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| M. John-A. Macdonald présenta un projet de loi des- : tiné à organiser la milice sur un pied efficace. La (| mesure avait été préparée sur les suggestions d’une commission spéciale composée de Messieurs Cartier, {| Macdonald, du colonel Lyson, etc, et nommée à la suite | de l'affaire du Trent. Cette difficulté avait démontié | l'importance qu'il y avait de mettre la province sous | la protection d’une force efficace, et tous les Can:liens, || sans distinction de partis, reconnurent que la loi de (ll | milice était inefficace, et insistèrent sur une meilleure organisation.
| Le projet de milice ne fut pas discuté comme le mé: ritait un sujet de cette importance. Les Libéraux ne tirent pas connaître leurs vues sur la question de Ia Il défense ; 1ls farent unanimes à voter contre le projet {ll ministériel, afin de renverser le cabinet, Quelques |l démocrates étaient d'avis qu’il n’y avait pas besoin de (ll milice, que l'Angleterre devait nous défendre et payer une milice, si elle en voulait. Ils étaient conséquent: avec leurs principes annexionnistes, qu'ils n’osaient pas professer publiquement, mais qu’ils entretenaient | en eux-mêmes.
|| Les organes des Libéraux jetèrent l’effroi parmi la | population, en criant que la mesure demandait des sacrifices immenses, et établissait une taxe directe de cinquante centins pour le soutien de la milice. Comme | le fit remarquer M. Cartier, cette taxe n’était qu'une | | pénalité infligée à ceux qui ne se rendraient pas à l’ex- (ll ercice. La population des campagnes commença à lt | s’exciter et’ demanda le rejet du projet ministériel.
| Plusieurs partisans du ministère essayèrent de faire | modifier le projet. Les ministres s’y refusèrent : ils ll | crurent pouvoir braver l'orage, et se fièrent trop sur | leurs propres forces. Le projet de milice fut rejeté à | € (l sa deuxième lecture sur un vote de 61 contre 54. 4 €
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M. Blanchet, député de Lévis, vota avec les | c 54 membres favorables à ce projet de loi. |
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Je ne saurais fermer Turcotie sans lui emprunter un autre extrait.
M. Cartier, (dit cet estimé chroniqueur) et ses collègues considérèrent qu'après ce vote, ils devaient donner leur démission, C’est ce qu’ils firent le 21 mai (1862). En remettant les rênes du pouvoir, M. Cartier exprima sa reconnaissance aux’ députés qui lui avaient accordé jusqu'alors un appui constant. IL félicita M. John-A. Macdonald, son collègue, de la majorité qu'il avait obtenue dans la province qu'il représentait, (II avait obtenu dans sa section une majorité de 7 voix, tandis ‘ue M. Cartier se trouvait dans une minorité de 13). 11 se déclara fier d’avoir succombé sur une mesure destinée à soutenir, sur ce continent, la gloire du drapeau britannique, et dont la nécessité avait été admise. Il craignait que les ennemis des Bas-Canadiens ne vissent, dans ce vote, les preuves d'un manque de loyauté.
Le parti libéral-conservateur, ou simplement conserrateur, formé en 1854, avait fait un long rêœne. C'était le même parti qui, sous les noms de dive : ministères, MeNab-Morin, Taché-Macdonald, etc., avait administré les affaires publiques. Le dernier ministère Cartier:- Macdonald, qui était une continuation des précédents, comptait presque quatre années d'existence. Remarquons que les députés du Bas-Canada, par leur union, avaient été la force de ces administrations. La chute des Conservateurs allaient changer les rôles : le Haut- Canada allait, pendant deux ans, commander à l'autre province. (Les mots soulignés ne le sont pas par l’auteur).
Malgré ce qu’en ont dit leurs adversaires, MM. Cartier ct John-A. Macdonald apparaissent dans notre histoire comme les deux plus : randes figures politiques. de l’époque. Ils «nt droit à la reconnaissance publique, car ils ont rend. les plus grands services à leurs com-
patriotes. Après plusieurs années de carrière administrative, ils sortirent tous deux du cabinet aussi pauvres qu'ils y étaient entrés. Ils se montrèrent tolérants et libéraux; ils défendirent généreusement les institutions catholiques, les écoles séparées, empéchèrent les fanatiques, comme Brown et ses adeptes, de dominer sur le Bas-Canada. Disons encore que les chefs conservateurs ont toujours été soutenus et généralemont approuvés par le clergé et par la masse de la population bas canadienne des deux origines.
On voit, par ce qui précède, qu'il serait diffcile de blâmer M. Blanchet d’avoir tourné le dos aux démocrates de son temps pour se ranger sous la bannière de chefs aussi illustres.
Après la défaite du cabinet conservateur, comme on vient de le voir, le parti libéral vint au pouvoir. Le nouveau cabinet, connu sous le nom de Macdonald-Sicotte, prêta serment le 24 de mai, 1862. Son règne ne fut pas long.
Dès le 8 de mai de l’année (1863), la motion de non-confiance de M. John-A. Macdonald fut adoptée à une majorité de 5 voix : 64 contre 59. M. Sicotte se trouva avec une minorité de plusieurs voix dans la section qu’il représentait.
On voit ici M. Blanchet voter avec les 64 membres qui appuyaient la motion de nonconfiance.
Le 12 de mai, le lendemain du vote de nonconfiance dans l'administration Macdonald-
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Sicotte, le gouverneur Monk prorogea les chambres en vue d’une dissolution immédiate ; puis, 4 jours plus tard, nous avions l’administration Macdonald-Dorion.
Des élections générales eurent lieu, le mois suivant, (juin) et elles laissèrent le parti démocratique ou essentiellement ministériel dans un état de faiblesse visible, surtout dans le Bas-Canada.
… Dans l'intervalle, c'est-à-dire durant l'été de 1862, avait eu lieu l'élection de 12 conseillers législatifs. Ces élections complétaient le nombre des conseillers élus par le peuple, d’après la loi de 1856. M. François Lemieux, qui avait battu M. Blanchet à l'élection de 1857, et qui fut battu à son tour, par 77 voix, en 1861, avait été élu conseiller législatif, représentant au Conseil la division de la Durantaye.
Le parti de M. Lemieux vivait encore dans le comté de Lévis, et voulant avoir sa revanche de la défaite de 1861, il produisit comme son candidat M. Pierre Giroux, de St-Jean-Chrysostôme. M. Blanchet obtint la victoire sur ce nouveau concurrent par une majorité de 178 voix. |
Les élections générales de cette année 1863 donnèrent au cabinet Macdonald-Dorion une