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obstacle sur son chemin : le défaut de moyens, Mais la Providence qui l'avait protégé jusques-là, ne lui fit pas défaut. [1 trouva à la fois un protecteur et un patron dans la personne de M. Denis- Benjamin Viger, qui l'appela près de lui à Montréal. Un brave négociant de Montréal, M. Perrault, lui donna une place à sa table.
“Une fois assuré de ne pas manquer de pain, le jeune Norbert s'enfonça avac une ardeur fébrile daus l'étude da D'oit, étude qu'il faisait marcher de front avec celle des honn:s ë&t des choses qui passaient sous ses yeux.
‘ On était alors aux plus mauvais jours de la domination angiaise ; le jeune Morin brûlait du dé.-
sir d'apporter sa quote-part à la défense des droits ‘de sa racv opprimés : les criantes injustices dont
souffraient ses conoatriot:s révoltaient cette âme si franche.
& L'occasion qu'il atteadait si impatiemment d'élever la vaix en faveur de ses compatriotes, ne tarda pas à se présenter, et alors on vit ce jeune
homme, si timide lorsqu'il ne s'agissait que de sa
personne et da ses intérêts, braver la puissante oli.
-garchie qui dominait le Bas-Canada. Le rer juil
let 1825, le juge Bowen, sa faisant l'instrument de l’hostile minorité anglaise du Bas-Canada, débou: fait deux action sous prétexte que les brefs étaient rédigés en langus franç aise. [1] Une voix élo-
senmsemouse DLL LEE EEE .……,
"tt Ces deux causes appartenaient au ‘tribunal de
| Kamouraska, où Écdete Lau anglaise, alois conime au. ne état complè
ément ignorée. 17
1,4 MATE ver NUS Latin PROPRES PEALE
quente, qui retentit par tout le pays, fprotcesta en
termes énergiques contre ostte inique interprétation À des lois, et cett: voix c'était celle du jeune Morin, à Dans un écrit remarquable par le fond et la forme, pr intitulé ‘“ Lettre à l’hon. juge Bowen,” il revendi- R qua pour ses compatriates le droit de se faire en- la tendre dans sa propre langue devant les tribunaux, sa ‘“ Cet écrit lui ft une belle réputation et les féli- à citations qu’il reçut de tous côtés lui inspirèrent l'idée de fonder un journal dans les intérêts de la xt population canadienne française. Cette idée, il la # réalisa la même année, en fondant Za Minerve, ph qu'il rédigea pendant dix années consécutives. ve
Ceux qui suivaient alors les é: enements politiques
* du pays se rappellent encore quelle verve, quelle franchise, quelle énergie et quelle pureté de lan. gage et de vues M. Moriu apportait dans la défence de la cause du Canada-Français. (1)
“ Le surcroît - de travail dont il venait de se charger en prenant la rédaction du Za Minerve, ne l'empêcha pas de continuer avec la même consciencieuse application qu'auparavant ses études du Droit. Admis au barreau en 1828, il était, deux ans après, à l’âge de 27 ans, envoyé au Parlement par son comté natal, le comté de Bellechasse. ‘M. Morin arriva en chambre #récédé d’une
réputation colossale ; aussi ne tarda-t:il pas à ga-
LL CCE PEPEPPEEEP EP ERP CPP PPPCEPE EPP EP OPPEPEEPREREENCERERERRENCERENENEECEEENENENEEEncenerennercncerEnneEnnnnenennennEnnEEnENRRnNES sesse
Ke
(1) Comparez ce
sage avec ce que dit M. L-N, Carrier du style de
Morin, page 58,
gner la confiance des courageux défenseurs de la
nationalité canadienne-française qui le prirent pour
uu de leurs chefs, Ii m2: semble encore, nous disait, ces jours derniers, un de ses amis intimes, il me semble encore voir cette belle figure reflétant la candeur de son âme ; il me semble encore l’entendre ce jeune homme passionné pour son pays, citer, en pleine chambre, au tribunal de l'opinion publique, les hommes impolitiques et fanatiques qui voulaient domiuer, eux la minorité, le Bas Cana-
a ; il me semble encore entendre son accent prophétique, lorsqu'il prédisait le drame du sang qui se déroula plus tard.
“En 1834, M. Morin fut choisi par ses compatriotes pour aller porter en Angleterre la protestation de la population canadienne française contre les injustices auxquelles elle était en butte. M. Denis-B. Viger était alors en Angleterre et M. Morin uvait pour mission de lui transmettre la. réquête et de le seconder dans ses efforts pour ob: tenir justice de la métropole. Les deux dignes représentants du Bas-Canada échouèrent dans leur mission et M. Morin revint en Canada plus résolu que jamais à combattre les t 1dances dominatrices de l'oligarchie anglaise.
“ Sur ces entrefaites ar. .vèrent les lugubres événements de 1837 38. M. Morin prit à ces événements une part active, mais nous di ons dire en justice qu’il recula toujours devant l’idée d’une révolte ouverte. Vers le temps où avait lieu la col-
lision entre les patriotes et les troupes anglaises, à
St-Eustache et à St-Denis, M. Morin prononça,:
dans une séance de ja Société des. fils de la Liberté, organisée dans un but de rébellion, à Québec, un discours de deux heures, pour démontrer la folie d’une résistance arméc.(1)Craignant le sort de quelques-uns des chefs patriotes incarcérés sur des soupçous plus ou moins fondés, il s'éloigna de Québec, resta caché quelque temps daus les bois, puis vint se livrer de lui-même aux autorités, qui refusèrent de lui faire subir un procès, malgré ses pressantes sollicitations,et qui le laissèrent en liberté.
“ Après l’Union des Canadas, en 1841, M. Mo:
rin fut nommé juge de la Cour des Prérogatives, Charge qu’il résigna, l’année suivante, pour entrer dans le cabinet La Fontaine-Baldwin, en qualité de commissaire des Terres de la Couronne. En 1843, l'administration dont il faisait partie fut dé: faite et remplacée par l'administration Viger-Draper. Aux élections qui eurent lieu, l’année cui. vante, il eut l'honneur d’être élu par deux comtés : celui de Saguenay et celui de Bellechasse. Il dona la préférence à son comté natal. En 1848, . il fut de nouveau réélu dansle comté de Bellechasse ; nommé Président de la Chambre d’Às-
semblée à l'ouverture du Parlement, il occupa cette: .
place jusqu’en 1857, [1] Voici un détail important, sur lequel nous appelôns tout particulièrement l'attention du lecteur.
lo
(ne Quand les démagogues incendièrent les Cham- 1 bres, dit la notice biographique de La Minerve, 1 semblable à ces sénateurs rowains devant les Gaulois, M. Morin ne cousentit à laisser son siége que lorsqu'on eut mis devant lui une. motion d'ajourne- A ment.
En 1851, M. Morint fut appelé, de concert avec
» L M. Hincks, à former une administration. Il prit D ie portefeuille de Secrétaire Provincial et se fit l | élire d-ns le comté de Terrebonne.
is En 1854,il fut appelé par Sir Allan McNab à
former l’admioistration qui porte leurs noms, et il prit le portefeuille de Commissaire des Terres de
p: ja Couronne, Défait, en 1855, dans le comté de
S Terrebonne, il se retira de la vie publique.
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té “ Ici se termine la carrière politique de l’illustre À défunt ; pendant cette longue carrière, M. Morin ré apporta toujours dans ses actes politiques cette pu- F reté d'intention, cette honnêteté et ce désintéresse-
, ment qui faisaient le fond de son caractère. Si le cadre de cette notice nous le permettait, nous pourrions citer plusieurs anecdotes qui montrent jusqu’à quel point il poussait, jusque dans les plus petites actions, les scrupules de conscience. | ‘ Quelques mois après son entrée dans la vie privée, en 1855, il fut nommé juge de la Cour Supérieure du Bas-Canada, puis, quatre ans pius tard, commissaire de la codification des lois. “ L'illustre protecteur de M. Morin, M. Denis-
Benjarin Viger, disait en mourant : ‘‘ J'aime mon Dieu et mon pays.”
‘ On peut dire que ces belles paroles sont Île résumé de la vie de M. Morin. Oui, 1l l’a aimé son Dieu, oui, il l’a aimé lui aussi son pays, le grand citoyen que.vient de perdre le Bas Canada.
‘ Voici ce que dit de l'illustre défunt un historien anglais qui a écrit. la vie de iord Metcalfe :
‘ Son caractère est propre à en faire un héros de roman, À une habileté d'administration supérieure, il unit une grande puissance d'application, un amour extrême pour l'ordre, et surtout une conscience délicate et une abnégation de lui-même, qui, dans l’ancien temps, l'auraient fait proclamer à hauts cris le premier citoyen. Il possède le pa: triotisme le plus pur. Ilest sans égoïsme et sans artifice. Ilest d'une nature si sensibl: et si expansive qu'on a dit de lui qu'il avaic le tendre cœur d'une femme et la simplicité d'un enfant. Sans cela, infirmités des âmes nobles, il eût été un grand homme d'Etat.” :
‘* Nous ne croyons pouvoir mieux terminer cette notice bien incomplète qu’en citant le trait suivant, raconté par notre confrère de Za Minerve :
“Un mendiant, qui était toujours bien reçu, prenaît chaque largesse pour une nouvelle invitation et répétait fréquemment ses visites. Ud jour, M.Morin, fatigué, lui dit tout doucement : “Vraiment, vous n'êtes pas honnête.” Leïmendiant se retira avec un airaffligé. Aussitôt M. Morin se mit à sa
poursuite et alla au milieu de la rue, lui faire ses excuses.” [1]
“ Les récits de semblables traits, ajoute notre confrère, pourraieut se multiplier jusqu’à l'infini.
ki,‘ Une âme nourrie de sentiments si riches sait se concilier l'admiration universelle, et c'est en songeant au prix de ces ;éminentes qualités, que l'on comprend davantage la grandeur de la perte que nous venons de subir. Nous sommes sûrs d’avoir un ami sincère, dévoué et puissant de moins.
L’hon. A.-N. Morin cultivait la poésie dans ses passe-temps, On cite de lui, entre autres, une chanson patriotique, où il dit : *
Dans ma douce patrie Je veux finir ma vie.
« C'est lai, croyons nous, qui composa la chanson si populaire :
Moi t'oublier, est-il en ma puissance ?
M. Morin a été un des meilleurs écrivains de son temps ; il avait un style extrêmement châtié. (2) Jacques Labrie avait laissé en manuscrit la première histoire du Canada. Le 30 novembre 1831, M. A.-N. Morin proposa à la législature une ailocation de £500 pour l'impression de cet ouvrage.
snonsennonsesssstesesesessemascensenssoseesssenses
) Nous avons.
(2) Voir, à:la ps L.-N. Carrier du
F58, l'appréciation qu'a faite M ‘lo dé Me Morin.
Sa réputation d'écrivain lui mérita la charge de rédiger cette histoire, et l’on rapporte un mot d’Isidore Lebrun, à ce propos : “ Heureusement, M Morin écrit Je français avec goût ; car ce n'est point par son style que M. Labrie peut mériter le titre de Tite-Live.” M. Morin fournit aussi à M. Lebrun des données importantes pour son Tableau des Canadas. Enfiu, ce fut lui qui rédigea les quatre-vingt douze résolutions. I fit sortir une foule d’écrits, qu’il publia presque toujours dans La Minerve, et, pendant toute sa carrière politique,
ce fut lui qui inspira ce journal. On trouve de lui dans le Xépertoire National nne poésie intitulée : La Baie de Québec; une autre appelée CAanson patriotique, et une lecture sur / Education Elémenfaire : ce qu'elleest et ee qu'elle devrait être. T] écrivait très facilement en anglais, et il savait fort bien employer les ressources de cette langue.
& C'est surtout dans l'exercice de ses devoirs religieux.que l'illustre’ défunt était admirable. Quand il voyageait à la campagne, jamais il ne passait dévant une église sans y entrer et sans y faire quelque añmône. On ne saurait dire toutes les œuvres de charité qu’il a accomplies en secret.
& Il était mariéà Demoiselle Raymond, sœur de M. le Grand-Vivaire Raymond et de M. Raymond, représentant du comté de St Hyacinthe.
M. Morin avait droit aux titres.de LL.D., conférés par l'Université St-Jean, d@New. York ; juge de la Çour Sapériotre : doyen de la Faculté de
Droit à l'Université Laval ; membre du Conseil | des Patrons de l'Ecole de Droit, liée au Collége des Jésuites.”
à à | FUNÉRAILLES DE L'HON. JUGE A.-N. MORIN.
s “Hier, à Notre-Dame de St-Hyacinthe, ont eu è lieu lés funérailles de l’illustre et regretté défunt : l'honorable: A-N. Morin, Un convoi spécial, parti de Montréal, avait amené les citoyens les ”, | plus influents, tandis qu’un autre, venant de Qué- “ | bec, avait apporté également son contingent d’é-
trangers. : |
à Parmi les assistants laïques, où remarquait : it l'hon. proc. général, G.-E. Cartier, et l’hon. M. Ë McGee ; les honorables juges Caron, Badgley, Ê Mondelet, Drummond et Sicotte : les honorables MM. Chauveau, Cauchon, Etienne Parent, Lafram- $ boise, Dumouchel, L.-A. Dessaulles, Charles Wil- & son : MM. le Dr Meiïileur, A.-M. Delisie, Dr Beaua bien, T.-K. Ramsay, McCord, Ls. Bétourné, R.-A. du Hubert, T.-U. Beaudry, Jos. Doutre, V. Sicotte,
P. Moreau, P.-U. Piché, Alphonse Meilleur, Jos.- Olivier Joseph, H. Mercier, Gladu, rédacteur du Courrier de St-Hyacinthe, Girard, L.-N. Duvernay, Ls. Taché, shérif pour le district de St-Hyacinthe, C.-A. Terroux, N.-B. Desmarteau, D. Pelleticr, P. Delvecchio, snr, P. Delvecchio, jur, Jos. Robillard, J.-C. Robillard, C*E. Belle, Jules rs Jos.
FLE S. LEA CAEN AE as, DR SO, it SALUE D PME DIRAIT A KP PR D NE PAU LUE AN à TEE 5 25
Barcelou, T -A. Gravel, L.-C. Gravel, Hubert Paré, Aug. Laberge, N. Valois, Dr. Hubert, H, Laparrs;, Serafino Giraldi, U. Beaudry, jur, T.-H, Daley, P.-L. LeTourneux, Ant. Lévesque, etc.
‘ Parmi les membres du clergé, on remarquait : M. le Grand-Vicaire Cazeau, Québec ; M. le G.-V, Raymond, St-Hyacinthe ; M. le chanoine Leblanc, Montréal ; les RR. PP. Michel et Langlois, de la Compagnie de Jésus ; les Rvds MM. Roussel et Lenoir, de la maison de St Sulpice ; les RR. PP. Desdebant et Bournigal, de la Compagnie des Oblats : MM. Valade et Lamarche, évêché de Montréal ; MM. Tétreault, économe, et Gendron; professeur de philosophie au collége de St-Hyacinthe ; MM. Lafrance, Moreau, Dupuis et Poulin, évêché de St-Hyacinthe, et une trentaine de prêtres et ecclésiastiques.
‘ Le corps du défunt reposait près de l'église, dans une maison qui avait été sa propriété, et autour de laquelle on remarquait, inachevées, des.réparations que feu M. Morin avait ordonnées luimême, une semaine auparavant, dans l'intention d'y établir sa résidence en permanence.
‘ M. le G.-V. Raymond vint faire la levée du corps. Les porteurs du poêle étaient : les honorables juges Caron, Badgley, Mondelet, Drummond, Sicotte, et l’hon. M. Dumouchel,
‘6 On fit entrer le corps dans la maison des sœurs du Précieux Sang, et là les religieuses chantèrent un /’bera. Après quoi, le convoi funèbre se rendit |
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