‹ L'Honorable Joseph-G. Blanchet [microforme]Chapitre 4 sur 8 · RE MEN MS · texte numérisé non relu

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M. Blanchet se mit à l'étude de la médecine en 1845, dans l'automne. Il eut pour patron un des médecins les plus distingués qu'ait produits notre pays : son oncle Jean Blanchet, qui, comme chirurgien surtout, n'avait peut-être pas son égal, dans le temps qu’il vivait.

Après quatre ans et demi de cléricature et d'études sérieuses sous un aussi bon maître, Joseph-G.. Blanchet fut reçu médecin, après avoir subi un examen sévère. Il fut reçu le 14 de mai, 1850, à l’âge de 21 ans moins 8 semaines.

Le 27 du mois d’août de la même année, M.

Blanchet épousa Mlle Emilie Balzaretti, sœur de M. Napoléon Balzaretti, bien connu à Québec, et fille de M. Giovanni-Dominico Balzaretti, né en Lombardie.

Six enfants sont issus de ce mariage, dont deux seulement survivent : un garçon et une fille. Des quatre qui ont été enlevés à l'amour de leurs parents, trois sont morts en bes âge; et l’autre, une fille, est morte le 16 de décembre de 1868, à l’âge de 174 ans. La perte de cette enfant chérie fut un coup cruel au cœur du père et de la mère, qui ne purent se soumettre à cette rude épreuve qu’au pied de la croix du Sauveur. La Religion seule pouvait faire sup-

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porter cette séparation d'une enfant qu'ils aimaient comme un rayon de leur âme. Douée de grands talents et de tous les dons du cœur, elle était, lorsque la mort est venue l'enlever, l'élève bien-aimée des dames du couvent de Jésus-Marie, à Saint-Joseph de Lévis. Cette institution, qui a déjà produit tant de bien, fut fondée par Messire Routier, prêtre éminent.

Ce M. Routier était l'oncle de M. le juge Routhier.

Quelques lignes sur la famille de Mme Blanchet trouvent naturellement leur place ici.

Le 19 de novembre, 1885, Mme Marie-Antoinette Balzaretti, grand'mère de Mme Blanchet, écrivait de Ronago (Italie) une lettre à sa bru du Canada, Mme Giovanni-Dominico Balzaretti.

Plus tard, elle écrivait à sa petite-fille, Mme Blanchet, alors au couvent des Ursulines de Québec, une autre charmante lettre.

Ces deux missives sont non-seulement écrites en français d’une pureté irréprochable, mais elles renferment les plus beaux sentiments d'amour qu'il soit possible d'exprimer.

Mme veuve Napoléon Balzaretti, qui s’est tuée accidentellement, l'hiver dernier, était la belle-sœur de Mme Blanchet et la sœur de M.

l’abbé Bonneau.

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| Le jeune médecin pratiqua un an seulement 4 à Québec, puis il alla se fixer à St-Nicolas, dans | le comté de Lévis, où il demeura jusqu'au 20 | d'octobre, 1852.

Dans la même automne, il vint s'établir dans la paroisse de Notre-Dame de la Victoire, qui venait d'être détachée de St-Joseph de la pointe Lévis. C’est là que nous le trouvons encore aujourd’hui, ayant grandi avec cette paroisse qui a marché à pas de géant ; c'est là qu'il a j pratiqué la médecine avec succès jusqu'à l’au- | tomne de 1883 ; c’est encore là qu’il a soutenu

| des luttes politiques sérieuses et dont les élec-

teurs de Lévis se souviendront longtemps ; puis c’est là, probablement, qu’il voudra mourir et dormir son dernier sommeil, tant il aime Lévis et sa brave population.

M. Blanchet, peu de temps après son arrivée à Lévis, s’occupa des affaires municipales de cette paroisse, et, en 1865, il fut élu maire. Il organisa la nouvelle municipalité et il aida à obtenir l’incorporation de la ville de Lévis, en 1861. | ll Après son élection comme député, la même | année, il se retira du conseil.

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|| M. Blanchet avait aussi un goût prononc‘ Il! | pour les luttes politiques et, dès 1854, on le voit

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y prendre un grand intérêt. Arrivé à cet âge de l'enthousiasme et des beaux rêves, à 25 ans, son imagination se laisse entraîner par les belles théories du parti démocratique de l’époque. Cet engouement factice, qu'il prenait alors pour des convictions profondes et durables, se voit fortifié par les discours entraïnants de M. Papineau, au retour de l'exil, et ayant rapporté avec lui un esprit imbu des idées des penseurs comme Louis Blanc et consorts. Ajoutez à cela l'éloquence facile, la parole entraînante du grand tribun canadien, le prestige de son nom et de ses luttes avec ‘“ la marâtre Angleterre,” et vous comprendrez facilement qu’un jeune homme de 25 ans, ayant au cœur des aspirations et l’amour de son pays, pouvait aisément se laisser entraîner sur ce terrain de la démagogie, surnommé, à cette date, et pour mieux capter la confiance, le terrain des démocrates. M. Blanchet se laissa prendre à ces dehors dorés, comme tant d’autres jeunes sens d'élite de cette époque, et dont le plus grand nombre n’a pas gardé ses illusions de jeunesse. M. Blanchet fit comme tant d’autres de ses compatriotes contemporains : le désenchantement se fit ; l’âge et la réflexion lui montrèrent les choses sous leur vrai jour, et, 6 ans plus tard, en 1861, on le voit s’allier franchement et ouver-

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tement au parti conservateur dont il a, jusqu’à présent, suivi le drapeau fidèlement, dans les jours mauvais comme dans les beaux jours.

En 1857, il se mêle à la politique d’une manière active ; et, dans l’automne de cette même année, il pose sa candidature, dans le comté de Lévis, contre l'honorable Frs. Lemieux, ancien ministre du gouvernement Taché-Macdonald. Soit qu’il ne fût pas mür pour la lutte (il n'avait alors que 28 ans), soit que ses principes démocratiques fussent contre lui auprès des électeurs, il fut défait par une forte majorité.

C'était son premier revers. Il ne se sentit nullement découragé par cet échec; et, semblable à Charles Quint, au moins sous ce rapport, il voyait son énergie s’accroître avec les obstacles.

En 1861, M. Blanchet, s'étant rallié franchement et ouvertement au gouvernement Cartier- Macdonald, se présenta de nouveau contre le même M. :.emieux, et il le battit par une majorité de 77 voix (1).

En 1862, le gouvernement Cartier-Macdonald fat défait. Ilest bon de mettre sous les yeux du lecteur les faits principaux de cette époque

(1) M. Hector-L. Langevin (devenu, depuis, Sir Hector) appuya M. Blanchet à cette élection, et parla en sa faveur à assemblée où il posa sa candidature et se constitua garant de la sincérité des convictions de M. Blanchet. M. Langevin n’a jamais regretté ces paroles de 1861,

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qui vit arriver au pouvoir les chefs libéraux, le 24 de mai.

Dès 1861 (le 25 d'octobre) sir Edmund-W.

Head avait fait place, comme gouverneur, au vicomte Monck, qui était Irlandais de naïssance.

Le nouveau gouverneur ouvrit le 7me parle-

ment, le 20 de mars, 1862, et pria les deux cham-

bres de choisir leurs présidents. Sir Allan

McNab fut élu président du conseil législatif

par une majorité de trois voix.

À l'assemblée législative (je cite Louis-P. Turcotte : LE CANADA SOUS L'UNION, de 1841 à 1867), les partis commencèrent la lutte politique par le choix du président. M. Cartier proposa M. Turcotte, député de Trois- Rivières, comme candidat ministériel : il énuméra les services que co député avait rendus au parti libéralconservateur. M. Drummond présenta M. Sicotte, comme le candidat de l'opposition, et rappela la manière habile et honorable avec laquelle il s'était acquitté des devoirs de président de la chambre. Malgré les titres de M. Sicotte à la présidence, M. Turcotte l’emporta de treize voix.

L’heureux candidat avait les qualités requises pour la haute position que venait de lui conférer la majorité des représentants. Il possédait les deux langues, ct avait une expérience parlementaire de vingt années. M. Turcotte était de plus un orateur très distingué ct possédait des talents brillants.”

Réunte le 20 de mars, 1862, comme je l’ai dit plus haut, l'assemblée législative fut saisie, le mois suivant, d'un projet de loi qui amena la chute du ministère Cartier-Macdonald. Je cite le même auteur :

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