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Le Ménagier de Paris, t. II, p

intervenait dans la fabrication de ces horloges primitives et prodiguait aux armatures chargées de maintenir et de protéger leurs fragiles ampoules, toute la richesse de joyaux véritables. Quelques spécimens de ces sabliers parvenus jusqu'à nous , prouvent assez que Tart à cette époque ne craignait pas de dépenser son ingéniosité sur les objets d'un usage courant et d'une utilité journalière.

Ce sont ces soins, ce& précautions, au surplus, qui expliquent comment ces appareils un peu sommaires continuèrent de jouir d'un prestige et d'une estime j peut-être exagérés, à une

époque où les horloges étaient fort répandues. Au XVI® siècle on les associa à la construction d'horloges mécaniques très soignées.

Nous verrons plus loin (page 80) qu'un appareil de ce genre était compris parmi les organes compliqués Fig. 25. -Horloge dite de Henri VIII, ^^ la célèbre horloge de

munie d'un sablier à sa partie centrale Strasbourg. La magnifique (d'après un dessin attribué à Holbein). t i tt • trrww

horloge dite de Henri VII U dont le dessin est attribué à Holbein (voir fig. 25), peut aussi être citée comme un exemple fameux de cette association. Au siècle suivant, le médecin Héroardnous montre*,

1. Journal (t. I", p. 359). Ce même livre (t. I", p. 339) nous apprend

à la date du 25 septembre 1608, le futur Louis XIII achetant pour son usage personnel une horloge de sable à un a porte panier » qu'il avait fait venir dans sa chambre. En 1664 les tarifs de douane mentionnent ces sortes d'appareils comme faisant Tobjet d'un commerce encore considérable, et quatorze ans plus tard, le rédacteur du Mercure galant écrivait * : « Il y a peu de cabinets d'étude où l'horloge de sable ne soit en usage. »

Ces constatations pourraient nous étonner. On conçoit à la rigueur qu'à une époque où les cadrans d'horloge ne portaient qu'une seule aiguille, on ait éprouvé le besoin de connaître les divisions de l'heure d'une façon un peu plus précise que ne pouvaient les fournir les indications de l'aiguille unique. Mais lorsque l'aiguille indiquant les minutes fut devenue d'un usage général, cette persistance du sablier ne peut s'expliquer que par la qualité suspecte de la plupart des horloges mécaniques, par l'insuffisante exactitude des montres, et surtout par la force invincible de l'habitude.

Le certain c'est que, pendant tout le xvii® siècle, on continua, à la Sorbonne, de se servir du sablier — comme jadis à Athènes et à Rome de la clepsydre — pour mettre un frein à la loquacité des orateurs. C'est à cette coutume que Pascal fait allusion dans sa seconde Provinciale, quand il dit: « J'y ai parlé (en Sorbonne) toute une demi-heure, et sans le sable j'eusse bien fait changer le malheureux proverbe qui court déjà dans Paris : « Il opine du bonnet « comme un moine en Sorbonne. » Près d'un siècle et demi plus tard, le i®"" août 1789, quand l'Assemblée Nationale aborda la fameuse discussion de la Déclaration des Droits de l'homme, comme certains députés paraissaient vouloir se livrer à un développement exagéré de considérations

qu'à cette époque on confectionnait aussi des automates ayant le sable pour principal moteur.

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