‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 26 sur 159 · DE LA COLORATION EN BUNC · texte numérisé non relu

DE LA COLORATION EN BUNC

la coloration blanche est très-fréquente dans le règne végétal. On a fi qu'elle coïncidait avec un affaiblissemeût de la plante; maison sait foe, loin de languir, les plantesr dont les fleurs revêtent cette coloration se filent et se propagent de semis avec une extrême facilité. On a dit aussi que toutes les couleurs pouvaient la produire, mais qu'on Tobservait plus rarement dans la couleur jaune.

Jetons un rapide coup d'œil sur les plantes diverses qui ont produit des variétés blanches^ et nous verrons si cette opinion est bien fondée.

I. Plantes rouges ou roses^ ayant produit des variétés blanches, appartenant à la série cyaniqueet qui, par conséquent, n'ont pas produit de variétés jâime^.

Impatiens Balsamina.

Clarkia pulcheiia^ Viscaria Cœli Rosa, Cyclamen europœum.

Syringa vulgaris.

Lavatera trimestris.

Digitdis purpurea.

Diclamnus Fraxinella* Lablab vidgaris.

Hedysarum caronarium.

Quamoelîê coeeinea.

Phoieolus éœdneas.

Prtmula prœnitens.

— — fimbriata, Centrantkus ruber.

Vtnca rosea* PUox Drummoniiù Lathyrus 4^doratu$* Malcolmia maritima.

Md€pe grandi fiora.

Màltm fno9ehet(à.

Antirrhinum maju».

Papaver somniferum .

Polygonum orientule.

Callistepkus sinenêis, Ceniranthus mact'osiphoh.

Viscaria oculata.

Erica vulgarii.

— cinereay ete»^ etc.

. IL PUnia» vioMtef oa Ulm, «{qparleiiaiit db oièiiie à la série cyar Biqoa, qot oat produit dea . variété» Uanehas 6l saii8.ea|ioir d'obtenir d'îles des variétés /«ii»e9»

ffesperis matronalis.

Leptosiphon androsaeeus (4).

— densifloms.

Linaria bipartita.

Pentstemon gentianoides»

Gomphrena globosa.

•Campanula Spéculum.

Amberboa moschata.

Collinsia bicolor, Datura fastuosa.

McUtliiola annua.

. lonopiidium écoule.

Viola odorata.

m. Plantes à fleurs bteues (série cyanique), qui oat varié au blaue et qui ne pourront produire des variété^ jaunes.

MyoÊùtii alpestriê.

NefMfihila imignis.

Polemonium cceruleum.

Aconittm Napelîus, Brachycome iberidifolia.

Browallia elata. belphiniutn Afacis.

— omatum.

Lupinus nanuê.

Campanula pyramidaKs.

CampàmUa médium .

— Loreyi.

— peniagonia.

Commelyfia tuhero$a.

Veronica syriaca.

Galega officinalis.

Gtlïa capitata^ Linum perenne, Lupinus polyphyllus.

(4) Celle plante fait exccplioq à la règle. Nous avons vu précédemment qae les Leptosiphon hybrides de MM. Vilmorin proviennent du métissage du L. ondroMceua type, par le pollen de ses variétés jaunes et orangées.

IV. Plantes à ÈBvmjmtmn oa orangéeê^ appartmant i U léria xan-» thigue, qui 4>iit produiides tariétés blasahea lana que noua puianooa en eqpérer de U^,

Mimmlviluteui.

— êpeciosm»

Sckortia ealifomiea.

Primula aeauliê,

Thunbergiaalaia.

Heiichryium brocftatum* •*^ — naimm.

DMia variaUtiê.

Primula elatiùt. •«• Aurieula^

Comme on le voit, les TaTîétés blanches sont nombreuses; ellea sont une nouvelle eonfirmation de la règle que nous avons posée dans les pages précédentes : que le nombre des variations est en raison de cehri des s^tnis. En efliit; de rirrégnlarité qui règne {dans le nomtoe des exemples que nous avons eités dans les 4 groupes qui préoèdent, on ne doit et ne peut conclure que telle ou telle couleur est plus apte que telle autre à produire des variétés blanches ; car^ si le nombre de ces varïétés issuee de plantes à fleurs jaunes est comparativement moindre que celui des autres f ariétés^ la cause en est à ce que les plantes à fleure jaunes cultivées dans nos parterres sont presque toutes des végétaux vivaces^ et eonsiquemment cetlei qv^on propagé le mottu par sentis.

Oette^ prédisposition à se edorer en blanc se produit, non-seulement, dans les fleurs unicolores, mais encore dans les plantes tricoloits. ' Dans ces dernières, on le conçoit du rette^ la couleur blanche est déjà plus ou moins prononcée, de sorte que la substitution doit se produire plus aisément.'

Ainsi les Me$eminfanthêmum irieol&r, Cùnvùlmlut irkolory et Giiia irieolor nous en fournissent des exemples.

Si las diflTérentes couleurs que nous venons d'indiquer produisent faci-* lement la eol<»ationrbIanche; il n'en est pas de même de la tendance de eelle-ci à en produire d'autres» Rarement, en efl^> a-t-on vu une plante à fleurs d'un blanc pur donner naissance à une variation de couleur quelconque capable de se reproduire de semis. Nous n*en connaissons aocuB exemple dans les plantes annuelles : les lieriê [amara^ pinnata^ Pétunia nyeêagmifUra, etc., etc., qu'on cultive depuis très-longtemps, ont toujours résisté aux variations de coloration. Parmi les végétaux vivaces, ce caractère est non moins frappant pour la totalité d'entre eux; cependant, on cultive un Muguet rose et le Lis ensanglanté; ce sont les seuls «[emplee que nous puissions en citer. Dans les ari>res.

nous constatons encore le mftme fait. La grande majorité des types à fleurs blanches sont restés inébranlables. Nous n'avons i sigaalar, comme ayant produit une autre coloration, que les Orangers et lesCitron-^ ni^rs^ et cet autre exemple bien curieux que M. Decaisne a fait connaître à la Société botanique de France, de la découverte d'une variété rose de Bobinia Pseudo^icacia , trouvée par JM« VillevieUe, pépiniériste à Manosqpe, dans un semis de Robinia ordinaire.

Une fois obtenue, la coloration blancbe peut servir, soit par le mé* 'tissage, soit par Thybridation, à la production de variations nou** velles ordinairement intermédiaires entre elle et la couleur d où. elle est sortie. C'est par de semblables métissages qu'il faut sans doute expliquer, dans nos jardins, la présence des prétendus Phiox hybrides, ainâ que celle du plus grand nombre des plantes désignées comme telles par les fleuristes* ^G'est aussi par l'hybridation que les horticulteurs parviennent à créer des individus présentant des coloris diffî^rents de ' ceux des parents, mais toujours intermédiaires entre eux, Ainfii, [c'est en fécondant V Amaryllis brasiliemis, dont on ne possédait que des va«* riationa de coloris sombres ou inténnes, par le pollen d'une aoire espèce à fleurs d'un ton clair, Y Amaryllis mttata, que MM* Souchet père, jardinier en chef au palais de Fontainebleau, et Truffaut fik, de Versailles, obtinrent une série de formes hybrides qui ont hérité i des degrés difiSéreots de la coloration de leurs parents.

Inutile de multiplier les exemples ; nous nous bornons à reconnaître à nouveau que Thybridalion est un puissant auxiliaire ponr la pro- *duction de variations de coloris, et que le métissage pa^oduit ks mêmes effets; cependant, pour ce dernier, nous ne le considérons que comme activant celui qu'on obtiendrait naturellement par les semis dans un espace de temps plus ou moins éloigné, par suite de l'affolement qui résulte chez les plantes de la répétition fréquente des semis.

On ne connaît en aucune façon la cause qui peut modifier une cou» leur de manière à la faire passer au blanc. L'obscurité, on le sait, peut déterminer le blanchiment des couleurs les plus intenses. Lorsque, par exemple, les gelées sévissent plusieurs jours et qu'on est obligé demaintenir des paillassoQs sur les panneaux des châssis, on remarque, après quelques jours seulement^ que les fleurs du Pelargonium inquinans^ qui sont d*un rouge si vif et si brillant quand elles se développent à la lumière, deviennent ternes, pâleSj et semblent visiblement maladives. Il en est de même pour les autres plantes qui ne peuvent sup* porter l'hiver sous notre climat, et que, pour cette raison, on hiverne sous châssis.

On sait aussi que, pour obtenir de très-beau Lilas blanc, M* Laurent force de préférence un lilas coloré. Or, cet infatigable horticulteur

n'iiésile pas à voir dans Tobscorité la cause essentielle du blancbi* ment de la cofoHe. D'aîlleors, TexpérieDce lui a appris que, sans Tobs* cocilé, il lui serait impossible d'obtenir du Lilas incolore. C'est encore pour empêcher la décoloration de ses Roses, [que> deux ou trois jaars aTantV^noiMsseniAitdes fleurs, le même hcurticulteur enlève les ptsneaax de bois qui recouvrent les \itres de ses serres.

Si donc il est vrai que Tobscurité soit ici la cause essentielle de la déooloratioo, on ne peut l'admettre pour les variétés blanches de nos jardins» qui naissent tout à fait en dehors de cette cause et qui, de. tontes les variations possibles, sont celles qui se fixent le plusprompleoent.

C'est dans ce même ordre de faits que nous placerons celui relatif aa changement que revêt la coloration des fleurs de certains végétauj, DOtanmient di*s Hortensia et de quelques variétés roses de Camellia Ânbdqué.

A qneile cause peut-on attribuer le bleuissement de ces fleurs? Si l'on parcourt nos annales horticoles, on verra que les causes auxquelles on l'attribue sont aussi nombreuses que contradictoires.

Rappelons d'abord que les Hortensia bleus peuvent revêtir cette colo*ntioii pendant plusieurs années^ et, dans le même terrain^ redevenir roses , puis retourner au bleu^ et oflk*ir ainsi des fleurs altemativement bleues et roses; que parfois^ sur un même végétal , on constate la iraeace de ces deux colorations sur des rameaux distincts^ et qu'enfui ks fleurs d'Hortensia revêtent presque coostamroent la coloration taie dans certaines localitésy tandis que/ dans d'autres, ce caractère

1*01816 s«Mii8- '

Les Anglais obtiennent des Hortensia bleus en les plantant tout sucement dans de la terre de bruyère. En France> nous n'en obtenons que trk(*rarement dans ces conditions. Cependant, M. Cartier a dit avoir ohtenu des H. bleus en employant de la terre de bruyère des environs de Roye (t), et M. Pépin a assuré qu'on en obtenait aisément en se servant de la terre de bruyère de bois au-desstis de laquelle les bûcherons ont fait du charboo.

M. Rossignon a attribué i la présence, dans le sol| de l'acide ulmique la cause du bleuissement des Hortensia (S).

On a dit aussi que ce changement de coloration résulte de la présence, dans la terre, d'une certaine quantité de fer à Tétat d'oxyde. Cependant M. E. Gris, qui a en plusieurs fois occasion de soumettre à

(\) hewae horticole, 4847, p* 446.

(t) Piqucf, Journal d'hfirt. prai. et dejard., I, p 19,

Taction da sulfate et dn cblonire de fer ua grand nombre ilHùr^ tensiày soit potir combattre la cbloroese, ioitpour en exciter la yéf^ . tation, a remarqué que les Indi'vidus, ainsi traitas, prodaisaient desfleois très-roses et jamais bleues (I).

Cette observation ne piouTe pas que la (yrése&ice dn fer dans le soi neaoii pas nécessaire ati bleuissement des flenrs de riTorieruia, mît die démontre senlemest que eette cause seule ne suffit pas.

Après quelques expériences tout à tait opposées et qui pDodmaiieiit cependant un résultat ideatique^ le docteur Lindley s^est demandé si la teinte bleue ne protiendrait pa» de l'action du tannin sur une solution de peroxyde de fer qui existerait dans le tissu de cet arbuste. S'il en était ainsi, continue l'illustre botaniste» tous les mystères seraient expliqués, et on obtiendrait du bleu artifloieUement/ena^ rosant d^abord pendant quelques jours avec une soHitkm étendus de peroxyde de fer, et en donnant ensuite une solution faible de tannia* comme on peut l'obtenir en mettant dans l'eau pendant quelques semaines de la terre de bruyère» du bois^ des feuilles, de réoorce de Chêne («).

Enfin^ un cbimiste distingué du Muséum, M. Terreil, qui s'oc* cupe depuis quelques années de cette question, pense que la colora* tion rouge étant le résultat de la présence d'un acide ou d'un cornposé acide, le bleu se produit quand on parvient à saturer cet acide! c'est ce qui arrive naturellement dans les fieurs roses qui bleuissent en vieillissant. II pense donc qu'il faudra déposer dans le sol un corpi réducteur, ou plutôt un corps pouvant brûler facikment les maliàni organiques de la terre, de telle sorte que l'azote de ces matières tm^ nisse de Tammoniaque à l'état naissant qui saturera les acides; ce corps pourra être le peroxyde de fer, ou bien encore de la craie arrosée avec de Teau chargée d'acide carbonique.

L. Dans des expériences faites aVec du minerai deferduBerry, réduite» poudre et mélangé à de la craie en parties égales^ il est arrivé à rendre bleu le point central de la fleur. L'expérience avait été faite tardive* ment, mais il ne doute pas qu'en s'y prenant plus tôt^ il n'arrive cetle année à bleuir complètement et'à volonféi

(4) Hmme korticoh, 4S46> p. 344.

(t) Journal de la Soc. SEart, de ParU^ 4Sô7,p. 759

(A continuer.)

CATALOGUES D'HORTICULTURE POUB 1865.

alaè^ horliculteur, à Caire-les-Lyon, quartier des Maisons- Neaves, 30» afenne de ia Groix^Roasse (Bhône)..^ Catalogue de collection de Pélargoniiunst Fuehsia^^ Pétuon^, Yerbeoas, LaQtaoas, Ghyrsan* thèmes^ etc. ■

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fctf^altla, hoHieiilteitf, Grande-Ane, S), à BoBrg-4a-Reiae. -^ Catalogne ÛM Roaiora nouveaux disponibles à partir du i*' mai 4865.

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Aoihrolae Veneliairelt, horticulteur, rue du Chaume, 50^ à Gand (BeU gique). -» Prix courant pour le printemps et été 4865, des plantes de serre et de pleine terre (Catalogue, n"* 76^

VilMoilB - Andrleiix et. C*, marchands-grainiers, quai de la Mégisserie^ 4, à Paris. — Extrait général des Catalogue*. — Supplément aux catalogues ou listes des plantes qui paraissent pour ia première fois. — Catalogue déplantes de haut ornement pour les jardins et Us squares.

Adolphe l'i'elek, horticulteur, allée de la Robertsau, 16, à Strasbourg. — Catalogue de la coUectioa de Dahlias, degrûpes etfleun). ~ Catalogue des plantes de serre et de pleine terre.

Travaux du mois d'Avril.

Les travaux de ce mois diSèreot pou de ceux du mois précédent.

Potager. On peut semer maintenant en pleine terre toutes sortes de légumes, tels que radis, raves, épinards, laitues, romaines, chicorée d'été, céleris, choux de Milan et de Bruxelles, brocolis violets, navets bàtifs, betteraves, haricots, pois, potirons^ etc. On plaote les laitues^ choux-fleurs, concombres, aubergiaes, etc., élevés sur couche ; les artichauts, asperge, fraisiers, etc. On sème encore sous chAssis des haricots, melons, choux-fleurs^ aubergines, tomates, pour obtenir des récoltes à différentes saisons.

Jardins fruitiers. On achève la taille des arbres vigoureux, et, vers la fin du mois, quand les bourgeons ont acquis une longueur de deux à trois centimètres^ on supprime oeux qui sont inutiles ou nuisibles au parfait développement de l'arbre. On termine les greffes en fente ; on veille les arbres dn fleure, afin de les protéger, par un abri quelconque, des gelées tardives qui penveat détruire toute la récolte.

Jardins d'agréments On repique en place les plantes élevées sur couche; oo continue aussi la plantation des plantes vivaces j les semis de plantes indiquées au mois de mars: plus les Belles de nuit, capucines, haricots d'Espagne, lupins, œillets et roses d'Inde, volubilis, etc. Il faut se hàtcr de terminer la plantation des arbustes d'ornement.

Serres. Le soleil commence à prendre de la force; on peut se dispenser de faire du feu dar.s les serres. II fai.t donner de Tair toutes les fois que le temps le permet, et arroser en raison de la chaleur et de Tétat de végétation des plantes* On pratique les boutures cl Icd greffes de différentes plantes.

Turis. -ilmprirocrie horticole ûe K. noMAt», roc Castetic. 0.

SOIUIU DIS ABTICLRS COlfTOIDS DARS CE NOltRO.

F. (iBBiicft. — Clir«Ml««e. — 0. Lisgoyer, le ••ryanthen i:xeclsa (PI. IK); ~ dftUH BâLTit; le l»i>«wni Crlfofea (PI. X.) ; ^ P. HERittca, le 1««iivmi« Junliiiier illwitré et txtraits dïTert s Le genre ClemaCIs: —les opérations i faire ea été, dus U jardin froitier; — Galtnre de rA^fecrglne. ~ VbAlot, Mémoires sar la prodaction et fliatiom des variétés (nile). •*- €at«l«89es d*hortieiiltttro penr 'TBGS. -^ TriTiix dn mois.

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