Manuel de philologie classique, -g
Vers quel moment les premiers appareils indiquant, d'après la marche du soleil, les heures successives du jour, commencèrent-ils d'être usités ? L'histoire, sur ce point, manque quelque peu de précision. Le plus ancien appareil de ce genre dont il soit fait mention est le cadran d'Achaz, dont parle Isaîe*. Ézéchias, étant sur le point de mourir, se repentit de ses fautes, versa des larmes abondantes, et Isaîe, s'adressant à Dieu, lui demanda de vouloir bien prolonger ses jours. Le Seigneur, paraît- il, exauça cette pieuse requête, et comme preuve visible, tangible, de la grâce qu'il accordait à son serviteur, il dit à Isaïe : a Voici que je m'en v^is faire retourner l'ombre des degrés par lesquels elle est descendue au cadran d'Achaz de dix degrés en arrière avec le soleil ; » et le soleil a retourna des dix degrés par lesquels il était descendu. »
Nous ne discuterons pas avec les exégètes pour savoir si les degrés dont il est ici question sont, comme l'a pensé Dom Galmet, ceux d'un escalier construit de façon que ses marches s'éclairassent successivement^, ou si (ce qui semble plus probable) il faut donner au mot degré employé par Isaïe sa signification moderne, et y voir des divisions tracées sur un plan quelconque. Ce qui nous est mieux connu, c'est l'époque où vivait Achaz. Suivant Dom Galmet, il était contemporain d'Homère, et suivant J.-F. Ostervald, Isaîe existait environ 800 ans avant Jésus-Christ. Ces deux dates, en tenant compte de ce fait que le prophète ne parle pas de ce cadran comme d'une chose nouvelle, surprenante, peu connue, fournissent une indication approximative sur le temps où furent établis les premiers appareils de ce genre.
Quelle était la forme de ces instruments horaires ? Sans doute celle du gnomon.
On donne d'une façon générale le nom de gnomon atout objet qui, exposé aux rayons du soleil, indique l'heure par