‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 15 sur 159 · SEMIS · texte numérisé non relu

SEMIS

Jugqu^à ce jour, la multiplication de la Vigne s'opérait de teatures de rameaux ou crossettes, de marcottes et de greffes ; et les résultats ne laissaient rien à désirer. A ces trois modes de propagation on a ajouté, il y a quelques années, le semis i'yeox, qui, au début n'a pas été très-bien compris par les cul-

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tivateurs. On s'iniaginait qu'on enlevait simplement les yeux d'aprèb les rameaux^ et qu'on les semait comme on sème des graines. Aussi ce procédé fut*il traité de songe creux , sorti du cerveau d'un savant de cabinet. Mais telle n'est pas la manière de faire. Les yeux ne sont pas détacbés du rameau; otx les prépare en coupant les sarments par petits tronçons portant chacun un œil^ et ces tronçons peuvent avoir â centimètres de longueur environ, Tœil se trouvant au milieu ; c'est ce qu'ors appelle procédé Hudelot* D'autres fois on les prépare à la manière d'un écusson, mais en enlevant le bois du côté de l'œil, jusqu'à la moelle; c'est le procédé Cbantûer. C'est donc eu réalité une bouture à œil simple.

Ce mode de multiplication, qu'on considère comme nouveau, ne l'est cependant pas. Depuis les temps les plus reculés, il est à peu près le seul usité en Angleterre. Le procédé dit Hudelot est donc, comme les théories Guyot et Hooibrenck, au sajetde la taille à long brin de la Vigne, une simple vulgarisation de procédé connu, dans des régions Ou il était inconnu, et non un procédé nouveau.

Mais ce mode de multiplier la Vigne a*t-il réellement les avantages qu'on lui attribue? Et est-il praticable dans la grande culture? Malgré les affirmations de M. Hudelot, il est permis d'en douter. Les essais qui en ont été faits ont toujours exigé des soins assez minutieux. Ainsi, il faut faire ces bouturagessemis, comme on dit actuellement^ en terrines ; coucher les petits tronçons TobU en l'air; les recouvrir detrès*peu de terre, et placer ensuite les terrines sur couche et sous châssis. Le repiquage en pot dans les mêmes conditions est nécessaire, et la mise en place n'est possible qu'un ou deux mois après. Ce procédé est très-certainement avantageux en horliculture pour multiplier des variétés rares ou nouvelles; mais il est impraticable, quant h présent, en grande culture.

On comprend que las Anglais procèdent de cette manièie à

UmuItî{^(^tion de la Vigne; en Angleterre^ la culture de la Vigne n'est possible qu'enserre. Préparant ainsi leur^s plants dans le courant de novembre, ils obtiennent en une végétation el par àes repiquages et rempotages bien entendus, des sujets de i"* 50 et pins qui. Tannée suivante, forcés enserres d'une construction particulière inconnue en France, produisent des iirnits d'une rare beauté. Mais aussi n'en produisent^ls qu'une fois; après la récolle on rejette généralement ces Vignes oomme épuisées.

Nous concluons donc que le bouturage-semis est avantageux, en horticulture, pour obtenir rapidement des plants vigoureux prQ()resà firaotifier à la seconde végétation, par la culture forcée; mais qu'il nous parait difficile d'en faire l'application en plein champ.

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