‹ L'horlogerieChapitre 16 sur 50 · Numéro d'octobre · texte numérisé non relu

Numéro d'octobre

générales, qui n'aurait pas manqué de faire traîner les débats en longueur, le député Bouché demanda la parole et s'écria : « Je propose un moyen d'accélérer vos délibérations : c'est d'inviter M. le président d'avoir sur son bureau un sablier de cinq minutes seulement. Quand l'un des bassins sera rempli, M. le président avertira l'orateur que son temps est passé. »

Bien qu'acclamée avec enthousiasme, la proposition du député Bouché ne fut pas suivie d'effet. Mais elle montre combien, à la fin du siècle dernier, l'usage du sablier était encore familier à nos pères.

Fait plus surprenant peut-être, ces mêmes appareils demeurèrent couramment usités dans la marine jusque vers le même temps. En 1770 on fabriquait d'une façon régulière, pour les besoins de la navigation, des sabliers marchant pendant une demi-heure. « C'est de là, écrit M. Bellin*, que les ipatelots appellent une demi-heure une horloge, et divisent les vingt-quatre heures en quarante-huit horloges. Ainsi le quart, qui est la faction que chaque homme fait pour le service du vaisseau, est composé de six horloges, qui valent trois heures. Il y a cependant des vaisseaux où le quart est de huit horloges, ou quatre heures. »

En notre siècle, la période romantique, amoureuse du passé, éprise surtout du Moyen Age, de son mobilier et de son costume, essaya de remettre le sablier en honneur- De 1828 à 1835 on vit ce fragile appareil, enjolivé suivant le goût du temps, reprendre sa place sur les tables des poètes échevelés et sur les guéridons des sentimentales châtelaines. Mais ce caprice n'eut pas de suites durables. Cette résurrection fut éphémère, et depuis lors les montres et les pendules de bureau ont remplacé avec avantage, dans, les cénacles littéraires, les horloges de sable, aujourd'hui

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