‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 19 sur 159 · Lescuyer · texte numérisé non relu

Lescuyer

KNOWLTONIA RIGIDA Sausb. (Pl VI).

Le genre Knowltoniasi été établi par Salisbury, pour quelques plantes du cap de Bonne-Espérance que Linné avait considérées comme des espèces du genre Adonis. Thunberg avait appelé Adonis capensisj l'espèce qui doit ici nous occuper. Plus tard, Necker en fit le type d'un genre Thebesia^ et Ventenat^ sans connaître les travaux de ses prédécesseurs, en fit, dans ses

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étodes SOT les plantes de laMalmaison; un Anamenia coriacea'. Le nom de Knowltonia a prévalu comme étant le plus ancien. Il s'applique génériquement aux anciens Adonis du cap de Bonne- Espérance, dont le port est remarquable en ce qu'il rappelle celui de quelques Ombellifères. De la base de ces plantes s'élèvent quelques feuilles radicales à limbe divisé en lobes pinlatifides, roides, coriaces, d'un vert foncé, plus ou moins dételés sur les bords. Du milieu de ces feuilles s'élève une hampe florale qui n'est pas non plus sans analogie avec une ombelle, quoique son organisation soit au fond très-différente, A mie certaine hauteur, la hampe porte quelques bractées rapprochées et formant un faux verticille. A l'aisselle de ces bractées sont des cymes de fleurs, ou bien un axe secondaire qui, parvenu lui-môme à une certaine hauteur, porte un autre ver-

ticille de hractées secondaires à l'aisselle desquelles sont encore

des ietiTS pédioellées, soit solitaires, soit groupées en 'petits bouquets ou cymes, comme les fleurs qui oecopent TaisseUe des premières bractées.

Le périanthe de ces fleurs est formé d'une vingtaine de folkdes d*uu jaune légèrement verdAtre, sans qu^on y puisse distiu* guer un calice et une corolle* Sons ce rapport^ la fleur avec son réceptacle convexe et ses nombreux sépales imbriqués, ressemble tout à fait à celle de Vlllicium religiosum du lapon. Plus les sépales sont intérieurs» plus ils deviennent étroite et allongés. En dedans d'eux se trouvent de nombreuses étamines bypogynes, à anthères basifixes» dont les deux loges s'ouvrent bngitudinalement sur les côtés. Sous les loges, le sommet du filet présente un léger renflement de chaque côté. Les carpdles sont en grand nombre et échelonnés suivant un ordre spiral sur le réceptacle, tout à fait comme dans les Renoncules et les Anémones. Gomme dans ces dernières, chacun d'eux ne renferme dans son ovaire, à l'âgô adulte, qu'un seul ovnle suspendu, dont le micropyle est tourné en haut et en dedans. Le sommet de l'ovaire se prolonge en une espèce de corne qui est le style. Un sillon vertical longe toute la hauteur de son bord interne, et les bords de ce sillon repliés en dehors sont couverts des papilles du stigmate. C'est là qu'il faudrait appliquer le pollen de la plante pour obtenir des fruits mûrs, lesquels présentent cette particularité remarquable qu'ils sont^ dit-on^ charnus. C'est un fait assez rare parmi les Renonculacées. Cependant il n'est pas sans exemple, car on sait que l'Herbe de Saint-Christophe {Actœa spicata) a pour fruit des baies; et ce caractère ne parait avoir qu'une importance minime dans cette famille, car d'autres Actœa ont le fruit sec et déhiscent. D*autre part, les Adonis auxquels on rapportait autrefoisle Knowltoniay ont pour fruits des drupes jusqu'à la veille de leur complète maturité. Combien d'ailleurs n'y a-t-il pas de dissemblances entre les fruits des diverses espèces de Clématites et des Anémones 1 En admettant donc qu'à

b rigueur od puisse séparer génériquemeut les Adonis des AnéinoBes^ parce que dans les premiers les folioles extérieures du périanthe sont colorées en vert, tandis que les intérieures sont jaunes ou louges, tandis que toutes les pièces du périanthe sont de iKiâme couleur en général dans les Anémones, la même dissanbkmce des sépales n'existe plus dans notre Knowltonia» Sa fleur est tout à fait celle d'un Anémone japonica où les nomfareux sépales intérieurs sont, comme ici^ un peu plus longs et un peu plus étroits que les extérieurs, mais conservent la même couleur rosée. Il n'échappera d'ailleurs à personne que le port^ le feuillage, l'inflorescence ont dans Y Anémone japonica ei dans le Knowlionia une grande analogie; de façon que nous ne doutons pas qu'efTrayés un jour de la muhiplicité croissante des Doms génériques, les botanistes ne consentent à considérer uotre Eno^lionia rigida comme une simple espèce du genre Anémone, appartenant à une section caractérisée par la consistance particulière de son fruit» Cette simplification constituera m Téritable bienfait.

Cette plante, siremarquable à plusieurs titrer, fleurit rarement dais nos jardins, ce qui tient probablement au mode de cultore qu'on lui applique. Au lieu de la laisser perpétuellement dans des pots étroits où elle ne peut dévelorpper que quelques feuilles radicales sans se déterminer à monter y il faut suivre le traitement que lui applique M. L. Neumann, c'est*à-dire qu'il faut au printemps la placer en serre, en pleine terre de bruyère, près du vitrage. On réussirait probablement de même sous châssis. On voit bientôt alors se développer une hampe florale qui atteint près d'un mètre de haut et sur laquelle les fleurs se succèdent pendant environ un mois. La multiplication ne peut se faire jusqu'ici que par division des pieds, car on n'a pas encore obtenu dans nos cultures de fruits complètement développés..

Les racines de cette plante^ ainsi que ses feuilles et ses fruits.

sont^ dît-on, très-âcres et vésicantes. La médecine a employé une espèce voisine, le K. vesicatoria. Toutes sont considérées au Gap comme des poisons dangereux.

Outre la figure du Knowltonia rigida, qui accompagne cet article, on trouvera encore des dessins représentant des espèces du genre, dans l'ouvrage de Ventenat sur les Plantes de la Malmaison (pi. 2Î), les Icônes Delesserianœ (iom. I, pi, 19), le Botanical Register (pi. 956) et le Botanical Magazine (pi. 775).

H. Bâillon.

CULTURE DES CINÉRAffiES {Suite).

Soins à donner pendant V hiver; et manière de les chauffer pour en avancer la floraison. — A mesure que les Cinéraires sont repris dans leurs pots, et qu'ils acquièrent un nouveau développement, il faut les éplucher et les espacer, afin qu'ils puissent uniformément produire des branches et des feuilles. Éplucher et espacer les Cinéraires, à mesure qu'ils prennent de Textension, est l'une des opérations sur laquelle on ne saurait apporter trop de vigilance; une feuille gâtée entraîne souvent la perte de la plante entière, et peut aussi gagner les plantas voisines ; en outre, des Cinéraires trop serrés s'étiolent et doxment des corymbes de fleurs d'autant plus petits que les plantes auront été plus longtemps serrées.

Les Cinéraires ne demandent qu^une température de 5 à 6 degrés pour se développer; mais s'il faut peu de chaleur pour les faire pousser, il leur faut aussi peu de froid pour les faire périr ; 2 degrés au-dessous de zéro suffisent pour les geler quaitd les châssis n'ont pas été couverts de paillassons.

Aussitôt que les plantes montrent leurs boutons à fleurs, on doit cesser les bassinages, à moins que ce ne soit à l'eau de tabac pour détruire les Pucerons qui auraient pu faire leur apparition.

Les Qnéraires desquels on voudra obtenir une floraison prématurée devront être rentrés dans une bonne serre facile à cfaaoffer ) et qui permette aussi de donner facilement de Tair. Toutes les plantes destinées à être chauffées devront toujours être en boutons avant leur entrée dans la serre chaude destinée à avancer leur floraison. La chaleur peut être élevée de 15 à 18 degrés centigrades, pourvu que les jours de grand soleil on donne grand air aux châssis.

Plus les Cinéraires approchent de leur épanouissement côm* plety plus il faut les mettre en contact avec Tair, afin de les empêcher de se faner lorsqu'on les sortira de la serre pour les vendre, ou pour garnir des appartements.

Choix des porte^graines ; soins à leur donner. — Pour porte^graines on ne doit choisir que des Cinéraires à coloris francs et vifs, qui s'étalent en nombreux rameaux formant un beau et ample corymbe, et dont les fleurs ou capitules soient YÀm larges, ronds, et élégamment disposés sur une hampe forte et peu élevée.

Les porte-graines qui reproduisent le mieux la plante choise sont, comme je l'ai déjà dii;^ ceux à coloris rouge ou rose, Bnicolore ou bicolore; l'espèce primitive étant de ces coloris, c'est toujours celui qui donne le moins de mauvaises [dantes. ^ "^

On a obtenu en Angleterre une race à très-petites fleurs, mais d'une perfection de forme extraordinaire*

Les horticulteurs parisiens préfèrent et recherchent les variétés ayant les plus grandes fleurs; mais ces fleurs pèchent sou- Yeat par la forme ; néanmoins elles sont d'un grand effet; j'en ai possédé plusieurs dont les fleurs atteignaient la dimension de petites Reine-Marguerites«

Les porte-graines peuvent être soignés de plusieurs façons^ soit pour récolter les graines à la main, soit qu'on les place dans un endroit où ils se sèment d'eux-mèmeSé

Daitf ce é&meretmxm les plante « fdetne tecre, très-espaces, dans im terraûi préparé à Favance, soit sous châssis^ soit dans une serre bien omiuragée, et teaue constanunent daos nn milieu humide.

Ce moyen est celui qui perd le moins de graines ; il a ausid Tavantage de conserver ces mères-pieds pour les multiplier par éclats ou par boutures. Quelle que soit l'époque de floraison, les plantes choisies comme porte- graines doivent toujours être abritées; les graines étant munies de petites aigrettes tiès«légères que le moindre vent enlève, on comprend quel inconvénient [résulterait de les avoir placés en plein air.

En terminant je ferai ronarquer que la graine des Cinéraires peut se garder deux et trois ans ; mais à la troisième année il né lève que la moitié des graines.

Les vieilles graines ont Tavantage de produire des plantes à fleurs plus larges, plus épaisses et dont les coloris sont toujours plus vifs ; seulement les feuilles en sont toujours moins grandes, moins fournies; enfin les plantes provenant de vieilles graines ont, pour la généralité, le port plus trapu, et sont moins sujettes à s'étioler.

Multiplication par boutures ou par éclats. -^ Toutes les variétés produites par les semis, dont on voudra conservei la perfection, ou la couleur, sans qu'elles subissent aucune altération, devront préférabkment être multipliées de boutures ou déclats; dans ce cas, on doit, aussitôt leur défloraison, les placer en pleine terre, à rombre,et les soigner pendant Tété connue je Tai dit pour les plants transplantés provenant de semis.

Vers la fin du mois d'août, on les lève de terre pour dégagea* et séparer de la souche tous les éclats enracinés; ceux-ci doivent être repiqués sous châssis froid ou empotés dans de petits «pots proportionnés à leur force,, et de la même manière que pour des plants de semis bons à repiquei*.

hmt les hranolids qui n'auraient pas deTacines lors de cette diràio&y et qui parconfiéqnent ne représentent que des boutuitt aoiqiieUes il faut faire prendre des racines, on les repiquera dans de petits pots, dits godets, que Ton placera sous des elœhes on des châssis bien étouffes, ombrés et tenus légè* Hoeat humides. Une vieille couche^ donnantemx^^ un peu de àaleiir, est toujours dW excellent effet &x ee qu'elle active le dévdoppenaent des racines.

ûa cononaance à donner un peu d'air quand ces boutures défeloppeut de nouvelles feuilles, ce qui indiçpie toujours (p'dies ont pris des racines ; et on augmente graduellement Tair i mesure que les plantes prennent de la force*

Je lerminerai ce genre de multiplication en faisant remarquer qpe les plantes propagées par éclats ou par boutures sont tou** jours moins belles de port et de force, et aussi plus délicates i|Be celles qui proviennent de semis.

Cest pourquoi ces deux modes de propagation ne doivent toe employés que pour conserver des variétés extraordinaile^t belles, soit par leurs coloris, soit par la perfection de fawpeu conunune-

Maladies des Cinéraires^ moyens de les combattre. — Dans ce fXBK de plantes, les maladies à redouter sont au nombre iiaîs; savoir : le Blanc^ la Rouille et k Grise; toutes trois faciles âeofflbattre et à éviter*

Qq arrête le développement du Blanc par des soufrages QpkéB le soir, dès que Ton en aperçoit les premières traces STmptomatiques; à l'aide de trois ou quatre soufrages, le Bloiicesi toujours arrêté et quelquefois détruit.

La Rouille est presque toujours produite à la suite des grandes pluies, lorsque les plantes trop serrées ont par conséquent de la peine à se ressuyer. Une transplantation effectaée dès le début de cette maladie en arrête tous les mauvais

I^ Grise se produit daus les années extraordinairement sèches et chaudes; dans les terrains sableux elle est très-commune pendant Tété. On Tévile en tenant les chemins et les allées, qui avoisinent les plantes^ aussi frais que les platesbandes dans lesquelles les Cinéraires se trouvent plantés.

Des insectes nuisibles. ^^Lgs insectes nuisibles aux Cinéraires sont les Limaces [Limax agrestis)^ les Escargots ou Helicoj les Chenilles grises de terre, les Chenilles vertes et les Pucerons.

Divers moyens ont été préconisés pour détruire les Limaces et les Escargots; celui qui nous a toujours le mieux réussi, est la chaux en poudre éteinte à Tair avant de l'employer, et répandue sur le sol. Cette opération doit être faite avec la plus grande attention, le soir, en ayant soin que la chaux ne tombe pas sur les feuillesdes plantes. Le sel de cuisine parsemé entre les rangs des plants les éloigne aussi rapidement.

On évite les Chenilles grises de la même façon que la maladie appelée la Grise , en tenant les chemins et allées avoisinanl les plantes aussi humides que les plates-bandes elles-mêmes.

Les Chenilles vertes doivent être cherchées à la main et détruites aussitôt; toutes les fois que les feuilles sont percées de nombreux trous, on est averti que sous l'une d!elles il y a guelques-uns de ces insectes .

Les Pucerons se détruisent par des fumigations de tabac; et, quand les plantes sont en fleurs, de préférence par des seringages à l'eau, dans laquelle on aura fait infuser des feuilles de tabac. Inutile de dire que l'eau doit être employée froide.

Emile Chaté fils,

horlicaUeur> boulevard Picpus^ 46.

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