‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 119 sur 159 · DE LA RÉCOLTE DES GRAINES · texte numérisé non relu

DE LA RÉCOLTE DES GRAINES

La récolte des graines est une opération à laquelle généralemeut on n'accorde pas assez d- importance ; on coupe à tort à travers, et on fait sécher dans un coin quelconque.

Cependant le succès de l'année suivante dépend, en grande partie, de la mapière dont les graines ont été récoltées. Deux choses ici sont àjconsidérer : le moment de la récolte, et le choix des porte-graines.

Suivant qu'on veut conserver le type d'une plante ou obtenir des variétés nouveUes, on opère différemment.

Pour conserver des types de variétés de plantes annuelles, la récqlte doit être faite au moment de la maturité parfaite des fruits, et on ne doit prendre, pour semence, que les graines qui proviennent des fleurs typiques les plus parfaites. Aussi^ pour conserver les belles variétés de Reines*Marguerite, par exemple, faui*il bien se garder de récolter les graines sur les capitules qui sont creux au centre ou qui ne sont pas exactement pleins ; de même pour les Zinnia doubles, les Dahlias, etc.; car ces graines produiront des plantes chez lesquelles les capitules offriront le même défaut plus prononcé encore que sur les capitules du pied qui a fourni la graine; et cela par la raison fort simple^ que toutes les variétés horticoles ne sont que des productions accidentelles, et que la nature reprend toujours ses droits, c'est-à-dire que ces plantes retournent plus ou moins vite au type primitif, tel qu'on le trouve dans la nature. Ce n'est que par des soins bien .entendus et surtout par le choix des graines, qu'on parvient à les conserver.

La dégénérescence, ou plutôt Ib retour au type de oertaines variétés est dû , le plus généralement , à Findifférence des jardiniers, qui récoltent indistinctement toutes les graines. Il en résulte que ces graines produisent, par la raison ci-dessus donnée, des plantes qui se rapprochent diaque année de plus en plus du tjrpe, ei qu'on finit par ne plus avoir que des plantes sans valeur. Cet inconvénient o^arriverait pas si le jardinier choisissait ces graines ; s'il avait la précaution, par exemple, de marquer les plus belles fleurs au moment de la floraison, et s'il avait soin de ne récoller que les graines produites par elles.

Quant au moment de la récolte, il est certm que les graines parfaitement mûries ^ur pied sont les mieux constituées et les plus aptes à reproduire de bons sujets et le même type. La nature n'agit pas autrement ; et c'est certainement à celte eoadition de maturation complète des graines qu'il faut atttibu£r le peu de variations qu'elle produit. Imitons-la donc pour conserver les types de nos plantes ornementales.

Si parfois on ne pouvait attendre ce moment, il faudnKit alors arracher les plantes , supprimer les fruits dont le« fleurs étaient défectueuses , envelopper la partie fructifère dans un sac de papier, et suspendre ces plantes dans un endroit sec^ à l'ombre, la tête en bas; la graine, nourrie par la sève contenue dans les tissus, parviendra s^insi à une maturation complète*

Pour obtenir des variétés nouvelles, le choix des portegraines n'est pas moins nécessaire ; mais alors il faut choisir les plantes qui difTërent de ce type, et préférablement celles qui présentent une constitution chélive. C'est le moyen d'ébranler la stabilité de l'espèce. Dans ce cas, il n'est pas nécessaire d'attendre à la parfaite maturation des graines pour en faire la récolte ; car plus une graine sera moins bien constituée, plus on aura de chance qu'elle produira une plante affaiblie, plus sujette à variation « Mais dès qu'on aura obtenu une légère va-

riatioa, il faudra choitir la semence sur Tindividu cbei; lequel la variation aéra le mieux indiquée^ et observer^ ôhaque an* née, la même marche pour la récolte des graines.

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