‹ L'horlogerieChapitre 30 sur 50 · Ibid., prop. XXVIII · texte numérisé non relu

Ibid., prop. XXVIII

de ces essais peut se voir à la bibliothèque de l'Arsenal , dans cette belle pendule, chef-d'œuvre de Julien Le Roy, que nous reproduisons (fig. 49). Le plus remarquable au point de vue mécanique appartient à r église Saint-Jean de Lyon , dont la magnifique horloge possède , sur son côté droit, un cadran ovale présentant cette particularité que l'aiguille se raccourcissait progressivement de près de 15 centimètres , et cela deux fois par heure, de façon que sa pointe, en accomplissant son évolution, affleurait toujours la courbe .

décrite par les points de minutes. Ce tour de force, exécuté en 1598 par l'horloger balois Nicolas Lippius , a été recommencé en notre siècle par l'horloger parisien Wagner, mais sans que l'on ait jamais pensé qu'il pût comporter des applications vraiment pratiques. Ajoutons qu'antérieurement certains horlogers avaient escamoté la difficulté en insérant tout bonnement leur cadran circulaire dans un ovale ^ Jusqu'à ce jour, le parti adopté par les décorateurs, qui a donné les meilleurs résultats, consiste à inscrire le cercle du cadran proprement dit dans ^'^\^^\r ^''^}''^^^ *^^

*^ A' Julien Le Roy a cadran

un carré, et à transformer ensuite celui- ovale (Bibliothèque do ci, par l'adjonction d'ornements divers "^'^^ et plus ou moins compliqués (soubassement, colonnettes ou pilastres, entablement, fronton ou amortissement, en un

1. Voir, dans ce genre, le cadran de l'église Saint-Paul, exécuté par Roussel aux environs de 1760.

rectangle offrant les proportions que nous avons reconnues, dans le VII® chapitre de notre livre sur Ia Menuiserie, comme étant les plus favorables à la distribution des décorations.

Ces proportions, qui sont dans le rapport de 2 à 3, la plus grande des deux dimensions étant réservée pour la hauteur, conviennent, en effet, parfaitement aux encadrements qui nous occupent. Le cadran du Gros Horloge de Rouen, si remarquable comme décoration, se rapproche de cette proportion. C'est elle qu'on retrouve très exactement observée dans les nombreux modèles dessinés au xvii® siècle par D. Marot; et l'admirable cadran de la tour du Palais de justice de Paris, si habilement restitué par M. Duc, montre qu'on peut encore forcer ces proportions et les amener jusqu'à la relation de 1 à 2, sans que l'ensemble perde rien de sa grâce, et sans que les adjonctions prennent une importance exagérée.

Ce dernier cadran mérite d'autant plus d'être pris comme exemple, que le grand obstacle auquel viennent se heurter nos décorateurs gît, le plus souvent, dans le développement trop considérable qu'ils sont entraînés à donner à leurs ornements. Avec eux, dans bien des cas, l'accessoire devenant le principal, les attributs font oublier le cadran, bien heureux encore quand, par l'exagération de leurs saillies, ils n'en voilent pas les parties essentielles, rendant ainsi la lecture de l'heure à peu près impossible.

Telles sont les règles fondamentales que l'expérience, le bon sens, la saine observation, recommandent comme devant être fidèlement observées dans l'établissement d'horloges monumentales diurnes. Il en est encore quelques autres qui concernent les horloges nocturnes, c'està-dire celles qui peuvent être consultées la nuit. Nous les indiquons au chapitre suivant.

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