livre
F. Heïîingq.
CALADIUM NOUVEAUX DE M, BLEU (PL. Xni.)
Depuis Tintroduction des premiers Caladium panachés, par MM. Baraguin et Petit, ce genre a acquis une grande et juste
renommée, qui va toujours grandissant, grâce à un intelligent et savant amateur, M. Bleu, qui se livre à un sérieux travail d'hybridation. Les nombreuses variations qu'il a obtenues de ses croisements sont des plus intéressantes, pon-seulement au point de vue horticole, mais aussi et surtout au point de vue botanique. En examinant toutes ces plantes si diverses sorties d'un même typé, on est obligé de reconnaître que Thomme a besoin de subir encore de nombreux perfectionnements d'esprit, pour pouvoir trancher cette question en litige : qu'est-ce que l'espèce ; et je crois faire preuve de sagesse en n'abordant point ce sujet? J'émettrai seulement cette simple opinion : que tous les magnifiques Galadium, introduits il y a quelques années par MM. Petit et Baraguin, ne sont évidemment que des variations du Caladium hicolcr^ obtenues dans les cultures brésiliennes et non rencontrées à l'état sauvage. Car il aiTive fréquemment, à M. Bleu, d'obtenir d'un même semis des individus de ce type spécifique, et des variations qui se rapprochent du Belleymei, de cette variété si belle et si distincte par la coloration blanche de ses feuilles avec réseau de nervures vertes.
Parmi les nombreuses variétés que possède M. Bleu, M. Charles Verdier en a choisi neuf, qu'il met cette année au commerce; trois sont représentées dans la planche qui acompagne ce numéro, ce sont :
Caladium Rossini {fig. 1). Issue de Chantini et du Verschaffeltiij cette variété réunit, dans sa feuille, et la délicatesse et la vigueur. Les nervures sont d'un rose clair déteignant légèrement sur le vert clair du centre du limbe qui est encadré de vert pomme et parsemé de larges macules irrégulières d'un rouge-minium. — La feuille représentée pi. XIII est réduite au tiers de, la grandeur naturelle.
C. Keteleêr (fig. 2). CettQ variété offre les caractères réunis des deux plantes qui l'ont produite, le C. bicolor et le C. argy-
rospilum. La feuîUe plus arrondie, et de même grandeur que celle du C. bioolor, a le centre rouge éclatant, bordé de fines et nombreuses ponctuations brun foncé', et encadré d'un beau vert clair. Tonte la feuille est parsemée de petites macules d'un rose vif, du plus ravissant effet. — La figure de cette variété est ime réduction au tiers de la grandeur naturelle.
C. Siebold (fig. 3). C'est au croisement des C. Brongniartii et Neumannii qu'on doit celte variété, une des plus remarquables de ce genre. Ses feuilles sont de même grandeur que celles du bicolore mais les nervures sont d'un rouge carminé entouré dé blanc rose finement picturé ; le pourtour de la feuille et Tentre^deux des'ner^ressontd'un vert foncé dans lequel sont disséminées de nombreuses macules rouge carmin encadré de blanc. — Nous ne donnons également, dans notre planche, que là réduction, au tiers; de cette magnifique variété.
C. Baron de Rothschild. La. feuille de ce gain, sorti du croisement du C. pœcile anglais et Neumarmiif est parfaitement hastée ; ses nervures, son centre et les nombreuses macules dont elle est parsemée, sont d'un rose clair qui va en se fonçant de plus en plus jusqu'au rouge vif. Le pourtour du limbe est d'un vert clair qui se confond avec le rouge de la partie centrale et parait estampé dessus.
C. Barrai. Hybride du C. pœcile anglais et du C. Neumannii. La feuille a la même forme et la même grandeur que celle du bicolor; ses nervures sont d'un rouge éclatant, encadré du même rose vif que celui des nombreuses macules disséminées dans tout le reste du limbe qui est d'un vert foncé.
C. Charles Verdier. Charmante plante, dont les feuilles parfaitement hastées, offrent un coloris tout ^ait nouveau ; les nervures et les nombreuses macules sont dj un beau rose tendre qui tranche admirablement sur le vert foncé du limbe. Même source que celiç ànCaladium Barrai.
C. Edouard Mùveaujb. Production irèiS-^marquable du C. hU cùlor sptendensy fécondé par le C. Verschaffèltii. La partie centrale de la feuille est d'un rouge ^cramoisi encadré de deUx sorte» dô verts : l'un très-clair dessine rextrémité des nervures, puis se confond avec le vert plus foncé du pourtour; quelques maculés rouges -ajoutent encore à la beauté de ce coloris,
C; Isidare Leroy. Gigantesque plante obtenue de la fécondation du G. pœcile anglais etduC, Bfongniartii. Ses feuilles éûorines ont un aspect soyeux, et les nervures, d'un rouge supérbe^ ressortent très-élégaUiment sur le rouge plus foncé qui ft'ûnit au vert dans presque tout le limbe. De larges macules roses translucides sontéparses dans toute la feuille,
C. Raulinii. De là fécondation du C. Houlletii par le C. Bfongniartii est sortie cette brillante variété remarquable par Télégànce de sa feuille de forme allongée et par la vivacité du coloris. Les nervures sont d^un rouge éclatant, très-largement entourées de rouge foncé ; et de nombreux groupes de matiules blanches faiblement teintées de rose sont éparses dans toute rétendue du limbe .
Toutes ces plantes sont réellement d*un grand intérêt et d'uUe tare beauté. Moi l'adversaire déclaré de la panachure, je dois avouer qu'eu entrant dans la Serre de M. Bleu, je n'aî pu retenir un cri d'admiration en présence de tant de formes et de coloris variés. Malgré rtioi, je me suis découvert; je me suis cru dans un temple où s'opèrent de» miracles.
F. Herîngq.