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L'ADMINISTRATION DE L'HOPITAL PENDANT LA TERREUR

1 . — Lettre du Citoyen Garât ministre de l'Intérieur a Claude-Denys Cochin.

Paris le 22 Juillet 1793 l'an 2' de la république.

Le Ministre de l'Intérieur à l'économe de l'hôpital de l'hospice de St-Jacques.

J'ai besoin, Citoyen, d'avoir tous les détails relatifs au blanchissage du linge de la maison que vous surveillez. En me les envoyant dans le plus bref délai, vous aurez soin de me dire par approximation, si vous ne le pouvez avec une précision exacte, à quelle quantité s'élève par an les draps, les nappes, les serviettes, les chemises et autres linges à blanchir ; à combien se monte cette dépense aussi par an. Enfin dans quels lieux se font les lessives et lavages.

Ilm'importe d'obtenir cesrenseignementspour apprécier le mérite d'un projet qu'on m'a mis sous les yeux et qui me parait très bien conçu, mais je me déterminerai à le soumettre au conseil exécutif qu'après avoir reçu les éclaircissements que je vous demande.

Quand vous aurez fait ce travail, il en est un autre que je recommande à votre zèle, c'est un état de tout ce qui peut intéresser votre maisonet pour que vous puissiez le rempliravec plus de facilité, je vous envoyé les questions sur lesquelles je désire d'être renseignée. Vous n'aurez qu'à placer les réponses à côté.

Garât .

2, — Lettre de Claude-Denys Cochin au citoyen Garât Ministre de l'Intérieur

Citoyen Ministre,

Je n'ay pu aussitôt que je le souhaitais vous donner sur l'hospice de St-Jacques du Haut-Pas ou sont reçus les pauvres malades de cette paroisse la portion qu'il est en mon pouvoir de vous donner des renseignements demandés par votre lettre du 22 Juillet,parce que mes fonctions particulières fort estendues, ne me l'ont point permis Jusqu'à ce moment.

Cette maison de charité construite en 1782 sur les plans du Citoyen Viel architecte de l'hôpital général et l'un des administrateurs du dit hospice est l'une des bonnes œuvres de feu M. Cochin mon frère, décédé Curé de cette paroisse le 3 Juin 1783 au bout de 26 années de cette fonction.

C'est avec son bien personnel, le secours de plusieurs paroissiens et autres personnes étrangères à cette paroisse et ceux mêmes de sa propre famille qu'il est parvenu en deux ans à élever et à mettre en usage ce pieux édifice ainsi qu'à le doter en partie. Cette maison contient deux salles pour les malades des deux sexes au nombre de trente deux qui se succèdent et déchargent d'autant les hôpitaux de Paris.

Un chapelain, 6 anciennes sœurs de la Charité, un jardinier et 4 domestiques des deux sexes font le service de cette maison et celui de 8 à 10 pensionnaires très peu fortunés qui occupent l'étage au-dessus des salles et subsistent de la faveur d'une modique pension tandis que leurs faibles moyens ne pourraient ailleurs leur permettre de vivre en leur particulier. C'est ce que le fondateur appelait ses demi pauvres, bien dignes de secours dans un âge avancé après avoir économisé sur le produit de leurs travaux ces médiocres ressources.

La dépense de tout genre, année commune, depuis 1782 origine de cet établissement de Juillet en Juillet, même l'entretien des bâtiments compris, est de 19 à 20 mille livres non comprise celle de Juillet 1792 à Juillet 1793 montante à 23513 livres, ce qui accroît de plus d'un cinquième, aussi en est-il résulté 19358 journées remplies successivement par 228 pauvres de la paroisse des 2 sexes, qui se sont succédés en maladie pendant cette dernière année et les autres habitants de cette maison.

Le revenu net de cet établissement, à cause d'environ quatre milles livres d'usufruitier, monte au plus à sept milles livres ce qui est bien éloigné de la dépense annuelle. A cette

recette se joint celle des modiques pensions des pauvres pensionnaires, et le surplus jusqu'à présent est provenu des charités et bienfaits divers qui nous ont préservé jusqu'à ce jour de contracter des dettes. Nous désirons que la forte progression actuelle de dépense, et l'affaiblissement de moyen des pei sonnes bien intentionnées ne nous exposent point à perdre ce précieux équilibre.

Quant au blanchissage de cette maison dont vous désirez de savoir la dépense, elle a monté dans cette dernière année à 904 1.

Lorsque l'expérience d'autruy nous aura prouvé les avantages du projet qui vous est proposé nous serons très attentifs à le mettre en pratique pour nos pauvres.

Il me reste à vous dire que cet hospice est administré par le Curé et 6 administrateurs nommés par les lettres patentes duement enregistrés qui ont confirmé cet utile établissement, dont aux termes des dites lettres, je suis et l'aîné de ma famille à perpétuité administrateur né.

Je crois. Citoyen Ministre, avoir satisfait à tous les renseignements sur cette maison qui peuvent dépendre de moy. Je regrette seulement que mes fonctions journalières concernant les rentes ayent autant retardé ma réponse.

Je suis bien fraternellement citoyen ministre. Votre concitoyen signé Cochin.

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