‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 30 sur 159 · JARDIN POTAGER · texte numérisé non relu

JARDIN POTAGER

AURERGINE {Solanum Melongena), fam. des Solanées. — Amérique méridionale; annuelle; tige rameuse de 40 cent.; feuilles grandes, ovales, tomenteuses; fruit cylindrique, charnu, violet ou jaunâtre; graine plate, petite, réniforme, d'un blanc sale; durée germinative 7 ans.

Usage. — On mange le fruit cuit.

Variétés. — Aubergine violetle longue (fig» 37), A. violette ronde (fig. 38), A. panachée, de la Guadeloupe.

Culture. — Sous le climat de Paris, il faut semer l'Aubergine dans la seconde quiih zaine de janvier ou dans la première quinzaine de février. Pour cela, on prépare une couche dont la chaleur s*élève de 20 à 25 ng. 57. degrés ; on l'entoure d'un bon réchaud de

fumier, puis on la charge d'environ 1 2 cent, de terreau, et lorsque la chaleur est favorable, on sème les Aubergines.

Quinze jours ou trois semaines après le semis, on prépare une seconde couche un peu moins chaude que la première; on la charge de terreau, et quand le jeune plant est bon à repiquer, c'e^t-à-dire lorsque les cotylédons sont bien développés, on le repique en pépinière pour le relever au bout de quelque temps et le replanter sur la. même couche, mais en lais* sanl, cette fois, une plus grande distance eptre les^ plapts,

Depms lespiMm^rs joiirsde l'opération, on eoiivre les ehàaads pendant la nuit avec f t

des paillassons, et, dès que les jeunes plants commencent à végéter et qae Tétat de la température le permet, on donne nn peu d^air.

Dans le courant de mars, on prépare une dernière couche, dont la longueur dpit ^ ^

étoe proportionnée à la quantité de plants qu'on veut cultiver. On place les coiires ; on charge la couche de terreau, et lorsque la chaleur de la couche est convenable (15 à 20 degrés), on plante douze Aubergines par coffre de trois châssis \ on les prive d'air pendant quelques jours, afin de faciliter la reprise des plants; après quoi on commenxîe à donner uû peu d'air, soit par le haut, soit par le bas des châssis ; puis on augmente progressivemfâit à mesure qu'on avance en saison, de tnànière à enlever les châssis dans le courant de mai. Les autres soins consistent à arroser au besoin, pnis à supprimer les bourgeons gd partent du collet de la plante, afin de ne laisser subsister (pfune «eule tige, que l'on pince lorsqu'elle a acquis une certadne force, de manière à obtenir deux branches principales qu'on pince à leur tour aussi, plus tard, pour favoriser le développement d'un certain nombre de bourgeons sur les branches mères; lors de la fructification, on supprime tous les nouveaux bourgeons, afin de protéger le développenient dea fruits. On peut^ par ce moyen, avoir, vers la fin de juin on au commencement de juillet, des fruits bons à récolter, qui se succèdent jusqu en octobre.

A partir de Tépoque ci -dessus, on peut planter des Aubergines jusqu'en juin, mais toujours sur couche ; ce n'est véritablement que dans le midi de la France que Ton peut cultiver avec succès cette plante en pleine terre.

Imeeteê nuisibles à l'Aubergine. -^LacocheniUa, (Jui attaque

r Aubergine (Toir pag. 1580), peut être facilement débwte en lavant la plante ayecune brosse douce, ou mieux avec un puceau.

{Nouveau Jardimefilkiitré, ptge 409 . )

MÉMOIRE 8VR u noDucnoN n la rzation bbs vAEiirte dam u8

pÛrTES D^OUfSHSNT;

Par M. B. Veilot, chef de culture au Jardin des Plantes de Paris.

(C« Mémoire a reaiporté 1« prix daoi I« eoneoon ds tStS, par U Société imféfiêU a eêntnUe é^BwtiaUiwrc,)

(SVITB.) DES FLB0B8 PAlfAGHÉBS.

Jusqu'à présent nous ne nous sommes occupé que de la transformation complète en couleur blanche ; examinons celle qui n'est que partielle et qu'on désigne sous le nom de Panachurei.

n y a longtemps déjà qu'on a constaté la présence des panaehures dans les fleurs cultivées; depuis longtemps^ aussi on a remarqué^ sans en donner rexplication^ que les panachures étaient;plus fréquentes dans les plantes ayant des variétés blanches* Hais ce n'est que depuis dix ans environ qu'il est dû à un fransais, H. L* Vilmorin, d'afoir fait connaître la manière dont la nature procède pour la production des fleurs panachées. Ce savant expérimentateur constata que, pour obtenir une variété panachée^ la règle était que la plante à type coloré donnât d*abord naissance à une variété.à fleurs blanches, et qu'ensuite la pànachure se présentait dans cette variété en retour à son type coloré. La première formation de ce genre qui fut observée par lui fut celle du Çimvoltmltts trkolor, et il vit naître successivement, d'après le même procédé, dix exemples de panachures. M. Vilmorin n'a jamais observé qu'une fleur panachée naquit directement d'un type coloré, etil a ajouté que la couleur jaune unie joue dans la pànachure le même rAle que le blanc. Ces remarques confirment celles qui ont été indiquées au c(mimencement de ce siècle par Féburier, dans l'excellent dictionnaire de Déterville. A Tarticle Tulipe, cet auteur dit : « Que les Tulipes i fbn)l blanc se panachent plus tôt que les fonds de couleur et que l'expériencequi a domié cette connaissance aux amateurs doit les déter-

Dinar à les semer séparément, parée qu'ils peuvent^ la neairième année da semis, jeter tous les oignons proTenant de fonds blancs qui ne se sont pas panadiéSy an Keu que, mêlés aux semences de' fonds de couiaar^ ils seraient ciTntrainf s de le» conserver 4 5 ans. »

Parmi les Yariéiés obserrées par M. Vilmorin^ sept étaient déjà assez complètement fixées pour qu'on pût les reproduire d'une manière assQiée par graines; c'étaient, dans Tordre de leur obtention :

La Belle de jout panachée ; La Némophile remarquable ; Le Pourpttf à grandeafleum; Le Delphinium AJaciê.

L'Amarantdide panachée;

Le Muflier panaché fond blanc;

Le Muflier panaché fond janne;

A regard de ce dernier, M. Vilmorin dit qu'il n'était pas né directe* mat de la variété blanche, mais qu'il s'était présenté dans une variété iilas très-pile en retour vers le type violet jclair dont elle était primitivement sortie.

Trois autrea variétés panac^iées s'étaient montrées récemment et n'a- Tûent pas été l'objet d'essais ayant pour but de les fixer; c'étaient les CMia pulekella, BrvwaUia ertcta et Commelina tuberosat^ Enfin une seole, le Zinnia degans avait toujours résisté aux tentatives que M. Vilnorin avait £aites pour la fixer, c Dans nos semis de Zinnia elegans, dit IVdmorin^ U apparaissait presque chaque année des fleurs présen*

tt quelques 'pétales panachés en violet pourpre, nuance du type de

«feeq»èce; mais lorsque nous avons ressemé les graines provenant des

te qui avaient ofiert cette variation, nous n'avons obtenu que des tes unicolores, et, contrairement à ce qui a lieu presque toujours tes eecas, ^g^Nirtenant pour la plupart à la variété blanche. »

Aqx variétés panachées que nous venons de citer, nous pouvons ijOQtsr les suivantes qui se sont produites ces dernières années dans ks caltores de MM. Vibnwin, et ^ont la fixation est aujourd'hui un fai vcom[di; ce sont : *

U ClmrtàapHkhdla marginaia^ précédenunent indiqué conmie n'ayant Pttétéfixé;

La Primevère de Chine blanche panachée de roêe, dont la formation concorde parfiaitement avec la loi indiquée par M. Vilmorin ;

hbJUèeliaSrinuê marmorûia^ [qui est né d'une variété bleu-clair en i^toor vers «hi type bleu-violet.

Les observations de M. Vilmorin sur la formation des variétés pasadiées doivent éveiOer l'attention des horticulteurs. Il nous semble 9^6, par la fécondation artificielle, ils pourraient peut-être aussi obtenir to variétés panachées chez des eq^èces qui n*en possèdent pas encore.

Nous ne pensons pas que des expériences dans ce sens^ent été tattéés en France; mais elles le furent par un Allemand, M. A, C, (4), qui avait reconnu aussi la marche que suit la naturq pour produire ces variétés. Cependant l'expérience suivante qu'il rapporteiendrait à prouver que ce moyen ne donnera pas à coup sûr les résultats recli«rcbés :

a Depuis longtemps, dit M. A. C.^ je df^sirais viv^uent obtenir une variété de (jloxinia panachée de bleu ou^de rouge sur foad blaac; pour essayer d'arriver à ce résultat, je pris un très-beau pied de Glùxinia caulescena candidimma que j'avais vu ne produire jamais de graines sans fécondation artificielle. J*en fécondai les fleurs avec du pollen de Qtoxvnia caulescens cœruleà, et j'obtins un grand nombre d'excellentes graines. Celles-ci donnèrent environ 4000 jeunes pieds que je cultivai avec soin et qui fleurirent successivement depuis le commencement de juillet jusqu^à la mi-oclobre; tous ne portèrent cpe des fleurs parfaitement bleues ; pas une seule blanche ni une seule pana* chée^ bien que les fleurs de la plante mère fussent d'unblane pur. Sans se laisser décourager par cet échec^ M. A. G. féconda ensuite une fleur du même pied de Gloxinia caulesèens eandidiisima aveo le poUen du Gloxinia caulescens grandiflora rubra. Le résultat fut le même : t«os les pieds venus du semis des graines ainsi produites ecurent les fleurs entièrement bleues. »

Cette expérience semblerait en %fiet indiquer que, dans certains cas^ la production des panachures serait assez difficile à obtenir par ca moyen; mais elle ne prouve pas qu'en la variant et en ia répétant, non pas entre les mêmes plantes, mais aTCcles descendants de cesparents> on n'aurait pu y arriver, tournons, nous sommes porté à croire que de nouveaux essais auraient pu donner de bons résnltats> surtout sillon avait interverti les TÔles et pris le pollen sur la variété à fleun blanches pour le porter sur celles à fleurs roses et blanches*

La fixation des variétés panachées s'obtient de la mtaie manière que nous Tavons indiqué pour les diverses variations que nous avons e^Laminées^ c'est-à-dire par une sélection raisonnée. Touteipis^ il y a ici quelques différences avec le procédé ordinaire : oe n'est pas U variation la mieux panachée qu'on doit choisir de préférence, mais bien, ainsi que Ta remarqué M.* Vilmorin, celle qui se rapproche le plus du type incolore, c'est-à-dire dans lequel les fonds blancs dominent. Une autre observation intéressante de M. Vilmorin, c'est que les variations panachées ne s'observent que quand on est arrivé à fixer ia variété blanche, et il décrit ainsi leur développement sueceasif : elles apparaissent d'abord sous la forme de lignes qui n'occupent guère qu'un:

(4) Jourmi de la Société d'HorUcvltute de Pari», 1867, p. 450,

diiiteeie oa un vingllèmedê la snrfaee blanche totale ; mais, à la Beoonde génération, elles deviennent très-abondantes^ et parmi les individus il yen a même dont les fleurs sont entièrement colorées. '

Quelque Inen fixées qu^elles soient, les panachures sont loin de conserver leur caractère comme les variétés de coloration uniforme. Dans la plupart des cas^ il suffit que eea plantes soient cultivées non loin de eelles qui les ont produites pour que ce voisinage entraine un boule- Tersement bien manifeste dans leur stabilité. C'est ainsi que le Convoivulus tricolor panaché ne se conserve pur que lorsqu'il est cultivé à Qoe assez grande distance du C. tricolor ordinaire. Il en est de même j»ttr le Nemophila insignisj qui reproduit presque toujours des individus à fleura entièrement bleues ou blanches. Enfin cette tendance ija'ont les variétés panachées à rentrer dans le type coloré s'est manifestée cbes des plantes dont la fixation était depuis longtemps assioée. Ainsi, parmi les plantes panachées qui sont cultivées cheï MM. Vilmonn^ lea AntirràifOàtn caryophyllùiies rose et blano, rouge et jaune étaient certainement l'une des mieux fixées. Or» tant que CCS variélés furent cultivées isolément, et loin d'autres variétés de la même e^ce.^ leur eonatanee n'a pour ain«i dire pas dévié. Mais un jour, alors que par mégarde on avait laissé non loin d'eux plusieurs uitres Mufliers> elles subirent tellement l'influence de ce voisinage que knrs graines n'ont produit que des Antirrhinum qui ont entièrement tasé d'être panachés, licpnis cette époque il n'a pas été possible de rendre à ces variétés la.ofane stabilité qu'elles présentaient auparavant, c'est-à-dire que, jua^ une sélection rigoureusement pratiquée, leurs semis produisent CdsjOQîSy dans de faibles proportions il est vrai, des individus à fleurs ooQ panachées qu'il est d'ailleurs facile d'exclure avant la floraison, €B(%que leurs feuilles primordiales ne sont pas tachées ou maculées, offime elles le sont dans les variétés panadiées.

CATALOGUES D^HORTlCtJLTWlE

B»mtar4 wAn.^ et llls, horticulteurs à la Rochelle (Chareote-Ioférieure). ^

Catalogue des plantes de serres servant à rornementatiou des jardins. Prix

courant pour 4865.

Braamt et CHnnpai^iej boulevard Saint-Cyprien^ à Poitiers (Vienne). — '.

Supplément au Catalogue général. Plantes annuelles et vivaces. Nouveautés €aiiMi«^h4>rticalteur^TOeâu Boit^d-Amour^ à Saintes (Charente- Inférieure). -^

Supplément ao Catalogue général, spécial pour les plantes servant à r«me-

laeBtation de^ jardins*

I«eM»la«, horticalteor, me de TEtang, 67^ à Nancy (Mearthe). — Gatalogae

des plantes nouvelles livrables à partir du 4*' mai 1866. ia»lNi«d, horticulteur à Lyon» angle de la Grande Rue de la Groix-Roune el

de la montée de la Boucle (Rhône). — Catalogue général des plantes de serre^

de pleine terre, d'arbres et d'arbustes.

Travaux du mois de Mai.

Potager. On continue do semer en pleine terre toutes espèces de plantes po> légères : pois, fèves, haricots, carottes, çhicoréed*étéj coroiehons. choux divers, chouz-navetSj navets de Suède, etc., etc. On met en place le plan élevé sur couche, telles que tomates, aubergines, concombres, cheux-fleurs^ etc.

On établit en plein air des meules à champignons et des couches tièdes ou sourdes pour melons d'arriè%saison ou pour planter des patates.

Jardin fruitier. Cest le moment o^ il faut visiter assidûment les arbres fruitiers et porter son attention sor le développement des branches, afin de supprimer celles qui pourraient nuire au parfait développement de Tarbre, ou altérer sa fertilité. Il faut veiller surtout à maintenir Téquilibre des espaliers, en dé* palissant et redressant les membres faibles, en palissant au contraire très-vigoureusement et horizontalement les parties vigoureuses, ou en pinçant les branches verticales qui prendraient trop de développement.

Jardin â^agrément. On peut livrer en pleine terre, dans la première quiouioe de ce mois, les héliotropes, hortensias, pelargonium, pétunias, verveines. Oa^ continue les semis de plantes annuelles du mois d*avril; mais il est un peu tard pour les balsamines, belles-de-nuit^ malopés^ œillets, Zinnia, etc. Quelques plants doivent étie déjà bons à repiquer; il faut y veiller et ne pas attendre qulls soient trop grands ; la reprise alors est plus difficile.

Serrée. Rempotage, bouturage et greffes herbacées, sont les principaux travaux du mois. Dans la deuxième quinzaine on sort les plantes d*orangerie, et vers la fin les plantes de serres tempérées et de serres chaudes» U faut avoir bien soin de choisir un temps couvert, autrement le soleil détruirait les jeunes pousses, encore trop tendres pour affronter ses rayons brûlants.

PwSi. - Imprimerie liaHlMle de Ë. DoMun», rue fiât 9dltf, I.

SOUAmi MS AUnCLES GONTRIDS DARS CB NUIliaO.

• F. Heitko. — Chr^ntqae: — h. Nsra4NN. NonveUe TiHition de CSl^sInla (PI. XI.}; -P. HEBiHca. l^aUU «iMlnlIl* (PI. XII);— Ch- Ummrb, le Phirnleepli*vIbm 0«chell«rni : ^ DiLAïax, Ob^Arvatlûns snr le Doryanthe*; — Qortiii, Sole ior la fdcofidaiioD da Yucca; — A. Taloit, Note tnr le C«r««Mi tesciMleft; - P. HfKiNco, Plantes noavellesde respocllleii ri'Amsitrdain, -^ 0. Lbscoter, B.blio- • gniAie; * ViibOT, Mémoires sar les r^ntté% et fliatioDS (suite). — Trartax da mois.

CHRONIQUE

U succès du Nouveau Jardinier illustré; les Radis ne grénent pas ; singulier moyen de deslruction des cbenîlles; nouveau système d'arrosage souterrain des arbres; nne bonne anecdote au sujet de la fécondation des arbres fruitiers; tes Virgiiia et les Rosiers cuisse de Nymphe du Jardin des plantes.

Le grand événement du jour, c'est l'apparition du Nouveau Minier illustré. La première impression a été la surprise ; personne ne croyait à la réalisation d'un tel projet. « C'est in*ttoyable,. » disait-on. Aujourd'hui on ne parle que de lui , et t'tsttout naturel; les uns louent, les autres critiquent; tout le ^ode néanmoins veut posséder ce livre, le plus complet gni iraile de toutes les branches de l'horticulture. Bientôt le premkr tirage sera épuisé ; mais l'éditeur, conservant la composition en caractères mobiles, peut faire, en quelques jours, un nouveau tirage.

f^lusieurs personnes nous ont demandé si des dépôts ne sont pas établis dans les villes des départements pour en* faciliter le placement. Oui, des dépôts ont été faits chez différents libraires et horticulteurs de province; mais, en tout cas, ceux de nos lecteurs qui ne voudraient pas s'adresser directement à Paris^ peuvent le demander aux libraires de leur localité qui, par leurs correspondants, pourront le leur procurer sans la moindre augmentation de prix.

Les amateurs de Radis ne jouiront pas, je le crains, de la

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même fayenr^ auprès des marchands grainiars, détenteurs de graines de ce précieux légume d* entrée, qui, chez les gens sages, remplace le Terre à^absinihe^ le bilter, le rcupaf7 et autres liqueurs plus ou moins apériiives. Nous sommes^ en effet, menacés d'une disette de Radis, et la graine en sera chère Tautomne prochain. Les étamines et les pistils de cette cracilère ont subi, paralt-iU la pernicieuse influence de Tesprit qui anime en ce moment les ouvriers chapeliers ^ maréchaux et autres; eux aussi sont en grève, de sorte que la production de la graine manque de tous côlés. J*ai vu des cultivateurs désespérés; ils en ont semé trois fois sans pouvoir obtenir la moindre silique; d^autres espéraient dans le repiquage; mais grève, toujours grève !

c Que va-t-on devenir sansRadisT me disait naïvement un cultivateur, dimanche dernier, en revenant de l'exposition de Pontoise !

Le fait est que le cas est grave, car personne n'a trouvé, que je sache, le moyen de forcer les Radis à grener. On est plus inventif en sylviculture.

— Les Chèoes, comme chacun sait, sont dévorés par les chenilles ; on a imagiué un ingéuieux moyen de les en débarrasser,

et ce moyen est des plus simples. Ecoutes : — Attendre, dit

riuventeur, que les chênivores aient mangé toutes les feuilles, et qu'elles tombent à terre pour se transformer en nymphes* Alors, mais alors seulement, on passera sous les arbres et les buissops, un gros rouleau à dents qui écrasera toutes les futures nymphes^ se jouant, en ce moment, sur Therbe en attendant l'heure de pénétrer dans ce mystérieux réduit nommé le sol, dans lequel la gent ravageuse doit opérer sa transformation!

Il est très-présumable que Tingénieux sylviculteur qui propose — et irès-sérieusement — ce moyen de destruction dei chenilles, dans nos bois, n'a jamais pénétré que dans les taillis peu ombreux des boulevards de Parisi

Api!ès avoir planté de giH» arbres sur toutes ao6 promenades publiques^ on a reconnu que, malgré tous les soins apportés pour assurer leur développement, beaucoup ne montraient pas une vigueur en rapport avec leur âge, à cause du défaut d'air très*pur, des émanations des gaz et principalement du manque d'eau. En etEet, Tarbre planté au bord d'un trottoir recouvert de bitume, ne regoit que Teau de pluie en quantité insuffisante* ' Un arrosage est difficile et coûteux. On a donc imaginé un système d*irrigation souterraki, dont Tapplication a lieu en ce moment à Pans sur les quais elles boulevards.

Des tuyaux, servant au drainage, sont disposés en carré au<* lourde chaque pied d'arbre, à i mètre environ de profondeur, et chaque carré correspond à un tuyau distributeur qui les relie tous ensemble. Quand Teau sera versée à Textrémité de ce tuyau^ elle se répandra dans les petits carrés de terre où sont enfouies les racines, et y entretiendra, dit-on, sans beaucoup de frais, une humidité régénératrice. Il eût été mieux de dire, je crois, — et entretiendra les derniers arbres dans un sol constamment boueux, et les premiers dans un état à peu près constant de sécheresse. — C'est renouvelé du système d'aération souterrain de M • Daniel Hooïlbrenk ; et que Dieu nous garde des inventions de ce célèbre jardinier autrichien !

Une bonne anecdote, en passant, au sujet de la fécondation des arbres fruitiers * Une société d'horticulture avait nommé une commission pour aller examiner des Pruniers fécondés d'après le fameux système du plumeau emmiellé. La commission se rendit où son devoir l'appelait, n^oins un membre^ qui, fatigué de lacourse, demanda la permission d'attendre ses collègues dans la loge du jardinier-concierge. A son retour, la commission manifesta ses regrets au collègue fatigué, qui, di* sait- on, avait perdu de ne l'avoir pas suivie dans son exploration, n f a surtout un arbre, ajoutait-on, qui prouve surabondamment en faveur du système* L'absent ne se montra

nullement contrarié, bien au contraire, car il laissait ses collègues épancher librement leur satisfaction — Eh bien, Messieurs, leur dit- il, quand ils eurent fini leurs éloges, j'en ai plus appris en restant avec madame la jardinière que vous en allant avec H. son mari. Le fameux Prunier, tellement surchargé de prunes que les branches en cassent, est précisément celui qui n'a pas été fécondé. M. Hoollbrenk avait bien dit, en effet, de le féconder, mais le pauvre jardinier, surchargé lui,debeso* gne, n'a pu faire l'opération, et comme il craignait de perdre sa place en avouant c^tle omission, il a gardé le silence ; mais sa sincère épouse a cette supercherie sur la conscience ; elle en a perdu le sommeil, et, pour le retrouver , elle vient de m'en faire l'aveu,

La chronique du pays dit que la commission n'a pas fait son rapport, et je l'ai cherché en vain, en efTet, dans les Bulletins de cette Société.

Je me suis consolé de l'absence de cet intéressant rapport, en allant chaque matin, pendant presque tout le mois de mai, admirer l'allée de Viryilia lutea du jardin des plantes, qui, cette année, a offert la plus belle et lu plus splendide floraison. Je ne sais vraiment pas pourquoi on ne rencontre pas plus souvent, dans les jardins, cet arbre admirable par son port, par son feuillage et surtout par ses gracieuses grappes de fleurs blanches délicatement odorantes. Il est aussi rustique que le Robinia faux Acacia, et il croit dans les plus mauvais sols, à en.juger par les magnifiques exemplaires du Muséum. Il parait que le premier pied, introduit en France par André Michaux, et qui se trouve dans son intéressante propriété située aux environs de Ponloise^ a été aussi, cette année, d'un effet des plus majestueux par l'abondance de ses fleurs. Je recommande cet arbre à nos lecteurs.

J'ai aussi admiré au jardin des plantes, deux tonffes d'une rare dimension du Rosier cuisse de nymphe. On ne se figure pas

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— 468 ~ l'effet produit par des buissons de A mètres de haut sur 3 de large, qui portaient des milliers de jolies petites roses de couleur tendre . Une petite place, s'il vous plaît, dans votre jardin, pour un buisson de Rosiers non remontants, et vous ne regretterez pas d'avoir fait droit à mon humble demande.

F. Herincq.

NOTE SUR UNE NOUVELLE VARUTION DE GLOXINIA Variétés : Amélie Neumann et Marie de Lapag erie (Pl. XI).

Depuis plus de vingt ans que Thorticulture possède les variétés nombreuses à fleurs érigées^ sorties des Gloœinia eaulescens bleu et rose, nommées primitivement Fy/fiana^ on s'était borné à en varier les nuances, par le croisement, n'espé* pérant plus aucune modification dans les formes. En 1863^ je rencontrai cependant dans l'établissement Ghantin, un pied de G. Taragona^ portant quelques fleurs qui offraient une anomalie^ un commencement de dédoublement de la corolle, encore peu accusé. J'en recueillis des graines que je semai aussitôt; ces semis donnèrent naissance à des individus offrant presque tous la même particularité plus ou moins développée* Jai choisi alors les formes les plus parfaites comme portergraines, et j*ai répété la même opération. Aujourd'hui je possède une quarantaine d^individus, dont toutes les fleurs présentent les cinq appendices pétaloldes comme la figure l'indique, et je crois avoir réussi à fixer cet accident, qui ajoute à ces fleurs, déjà si belles, un précieux ornement de plus. Mes plantes sont vigoureuses et m'ont fourni jusqu'à présent les deux coloris anciens, bleu et rose. Pour les distinguer des variations con« nues, je nomme Amélie iVeumanit la variété à fleurs blanches et à gorge rose, et Marie de Lapagerie celle à fleurs bleu violacé.

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