à pu, sans dificulté, établir convenablement ses onze enfants. On peut revoir ce que nous avons déjà dit à ce.sujet, aux pages 19 et 20. On verra, là, ls art de mérite revenant à M. l'abbé McGuire dans éducation classique donnée à M. A.-N, Morin.
“Ses immenses talents, grâce à ia judicieuse direction qui leur fut donnée, ne tardérent pas à se développer et à ie mettre au premier rang de ses compagnons de classe.
‘Sa prodigieuse mémoire, son aptitud* au travail, son jugement sain, mais surtout son é lifiante piété et sa modestie, le signalèrent à l’attention de ses maîtres, qui ne négligèrent rien pour cultiver ces belies qualités du cœur et de l'esprit de leurélève.
“Chaque année, à la distribution des prix, le
jeune Norbert partageait, avec M. Etienne Parent, .
son émule en talents et destiné, lui aussi, à joner un rôle brillant dans l’histoire de son pays, les plus beaux lauriers destinés à sa classe. Mais ces guccès, qui faisaient la consolation de ses vieux parents et deses maîtres, effrayaient la modestie et l’humi. lité du jeune Norbert : lorsqu'il allait, à la fin de l’année, chercher ses prix, il avait toujours l'air em. barrassé d’un lionime qui faït une mauvaise action,
‘ Après avoir terminé son brillant cours d'études, ie jeune Norbert hésita longtemps dans le choix d’un état de vie. Ilavaït un fort penchant pour l'état ecclésiastique, mais Îles responsabilités qui pèsent sur le représentant de Jésus-Christ sur la terre l’'épouvantèrent. D'un autre côté, son amour passionné pour son p:ys l'entraînait vers un état où il pût mettre au service des droits de ses corpatriotes, alors foulés aux pieds, ses talents et 54 bonne volonté. Finalement, il se décida à embrasser l'étude du Droit. Ici encore, il trouva un
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