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devait même répondre à l'appel du pays et travailler à tirer du nouveau régime toutle bien possible pour ses compatriotes. Il a bien fait. Il a changé une position douce et paisible pour une sphère chargée d’orages et de tempêtes ; il a assumé une responsabilité dangereuse pour sa réputation et terrible pour l’avenir de son pays. Il est difficile d'apprécier les motifs et les intentions qui agissent sur l’âme d’un homme dans de pareilles circonstances ; mais nous croyons qu’il à cédé, en acceptant la tâche qu'on lui offrait, à des considérations élevées, à des instances réitérées, qu’il a obéi à de nobles impulsions. Quoiqu'il en soit, il a dû trouver rudes et pénibles les sommets du pouvoir ; accoutumé à la flatterie, aux éloges et à toutes les prévenances d’un monde dont il était le demi-dieu, et qui ne discutait par ses actes, il a dû ressentir vivement les horions de la politique, les ronces et les épines dont elle est hériasée ; la contradiction et le sarcasme ont, sans
doute, blessé jusqu’au sang sa sensibilité de poëte et d’orateur.
Mettre en opération un nouveau régime politique de manière à satisfaire toutes les espérances et à calmer toutes les craintes ; donner toute l'importance et toute l’extension possible aux institutions locales du Bas-Canada, sans dépasser les limites tracées par la Constitution, organiser les bureaux publics et distribuer le patronage au milieu de mille intérêts divers, d'exigences personnelles et nationales sans nombre ; présenter le drapeau de la conciliation, la branche d'olivier à deux partis qui se déchiraient depuis vingt-cinq ans ; ranimer enfin le courage et les espérances d'une population qui commence à désespérer de son avenir matériel et national: c'était là, il faut l'axpuer,une œuvre difficile, immense.
Reconnaissons qu’il a passé à travers ces crises etces embarras plus facilement qu'on
ne pensait.
Mais, avant d'aller plus loin, traçons en
DOG ce a UE
16 L'HON, P.-J.-0. CHAUV%AU
quelques lignes les traits les plus saillants
de l'organisation physique, morale et intellectuelle de M. Chauveau. |
Voyez-vous cet homme, de moyenne