‹ L'Honorable Joseph-G. Blanchet [microforme]Chapitre 6 sur 8 · PE TO TEE CAL · texte numérisé non relu

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majorité dans le Haut-Canada et une minorité dans le Bas ; de sorte que les deux partis se trouvèrent avec des forces à peu près égales.

M. Dorion, dit l'historien déjà cité, ne se trouvait supporté que par un petit nombre d’adhérents. Il assumait une grande responsabilité en administrant les affaires seulement avec l appui d’une grande majorité fanatique du Haut-Canada. Après avoir reproché amèrement aux chefs conservateurs d’être en minorité de quelques voix dans la province ouest, il se trouvait dans une minorité bien plus grande. Les rôles étaient changés : sous l’administr ation-Cartier, c'était le Bas- Canada qui commandait avec sa majorité aux affaires du pays ; maintenant, c'était le Haut-Canada, avec M. Brown et les cleargrits, qui allait gouverner la pro: vince.

Le ministère nouveau convoqua les chambres

ussitôt après les élections terminées, et le gouverneur Monck ouvrit la 1ère session du

8ème parlement, le 18 août, 1863.

M. Blanchet, qui avait voté en faveur du projet de loi touchant la milice, ce même projet qui avait provoqué la chute du ministère Cartier-Macdonald, vota.à cette session, en faveur de la loi de milice de M. John-Sanfield Macdonald. Lui, M. Cartier et plusieurs autres Conservateurs votèrent, sur cette question, avec le ministère, tout en protestant contre certaines clauses, mais ils voulaient avant tout pourvoir à la défense du pays.

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Durant cette session, M. Blanchet reprocha au gouvernement d’avoir apporté trop peu de soins à l'organisation des volontaires. Ce ministère avait dépensé, disait le député de Lévis, près d'un demi-million pour l’entretien de la milice, et les résultats n'avaient pas été proportionrés à cette dépense.

Durant cette même session, les Conservateurs ne présentèrent aucun amendement à l'adresse, ni aucun vote de non-confiance au ministère libéral : ils voulaient le laisser tomber sous le poids de ses propres fautes.

Au commencement de la session, en février de 1864, le ministère essaya de lutter, maïs en vain, contre l’opposition dont les rangs grossissaient toujours. Après avoir essayé de fortifier sa position par quelques changements, et après avoir fait des ouvertures à sir Etienne Taché (ouvertures qui furent repoussées), M. John- Sanfield Macdonald déposa sa démission et celle

de ses collècues entre les mains du gouverneur. Le 30 de mars, 1864, les membres du ministère Taché-Macdonald (John-A. devenu, depuis, sir John), prêtèrent le serment d'usage. M. Blanchet appuya fortement la nouvelle administration.

Les Conservateurs, dit Turcotte, reprenaient le pouvoir dans les temps les plus difficiles, lorsque les partis,

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également divisés, avaient, pendant deux ans, fait la lutte la plus terrible, lorsque les affaires avaient été négligées par l'interruption causée par les changements de ministères. Aussitôt après leur réélection, ils se montrèrent empressés à législater (l’auteur a voulu dire : légiférer) sur les questio1s les plus pressantes. Leur premier soin fut de rétablir l’ordre dans les finances, de faire cesser le déficit annuel sans surcharger le peuple,

Ce fut sous l'administration Taché-Macdonald, en 1865, que furent assises les bases du pacte fédéral. Les discussions à ce sujet durèrent tout un mois à l’assemblée législative. Enfin, le projet fédéral, après avoir été étudié sous tous ses aspects, fut accueilli par une majorité de 58 voix : 91 contre 83. Parmi ceux qui pri-

rent part à cette discussion si importante, on voit M. Blanchet, qui, non content de se déciarer favorable à la confédération des provinces et de voter ensuite pour l'adoption du projet, eut le bon esprit de rendre justice à un compatriote distingué par ses profondes connaissances : à M. Joseph-C. Taché, qui, dès 1857, avait écrit d'une manière prophétique sur la confédération. M. Blanchet, après avoir fait l'historique de cette grande question, cita avec éloge le bel ouvrage de M. Taché, qui a servi de base presque en entier aux lois fédérales qui nous régissent. C'était un acte de justice bien mérité et

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qui faisait le plus grand honneur au député de Lévis.

Après le retour au pays des délégués envoyés en Angleterre avec le projet de confédération, le gouvernement se préparait à ouvrir le parlement, lorsque la mort enleva à la province son premier ministre, sir Etienne Taché, qui mourut le 20 juillet, 1865.

Il n'entre pas dans le cadre de cette étude de faire l'éloge de ce grand compatriote, ni celui de sir Louis-H. LaFontaine, de M. Morin et de tant d’autres dont les noms se pressent sous notre plume. Disons seulement que ces noms seront toujours prononcés avec vénération par le peuple, et que M. Blanchet avait mille fois raison de marcher sur la trace de ces hommes chez lesquels on trouve l’image fidèle de l’honnêteté politique, ainsi que l’image du citoyen vertueux et du patriote sincère.

Sir Narcisse-F. Belleau succéda à sir Etienne. Les autres membres du cabinet conservèrent leurs positions respectives, et le programme ministériel ne subit aucun changement.

Le 8 août de cette même année 1865, les chambres furent convoquées une deuxième fois, pour recevoir le rapport des délégués en Angleterre, voter les subsides et terminer la législation

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restée inachevée à la clôture de la session du mois de janvier de cette année.

Enfin, le 8 juin, 1866, le gouverneur Monck convoqua la session, (la dernière sous l’Union), à Ottaoua, la nouvelle capitale. Là comme à Québec, on voit le député de Lévis donner son appui moral et matériel au parti qu'il avait franchement adopté en 1861. Ses talents naturels et sa parole facile l’avaient déjà mis en évidence et il était devenu, pour les Conservateurs, une acquisition précieuse. Mais le parti libéral ne pouvait lui pardonner cette fidélité au drapeau et la suite fera voir comment on tenta de se venger.

Aux élections générales de 1867 (année où la confédération eut force de loi), M. Blanchet fut élu par acclamation député de Lévis à la chambre des Communes

On sait que le double mandat existait alors et qu'il a été aboli en 1874. Les Libéraux, voulant au moins avoir la députation à la chambre locale, amenèrent de l'avant un homme de leur couleur dans la personne de M. Edouard-Hospice Marceau, de $St-Henri de Lauzon. M. Blanchet remporta la victoire par une écrasante majorité : au-dessus de 700 voix.

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À la réunion de la législature provinciale, le 27 décembre de la même année, M. Blanchet fut fait président de l'assemblée législative.

Le mandat de la chambre locale était, alors, pour 4 ans, et celui de la chambre fédérale, pour 5 ans. D'après cette disposition de la loi, il y eut des élections générales, dans la province de Québec, en 1871, c'est-à-dire 4 ans après l’inau-: guration du nouveau régime en 1867.

Le parti libéral, nullement découragé par son humiliante défaite de 4 ans auparavant, se présenta avec M. Louis-Honoré Fréchette, homme de talents supérieurs et enfant de Lévis. En dépit de ces deux grands avantages, M.

Fréchette fut battu par une majorité adverse de 836 voix.

M. Blanchet fut de nouveau élu unanimement président de la chambre législative.

Malgré les deux défaite essuyées dans le comté de Lévis, en 1867 et en 1871, les Libéraux ne se tinrent pas pour baitus. On les voit encore, l’année suivante, en 1872, revenir faire la lutte avec le même candidat, M. Fréchette. N'ayant pu obtenir le mandat de la législature provinciale, ce monsieur, devenu, depuis, poëte lauréat et OYPRIEN de Za Palrie, voulut se relancer sur le mandat des Communes. Il fut

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