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CHOIX DES PLUS BEAUX LANTANA

Manthre d^en obtenir de beaux sujets .

Le nombre toujours croissant des variétés nouvelles oblige chaque année rhortioulleur commerçant à épurer ses collections pour ne pas multiplier la même plante sous des noms différents. J'ai profité du travail de révision auquel je me suis livré, cette année, au sujet des Lantana, pour répondre à la demande de l'honorable rédacteur en chef de ï Horticulteur. Voici donc, pour moi, les meilleures variétés à cultiver, et la manière d'en obtenir de beaux sujets*

Conqueror (Ferrand), fleurs très«grandes^ jaune nuancé passant au rouge grenat vif (le plus beau du genre).

Ferrandii (Ferrand), fleurs trës*grandes, jaune nuancé passant au rouge cramoisi foncé. L'un des plus beaux Lantana.

Eleganiismna (Farrand), fleurs moyennes, blanc cendré, centre jaune d'or passant au lilas clair^ œil violet très-vif.

Étoile de Provence (Ferrand), fleurs grandes, jaune passant au rouge vif, brunissant en s'épanouissant* Yftriété précieuse pour bordure; elle est unique de ce coloria.

Yokan- (Ferrand), fleurs grandes, jaune passant au rouge saumoné vif.

Souvenir de Pékin (Ferrand), fleurs très -grandes, bien faites» rouge passant au lilas violacé très-vif, centre plus clair.

Eughie Bourcier (Jacoto), fleurs bien faites, jaune pâle passant au ronge pourpre.

Marcella (Chaté), fleurs très-grandes, jaune paille passant an lilas carminé très-vif.

Arethusa (Boucharlat), fleurs bombées, blanc paille passant entièrement au rose chair. Variété ancienne, mais toujours très-belle.

Roi des pourpres (Ferrand), fleurs moyennes^ jaune purpurin passant au pourpre violacé (unique de ce coloris).

Rongier Chauviere (Ferrand), fleurs très-grandes^ jaune orange bordé rouge vif passante T^arlate.

Victor Lemoine (Ferrand), fleurs très-grande», frangées, jaune d'or passant au cuivre vermillon très-vif.

Coquette (Ferrand), fleura bombées, jaune dair pas^fflit au rouge cocciné .

Brillantissima (Ferrand), fleurs grandes, jaune vif passant au rouge orange vif très<brillant.

Compactum (Ferrand), corymbes de fleurs très-serrées, jaune passant au rouge nankin.

Domination (Ferrand), gros corymbes de fleurs larges, à ^nne bombée, saumon vif à centre jaune vif.

Nec plus ultra (Rendatler), fleurs moyennes, bombées, jaune passant au cramoisi violacé*

Impératrice Eugénie alba (Chaté), variété à fleurs blanches, t/ très^propre à faire des bordures (issue d'un semis de Tlmpé* ratrice Eugénie (Bouch.), même port et même bois.

Le Nain (Rendatler), \{uîété du fulgeju mutabilis, rose carminé passant au cramoisi à reflet, centre blanchâtre (unique ' de ce coloris)*

^^^^Alba magna (H. Demay), le plus beau blanc pur connu. --. Cérhs (H. Demay), fleurs petites, rose carminé à centre blanc.

Annei (Chaté), fleurs moyennes, bombées, jaune serin bordé blanc.

>« Solfatare (Rendatler), fleurs moyennes, jaune vif légèrement bordé blanc.

^^>, Alba lutea grandi flora (Ilendatler), fleurs assez grandes, blanches à œil jaune vif.

Triomphe (H, Demay), fleurs plates^ rose saumoné, centre orange foncé passant au rose vif.

Delicatissima (Chauvière), toujours unique lilas violet à centre blanc. Très-belle variété pour bordure.

Impératrice Eugénie (Boucharlat), fleurs petites, rose chair, à large centre blanc ; très-florifère. Propre à former de magnifiques bordures (ne pas confondre avec une autre variété du même nom (Hans).

^ Atropurpurea (Chaté), fleurs petites, bombées^ du coloris le plus foncé. C'est le Lantaaa le plus foncé et ayant le moins de jaune.

L'amateur en possession des 28 variétés ci«dessus possède tout ce qui existe de plus beau en ce genre de plantes;

Les Lantana sont de charmants arbrisseaux de la famiUe des Verbénacée^ qu'on ne cultive pas assez dans les jardins. Ils sont pourtant peu difficiles pour le sol et l'exposition ; on peut dire qu'ils viennent dans tous les terrains et à toute sorte d'exposition. On peut leur faire prendre toutes sortes de formes. Pour garnir des caisses, des Vases ou des pots, la forme en boule est d'un excellmt effet..

On obtient cette forme en pinçant une jeune bouture à quatre ou à six yeux, c'est-à-dire au deuxième ou troisième rang de feuilles, selon la hauteur qu'on se propose d'obtenir. On laisse les premières branches (celles qui partent au ras de terre)

s'allonger librement; on pince celles des rangs supérieurs de plus en plus court à mesure qu'on approche du sommet ; on continue ainsi à pincer jusqu'à l'entière formation, ce qui demande à peine trois mois.

Pour les former en pyramide, rien n'est plu^ simple. ^1 suffit de les espacer dans leur jeunesse, afin qu'entre chaque aisselle les branches puissent se développer en liberté , et de leur donner un tuteur sur lequel on attache la tige centrale qui doit fournir les branches seîcondaires. On peut aussi faire très-facilement des Lantana sur tige, en supprimant tous les yeux de la base qui, dans la forme précédente, forment les branches secondaires, et cela jusqu'à la hauteur qu'on veut obtenir. Ces plantes sç prêtent à toutes sortes de formes, en éventail,, palissées après les murailles ou treillages, fichées au ras de terre ; elles sont partout d'un brillant effet. En massif, aucune plante ne peut rivaliser avec eux. Les personnes qui ont visité notre établissement ont pu vqir de ces plantes disposées sur toutes ces formes et constamment couvertes de fleurs,

E. Chaté fils.

TAILLEZ, — NE TAILLEZ PAS VOS ROSIERS

Ne taillez pas vos Rosiers ! Tel est le titre que je vis à un article du n* 3 de cette année de VHorticulteur français. Je crus alors avoir mal lu ; mais voici que dans le n® 4 je vis encore ces mômes mots : ne taillez pas vos Rosiers. Décidément c'est bien cela, dis-je ; il ne faut pas tailler ses Rosiers !

Cependant, en y regau^dant de plus près, je crois m'apercevoirque cette'suppression détaille n'est pas aussi complète que je l'avais cru d'abord, et que, quelquefois, c'est simplement une taille très-longue, d'autres fois même cela veut dire : taillez à branches de remplacement.

Malgré cela on va trop loin , beaucoup trop loin, surtout lorsqu'on ajoute avoir vu une magnifique plantation de Ro^ 9iers dont les ramifications emmêlées (le sécateur n'y avait pas passé) forçaient Therbe à mourir avant de naître! sans préjudice, bien entendu, de la multitude des magnifiques fleurs dont elles étaient couvertes.

On ne dit pas si le sol avait été labouré, le présume que non, et^ dans <^ cas^ le Rosier non taillé peut aller de pair avec la fameuse vigne sans taille ni façon de certain docteur. Mais ne combattons pas trop d'ennemis à la fois . Je reviens simplement aux adversaires de la taille du Rosier , et Je leur reprocherai d'avoir mis dans le même sac des farines de diverses provenances^ je veux dire des Rosiers de végétations bien différentes. Ainsi, on parle de Rosiers chromatelle, solfatare, bengale, tous plus ou moins grimpants (pourquoi pas les bancks), et on les assimile, quant au mode de traitement, avec les variétés les plus délicates. Parce qu'on a obtenu un bon résultat pour quelques variétés des plus vigoureuses, on veut soumettre au même régime toutes les autres. . Est-ce raisonnable? Pourquoi ne pas faire tout simplement pourlesRosiersceque Ton fait pour les poiriers, par exemple? Pourquoi enfin ne pas tailler chaque variété de Rosiers et même chaque Rosier selon sa nature ou sa variété, sa force et enfin selon l'usage qu'on en veut faire ou la place qu*il occupe?

Il me semble aussi évident qu'un Rosier grimpant ne peut pas être taillé comme un Rosier perpétuel, qu'il est clair que la vigne ne doit pas être traitée comme un poirier. Ainsi, tailler long, très-long, les variétés grimpantes qu'on destine à garnir des palissades ou murailles et ne leur.ôter guère que le bois mort, c'est entendu ; et il est même surprenant comme un appui donne de vigueur à quelques variétés. Je citerai un de mes voisins qui possède des pieds de petits bengales feu qui

forment des colcfnnes magnifiques couvertes, toutes, à la belle saison, de fleurs sans nombre et qui atteignent la corniche de sa maison élevée d'un grand étage sur rez-de-chaussée .

Mais quant aux autres variétés de Rosiers cultivées en platesbandes, taillez-les; maïs taillez-les selon leur force. Au reste, voici, comment depuis plus de quin^e'ans, je taille mes Rosiers et je m*en trouve bien : à chacun de choisir. Je parle, bien entendu, des Rosiers hybrides ordinaires.

Je coupe à 3 ou 4 yeux toutes les tiges (végétations de Tannée précédente) fortes, et je laisse intactes, ou à peu près, toutes les brindilles faibles. Ces brindilles faibles, fleurissant lespremières, ne risquent pas à s'emporter et par leur flexibilité garnissent le dessous de la touffe du Rosier d'une façon qui n'est pas sans grâce. Pendant ce temps-là les branches fortes se développent plus- modérément et forment une tète volumineuse en peu d'années, de manière que mon Rosier a Taspect d'un véritable buisson de roses et non pas, comme on le voit trop souvent, d'un bâton supportant quelques fleurs* Si la variété est faible, je taille un peu plus court les meilleures branches, et je supprime toutes les brindilles.

Mais, dans ce dernier cas, voici comment je procède pour obtenir plus de vigueur pour les variétés délicates. Je les greffe, sur églantier, à 10 centimètres de terre. De cette manière j'ai obtenu sur le Rosier du roi, entre autres, des pousses annuelles de près d'un mètre. Je puis dire encore que j*ai un autre voisin, un jardinier, qui cultive les légumes et qui, sous prétexte de manque de temps, ne taille jamais ses Rosiers. Je ne dirai pas qu'ils meurent, comme l'affirme un partisan de la taille ; ils sont au contraire d*une végétation vigoureuse, dans un bon sol il est vrai ; mais ils ont une tenue qui est inacceptable dans un jardin bien cultivé. De grandes branches sortent de tous côtés, portant à leur extrémité quelquefois de belles fleurs, mais leur base entièrement dénudée ofire un aspect

peu séduisant. Certain proverbe latin à raison, qui dit : La vérité n'est pas dans les extrêmes.

J'ajouterai qu'il est bien certain que certaines variétés exigent une taille spéciale, Ainsi^ j'ai vu un Thé Ophirie élevé sur doubles cerceaux (formant comme 2 roues horizontales dont la plus élevée avait un diamètre moindre) dont la masse des fleurs présentait Taspect d'un bouquQt rond. Le Général Lamctrque, les deux Madame Despré^ Solfatare y etc., peuyentétre conduits ainsi , ou^ si on le préfère, traités avec branches de remplacement en inclinant vers la terre toutes les branches de l'année précédente. .

Le Thé Niphélos et d'autres à fleurs inclinées se trouvent bien d'une tige de 2 mètres et plus qui permet d'apercevoir la richesse de leurs corolles.

En parlant de Rosiers^ il n'est peut-être pas hors de propos d'indiquer une manière simple pour obtenir à rarrière-saison de magnifiques Roses. Il s'agit de boutures de Rosiers remontants. On coupe, à l'automne de bonne heure, de belles tiges de Rosiers, et, après les avoir rognées à 30 centimètres environ, on les enterre dans une tranchée au fond de laquelle on a déposé 0" 15 cent, de terreau de détritus ou autre, en ne laissant sortir hors de terre que 2 ou 3 yeux et avec la précaution de donner un bon coup de talon lorsque la tranchée n'est qu'à moitié remplie de terre, parce que tout le monde sait qu'il est important qu'une bouture ne vacille pas.

On remplit de terre, bien entendu, la tranchée au niveau du sol.

Le terreau de détritus a souvent un avantage, c'est que les petits vers qu'il contient favorisent la reprise des boutures en rongeant l'épiderme; pour remplir le même but^ on peut décortiquer le talon des boutures.

Cela fait, il ne s'agit plus que de supprimer, au printemps, tous les boutons à mesure qu'ils apparaissent.; puis, 2 ou 3

fois, dans le courant de l'été, de donner un arrosement copieux. On a alors au commencement de l'automne une floraison abondante et magnifique. Presque toutes les variétés remontantes réussissent ainsi et l'opération est si simple qu'on peut la recommencer tous les ans ; car il est à remarquer que les vieux pieds ont moins de disposition à remonter.

A. BOISSELOT, à Nantes.

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