UN SU
; sn rt, M Érq se
se des Canadiens, il succomba sur le projet de loi de la milice.
Aussitôt après l'affaire du Trent, le gouvernement prit les moyens de . mettre la milice sur un pied plus efficace. Toute la population sentait le besoïn de cette réforme. Il nomma à cet effet une commission qui recommanda une organisation efficace mais certainement trop coûteuse. Le ministère Cartier-Macdonald adopta le plan suggéré par les commissaires, et présenta un projet de loi pour le mettre en exécution.
Lorsque la nouvelle se répandit que le gouvernement proposait par sa mesure de lever 30,000 à 50,000 miliciens, et de demander pour leur entretien une somme de $850,000, beaucoup de personnes en furent effrayées. D'ailleurs, on avait généralement une aversion prononcée pour l’enrôlement et la conscription; on considérait en outre ces dépenses immenses comparées à celles qui avaient été jusqu'alors faites pour l’organisation de la milice. La majorité de la
population bas-canadienne, soulevée par le ton de la presse libérale, demanda donc le rejet de la mesure.
Plusieurs partisars du ministère essayèrent de la faire modifier, mais M.
Cartier s’y refusa. Il crut pouvoir braver l'orage; le projet de la milice fut cependant rejeté à une majorité de sept voix. Après un semblable échec, Jes ministres remirent leurs portefeuilles. :
M. Cartier vit pour la première fois ses partisans le laisser dans une minorité assez forte. En remettant les rênes du pourvoir, il félicita M. John-A. Macdonald de la majorité qu’il avait obtenue dans sa province.
Puis il se déclara fier d’avoir succombé sur une mesure destinée à soutenir la gloire du drapeau britannique, et dont la nécessité avait été généralement admise.
Les conservateurs abandonnaient le pouvoir après un règne long et remarquable ; ils avaient doté le pays de plusieurs actes législatifs, qui jettent de l'éclat sur leurs administra-
dn Ad
tinns. (C’est le temps de faire remarquer que la représentation du Bas- Canaaa, par l'union de ses membres, avaient été la force des derniers m1nistères. Les rôles allaient être momentanément changés; le Haut- Car:ada devait à son tour commander à l’autre province pendant deux années. |
Après la retraite de MM. Cartier et John-A. Macdonald, Lord Monk chercha les éléments d’une nouvelle administration parmi les libéraux.
Le ministère Macdonald-Sicotte, composé en grande partie d'hommes de talents et d’un caractère intègre et honorable, fut alors formé. Cette administration eut le courage d’abandonner la question de la représentation pour essayer de mettre en pratique le système de la double majorité, et de favoriser l'adoption de l'acte des écoles séparées du Haut:
Canada. |
La majorité de la représentation se montra d’abord disposée à lui donner un temps d'épreuves. Laissés
dus FER es
bientôt en minorité sur une motion directe de non- -confiance, les libéraux en appelèrent à des élections générales ; mais auparavant, ils reconstituèrent le cabinet uvec des éléments plus radicaux ; ce fut ainsi que MM.
Sicotte, Tessier, Foley, etc., hommes modérés, firent place à MM. Dorion, Holton, Mowat et autres membres dont les principes étaient plus avancés.
Les élections ne changèrent pas la force des partis, et les luttes com-
mencèrent de nouveau. Voyant qu'il
ne recevait pas un appui suffisant pour faire prévaloir sa politique, le ministère Macdonald-Dorion, abandonna le pouvoir, après avoir -passé les actes de la milice.
Les chefs libéraux et conservateurs tentèrent alors en vain d'opérer une union entre eux. Sir Étienne Taché, à qui l'on s'était adressé plusieurs fois, avait de la répugnance à entrer de nouveau dans la vie politi-
Lord Monk offrit je portefui uille de premier ministre à M.
ju NO
Cartier, mais avec ce désintéressement qu’il a montré en plusieurs circonstances, le chef conservateur déclina cet honneur. Il était persuadé que Si: Etienne Taché réussirait mieux dans la tâche de former un cabinet, puis il insista auprès de lui et réussit à la lui faire accepter. Le second ministère Taché-Macdonald, dans lequel M. Cartier prit le portefeuille de procureur-général, fut alors formé. MM. Galt, Langevin, Chapais et McGree furent les autres ministres du Bas-Canada.
Les conservateurs reprenaient la direction des affaires dans les temps les plus difficiles, car les mêmes divisions, les mêmes animosités existaient toujours. Peu de temps après, ils furent eux aussi laissés en minorité sur une motion de censure contre un prêt fait à la ville de Montréal par
M. Galt, en 1859.
“T1 fallait cependant mettre un terme à l'état de malaise qui existait depuis plusieurs années. Les partis étaient fatigués de lutter continuelle-:
en TE ur
ment. Ils avaient tour à tour tenté de gou-erner sans aucun profit pour la province.
En effet, dans l’espace de trois années, quatre ministères avaient été condamnés, et deux élections générales avaient eu lieu sans rétablir l'harmonie. Les chefs des deux parties désiraient également une politique conciliatrice, qui apportât quelque changement dans la constitution.
C'est alors que les conservateurs résolurent de s'unir à M. Brown et aux autres chefs cleargrits dans le but d'amener l’union fédérale des provinces. Cette alliance d'hommes politiques jusqu'alors ennemis acharnés, causa une grande surprise ; mais elle finit par être approuvée. On voyait dans leurs projet un remède aux difficultés existantes. En effet, la coalition Taché-Macdonald-Brown recut l’appui des conservateurs des deux provinces et du parti cleargrit.
Elle ne fut déapprouvé que par les libéraux-démocrates et quelques rares membres du Haut-Canada. Les
Sn
RE né ve