LE NOUVEAU JARDINIER ILLUSTRÉ
\ vol. iQ-48 JésQS de 4800 pages, arec plus de 500 figures inlercalécs dans
le texte.
Ce livre vient enfiu de paraître; pour que nos Iectcui*s puissent le jager^ nous reproduisons plus loih quelques articles, extraits des différentes parties dont il est composé.
Dans les deux demiera numéros^ on a pu voir, par rarlicle Semis, comment M. Pavard a traité le chapitre de la multiplicalion.
' Aujourd'hui, pour montrer comnient nous avons compris le Iravail de la floriculture, nous reproduisons le genre Clematis.
En tète, l'étymologie du mot, suivie d'une courte description jénérique, qui nous parait suffisante, pour donner, non pas les caractères botaniques, mais la simple silhouette, c'est*à-dire Taspect, leprofil» si je puis m'exprimer ainsi, des plantes réunies sous le nom commun de Clématite . Viennent ensuite toutes les espèces et variétés ornementales, groupées en espèces hev" hacée$ de plein air; e^ces ligneuses de plein air; et espèces de serre, chaque groupe est précédé des généralités de culture. Après le nom latin, qui est le plus généralement admis, nous avons placé, entre deux signes — la traduction de ce nom ou le nom vulgaire, et, entre parenthèses^ les noms synonymes [en italique); puis la patrie de l'espèce, et son habitat^ c'est-àdire Tendroit où elle crûit naturellement. Cette indicatiqn,
Mai 1865. 9
d'une si grande importance, a toujours été négligée jusqu'à ce jour^ dans les ouvrages d'horticulture, et c'est une négligence fâcheuse ; car V habitat indique, à l'avance, la nature du sol, et l'exposition qui conviennent àl'espèce. On peut voir, pour la description, que là encore, on n'a nullement cherché à faire ' de la science. Tous les détails minutieux de spécification sont passés sous silence ; on s'est attaché seulement à ceux qui peuvent aider Timagination à se faire une idée du port^et de l'effet ornemental de la plante. Enfin l'époque de floraison, l'emploi, Texposition, la culture et le mode particuliers de multiplication, quand il y en a, complètent l'article consacré à chaque espèce. 11 serait difficile^ je crois, de mieux traiter cette partie de la floriculture.
Nous ne nous faisons pas cependant illusion; il doit y avoir quelque part des faiblesses, ou des oublis; la critique nous éclairera, et nous profiterons de ses lumières. L'ouvrage étant établi en caractères mobiles, nous pourrons faire facilement les additions et modifications qu'on nous indiquera .
Nous avons extrait de la troisième partie, — Jardinfruitief ^-^ le chapitre des opérations à faire en été : c'est un article d*ac* tualité. Cette partie est due à un de nos plus habiles arboriculteurs et pomologues, M. J.-*B. Verlot, directeur du jardin àd Grenoble, frère de notre collaborateur B. Verlot, du Jardin des plantes de Paris.
l^ jardin fruitier comprend les principes généraux de l'arboriculture fruitière, c'est-à-dire toutes les opérations de culture, directions, formes, etc., des arbres fruitiers^ et la classification des espèces, avec la description, la qualité et l'époque de maturité des fruits. C'est un véritable Traité du Jardin fruitier.
De la quatrième partie, ou Jardin potager, nous avons em- * prunlé l'article Aubergine, plante de peu d'importance dans les cultures , il est vrai; mais par la manière dont il est traité, le
lecteur comprendra comment M. Goiirtoi0*Gérard a dû traiter les espèces importantes, au point de vue de la callure à l'air libre et de la eolttrre forcée ; on remarquera que Tauteur donne la description de la graine, et indique sa durée germinative ; deux choses indispensables à connaître pour n'être ni trompé ni déçu dans ses opérations*
Quant à la cinquième partie, elle comprend toutes \en notions de jardinage : principes élémentaires de botanique ; — multiplication; — de rétablissement des gazons; — du sol; — des engrais ; — des amendements ; — des arrosements; — de la construction et de la direction des serres; — insectes nuisibles et utiles; •*- un Dictionnaire des termes horticoies,etc. ; en un mot, tout ce qu'il est indispensable de savoir, pour bien cultiver- Plus de 500 0gures admirablement exécutées accompagnent le texte, et le tput, formant un élégant volume de 1800 pages, ne coûte que sept francs t
On trouvera page Ul , et suivantes, les différents extraits qui nous dispensent d'insister sur l'avantage et le mérite de cet muvre^ si impatiemment attendu.
Enfin les lecteurs du Nouveau Jardinier illustré pourront s'éviter toute recherche infructueuse^ en se reportant à la table alphabétique, qui est une sorte de Dictionnaire du livre.
F. Herincq,
CHRONIftUE
Etoetion d'aQ président d'honneur, et du président titulaire à la Société d*horticulture de Paris. Conclusion du rapport de la commission nommée par le gouvernement ponr étudier la méthode de feeendation artificielle comme moyen d'aqgmeDiar la pfodeetîon des récoltes. Autre rapport sur rinclioaison à442o 4/2 des hranches d*arbres fruitiers; destruction des insectes; nouvel appareil, etc.
Aux termes de son règlement, la Société impériale d'horticulture de Paris doit avoir un président d'honneur et un prési-
doBt titulaire. Depuis la mûri du duc de Caees^ c^lte Société n'avait plus de président d'honneur, et par la mort plus récente du duc de Morny, elle s est trouvée sans président titulaire. Elle vient de procéder au remplacement de ces deux honorables défunts. S. A. I. le prince Jérôme Napoléon a bien voulu accepter le fauteuil du duc de Gazes, et $. lil. le maréchal Vaillant celui du ducdeMorqy. ,
L'illustre maréchalest un amateur, d'horticulture très-distingué ; il cultiva avec le même amour et la même ardeur les champs de Flore et les champs de Bellone^ Plusieurs fois nous avons enregistré^ dans ce recueil, les résultats de ses expériences cultbrales ; et, chaque jour^ les Bulletins des Sociétés d*horticuUureet d'agriculture enregistrent les dons de graines et de plantes d'introduction nouvelle, faits parS. E.le ministred'Ëtal.
C'est aussi au maréchal Vaillant qu'ondoit l'intéressant rapport quiréc^iit àsa juste valeur la fameuse méthode d^ lafécondalion des* céréales et des arbres fruitiers de M. Daniel Hooïlbrenk ; les conclusions, comme chacun sait, mettent ù néant les pr.étentions du jardinier autrichien.
M . Hooïlbrenk n'est pas heureux dans ses inventions . Nonseulement sa fécondation est une superfluité pour la commission nommée par le gouvernement, c'e§t encore son inclinai- S(mà 112 degi'éâ et demi, qui est condamnée, ^an^ rémission, par une commission delà Société d'horticulture de Paris,
D'après son rapport, inséré au dernier numéro des bulletins, des expériences ont été faites comparativement; et M. Uooîbrenk présidait lui-môme à la disposition de ces arbres.
La commission a constaté : que tous les arbres soumis h l'inclinaison forcée de leurs branches charpentières, à 1 1 ^ degrés et demi , ont pour caractèr ecoramun d'avoir leurs bras dénudés depuis leur naissance jusqu'à plus de 20 cent. Après ces vides, des pousses vigoureuses de 80 à 60 cent, de hauteur se sont développées; mails, par contre, les extrémilés des branches incli-
Bées ne se. sont allongées que de 50 à 33 cent., s'aùiincissànt d'une mani^ inquiétante pour la végétation ultérieure deg arbreé* € Selon la nature spéciale de chacun de ces arbres, dit le rapport, le nombre et la vigueur des pousses gourmandes sont trèfl- variables; nous en avons trouvé jusqu'à onze réuuies en touffe, presque au point de départ des deux btais latéraux d'une Duchesse^ conduite en cordon; ces pousses, hautes de 50 à 90 cent., avaient presque anéanti la végétation des branches qui les portaient, et les lambourdes elles«mèmes, après avoir proâuii des fraits, se trouvaient toutes atrophiées et hors d'état d'émettre des productions fruitières pour les années sui-r îântes. >
Sur les arbres élevés en pymiide, Tinchnaison détermine le développement de nombreux gourmands à la base organique de chaque branche, c'est-à-dire près de la tige, et les pousses vigoureuses et nomlM^euses, qui naissent au sommet de la flèche, c permettent d'affirmer qu'elles affameront et feront mourir les branches du bas, sans aucun profit pour la fructification. » Cette fâcheuse mnovation^ qualifiée radicalement vicieiue par la eonomissîon composée de MM. Rivière, Dubreuii, Dupuy- Jamain, Alexis Lepère fils^ Durand etc., praticiens les plus distingués de potre époque, — n*a pu même augmenter la production du fruit. Aussi le rapport se termine-fr-il ainsi ; « La eommisûon improuve le système Hoollbrenk : elle n'est pas la première à le juger défectueux; il a déjà été préconisé et expérimenté plusieurs fois, et toujours il a été abandonné. Ëq)é* nms que cette récente épreuve sera la dernière; de cruelles déceptions saluaient ainsi évitées, soit à nos contemporains, rait à nos successeurs ; nous ne saurions souhaiter à ce rapport un résultat plus profitable. »
En effet, ce système de Tinclinaison des branches des arbres fruitiers n'est pas ttou>(eau. On trouve dans Philipar^ ancien professem* d*arboriculture à Grignon, toutes les formes ridi*
cules que les nouveaux dilciples do M. Hooïlbrenk^ ont récemment inventées. Je dois dire, cependant, que chez les unes les branches sont inclinées à 415 degrés, et que chez les autres rinclinaison est de 1 1 0 degrés . M. Hoollbrenk ayant jugé ces deux systèmes mauvais, a partagé le différend parla moitié; de là son HH" 1/2. Ce n'est pas très4ngénieux; mais n'aJoutoAS pas aux douleurs du vaincu^
Réunissonsnaous plutôt aux hommes courageux, qui font de vûins efforts pour détruire ces frêles, mais indomptables ^nemis, qui se jouent de notre fotce, doivent rire de notre iîofmisr sance, et qu'on nomme les insectes.
On dit que le froid et la neige détruisent les petits animaux; les nombreux Hannetons qui, tn ce moment, font le bonheur de l'enfance, me paraissent siagulièrement compromettre ce dicton populaire; et les Chenilles qui dévorent les Aosiei»» détruisent quelque peu, en même temp^ que les boutons de rose^ cette croyance des onltivateurs.
L*appaml de destruction des insectes que Vimt d'in« venter M. Âudot, arrive donc juste à point* C'est uii plateau de métal concave, échancré d'un côté, et ayant à son cen«« tre une ouverture qui correspond à un tuyau de 10 à 15 centimètres de long, sur 5 à 6 de diamètre, auquel vient se réunir à angle droit un autre tube dont Textrémité. libre peut être fermée. On met ce plateau au pied des Rosiers attaqués, dont la tige est reçue dans Téchancture* Le tube sus^ indiqué est rempli d*eau de savon. Une sorte de goupillon en crochet fixé à Tappareil, fait tomber^ — je ne comprends pas trop comment — les insectes qui glissent alors sur la déclivité du plateau et roulent dans le liquide savonneux. De temps en temps, on ouvre le tube pour retirer les malheureux noyés. Cet appareil assez compliqué, peut être remplacé, je crois, par la simple fiole appendue le long de la tige. M. Souchet, de Fontainebleau, s*en trouve parfaitement, pour se débarrasser
des Guêpes et des monches qui visitent trop assidûment tes magnifiqaes vignes. Il en obtient un tel résullat, qa*il a abandonné les sacs pour garantir ses raisins. Ces fioles sont à moitié remplies d^eau sucrée, que les Guêpes préfèrent au jus de la treille, et dans laquelle elles trouvent la nx>rt •
Le Puceron lanigère, est décidément indestructible. Un membre de la Société d'horticulture de Paris demandait dernièrement à ses cdlègues^ un moyen sûr et certain de le détruire. Il a employé tous les spécifiques indiqués, et aucun n'a produit des effets tant sait peu appréciables. • M. Aabé croit que le Puceron n'attaque que les arbres malades, et que, par conséquent, la première chose à faire est de leorrendre la santé. Le savant docteur pourrait bien se tromper. J'ai vu des Pommiers très-bien portants, trop bien portants même, car ils poussaient des scions de plus d'un mètre de Iongngur^ et qui étaient afiTreusement attaqués. Pour M. Forney, le Puceron lam'gère ne se montre que sur les arbres privés d'air. — Les miens se trouvaientdans un potager parfaitement aéré. L'affaiblissement ou le manque d'air n'est donc pas la eause prédisposante de Tenvahissement par le Puceron. lani« gère. Quant à s'en débarrasser, il est certain que c'est difficile. On ne doit pas espérer une destruction complète ; car il faudrait anéantir Tespèce, et l'homme n'est' pas encore assez msensé pour croire qu'il peut faire disparaître de la nature une des créations de Dieu. Il faut donc se contenterde la destruclion temporaire» Le flambage pendant l'hiver; le lavage à Teau bouillante, ou le shnple brossage sont des procédés qui réussissent généralement quand ils sont appliqués avec soin. Vouloir garantir les Pommiers de toutes attaques de Puceron eu le badigeonnant une fois avec une spécifique quelconque, c'est faire preuve delà plus grande ignorance des lois de la végétalion ; ou c'est ouWier que tout végétal ligneux forme, chaque année, de nouveaux tissus, de nouvelles branches, qui natu-
reUement ne sont pas pénétrés ou revêtus du fameux spécifique prolecteur.
F, Hehincq.
DORYANTHIiS EXCELSA, Corre.\ (Pl. IX).
Le nom générique Dan/an^A«;s fait allusion aux fleurs (anthas) disposées en une grosse inflorescence capitulée/torminant une longue hampe qui ressemble à une sorte d^épieu (en grec dory).
La plante qui porte ce nom est remarquable par son porl et
rt^^r^^ é/r fSJ^
f'.KO'if /iifiS. /*/ /\.
/\A**tt^ *,
par SCS feotlles qui rap|)eHent lont {) fait certain Ft/cca, et plus partiçaUèrement le Yucca treculeana.
Tootesles feuilles, en effet, au nombre déplus d'un cent, sont radicales, insérées autour d'une tige très-raccourcie, ets'écartant du centre, à la manière d'une gerbe de feu d'artifice. Elles sont ensiformes, c'est-à-dire en forme de large glaive, longues de i mètres et plus, et la partie la plus large estde iO centimètres; une grosse nervure la parcourt dans ioote sa longueur, mais elle n'est apparente qu'à là face externe, car la face interne ou supérieure est parfaitement plane et unie; cette nervare s'épaissit insensiblement du sommet à la base où elle forme une sorte de pétiole large de 4 à 5 centimètres, s'élargissant ensuite inférieurement pour constituer une plus large surface d'insertion; les bords sont entiers, par* fois lisérés de brun, et la couleur générde est un beau vert gai luisant ou un peu glauque.
Du centre de cette touffe de feuilles s'élève une hampe cylindrico-conique, haute de 3 à 4 mètres et de 8 à 10 centimètres de diamètre à la base; elle est garnie de feuilles avortées, enjilnante3, longues de 25 à 30 centimètres : pendant la première période de son élongation^ cette hampe présente les caract^es extérieurs d'une asperge, et, qu'on me passe la comparaison, on pourrait la prendre pour une asperge colossale.
C'est au sommet de cette hampe, tout à fait à l'extrénûté^ qce naissent les fleura, d'un magnifique cramoisi brillant, rassemblées en grand nombre, eu une sorte de capitule globuleux, qui ne mesure pas moins de 50 centimètres de diamètre ou 1 mètre 50 de circonférence; ces fleurs sont groupées par 2, 3 ou 4, en espèces de fascicules séparés par de belles bractées rouges. Chaque fleur, accompagnée, en outre, de deux autres bractées plus petites,, mais de même couleur^ est tubuleose, en entonnoir à sa base, large de 15 à 20 centimètres, à 6 divisions oblongues obtuses mucronées, étalées, puis réflé-
ohiês ; les étanoines^ au nosibre de 6, ont les filets adhérents au tube de l'enveloppe florale» arqués, subulés dans la partie libre et terminés par une grosse anthère dressée d'où s'échappe un pollen jaune verdàtre. L^ovaîre est infère à 3 loges, surmonté d'un style à 3 sillons et terminé par un stigmate trilobé.
Cette magnifique plante, originaire de la région orientale de l'Australie^ a fleuri VYxiyet dernier dans les serres du Muséum de PariSy et c'est la seconde fois que cette espèce montre ses belles fleurs en Europe. La première floraison a eu lieu en 1814, en Angleterre, dans les serres chaudes de M. Charles Long, de Browle£*Hill, province de Kent, et elle a présenté ce singulier phénomène : la hampe florale, qui avait commencé à se montrer dès Tété de 1813, cessa de s'allonger pendant l'hiver, et elle ne reprît son évolution qu'au printemps de l'année suivante, pour atteindre au terme de son développement, au mois de juillet seulement; ce n'est, en effet, qu*à cette époque que le Doryanthes de M. Charles Long commença à épanouir ses premières fleurs.
Le sujet qui vient de fleurir au Jardin des plantes de Paris n'a pas présenté les mômes phénomènes d*évolùtîon. Sa hampe, qui s'est montrée vers la fin de Tété, n'a subi aucuû temps d'arrêt dans son élongation, et c'est au mois de mars que les premières fieors ont apparu •
Actuellement, ses feuilles commencent à jaunir, et dans quelques semaines, quand les fruits auront atteint leur dernier degré de maturité, de cette belle touffe de feuilles qui ne couvre pas moins de 5 mètres de diamètre, il ne restera plus rien. Les Doryanthes sont, comme les AgaveSy des végétaux monocarpes, c'est-à-dire que chaque individu ne produit qu'une fois des fruits : il meurt aussitôt après sa fructification. Mais il peut donner des rejetons de sa souche, pour perpétuer l'espèce, et les graines qu'il produit permettent de le multiplier facilement.
Le Doryanthes eoocelsa est de serre chaude ou de bonne serre
/>i*hrfft/
tempéfée; il aime beaucoup Vair et demande un sol substan« tidlnendiainé.
O.LE8GUTEa,
PRUNUS TRILOBA Lindl. (Pl. X).
Celte espèce de Prunier^ originaire de la Chine^ a été introduit, il y a quelques, anné^i dans l^s cultures européennes. Cestùn petiturbre rameux^ à feuilles ov^s ou obloaguei, quelquesrUAes faiblem^t trilobées dans le jeune âge. . Ses fleurs, qui apparaissent en mars ou avril, sont demi-pleines, et renferment, généralement, plusieurs ovaires, ^equiledis*tingue des autres espèces de Prunier, cbee lesquelles il n'y a jamais q^'un ovaire dans chaque fleur. Ce carrière âe plaralité d'ovaires a paru suiffîsant à M. Carrière pour séparer ce petit arbre du genre Prunus, et étaUir un genre nouv:ea!i sons le nom de Amygdalopsis (qui ressemble au Àmygdalos o^ Amandier). Il a donné en. conséquence le noïn de Amygialapsis Undleyi au Prunus Wilobib de Lindley*
Ce Prunier tribolé est certainement un de nos plus jolis arbustes printaniers. Ses rameaux assez souples, = n'étant pas poumis à la taille d'hiver^ se transformait, au mois d'avril, eu charmantes guirlandes, garnies de fleurs. doubles, d'un beau rose hortensia sur un fond plus tendre» Entre les fleurs appa-^ laissent de jeunes feuilles d'un vert gai, qui rehaussent encore* Teffet agréable des rameaux fleuris.
A ce moment, les feuilles sont plus ou moins échancrées; et cette apparence de lobes^ qui a fait dobner à l'arbuste un nom défectueux, disparaît presque en totalité quand le feuillage est plus développé ; aussi nous rangeons-nous à Tavis de notre savant confrère M. Carrière, qui propose de donner à cette espèce un nom plus en harmonie avec sa nature et son origine.
Il y a aa moins six ans que nobs rarons reçu de la Société dite d'acclimatation, sous Yétiqueiîe Prunus triloba en même temps que VAmygdalus pedunculata qui, jusqu'ici, ne présente aucune valeur ornementale.
La floraison .du Prunier trilobé a subi cette année, comme toutes les essences préooces, une chaleur desséchante qui a tué les fleurs avant que la jouissance en ait été complète. Mais, par une heureuse chance, nous avons profité d'une floraison plus prolongée, et voici comment : Nos sujets greffés à tige donnant des rameaux tr(^ élancés sans ramification comme les Pruniers de Chine, les Cytises à bois fin, etc., nous dûmes las pincer. Il en résulta le double avantage d'av<Hr des tètes plus trapues et plus branchues, formant la boule ou k peu près. Un troisième avantage non prévu s'est fait remarquer au moment de la floraison. Tandis que les rameaux de premier sève, ceux-là qui avaient supporté le pincement, portaient des fleurs bien épanouies, la sommité du branchage, c'est-à-dire les jeunes scions issus du pincement^ et composés d'un bois plus grêle et plus tardif, n'étaient qu'en bouton.
Or, pour qui connaît la floraison de cet arbuste, on peut se figurer quel joli effet produit sa floraison marquée ahisi dans toutes ses phasen : bouton fermé, bouton semi-onvert, boutes éclos, corolles épanouies, corolles qui passent. Non-seulement c'est plus coquet à la vue^ mais c'est une prolongation de duréô dans la floraison, fort appréciable à notre avis.
Ce pincement ou rognage en vert — peut-être employé [dus que je ne le suppose — serait donè une bonne opération pour diverses sortes de végétaux au point de vue de la floraison. Cette question mérite d'être étudiée comme la taille des arbrisseaux d'ornement, trop peu connue, mal faite, et sur laquelle l'honorable M. André Leroy a eu raison d*appeler l'attention des amateurs.
Quoi qu'il en soit, si Tétude nous fournit d'utiles observa-
lions, il faut recomiaUre que» son veut, le hasard est un grand inventeur.
Chaules Baltet,
horiienlUtir i Troyes,
FLORICULTURE.
OLEMATIS^ Clématiiey du grec cléma, sarment de vigne ; alluâon aux tiges sannatiteuses. — ^ Plantes vivaces herbacées, ou arivisseaux grimpants à fetdlles opposées ; :fleurs composéiss de 4 on 5 sépales ^ corolle nulle ; le &ait est on akène souvent terBiiné par une aigrette plumeuse.
Espaces herbacées de plein air.
Les Clématites herbacées de plein air se multiplient d'éclats, soit à rautomne, soit au printemps; elles se propagent en oolre de semis qu'on fait dès que les graines sont mûres, en
tjoie ordinaire et meuble ; on repique le plant en planche et on
fflâen place à l^automne ou au printemps de la seconde année
goîjuit le semis.
C. RECTA, L. — C. dressée. — France. Vivace. Tige rameuse sap^eurement, atteignant 3 mètres. Feuilles glaucescentes, découpées en divisions ovales-lancéolées. Fleurs blanches, trèsodorantes, disposées en vastes panicules ; en juin-juillet. Ornement des grands massifs; confection des bouquets. Variété flore pleno, à fleurs blanches pleines.
C. iNTEGRiFOUA, L. — C. à fcuilles entières. — Autriche. Vivace. Tige simple, de 60 à 70 cent. Feuilles simples, ovalesaiguës- Fleurs d'un bleu foncé à l'intérieur, plus pâles et soyeuses en dehors, à sépales ondulés, réfléchis ; étamines et styles blancs; en juillet- août. Ornement des plates-bandes. C. TDBULOSA,, Turcz. — C. tubuleuse — (C. Mamjholica^ Bgç.).
Chine. Vivace. Tige dressée, presque ligneuse, haalè de 60 à 80 cent. Feuilles à 3 folioles largement ovales-aiTondies. Fleurs bleues, à tube allongé, grêle, d'un bleu plus foncé que les divisions du limbe, ressemblant grossièrement à une fleur de Jacinthe simple; en août-septembre. Ornement des platesbandes. Se multiplie d'éclats seulement.
Espèces ligneuses de plein air,
La multiplication des espèces ligneuses est facile de s^ûs, de boutures étouffées et de marcottes; on peut aussi greffier sar la Clématite cotmnune. Coucher une partie des tiges en plan* tant. T^Uer, si besoin en est^ après la floraison, et avoir soin d'enlever les rejets.
Les graines perdent vite leur faculté germinative ; semées en automne, elles lèvent dès le printemps. Mêmes soins ensuite que pour les espèces vivaces.
C. FLAMMOLA^ Lin. — C. odoraute. — Europe australe, lieux secs et rocbeux. Atteint 2 ou 3 mètres. Feuilles inférieures partagées en segments, les supérieurs très-entières. Tout l'été, fleurs blanches très-odorantes, en panîcules. Vigoureuse, tout terrain .
Variété f*w6e//rt : fleurs tardives, plus grandes, roses.
Ci oRiENTALis, Liu. — C. d'Orient — (C. flcwa, Mœnch.). Caucase, broussaîllei?* Atteint 2 mètres. Feuilles composées de segments partagés en 3 parties, d'un vert glauque* Eté et automne, fleurs jaunâtres, peu odorantes, en panîcules. Exposition sèche et chaude.
Variété glauca {C. glduca^ Willd.). Sibérie méridionale, lieux arides. Pédoncules portant trois fleurs / feuilles à segments très-entiers, d'un vert glauque bien caractérisé.
C. ITALBA, Lin. — C. des haies; Herbe aux Gueux. — indigène. Bois et haies, terre humide. Atteint la cime des grands arbres, qu'elle parvient à éloufi'er. Feuilles à 5 folioles cordi-
formes, en géoéral entières. Fleurs très-abondantes en pani* coles, verdàtres, à odeur pénétrante. Peut produire un bon diét dans les grands jardins.
C. ViRGiNiANA, lin. — C. de Virginie. — Amérique du Nord, sur le bord des rivières. Ne diffère de la précédente que parce qu'elle a 3 folioles et non 5. Elles est plus délicate.
C. vKMiHA, L. — c. Viorne. — Amérique du Nord ; sol fertile des bois. Atteint 5 mètres. Feuilles glabres, composées. Été, fleurs pourpre violacée» axiUaires. Terre argileuse, miombre.
C. CYLcrowcA, Sims. — C. cylindrique. — Virginie et I/misîane. À peine grimpante. Feuilles glabres décomposées. Été, fleurs solitaires axillaires, d'un beau bleu, inclinées au sommet du pédoncule. Exposition chaude et abritée.
C. Hendersoni, Hort. — C. d'Henderson. — Hybride des C. cylindrica et C. viticella. A peine grimpante. Feuilles composées, à 3 folioles trilobées. Fleurs portées sur de longs pédonddes axillaires, d'un beau violet bleuâtres. Vigoureuse; tout taain*
•L CRISPA, L. — C. crispée . — Virginie et Caroline . Atteint fil plus 2 mètres. Feuilles composées ou ternées^ à folioles entières. Été, fleurs axillaires, solitaires, campanulées, souvent peiudié^ au sommet des pédoncules^ à sépales rose violacé dont les bords sont réfléchis et ondulés. Terre meuble, légère. C* vrricELLA, Li -^ C. viticellci — Europe méridionale; sol K^cheux. Feuilles composées ou décomposées. Pleurs solitaires^ axiUaires, de grandeur et de couleur très-variables, rouge proupre ou violettes suivant l'individu cultivé et le degré de l'épanouissement de la fleur.
Variétés à fleurs pleines bleues ; à fleurs pleines rouges, tout terrain chaud et sec«
C. GuASGoi, Hort. — C. de Guasco. — Hybride des C. Di* ticella et C. patem. Fleurs solitaires axillaires, de 7 à 9 centime
de diamètre, à 5-6 sépales . Plante rustique, ayanl le feicies da C. viticella.
C. vmcEïXA VENOSA, Hort. — C. veinée. — Hybride des C. florida et €• patens^ mais plus voisin du C. ^ortda. Feuilles trifolioiées. Ëlé, fleurs solitaires axillaires^ à 5-6 sépales violets, traversés chacun, dans leur longueur, par une large bande rosée. Plante rustique, très-florifère.
C. PATENS, Dcne. — C. à fleurs étalées — {C. ccei^ulea, HorU Belge; C. azurea grandiflora, Hort.). Japon. Feuilles à 3 ou 5 segments, verts en dessus et pâles en dessous. Mai juillet, fleurs solitaires axillaires, à 6-8 sépales, ayant jusqu'à i 6 centimètres de diamètre, d'un beau bleu azuré ; anthères brunes portées sur des filets blancs .
Variétés : Amelia. Sépales blen-lilas pâle; élamines jaunes.
— Helena. Sépales d'un blanc verdâtre devenant
pur ; étamines jaunes.
Sophia. Sépales blanc verdâtre bordés de violet.
— Louisa. Sépales blanc jaunâtre, anthères brunes.
— monstrosa. Fleurs semi-doubles, d'un blanc très-
pur, plus petites que dans les autres variétés.
Le C. païens et ses variétés, toutes rapportées directement du Japon, sont de très-belles planteis, parfaitement rustiques, pouvant atteindre 2 mètres dans on sol substantiel, mais léger et à bonne exposition. Pour conserver longtemps les fleurs dans leur pureté, ne pas les exposer au levant.
C. LANUGiNOSA, Liudl. — C. laiueuse. — Chine; sols légewet pieiTeux du versant sud des montagnes. La plus be^e espèce du genre. Feuilles simples ou à 3 folioles presque coriaces, complètement laineuses dans le jeune âge^ et restant velues à la face inférieure, dans Tâge adulte. Pétioles, boutons et pédoncules velus. Avril et mai, fleurs solitaires axillaires, atteignant jusqu'à .18 centimètres de diamètre, à 4-6 sépales étalés^ bleu-lilas.
Variété : pallida. Fleurs plus pâles, encore plus grandes. Cette Clématite n'atteint guère que 2 mètres. Rustique, dans m sol sec, même aride.
C. ORRHOSA, L. — C. à vrilles. — Majorque et Sicile ; terrains mbeox et sableux* Atteint 4 à 5 met.; feuilles persistantes . bilobées, à longs pétioles se transformant en vrilles . De décembre a février, fleurs blanches munies d'un involucre caliciforme tabulenx. Terre chaude et sèche, le long d'un mur; feuilles au pied pendimt Thivér .
Variétés : campaniftara {€. revolula, H. P. ; C.parviftora, DC). Portugal. Segments des feuilles trilobés. Fleurs très-petîtës^ nombreuses.
— angustifolia (C * Pallasii, GmeL; C. mart/ima, L.) .
Oauurie. Feuilles très-découpées. Fleurs à 6 ou 8 sépales.