‹ L'horticulteur français de (volume 2)Chapitre 50 sur 159 · II · texte numérisé non relu

II

(4) Joum. Soo. d^hoi't. del^aris, 4854, p. 540.

(î) Joum. Soc. éFhorL, yi, p. U\.

(3) Joum. Sœ. dhort. de Paris, IX, p. 439

pleines, produisaient des fleurs très-doubles; tandis que les graines allongées ne donnaient que des fleurs simples ou peu doubles. Noos n'avons pas vérifié ce fait; mais nous savons que tontes les graines de Balsamines'Camellias sont beaucoup plus rondes et moins allongées que celles des Balsamines ordinaires,

§ :iLI. — Des Tarlété» prolifère.

Les prolifications s'observent rarement dans les cultures et plus rarement encore chez les plantes spontanées, ce qui indiquerait, conuoe l'ont dit plusieurs botanistes, que ces anomalies seraient un résultat dû notamment à la fertilité du sol.

Ces monstruosités se présentent ordinairement chez les végétaux à fleurs parfaitement pleines; comme par exemple dans le Aosa çentt' folia, Ranunculus repens^ bulbosuSy acris, Bellh perennis. Ces plantes ne fructifiant pas^ on les multiplie d'éclats, de greffes^ boutures, etc.

Mais lorsque la prolification n'entraîne pas l'infécondité des fleurs^ elle peut se propager par semis. Tel est, par exemple, le Souci, qui se reproduit dans la proportion de 50 à 60 p. 0/0 et qu'on arriverait indabitablement à fixer,^ si l'on en avait le désir. La Giroflée Gocardeau prolifère se reproduit également dans les mêmes proportions.

Une autre prolification analogue à celle que présentent les Renoncules et la Rose précitées, est celle qui est produite par le Scabio&a atropurpurea. Cette monstruosité qu'on observe parfois dans les semis ne se reproduit qu'imparfaitement. Ici encore, comme dans le Souci prolifère, il ne suffirait probablement que de quelques années de semis pon&écutifs et de sélection rigoureuse pour arriver à fixer cette prolification.

Enfin la variété de Papaver somniferum que MM. Vilmorin cultivent sous le nom de /*. manstruosum offre aussi un exemple fort curieux de prolification. Chez ce Pavot, presque toutes les étamines sont devenues autant de petits carpelles distincts présentant encore tout autour d'eux quelques rudiments d'anthères, ^a capsule principale ne s'atrophie pas ; au contraire , elle acquiert un développement normal et renferme une quantité innombrable de graines ; les nombreux petits carpelles qui l'entourent forment un assemblage des plus bizarres : les plus développés, qui sont de la grosseur d'une capsule normale de Pa^ paver Argemone contiennent quelques graines; les plus petits en [sont dépourvus.

Cette plante est curieuse non-seulement par son organisation, mais encore en ce qu'elle se reproduit identiquement et franchement de semis.

§ X.II. — Des Tariétés par sovdiires.

Nous ne connaisaons qa^un exemple de cette monstraosité dans les plantes d'ornement : c'est celui du Papaver bracteatum, dont la corolle est devenue monopétale par soudure des pétales. Cette monstruosité^ décrite et figurée dans h Jteime horticole, est cultivée chez MM. Vilmorin. EUe ne peut se propager que d'éclats. MM. Vilmorin ont essayé vaine* mmt de la multiplier par semis.

§'}|Lia. — Des Tarlétés par av«rieiileat.

Ce genre de monstruosité qui forme Tun des chapitres les plus inté' ressauts de la tératologie végétale, a été remarque sur toutes les parties de la fleur. Ce sont des déformations qui, on le pense bien, n'ont aucun intérêt au point de vue de l'ornement. Lorsqu'on en observe quelque-» fois, comme par exemple dans led Violettes, où les pétales arrivent i disparaître presque entièrement, 6n est plus porté à s'en défaire qu'à les propager.

§ %iV. ^ Des variété* pélorlées.

Ces déformations ne s'observent que chez les plantes à fleurs irrégu* Itères. On enconnait peu d'exemples et, à part celui du Linaria vulgarité de la Caicéolaire et des Gloxinia, les autres sont tout à fait sans intérêt au point de vue de l'ornement.

Les causes qui produisent cette transformation sont peu connues : Taridité et la sécheresse du sol» de nouvelles conditions de végétation, paraissent néanmoins en favoriser le développement.

'Willdeno»^ a affirmé avoir récolté et semé des graines de Linaria vulgariê peloria et les enfante issus de ces graines auraient produit presque toujours des fleurs péloriées (DC., Phys, vig., W, p. 692.

Nous avons eu occasion d'observer un grand nombre de pélories de Linaire commune et autres, et malgré la multitude d'exemples qui nous ont passé sous les yeux, toutes pouvaient se grouper en trois classes ainsi composées :

Corolle sans éperon , dressée , flabelliforme ou en éventail.

Corolle sans éperon , dressée , cucuUiforme ou primuli**

forme.

o ( Corolle présentant depuis i jusqu'à 6 éperons^ dressée, plus ou

I moins primuliforme.

Ces classes sont purement arbitraires et toutes ces formes se sont présentées souvent sur le même individu^

Dans les fleurs que nous avons examinées appartenant aux deux premières sections, la généralité des étaminesne contenaient pas de pollen ou celui-ci était infécond et les atyles étalât généralement mal con* formés.

Dans la troisième section, les étamines deviennent régnlièrea^ sont trègdéveloppées et les anthères ne renferment qu*un pollen mal conformé. Le pistil est généralement atrophié.

Les graines des deux premières sont^ comme on le conçoit, d'une rareté extrême. C'est à peine si sur trois fortes touffes nous ayons pu trouver quelques capsules renfermant de bonnes graines.

Un semis de ces graines, opéré en 1 861 > donna cinq plantes chei lesquelles las premières fleurs furent tout à fait conformes i celles de h lânaire commune normale; les suivantes commençaient à de^venirirrégolièrea : l'éperon avait disparu et la cqroUe avait une tendance i revêtir la forme d'un éventail. Malheureusement les froids arrivèrent avant que de nouvelles fleurs pussent se développer^ Ce9 plantes fureoit mises en pots et nous nous proposons d'en suivre le développement cette an* née.

Les graines de la troisième section sont toujours stériles, ce qui ferait supposer que les expériences de Willdenow n'ont porté que sur de simples défbnnations de la Linaire^ et non sur la Pélorie quinquénectariée, telle que Ta décrite Linné.

• Ces Unaires se propagent facilement d^éelats ou de boutures*

§ XV. — Hm Chlonmtkl^».

Bien qm ce nom ne rende pas exactement notre pensée, nous nous en servons néanmoins pour désigner d'une manière générale toutes les transformations que peuvent revêtir les organes floraux et qui ont pour résultat d'amener la stérilité absolue des fleurs en les transformant d'une manière plus ou moins complète en rameaux ou en oi^ ganes foliacés. Ce sont des monstruosités purement acddentellas ^ qu'on ne peut propager que de boutures, d'éclats, etc.

Nous ferons rentrer sous cette désignation la monstruosité du Liliutn candidum vulgairement et improprement appelée Lis double, et qui est plus qu'une duplicatUre^ par suite du développement anormal de l'axe floral. Signalée d'abord en i 841 , puis en i 843 et i 844 par M. Mérat (4)^ cette déformation est encore fréquente dans les jardins. Telles sont aussi la Rose verte^ et cette autre monstruosité que présentent parfois les fleurs de certains Œillets^ notamment du Dianthus betrkUus, dont

ti^iil I ■■II.. ■■ I ma I I ■■! I .111 1 <nii> ■ iiii II ■— .■«■ M n i—— ^^ ' ■ i i ■■ 1 1 ■ i <

(4) Annales de la Soc. d'hort. d« PortS) 4a4f^.

la formation est identique à celle du Lis blanc^ avec cette différence que la couleur verte s'$9t substituée à la couleur primitive de la fleur.

Lorsque cette monstruosité apparaît sur un rameau de Dianthus barbatusy on constate que toutes les fleurs subissent la même transformation. Il serait donc intéressant de savoir si^ en éclatant ou bouturant un rameau de cet individu et en excitant sa végétation par un procédé quelconque^ on ne parviendrait pas à annihiler cette déforpitlon et faire que des fleurs normales 9e développa«aent i leur place»

M, L. Neumann a essayé vainement de bouturer ces fleurs ainsi tran»» formées en rameau, bien qu^il semble^ i première vue» qu'eUas doivent se comporter comme dee ramifications normales.

Bnfio nous comprendrons encore dans ce chapitre différentes mons« troûBitéft qni sont assez fréquoites dans quelques plantes d'ornement et qoi résultent de la transformation des anthères en carpelles; telle est^ par exemple^ cftte monstruosité^ très^laide d'ailleurs, de CAeiranihu» Ckirij qa'cm observe parfois dans les semis et qui» à notre connais* wce, ne peut fttr^ multipliée que de boutnrea.

MOniFICATIOirs DB FORME BANS LES ORGANES DE VÉGl^TATIQN. § I. ^ lIo4i4eatloiis |ne|n«f«^

Ce genre de variation a été rarement observé chet les végétaux ; ce* p^adant on en trouve des exemples dans le RiUms fruticosus. Le Gledù tichia êinemià et le Rohinia pmêdo-^Acaeia ont produit des variétés inennts.

Ces variations sont de celles qui peuvent apparaître accidentellement sur une partie seulement d'un végétal épineux. L'homme recueille et propage ensuite par Tun des moyens connus la variation inerine ainsi produite. Elles peuvent aussi apparaître dapsles senûs^ ce qui est arrivé pour le Gledi$tsehia sinensis, obtenu en 1 S23 par H^ Camm^^t {i ); mais nous ne pensons pas qu^aucune d'elles ait été fluéejusqn'ieU c'est-à-dire se reproduise de semis.

On se rappelle que M. L. Vilmorin a appelé Tattention des cultivateurs sur les avantages que l'agriculture pourrait tirer de la création et delà fixation d^une variété d'Ajonc sans épines. L'opinion de M. L.Vilmorin était*qu'on pourrait arriver à ce résultat; mais ses prévisions n'ont pu être réalisées. Cest peut-être^ il faut le dire cependant^ parce que les expériences qui ont été tentées à ce sujet n'ont pas été répétées avec lapenistance nécessaire et qu'on s'est trop vite laissé arrêter par les premiers échecs éprouvés.

(4) Arm. de ïa Soc. ^hort. de Paris, XllI, p. 298.

(A continuer.)

Travaux du mois d'

Potager. Les chaleurs du mois d*août nécessitent de copieux arrosements aux Ghoux«-Flettrs, Choux, Cardons, Céleri; etc. ; les Concombres, Cornichons, veulent aussi des bassinages nombreux. — A mesure que les Artichauts cessent de produire, il faut couper immédiatement les tiges au niveau du sol, en fusant attention dé ne pas endommager les œilletons qui commencent à se déve« lopper. — Toutes les Laitues doivent être l'objet d'une attention soutenue de la part du jardinier; il faut lier les Laitues et les Scaroles, empailler les Cardons et Céleri pour les faire blanchir selon le besoin de la consommation; semer de la Romaine d^hiver^ de la Laitue de la Passion, qu'en replante sur rotière. On peut encore h bonne exposition, semer dans les premiers jours da mois, des Haricots pour récolter en vert^ pour les conserves d'hiver; mais alors le terreau etles arrosements ne doivent pas manquer, on sème aussi. Radis roses. Oignon blanc. Poireau, Salsifis, Scorzonères, Épinards, Cerfeuil, Navet^ Mâches, Carottes, Choux-Fleurs, Choux de Milan, Pommiers hâtifs. Si on veut avoir du plant de Fraisier Quatro-Saisons, il faut, dès les premiers Jours du mois, laisser les coulants se développer librement, on les paille un peu pour faciliter l'émission des racines. On veillera enfin i abattre, avec le dos d'un râteau, toutes les tiges d'Oignons qui seraient restées debout, pour que la sève se concentre dans l'Oignon et en augmente le volume.

iardin fruitier. Palisser, ébourgeonner, pincer, sont les principaux travaux à opérer; on doit avoir soin aussi de découvrir les fruits qui approchent de la maturité, et profiter do cette opération pour visiter les branches malades, soit par la gomme, le chancre, etc. — On commence la greffe à œil dormant, â mesure que le bois sur lequel on veut pratiquer est parfaitement aoûté.

Jardin d'agrément. Les travaux de ce mois sont à peu près les mêmes pouif ^entretien. On commence à greffer les Rosiers en écusson à œil dormant; on sèvre les (Eillets qu'on aurait marcotté le mois précédent, et on les plante dans des pots ou en pleine terre. 11 faut s'empresser de lever et mettre en plaSb les plantes annuelles d'automne repiquées en pépinière, telles que Reine-Marguorite , Balsamine et Rose d'Inde, etc. On sème des Quarantaines pour les repiquer en pots et qu'on abrite pendant Thiver, des Giroflées grosse espèce, Calcéo* laires. Cinéraires, Pensée^, Pelargonium, Pivoines, Renoncules, eta.

Sm$. Gomme au mois de juillet.

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Purls. - Imprimerie horticole ;deîE. Doniiaiid, rno Cassette, 0

M» âvriGU» cmrwm ous ci wntte.

tag, ûf NAiTRAGinr,ehi>*al4«e.— 0. LucniBH, m««e Naignerite Dombrain (Pl.XVir).— 0. UtcuTU, les VcrrelBM llAlleBM» Anna Gérêritt Bêilê-Àlliênee (PUXVIll). — GKIIA0 Ois, enltore des Pel«rc«Ml«Bi k grandes ilenn et fantaisie. ^ Ern. Bonard» Ici CUalMiUi de If M. Loise et Terdief (Eogène). — PtvànT et Romabt, cnUare des Arbres ftmilleni en pots- — H. Bailloh, snr un eas apparent de P^rf héa^séBèsM. -^ B. ViuoT, Mémoire tnr les variétés (suite). — J. Auzendb, noarel ongoeat on VrAl-gra*, pour les eleatrieoset la greffs en feate. ^ X...*TraTaox do mois.

CHRONIQUE

Croix dé U L^on d'honneur décernées à rhorticnlinre. Exposition des insectes; la sefenee purement théorique ; le parasite de la Sabine et du Poirier; la science et la routine ; il ne faut pas arroser les fraisiers qpiand il fait chaud! moyen d'obtenir des fraisiers remontants ; nn nouveau li^re sur les fraisiers, par M. Gloêde; lettre de M. fierinoq. ►

Pour ne pas les oublier, je vais commencer par les décorations. A Toccasion de la fête de l'Emperenr la croix de la Légion d^honnenr a été accordée à plusieurs membres de noire grande famille horticole : l"" H. Charles Nacdin, dont le dèyoaement à la sci^ce qu'il professe est bien connu, ancien jardinier à Limoux. M. Naudin est parvenu, à force de travail et de privations, à conquérir le bâton de maréchal de la science ; il siège, depuis Tannée dernière, à Tinstitut de France • (Académie des Sciences) au milieu des Brongniart, des De^ caisne et des Duchartre. Il a enrichi la botanique de très-inté* fessantes publications sur Vllybridation^ les Cucurbitacées^ les Mélastomacées^ etc- On lui doit, en outre, de nombreux articles dans les journaux horticoles ; 2® M. Barillet-Deschamps , jardinier en chef de la ville de Paris, qui dirige avec un rare talœt rétablissement et romementation des squares et promenades publiques, qui aident si puissamment au développement de rhorticulture en France. — 3<> Enfin M. Hardy,

Septembre 4S65. 47

-^ 258 — fils, directeur du potager impérial de Versailles et secrétaire général de là Société d'hotticulhire. — Nous aurioïte salué avec bonheur une autre nomination, celle de M* Gontier, ancien pri* ineurisle à Môiittouge ei auquel h France doît ceftaiûement la eonservation d«la [dut grande partie tle ees vignobles ^ oar G^est lui qui a fait connaître Teffet merveilleux du sou£re dans la maladie de la vigfiè, et qui en a îépandti Tusage. Espéi^ns pour l'année prochaine. En somme, nous devons nous trouver satisfaits : quatre croix cette année pour Thorticulture !

Qu'est-ce que c'est que l'exposition des insectes? me demande notre rédacteur en chef. C'est une tesez heureuse conception qui ne manquerait pas d'intérêt ai elle était bien comprise. Faire connaiti^, ^en effets les aoiâlauï utiles et les «niniaisx nuisibles, c'est tendre uû grand service à Tagriculture et à Thorticuliure; car, combien d'insectes «ont détruits., et qid cependant sont d'excellents auxiliaires aux cultivateurs ! Mais, pour obtenir le résultat dé^ifé, it fattt snttout t«eDtnirfttix praticiens inteUigmttt. Les u^W» sont cerrtnînetnent des faoftitn^s trè^dtstingilés, que j« tén^e, -^quatid ils sontvénérables ; -^ ix^ its ont généralement «ne sainte hofi'eui* Ae rapplicâttCtt. Pôût qtijeiques savants, l'hoftirtie ^e sèiené^fïùitshérche â ïipptiqtief «es découvertes soîètttifiques è uftè Wtistrië ou à \inè cho^ quelconque, to'e^ pas digne d'appW)fehèrde faiitel; il est regardé ccttime uA «impie Sonneur de cloche qtri dôît t^ester à la poite du temple, t'est là ûtke âpplréciation îâfchetise. La* seieiïce n'est téeltement belle ^que dans son applicatiob, qtii devient abw la consécpa4)î6ïi de la pattîe théori<5(nè ; car, èfû etfet^ safts 4apratiqïre, là science est tt^èiMujette h erfeui*.

Aiàsi> vers l%5f > M. 6iais, curette Bèauvaib, faijmîl «onnàl^ tre, à la Soci^ dtlorticnlta^e de Paris, que lel^ tat^hes ^trned qu'on observe sur les feuilles de Poirier n'étaient autre chose que le champignon de la Sabine , *-*- Podàùma SabirùÊ, -^ ^ en 1 800, M« Mâssé^ pépiniâîste à la Feité-Macé, confimais cette

opîmrà : que le Pedisôma se transmet a a Poirier, mais qu'il subit des modifioatioiis et devient V^Eeidium caneelhium.

La smence parement spéculative considéra alors les opinions de ces deux pp^îciens comme peu fondées ; elle n'admettait pas <p&'une e«p^ pAt «e transformer *en changeant â' habitat. M. dos, "professeur de botanique à la FacuHé des sciences de Toulouse, en présence du veto ordinaire de la science, donnait m stge 0on«eil, — «ans accorder, toutefois, frop de valeur aux idées 'émises relatives à la transformation du champignon de la Sabnie, — qu'il ne fallait pas les repousser systématiquement, attendu que M. Eudes Deslonchamps/ks avait déjà professées éès 1836. Eh bien ! ce que la science n*admettait pas en 4860^ est accepté par elie aujourd*hui ; elle a dû se rendre à Tévîà&aee ; car on lui a clairement et pratiquement démontré que le Foiùoma de la sabine, et VJEciditm du Poirier, sont des ff^^ér^iom alterruw^s^ c'est-à-^re deux états différents de la même espèce de champignon parasite, et que c*est bien à la présence de la Saline, dans les jardfns, que sont dues lés taches jatmes desJeuilies de Poirier, qui constituent VjEcidium tanctU iat'um nommé dMtsiR&eHalliamncellata. les savants théoriciens n'ont-ils pas nié la puissance motrice de la vapeur? Et certain A'a«-t41 pas prédit que tes locomotives, placées sur des rails en fermais» ne feraient que 'patiner^ sans Jamais faire avancer le véhiccile moteur ?<}ae deviwment ces négations et ces prédîcliens de la science théorique, en présence de ce que nous voyow ? — Ne soyons donc pas ausM exclusif, et surtout ne pememis pas le ridictile, comme nous le répète chaque jour notre rédacteur en chef, jusqu'à prétendre que nous sommes mfaîHibles ; que nos observations , nos opinions, nos théories «ont seul^ vraies et bonnes ; car c'est ainsi que la science purement théorique devient aussi nuisible au progrès scientifique, que la routine est funeste aux progrès des arts ^et de l'in-

dustrie : Tune et l'autre enchaînent dans un cercle vicieux, duquel on ne peut que dii&cilement sortir.

C'est dans un pareil cercle, évidemment, que se trouve enfermé M. Gaulthier (R. R.); il faut être théoricien ou routinier, pour soutenir, comme il Ta soutenu en séance de la Société d'horticulture de Paris,* que par la grande chaleur du mois de juin, il est bon de ne pas arroser les fraisiers si l'on veut avoir de belles fraises. M. Robine et beaucoup d'autres membres de cette Société sont d'ayis contraire : ils pensent qu*on ne doit pas épargner les arrosements lorsqu'on a de Teau à sa disposition; et S. Exe. le maréchal Vaillant qni présidait à la séance du 13 juillet, « assure aussi que l'expérience lui a fait connaître la nécessité d'arroser ces plantes pour en obtenir des fruits en abondance. x> M. Herincq m'a fait voir Tannée dernière au château de Guitrancourt des bordures de fraisiers d'une incroyable fécondité ; les propriétaires, M. et Mme de Morel, voyant leurs fraisiers dépérir, avaient fait simplement couvrir le sol d'une bonne épaisseur de fumier de feuilles; et de copieux arrosements étaient fréquemment administrés aux plantes. M. Gaulthier (R. R.) aura été, sans doute, mal renseigné par quelque mauvais plaisant : il y ei) a tant en ce monde !

Vous rappelez- vous, lecteurs, des fameux fraisiers à gros fruits remontants, qui ont fait tant de bruit, il y a quelque dix ans, et auxquels même, si je ne me trompe, on a accordé quelque part des récompenses ? Eh bien ! je puvs en fournir de toutes les variétés; j'en fabrique, comme le colonel Siebold fabrique des plantes panachées. Rien de plus simple; et comme je n'ai pas l'intention de prendre un brevet S. G. D. G., je vous livre le secret, qui est connu de tous les ])ons paysans d'une partie du département de Seine-et-Oise : — Après la première • fructification, effeuillez vos fraisiers; laissez-les ainsi reposer pendant quelques semaines, puis, arrosez-les à grande eau.

Vos plantes remonteront, et dans les premiers jours de septembre vous pourrez offrir à vos amis de belles grosses fraises . Ce procédé, à Taide duquel nos nouvellistes obtenaient, sans nul doute, leurs soi-disant fraisiers remontants, ne parait pas trèsconnu des spécialistes.

Le livre que vient de publier M. Gloëde, et que me recommande notre rédacteur en chef : — Les Bon7ies fraises; mornière de les cultiver pour les avoir au maximum de beauté^ — n'en fait aucune mention. On y trouve le paragraphe suivant : « L'obtention d'une variété à gros fruits produisant perpétuellement, comme le fraisier des quatre saisons^ a été par moimême jugée presque impossible ; cependant j'ai lieu de croire d'être parvenu à l'obtenir. Dans le courant de cette année je pourrai me prononcer définitivement sur ce sujet. »

Je suis loin de nier la possibilité d'obteûir des fraisiers à gros fruits remontants; mais je crois devoir informer le savant auteur des Bonnes fraises, que j'ai vu, le 10 août dernier, dans la propriété où notre rédacteur en chef reçoit une si large et bienveillante hospitalité^ des Caprons framboises, en pleine fleur, pour la seconde fois, et qui n'avaient pas subi l'opération de l'effeuillage ; si ces pieds, au nombre de plus de cent, provenaient d'un semis, on pourrait croire aussi à l'obtention d'une variété perpétuelle; ce n'est, en réalité, qu'un fait anormal, comme j'en ai signalé plusieurs dans ma dernière chronique, et dont l'année 1865 se montre prodigue.

A la lecture, de ces remarques et observations, M. Gloëde va croire que je vais procéder par blâmes à l'examen de son livre. Qu'il se rassure. Je l'ai lu avec la plus grande attention et je n'ai trouvé que matière abondante, condensée en quelques pages, sans que le style cesse d'être simple. Après la publication de l'ouvrage si remarquable de M. le comte deLambertye -^ Le Fraisier — il y aurait eu témérité, sans doute, de venir à la suite d'un si grand maître^ traiter le même sujet, si l'auteur

des Bannes fraises n*étaij^ lui-même mi maître en la matière. A un point déterminé, on peut arriver par des voies différentes* n en est de même pour les résultats de culture* Les procédés de Tun ne sont pas ceux de Tautre ; les uns exigent des soins minutieux, ou des dépenses considérables; les autres, au contraire > sont simples dans leur application, ou ils peuvent être appliqués à peu de frais. Les premiers ne sont praticables que pour les grands et riches amateurs ; les lieconds se trouvent à la portée du plus pauvre villageois, qui ne peut consacrer à telle plante que quelques mètres de son petit jardin.

Le livre de M. Gloëde a été fait en vue de répandre la culture du fraisier, et d'augmenter le nombre d'amateurs* L'auteur a donc dû présenter son travail — qui est le fruit de quimce années d'expérience — sous une forme simple et populaire» pour être compris de tout le monde* Il a parfaitement réussi* La première partie de son livre est consacrée à la culture de pleine terre . Elle traite du choix des terrains ; époque de plantation et manière de planter ; soins à donner après la plantation» après et avant la fructification ; cueillette et transport des fraises* Culture bisannuelle en ados ; de la pépinière et porte-coulants ; des engrais et amendements ; des insectes nuisibles } de la mul* tiplication,et du choix des porte-graines* Dans la seconde partie il est traité de la culture hâtéep et du choix des variétés propres à cette culture ; des serres à forcer, etc* Vient ensuite un calendrier des travaux à exécuter dans une fraisière, suivi dé la liste descriptive des bonnes fraises et de listef par $â£ie$ : les hâtives, tardives, très-tardives» grosses» exquises» avanta^ geuses pour la vente^ propres aux confitures, supportant bien Id transport, etc. Les mauvaises mêmes ne sont pas oubliés ; on trouve une liste des variétés qui ne méritent plus la culture^ On ne peut pas être plus complet; et tout cela est contenu dans 148 pages d'un format qui n'a pas tout à fait 4 9 c^itimètres de hauteur. Quant au prix, je ne puis le dire, l'éditeur ne le

marque pas sor la oouyerture, et je Pai 6h«^hé en vain dans son Catalogne. Mais en y eherchant les Bonnes fraisesj J'ai trouvé Tannonce du Nouveau Jardinier illustré^ dans Jaquellq

aanopcç esi ouWiée le »om dç M, Heriocq. le principal collaha^ («leur 4u UY¥e« a^iui qui «B d^ tsacé le 6adr«» et qyi en a iw« veillé rûxéûtttiûa« J'aime à Qiieira qna d'est np s)oiple oubli de la pari de Péditenp du livfe de M. Oloëde, malgré le etc. qui termine la liste des collaborateurs du Nouveau Jardinier il* lustré.

Nogus 21YQQS (^1» d@ AQtFQ ré(}46teW ^ <^f 4^1 bPQ«W nouvelle» de sa santé, qui a été si fortement ébranlée \m suite d'un excÀs de travail. En mains de deui ans, en effet, il nous adonné les deux volumes de botanique générale du magnifique et remarquable ouvrage le Règfte végétal, dont notre coU^rateur? M* Alphonse Lavallée, a rendu compte dans ce recueil ; et nos lecteurs savent la part qu'il a prise dans la publication du Nouveau Jardinier illustré , qui est un vrai succès pour son éditeur, M. Donnaud.

La fatipa et les loo^es veilles opt détermiaé de§ accidents cérébraux qui se reproduisaient chaque fois que M. Herincq en chef voulait se remettre au travail. Il a donc dû suspendre la révision de la partie maraîchère et fruitière du Règne végétalf et se tenir, depuis trois mois, en dehors de la rédaction du journal. Grâce à Textrème bienveillance d'amis dévoués, il a pu prendre le repos afcsolu nécessaire au rétablissement complet de sa santé; c'est du château de Guitrancourt qu'il nous annonce son prochain retour parmi nous :

m BeeoM un pea de len^, 9om éenl^il^ eC vses ms referrez. La (Me Ta Insn, mm U» eori» est briaé. Js Vu soumis & de ru^ éj^rstives il est yrsi ; («itain rédsfiteu^ pl»8 pr/nficim que mQh sursit bien pu saccomber à )% peine. E^lsgjSi^set terrassement so^t, deppi^ un mois, ma principale occupation; et c'est tj:ès-certainement à l'usage immodéré du croissant et de ta tournée que je dois la rentrée de mon pauvre es-

prit dans la boite osseuse qui contient mon cerveau. Aussi messieurs de la faculté me permettent^ maintenant, un peu plus devin dans mon eau , et trois quarts de bifteck. Quant à Texercice de la plume, hélas ! je n'ai Tautorisation que pour vingt lignes par jour. J'espère néanmoins vous relever, pour le prochain numéro, de vos fonctions qui

paraissent vous peser quelque peu; car je vous dirai cela plus

tard. N'oubliez pas, dans votre chronique, nos décorations^ afin qu'on voie bien que les horticulteurs ne sont pas toiis « ce qu'un vain peuple pense » des jardiniers de vaudeville, des niais de comédie. J'ai appris par hasard cette nouvelle marque de considération accordée à Thorticulture; voyez au Jlfontretir,. pour ne point commettre d'erreurs... Vous avez à voir aussi Texposition des insectes; quid ? Vous n'avez pas encore parlé du livre de M. Gloêde sur les Bonnes fraises ; n'y manquez pas cette fois, vous me feriez couper les deux oreilles...

J'ai fait, je crois, mes vingt lignes ; je vous serre donc la main, et à bientôt. F. Heringq.

ËU6. deMartraûny.

ROSE MARGUERITE DOMBRAIN (Pl. XVffl).

La rose que nous figurons, planche xvu, est un des beaux gains nouveaux de M. Eugène Verdier fils aîné, et qui sera mis au commerce cet automne, avec plusieurs autres sur lesquels nous reviendrons dans notre prochaii> numéro. ESUe appartient à la section des hybrides remontants. Ses rameaux sont vigoureux, trapus, armés d*aiguillons inégaux dont les plus petits se confondent avec les poils glanduleux. Le feuillage est ample, d'un beau vert clair en dessus et vert pâle en dessous; chaque feuille est composée de 3 ou 5 folioles ovales ou ovaleslancéolées, aiguës et doublement dentelées en leurs bords. La fleur est très-grande , très-pleine, d' un beau rose vif sur le dessus des pétales, et d'un carné tendre en dessous; les pétales exté-

^yy^ry^/

rieurs sont très-larges, entiers, en cuillère, redressés et bien imbriqués; ceux du centre un peu chiffonnés.

Cette belle variété, nous n'en doutons pas, est acquise aux collections d'amateurs les plus sévères.

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