‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 18 sur 159 · LIVRES NOUVEAUX · texte numérisé non relu

LIVRES NOUVEAUX

Rons croyons devoir appeler, dès aujourd'haî, rattention de nos lecteurs^ sur quelques nouTelles publications : Les Conférences agricoles faites au champ d'ezpénences de Vioeemies, par M. Georges Ville, professeur de physique végétal au Mwfani h nilhnt ffrf Poirier etles^OO meilleures Poires, par M. Ch. Ballet; -» iit PUmiis de terre de hrtnféres, par M. £d. André ; *- les Plantes à feuUlaqe coloré, par MM. Lawe ei Howard; — et /a Vigm^ par M. Carrière ^ dous en rendrons compte dans le prochain numéro.

Travaux du mois de Février*

Jardin d^agrément. On peut commencer à la fin dn mois les semis de gaxoos et de plantes annuelles de pleine terre qui ne supportent pas le repiquage^ telles que giroflée de Mahon, pavot, coquelicot, adonis, coreopsis, nigelles, pieds d'alouette, réséda, nemophila, clarkia, gilia, etc. On plante en motte les plantes vivaces et bisannuelles qui n'auraient pu Tètre à l'automne, telles que campanules, digitales, coquelourdes^ œillet de poète, etc. Les bordures de pâquerettes, mignardises, etc., peuvent être aussi replantées, si les gelées ne sont pas trop fortes. C'est encore le moment de semer sur couche les quarantaines^ giroflée, amarante, cobéa, verveine, sensitive, pétunia, pervenche, rose, etc. On doit .tailler ou éplucher les arbustes, et avancer le plus possible les labours.

Jardin fruitier. On continue activement les labours, les plantations et la taille. Mais le groseillier noir ou cassis ne doit être taillé qu*au moment où les feuilles commencent à se développer ; il en est de même des framboisiers. On peut conmiencer, si le temps le permet, de mettre la main aux fraisiers qui ont dû être fumés avant l'hiver ; on émiette le fumier, on débarrasse le cœur des plantes, et si le terrain est préparé, on peut planter du nouveau plant, finfin, s'il y a des punaises sur le bois des pêchers, il faut les détruire, en brossant, par un beau temps, toutes les branches qui en sont garnies.

Potager, On sème en pleine terre Toignon, les pois hâtifs, tels que michaux, nain de Hollande, prince Albert, d'Auvergne, des lentilles, des fèves de marais, etc. Dans la seconde quinzaine, ce sont : salsifis, scorsonères, poireau, panais, carotte, épinards, cerfeuil, persil, pimprenelle, cresson alénois, chicorée sauvage, et des petites laitues de printemps dans les planches d^oignon . Ces différentea salades et fournitures doivent être semées très-serrées, sans quoi les feuilles deviennent txès-dures; la chicorée surtout est très-amère. On repique' de la romaine verte, oignons, choux-pommés, choux-fleurs, oseille. Vers la un da mois, on peut semer choux-fleurs, gros choux cabus de Saint-Denis, de Afilao ; ponmie de terre MaijoUn, comice d'Amiens, etc.

Les couches et châssis reçoivent de nouveaux semis de pois, haricot»^ fèves, concombres, melons, choux rouge, choux-fleurs, aubergine, piment, radis rosesf raves, céleri. Ou y repique les cucurbitacées semées le mois précédent, ainsi que des laitues pommées et des romcdnes. On continue le forçage des asperges et des fraisiers» ,

Serrer Maintenir une chaleur suffisante pour entretenir la vie des plantes, mais pas assez élevée pour provoquer la végétation. Donner de l'air tontes les fois que la température extérieure le permettra, et arroser avec modération les plantes qui sont encore dans leur période de repos.

Bapâ)a&ff

P9tls, - Imprimerie liorticole de E,DoMAOD,rQeCuietle.S.

sonumi jm AmoEs coiminis dans €b nuiéro.

p. HgiiuQ. ChrttfliHiae. — 0. LiacBin, Ee Pel«rc«Mlnm Badltoheriamma

(Pi. T). — H. Bâillok, KJiAwllABla riffU* Salisb (PI. VI). — GiuTi flls. Guitare te €imérmiwiM (saite). — Patakt AU, »«• 0eml«. — CsMiittl** d'Amiterdaai et dft Firis. — B. Tkuot, Mémoires nr U ptodoetion et flxatloB des variétés (stite) : I>ei Tuiétés odorantes; des Yariétés de eoloratton. •— €aAsil«siie0 d'borticiiltare novTeltesseat pibUés. — Trsvau da mois.

CHRONIQUE

Lesltrfei noweaux : Le Brome de Schrader, par Alphonse Lavallée; — Cal* tore de la Vigne par Carrière; — Cultoie du Poirier et les rlOO l^okes, par Ch. Baliet; — Planles de terre de bruyère, par Ed. André ; -« Plantes à feuillage coloré, par MM. Lowe et Howard.

D^ms qu'un audacieux auteur m'a présenté une de ses œaTres pour en rendre compte, et que, au moment de lui décrier une mention extraordinaire, j'ai reconnu que cette œuvre rfétait qu'une copie exacte d'un livre moderne, sans une virile ni en plus, ni en moins, j'éprouve un courant d'air glacial ^ tout mon individu, lorsque je vois un monsieur entrer êm mon cabinet avec un livre tout neuf à la main. Il me semble que c'est encore un de ces ei&ontés contrefacteurs, qui tendent aux reproches de plagiats qu'on leur adresse, par cette fameuse phrase qui retentit toujours à mes oreilles : c Mais, monsieur , c'est comme cela que ça se fait en horticuU tare/,.. » 0 conscience! Et l'on blâme ï acerrosité A^ mes critiques! Prenez ma place, lecteurs honnêtes, et si, après six mois d'honorable fonction, votre plume n'est pas transformée m une épée « du plus fin acier trempé » comme celle des Oroi* «éf, c'est qu'alors... vous posséderiez des vertus qui me sont inconnues.

Aujourd'hm^ — grâce vous soit rendue, ô mon Dieu 1 — je n^ai eu &oid nulle part en recevant la série de livres qui m'a

Mars 4865. ^

été présentée, le puis dire sans craintei comme Téditeur du Rhgne végéial, dans son avertissement placé en tète du volume monmé à la culture maraîchère et {rnitière, actuellement sous presse : <i Ces livres n'ont aucun rapport avec ces livres de végétaux où la forme fantastique des figures marche de pair avec rinanité des textes, quoique ces textes soient» engénéral, des plagiats uniquement déguisés par des erreurs de copistes ignorants, et dont le salut contre les poursuites en contrefaçon est dans la sottise n>éme des copistes qui les font, et dans la bonne foi des é<liteurs qui les acceptent comme des œuvres oiigînales, maïs originales seulement par les lourdes bévues qu'on y introduit. »

Les livres sur lesquels j'appelle l'attention de nos lecteurs sont dus, en effet, à des hommes honorables et, du re^te^ assez riches de leur savoir pour se dispenser d'emprunter oelui de leurs voisins.

C'est d'abord le Brome i^ SdiBADra, par Alphonse Lavallée; Développement du mémoire que Tauteur alu, le 3 février ifi64, à la Société impériale d'agriculture sur cette plante fourri^ère, avec d^ix planches dessinées par A. Kiocreux (1). Ici point de louagig6&; notre amitié pour l'auteur nous force au silence; mais nous nous consolons de ce silence forcé par l'iminense succès qu'obtient ce nouveau fourrage et qui place notre ami sur un piédestal que personne ne lui conteste. Pourquoi faut-il donc se taire quand le ccbut déborde de tous côtés? "— Mais passons bien vite, je me délie de ma plume.

Cm.TUHE DE lA Vigne, par Carrière (2). Ce livce est Thintoire eulturale de ce précieux arbrisseau. L'auteur commence par étudier la Vigne dans ses diverses phases ; examine dans quelles

(4) Paris, chex G. Rothschild^ éditeur, rue St-Ândré-^les^Arts, 43. — Prix : 4 fr. 50 c/, et colorié^ S fr.

<1) Paris, chez Fauteur, nie ^ Buffe^a, §3 et au boreaa «ki loanâi.'- Pffix : 3 fr« 10 «•

conditions on la rencontre à Tétai sauvage et quel est son mode de végétation. Puis il aborde la culture, qui comprend l'examen du sol, sa préparation, les différents modes de multiplication^ de plantation etd^entretien; la taille et la conduite sont l'objet d'ane étude spéciale et impartiale. H. Carrière passant en lerue tous les systèmes préconisés jusqu'à ce jour, reconnaît que le système de taille à long bois, dit système Hooibrenk, n'est pas plus de l'invention du jardinier autrichien, que le «t/sâma Gnyoty — l'horizontalité — n'est sortie du cerveau ingénieux du fabricant de paillassons deClichy. L'inclinaison des sarments, dit-il, « n^est pas nouvelle comme principe, elle est aussi andeime que le monde, i Les deux champions du long bois ont dcmc eu la même habileté; ils peuvent se donner la main et signer lapaix. Puisque le fait est constaté, il convient donc de iaire disparaître au plus vite les noms de cesdeux inventeurs qui n*ont rien inventé. Tout ce qu'on peut leur accorder, c^est de propager de très-anciennes méthodes qui sont pratiquées, et n'ont pas cessé de l'être, dans certaines régions du territoire fnnçais; ils n*oot donc pas même le m^te de la résurrection, fil maintenant, quant au résultat de ces modes de taille, qui ta de produire du vin de qualité inférieure, M. Carrière ne le eonteste pas . c Si le fait est bien démontré, dit-il« et que la diffifrence fût considérable, il y aurait peut-être un moyen de concilier ces deux choses, » et ce moyen est un système mixte qu'il propose.

Après la direction de la Vigne^ Vauteur traite des insectes et des maladies qui affectent ce végétal ; puis il donne une liste des meilleures variétés pour cépages, et termine par un petit dietionnaiFe des tarmes employés en viticulture. En parlant du moyen proposé par M. Hooibrenk, contre la coulure, qui est la fécondation artificielle, M. Carrière dit : «Nous n'avons gu^e de confiance dans ce procédé; si nous en parlons, c'est parce que depuis deux ans il a fait beaucoup de bruit. » Et M. Car-*

rièrene peut pas être taxé de partialité ou de mauvais vouloir, car aux débuts des opéTdMoiïBhooibrenkiennes^ il était un des partisans et défenseurs du jardinier autrichien. En somme le livre Culture de la Vigne par M. Carrière est un livre que doit posséder quiconque s'occupe de cette culture.

Culture du Poirier, par Charles Baltet (1). Cette nouvelle publication de l'habile pépiniériste de Troyes est une troisihme édition de ses Bonnes Poires^ augmentée de la culture, plantation, taille et mise à fruits de cet arbre fruitier dont TensemUe forme un tiers de l'ouvrage. Comme tout ce qu'écrit M. Ch. Baltet^ c'est courte mais clair et concis. Chaque variété comprend la description du fruit, forme, couleur, grosseur, qualité, et les soins qu'il réclame ,' puis l'examen deFarbre, sa vigueur sur franc et sur cognassier, son degré de fertilité, la taille générale, le pincement et les formes à lui donner en commençant par celle qui lui convient le mieux. Le choix des 100 variétés est heureux; il permet d'avoir des poires d'excellente qualité pendant 10 et 11 mois de l'année de juillet à mai de l'année sui« vante. En réduisant ainsi en quelques pages tout ce que doit connaître le cultivateur et l'amateur, M. Charles Baltet a rendu un grand service aux hommes dont les travaux ne permettent pas de longues lectures ; et il ouvre une large voie à la richesse publique ; son livre deviendra le guide de tous les cultivateurs de Poiriers. Un reproche peut cependant être adressé à M. Gb. Baltet, au sujet de certaines modifications technologiques qu'il a cru devoir introduire dans ses descriptions. Ainsi il adopte le mot bourgeon pour désigner Vœil ou bouton de rameau ; et, sous la dénomination de brindilles^ il comprend toutes les branches à fruits : dards, brindilles, ramilles» lambourdes> coursons, bourses^ etc. Au point de vue morphologique, M. Baltet a raison; mais au point de vue pratique il commcft

(4) Paris, chex Aog. Goin, éditeur, 8S, nie des Ecoles. ^ Prix H fr.

une grave erreur. Dans la conduite d'un arbre fruitier le dard est traité différemment que la brindille; le coui^ton demande des soins que n^ezige paslalambourde, etc., et quand Tauteur dit de casser les brindilles, on cassera toutes les productions bmtières, lambourdes, bourses, dards aussi bien que les vraies fanodilles ; il en résultera que l'opérateur n'obtiendra jamais de Poires, et qu'il sera obligé de recourir aux paniers des mardiands. J'engage donc mon ami et collègue à abandonner au plus vite une méthode qui, tout en jetant la confusion dans le langage pratique, ne peut qu'amener d'amères déceptions à eeloi qui la mettra en pratique. Si c'est un savant qui lui a donné ce conseil, ce savant a été bien mal inspiré, n ne doit cependant pas ignorer qae la morphologie, tout en admettant que tous les organes appendiculaires de la plante ne sont que des modifications d'un même organe, n'appelle pas feuilles les bractées, les sépales, les pétales, lesétaminesetles pistils, qui ne aoat théoriquement que des feuilles transformées. Conservons âcQcles noms appliqués aussi aux différentes modifications des bwnches fruitières, pour éviter la confusion et la déception.

Ajuttes de terre de bruyère. *— Sous ce titre, M. Ed. André a publié un livre d'une haute importance horticole, en ce qu'il comprend la description, l'histoire et la culture des Rhododendron t Azalées, Camellia, Bruyères, Épacris, et de tous ces magnifiques végétaux d'ornement cultivés en terre de bruyère. L'auteur, jeune encore, est un de ces rares praticiens qui manient avec une égale habileté, et l'instrument et la plume. Jardinier principal de la ville de Paris^ il s'est Kvré pendant longtemps à la manipulation horticole dans le magnifique et unique établissement de la Muette, qui fournit aux squares parisiens cette prodigieuse quantité de fleurs que nous admirons tous pendant la belle saison ; quelques années passées aux Jardin des Plantes de Paris lui ont permis de s'initier aux mystères de la science, et un grand maître dans Tart d'é-

crird hii a eBseîgné l'art àè parler et d'éerîre élégamment. U n'est donc pas étonnant de trouver dans son livre théorie scientifique, pratique horticole^ précision, clarté, élégance même, dans le style. C'est suffisamment dire que son livre est un excellent livre et que nous applaudiissons au début de notre jeune confrère, qui tient si brillamment la plume horticole au Moniteur universel.

Les Plantés a FECHixAaB golobé. — En soumettant ce livre à ma censure, il a fallu que l'éditeur fût bien assuré qu'il avait édité un ouvrage d'un mérite incontestable, car il n'igno^ rait pas mon antipathie pour ces affreuses maquillées qu'on a la prétention de nous offrir comme des beautés. Mais il me ren* dait cette justice que je ne suis exclusif en rien ; je suis sévère, voilà tout* Parmi les plantes qu'on gratifie du titre de plantes à feuillage coloré ornemental, il faut distinguer celles dont la coloration est naturelle et qui tient à la nature même de l'espèce» et celles qui deviennent colorés par étiolement et par infirmité. Dans les premières, il se trouve des teintes vives et fraîches de rose, de rouge, de violet^ etc., qui produisent un effet vraiment ornemental, tels sont les Bégonia, le Cissus discolor, les Coleus. Devant celles-là, j'admire et je m'incline. Mais dans les secondes, qui n'ofirent qu'une altération maladive des tissus, du jaune pâle, du blanc de chlorotbique, je ne vois que de pauvres malades dont la vue n'a rien d'attrayant. MM. Lovre et Howard, les auteurs anglais du recueil publié par M. Rothschild, semblent être, comme moi, ennemis de l'infirmité végétale. Ils n'ont admis dans leur ouvrage que les plantes réellement ornementales, normalement colorées, et j'approuve leur heureux choix. Aussi peuvent-ils compter sur le succès. En en publiant une édition française, M. Rothschild a voulu combler une lacune de la librairie horticole et il a parfaitement réussi. Ces plantes sont admirablement coloriées, et ce volume de 60 belles planches a sa

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place marqnée dans toos les saions, eomme dans la bibliothèque de toos les amateurs.

H me resterait encore à parler d'un livre de M. Laujonlet intitulé : Taille et cultxire des arbres fruitiers^ mais le temps BM manque, môme pour en couper les feuillets ; remise donc ao prochaio laméro. F. Heringq.

PELARGONIUM ENDUCHERIANUM (Pl. V).

Le genre Pelargonium est, eomme chacun sait, un démem* hrement du genre Géranium^ opéré par THéritier, pour toutes les e^yèces à fleurs irrégulières et qui n* ont que 4 ou 7 étanûnes fertiles, taïKlis que les vrais Géranium ont les fleurs régulières et les 10 étamines toutes pourvues d'une anthère.

Les Pelargonium sont, à quelques eiceptions près, des petits soQS-arbrisseaux du cap de Bonne-Espérance,

le P. Efidlicherianumesi une de ces exoeptioiis ; il est origi* naire du Taunis, et herbacé vivace, mollement pobescent. Sa gOQcbe est épaisse, allongée, et donne naissance à une touffe de feuilles d'où s'élèvent plusieuis tiges simples dressées, cylindriques, noueuses au point d'insertion des rares feuilles qu'elles portent, et s'élèvent à 30 et 55 centimètres. Les feuilles sont presque toutes radicales, longuement pétiolées d*on vert cendré, en cœur arrondies et bordées de grosses créndures dentelées • Les fleurs sont disposées par 5 à 8, en élégante ombelle au sommet de chaque tige ; elles ont 5 pétales, trois très-petits et deux très-grands, obovales comme tronqués au sommet, élégamment ondulés sur les bords, de couleur rose et parcourus par un joli réseau de couleur pourpre constitué par 5 nervures rameuses qui partent de l'onglet.

Le Pelargonium Endlicherianum est une très-jolie plante pour Tomementdes plates-bandes^ des talus secs et rocailleux. Il se plaît préférableraent dans les terres calcaires et sèches ; craint le froid et l'humidité des hivers sous le climat de Paris ; il faut donc bien drainer le sol dans lequel on le plante. On le multiplie par éclats au printemps, et aussi par graines, semées en pots aussitôt après la récolte ; on repique le plant en godet pour le faire hiverner sous châssis, et vers le mois de mai suivant on le met en place .

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