‹ L'honorable Sir G.E. Cartier, ministre de la milice [microforme]Chapitre 13 sur 15 · QUE · texte numérisé non relu

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chambres hâtèrent leurs travaux législatifs, et le jour même de la prorogation, M. Brown entra dans le ministère comme président du Conseil, avec deux de ses partisans, MM. Mowat et McDougall.

Heureuse coïncidence, au moment que les hommes politiques du Canada s’'engageaient à changer leur constitution, ceux des provinces maritimes étaient conviés à une conférence à Charlottetown, dans le but d’améliorer la leur. Le gouvernement demanda et obtint la permission d'envoyer des délégués à cette conférence, pour y soumettre un plan de confédération de toutes les provinces, MM. Cartier, John-A. Macdonald, Langevin, etc.

se rendirent à Charlottetown dans cette intention. Les délégués discutèrent les avantases que pourrait avoir une union fédérale, et décidèrent de se réunir à Québec, dans le but de s'entendre sur un plan de constitution. | Ce fut le 10 octobre 1864, date mémorable dans nos annales politiques,

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qu'eut lieu cette célèbre conférence des hommes d’état des provinces maritimes et des ministres du Canada.

Jamais question aussi importante n’àvait été soumise aux législateurs des colonies. En effet, de leurs délibérations dépendait l'avenir des provinces.

Après seize jours de discussion, les délégués adoptèrent une série de résolutions qui ont servi de base au projet fédéral, et décidèrent la construction du chemin de fer intercolonial. On peut dire que le mode de constitution fut sagement médité et conçu. Les délégués avaient emprunté à la constitution anglaise le régime monarchique et la responsabilité des ministres aux représentants du peuple, et à la constitution des Etats-Unis, le principe de la fédération. Le projet fut soumis au gouvernement impérial qui l’approuva, et ensuite aux législatures des provinces.

Il fut adopté à Québec, à la première session de 1865, par ies deux-

tiers des membres, après plus d’un mois de délibératicn. . Le projet des législatures locales ne fut passé qu'à la session de 1866. La nouvelle constitution fut approuvée par la majorité des membres des deux provinces et des deux origines, par le clergé, par presque toute la presse et par la masse de la population.

Les provinces marit:"9es montrèrent d’abord de l'opposition à unir leur sort au Canada. Une réaction se fit peu à peu dans l’opinion publique ; et en 1866, on vit les Provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick adopter des résolutions favorables à l’union fédérale.

Les îles de Terreneuve et du Prince- Edouard persistèrent dans leur refus.

Les divers gouvernements envoyèrent alors des délégués à Londres pour mettre la dernière main au profit de la confédération et la faire approuver par le parlement impérial. Dès le mois de mars 1867, la nouvelle constitution recevait la sanction roya-

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le, avec une autre mesure qui assurait la garantie impériale au chemin de fer intercolonial.

Tous admettent que la part qui revient à M. Cartier dans l’œuvre de la confédération estimmense. Il employa son activité, son influence, à assurer son succès, toute son habileté à sauvegarder les droits et les institutions du Bas-Canada C’est dans ce but qu'il insista tant à la conférence de Qué-

bec à laisser à chaque province le \contrôle de ses institutions civiles et religieuses, avec l'instruction publique, la colonisation, l’administration des terres de la couronne et les entreprises d'intérêt local. Comme on le sait, le Haut-Canada voulait à tout prix l’union législative ; il travailla à ohtenir ce butet dans la conférence de Québec et à Londres, C’est dans cette dernière ville surtout que cette province insista le plus dans ses projets. Heureusement que M. Cartier était toujours en avant afin d'assurer à ses compatriotes leurs droits, et ne pas manquer aux engagements qu’il

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avait pris envers eux. M. le rédac:

teur du Constilutionnel nous raconte de la manière suivante la conduite honorable de M. Cartier à Londres :

‘“ C’est durant les conférences de Londres de 1866 et 1867 que celui qui trace ces lignes a vu l’homme à l'œuvre et a py juger de près de l'élévation de ses idées politiques, de son patriotisme ardent, sincère et profond, et de son activité incomparable. La tâche était rude à Londres pour Cartier. Ce n’est plus dévoiler un secret que de dire que dans les conférences de Londres, tous les délégués du Haut-Can: la, des provinces maritimes et avec eux Gralt, désiraient l’union législative et voulaient que lord Carnarvon, alors ministre des colonies, rédigeât en conséquence le projet de loi qu'il devait présenter au parlement. Devant un danger aussi imminent, Cartier trou va moyen de se multiplier. Il n’aurait jamais voulu qu'on manquât ainsi de parole à ses compatriotes à qui l’on avait promis l'autonomie provin

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ciale ;il n'aurait jamais voulu les livrer ainsi pieds et poings liés à la majorité brutale d’une union législative. Devantles instances des autres délégués, Cartier avait même déclaré qu'il aviserait le premier ministre, Sir Narcisse Belleau, de dissoudre le cabinet, plutôt que de se soumettre, Et alors la confédération était manquée, et tout était à recommencer comme en 1864. C'était une dure extrémité. Aussi, Cartier préféra-t-il auparavant essayer de mettre dans ses idées les hommes influents de la cour et du parlement. [l trouva moyen d’être invité dans presque toutes les familles aristocratiques de Londres et chez la bourgeoisie qui prenait intérêt aux choses de la politique. Tous les jours 1l avait trois ou quatre invitations à diner ; autant pour le déjeuner et un peu plus pour la soirée. Il les acceptait toutes, se rendant dans chacune de ces maisons où il était invité, faisait semblant de manger, et trouvait moyen de causer des deux grandes questions quile pré-

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occupaient : la confédératÿ n et les droits de la province de Guébec dans cette confédération. Ht par ce moyen, li äe tarda pas à lasser la persista:ice des autres délégués.

C’est ainsi qu’il fournit à lord Carnarvon les traités et les capitulations qui assuraient nos droits d’une manière imprescriptible, et le ministre des colonies s’appuya sur ces doacuments historiques pour justifier l'indépendance des provinces. |

‘“ Ceux qui ont accusé Cartier d’avoir trahi ses compatriotes ont commis une grande erreur et une grande injustice. Il était au-dessus des préjugés qui naissent des différences de race ou de religion ; mais il n'aurait jamais toléré une injustice envers ses compatriotes. Jamais caractère ne fut plus étranger aux bassesses qui enfantent la trahison. ”

Pendant les dernières années de l'Union, M. Cartier continua d’apporter de l’amélioration dans nos lois.

Ce fut ainsi qu’en 1864, il fit amender l’acte de judicature, en créant

une cour ‘® révision qui devait empêcher, duns beaucoup de cas, les appels si coûteux à la cour du banc de la reine. Il fit modifier en même temps la loi des jurés, et l’année suivante, il introduisit une mesure qui substituait dans plusieurs cas l’emprisonnement au pénitencier à la peine de mort.

C’est en 1865, comme nous l'avons déja dit, qu’il présenta à la chambre Je code civil, et un an après, le code de procédure.

Lorsque la confédération fut inauœurée, le ler juillet 1867, Lord Monk choisit M. John-A. Macdonald pour son premier ministre : celui-ci s’adjoignit comme collèsue son ami intime, M. Cartier, qui eut pour partage le portefeuille de ministre de la milice.

Le cabinet fut composé de presque tous les membres du ministère Belleau ; il était juste que les hommes d'état qui avaient fait la confédération, fussent appelés les premiers à la faire fonctionner. Les élections générales donnèrent au ministère une

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forte majorité qui lui permit de donner cours à sa politique.

Au nombre de ses premiers actes, on remarque l’organisation des départements publics, la réduction du taux des lettres de cinq à trois centins dans toute l’étendue de la Puissance, la loi autorisant la construction du chemin de fer intercolonial, l’adoption d’un tarif uniforme, enfin la loi de faillite, M. Cartier a travaillé beaucoup en faveur du chemin intercolonial, cette belle voie qui doit être si utile au Bas-Canada, et remédier aux dificultés de communications entre les provinces maritimes et celle de Québec. Il lui revient encore une grande part dans l'acquisition du Territoire du Nord-Ouest ; il se rendit en Angleterre pour conférer sur ce sujet avec le gouvernement impérial. C’est lui qui rédigea la constitution de la province de Manitoba.

“ Sir John-A. Macdonald était alors dangereusement malade, nous dit le rédacteur de la Minerve, et ne pouvait prendre connaissance d'aucune

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affaire publique. M. Cartier se trouva alors par le fait le leader de la Chambre des Commnnes, et tout le monde se souvient avec quelle délicatesse et quelle habileté consommée il sut remplir seul le prernier rôle, après l'avoir rempli conjointement avec Sir John pendant si longtemps.

Il fallait vraiment son prestige et son ascendant sur la majorité protestante pour faire adopter le bill de Manitoba, si favorable aux catholiques.”

En 1871, la Colombie Anglaise et l’île de Vancouver étaient admises dans la confédération moÿennant la construction du chemin du Pacifique.

Ce fut encore M. Cartier qui se chargea, en 1872, de faire adopter cuite grande mesure par la législature.

Sa tache fut difficile, il lui fallut du prestig > pour faire approuver une entrepr se aussi gigantesque. Il y réussit cependant ; ce fut son dernier acte politique.

Cette étude est plus que suflisante, nous l’espérons du moins, pour constater combien est grande la part qu'a

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