‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 120 sur 159 · LedcutB · texte numérisé non relu

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DE REMPLOI DU FUMIER DÉ CHEVAL. POUR LE ftOU* TURAGE DES PLANTES MOLLES «).

Le fumier est de tous les agents employés en horticulture le plus à la portée de chacun, et le plus indispensable ; premièrement^ comme engrais et comme amendement» parce qu'il possède les prindpes nutritifs nécessaires à la végétatiim des plantedi en même temps qu'il améliore le sol dans lequel il est employé. Sa deuxième qualité^ la plus utilisée en floriculture^ consiste (surtout pour le fumier de cheval) dans la chaleur qu'il dégage sortant des écuries et qui remplace avec avantage, dans les cultures économiques, celle que l'on obtient par tous les moyens de chaufTe pcmible.

Le multiplicateur devait nécessairement tirer parti de cette dernière propriété du fumier ; aussi, c'est ce qu'il a fait déjà depuis longtemps. Ce n'est donc pas comme nouveauté que je vais parler du bouturage des plantes molles, sur couche chaude et sous châssis» mais comme du mode de multiplica* tion le plus simple, le plus expéditif et le moins coûteux, quoiqu'il demande de grands soins et exige beaucoup de surveillance, surtout sous des ^oUmats comme celui du Havre, où les variations atmosidiériques sont souteot presque instantanées.

Voici comment on procède : Si Ton veut commencer de très-bonne heure, en janvier, par exemple, on fait, quatre ou

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(4) Ëxtr, du BuU* du Cenk pratique du Hofore.

cinq jours avant de bouturer^ une bonne couche de înmiet neuf 9 entourée de réchauds, ayant au moins, une fois bien tassée, 0*40 à 0"50 d'épaisseur, montée deO^iS à 0"^ de distance du haut du coffre. La première condition du succès, c'est qu*ilfaut que lé coffre ferme hermétiquement. Ce résultat s'obtient parfaitement comme ceci : On tend un fil de fer bien flexible sur les parois du haut du coffre^ on lé fixe à ses deux extrémités par deux petites pointes et Ton glisse dessous de la mousse, de manière que le châssis, une fois placé, porte dessus dans toutes ses parties de jonction avec le coffre, ei intercepte toute communication avec l'air extâieur. Quand il y a de la buée, on peut par ce moyen tourner le châssis sens * dessus dessous , ce qui la faut évaporer instantanément ; de • plus, l'humidité vient se fixer aux carreaux du côté intérieur; tandis que le c6té opposé sèche au dehors, on retourne une seconde fois, et ainsi de suite, suivant l'état plus ou moins humide de la couche*

Si Ton emploie des terrines (ce qui est préférable, surtout à cette époque), on couvre la couche de VHi% à 0"03 de terreau aussi sec que possible, ou, ce qui vaut beaucoup mieux, dessable; on met le châssis et l'on couvre de paillassons.

J'ai dit qu'il était préférable d'employer des terrines, voici pourquoi : En cette saison, les froids sont souvent très-intenses, le fumier perd vite sa chaleur, et quelquefois la C4>uche ne donne pas tout le résultat qu'on en attendait ; alors on prend les terrines et on les transporte sur une autre couche, ce qui ne pourrait se faire si l'on bpérait en pleine terre dans le châssis.

Le fond des terrines est empli jusqu'à moitié avec des tessons ou des débris de terre de bruyère, moitié avec de la terre de bruyère tamisée, dans laquelle on ajoute 1/8* /de sable blanc si la terre n'en contient pas assex; entasse ensuite légè-

rement et on recouvre la terre de bruyère d'un 1|2 centimètre de sable, les matières ôrgaaigoes étant presque nulles dttis ssr composition^ la pourriture a par conséquent moins de prise.

Les terrines ainsi préparées, on coupe les boutures, on les pique en les tassant légèrement, mais en ayant bien soin cependant de ne les enterrer que très-peu, puis on les arrose à l'arrosoir à ponmie fine avant de les placer sur la couche, sur kufuelle on remet le châssis.

Il arrive quelquefois, quand il gèle fort, que la couche chauffe peu ; si Tair s^adoucit subitement, le coup de feu se déclare aussitôt avec d'autant plus dé violence qu'il est plus retardé; aussi les boutures seraient-elles infailliblement perdues surtout si la chaleur du soleil venait se joindre à celle de la couche. Pour prévenir cet accident, il suffit de soulever le châssis^ tout au plus de l'épaisseur d'un doigt, afin que l'excès de chaleur se dégage et que la buée s^évapôre.

S'il fait du soleil, l'on bassine et l'on ombre avec des claies ou du fumier court que l'on sème légèrement sur les carreaux.

On* continue ainsi les soins, et en douze^jours au plus les boutures sont bonnes à empoter.

Pour le rempotage, qui se fait dans de petits godets, il faut soulever avec une spatule et beaucoup de précautions les boutures^ afin de ne pas briser leurs racines, et d'avoir une petite motles'il est possible; Ton bassine une fois Topération terminée, et l'on place les godets sur une couche sourde que l'on doit avoir faite trois ou quatre jours avant. L'on continue le même traitement que sur la couche à bouture, jusqu'à ce que les racines percent aux parois du pot; alors, progressivement, Ton ombre moins et Ton donne plus d'air afin de fortifier les plantes. C'est souvent au moment du premier rempotage que les plantes meurent le plus. Bien des personnes croient que

du œomeot où leurs boutotw ont dm nane», elles «oui sauvées» Qnnepeut {>asiQi6ux8etromp«r. Les plantes, colti» vées comme je viens de La dûe^ habituées à Tétonfiée, doivent être considérées, m^gré leurs racines, comme de vâritablsB boutures, et par conséquent traitées de la même manîsre.

En attendant à bouturer fin février ou oommenoement de mars» au lieu de pratiquer en terrines, on couvre la couche, d'abord, d'un lit de débris de tei?re de bruyère de 0*03 à 0"04 d'épaisseur sur lequel on étend, tout au plus, une égalé épaisseur de terre de bruyère préparée comme il est dit plus haut. On la tasse un peu. Ton couvre de sable, et l'on pique à même* Un châssis de 1"30 de longueur sur 1 mètce de la^ geur peut en contenir de 800 à 600 ; l'on ombreet Ton Ixuh sine comme pour les précédentes. L'ombrage et le basainage doivent se modifier en raison du temps qu'il faut : ainsi, plus on avance vers l'été, plus lesbassini^s doivent être fi^quents, l'ombrage, tout en étant un peu plus épais» ne doit jamais produire l'obscurité, on peut l'appliquer plus têt du plus tard dans la journée^ selon que la saison est plus ou moins avancée, le soleil plus ou moins ardent.

La plupart des plantes servant à la décoration des massifs, corbeilles, plates-bandes, etc.,. telles que Géranium^ Fuchsia^ VerveineSf BéliotropeSf Petuniaj Ageratum^ Anthémis, Salviay etc.j peuvent èti'O faites ainsi. Le Coleus et VAchiranthei Verschaffeltii prennent excessivement bien à cette dernière époque. Seulementj pour les Géranium et Pelargomum^ il faut bien se garder de les ombrer. Si l'ardeur du soleil était trop •vive, on donnâ[*ait plutôt un peu d*air ; c'est pourquoi il faut avoir soin de les placer dans le haut du cofiBre.

De plus, ces plantes, étant très«>si:yettes à la pourritu1^e, exigent la terre beaucoup plus sableuse, et des bassinages plus fréquents, surtout s'il fait du soleil.

On peut faire ainsi des boutures sous ohAssis, tout le prin<

temps et l'été en d^immiaiit oa même en rapprimafit totale* ment la ohaleur de la couohe à mesure que Ton avance en saison^ Ce résoltat s'obtient^ soit en mêlant au neuf, par moitié ou deux tiers, du fumier à demi consommé, soit en opérant^ pour la saison d'été, sur de vieilles couches complètement refroidies ou tout autre moyen analogue.

Leshorticulleurs qui ùHi l'avantage d'avoir des coffres mo-* biles (ce qu'on devrait toujours avoir) tourneront, dès le oom* menoement d'avril^, leurs coffres à bouture, la pente au nord, par ce moyen les rayons solaires sont moins directSi l'ombrage moins épais et la réussite plus certaine.

Ce mode de multiplication s'adresse principalement à tous ceux qui ont besoin de beaucoup de plantes, tels que M&f . les bortioulteurs fleuristes par exemple* Je l'ai pratiqué deux ans id, comme je viens de le décrire, et il ma toujours bien réussi» Aussi mon but est-il^ en faisant cet article, de le populariser en appelant sur lui Tattention des personnes compétentes* Sans doute qu'il n'est pas la plus complète expression du parfait; mais chacun pourra y apporter les modifications que la pra« tique ne manque jamais d'indiquer à qui veut bien observer.

CossË (François),

GtrcoD-jardioior eliex M. Dolfiit.

ROSIERS NOUVEAUX POUR i868.

M. Rolland, horticulteur à Orange, nous a adressé,* dans le courant de juin dernier, deux roses nouvelles de semis, qu'il se propose de mettre au commœce celte année, sous les noms de Thé CloHlde et l'Aurore (hybride).

Le Thé Clotilde est une variété très-florifère et vigoureuse^ à fleurs très -grandes et variables en couleurs, tantôt blanches à cœur rose vif, tantôt blanc de crème, quelquefois roses ou saumonées, et enfin offrant souvent réunies ces différentes cou*

leurs Qiéiangées et fonâues. D'après M. Rolland, cette variété est issae du thé Bougères ; greflOSe à haute tige sur églantiers, elle affecte presque la forme pyramidale; ses pédoncules sont forts.

V Aurore ^st sortie de la même souche; elle a rinfloresceoce d'un thé, mais le bois et le feuillage sont semblables à ceux d'un hybride. Ses fleurs sont grandes', trèsrétoffées, rose an. rore. L^envoi de cette rose était accompagné de la note suivante : « Cette variété très-distincte et très-curieuse, ne remonte pas très-franchement jusqu'à présent, mais tout semble indiquer qu'elle s'affranchira ; car si on la pince un peu avant Tépanouissement des fieors, il lui suffit de quelques jours pour montrer de nouveaux boutons. » Cette observation fait honneur à M. Rolland ; il serait à désirer que les rosiéristes suivisseat son exemple au sujet des rosiers dits hybrides remorUanti; car sur 100 rosiers vendus comme tels, ily en a environ dO qui ne remontent pas plus franchement. On les fait remonter en pratiquant le pincement des boutons, comme l'indique M. Rolland, c'est-à-dire en empêchant la première floraison.

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