‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 106 sur 162 · DE PARIS · texte numérisé non relu

DE PARIS

0 ! Vérité trois fois sainte! toi que tout le monde adore en général, mais que chacun hait en particulier, enseigne-moi donc un peu, pour écrire ce compte rendu, l'art de te faire entendre sans blesser personne!... Impossible, n'est-ce pas? Alors... alors, je n'ai qu'à signer.

F.'Herincq.

DORCOGERAS HYGROMETICA Bonge (Pl. VI).

Les Dorcoceras appartiennent à la famille des Cyrtandracées ou, suivant d'autres auteurs, à la tribu des Cyrtandrées de la famille des Gesnériacées. Il y a, en effet, tant d'analogie entre les deux groupes des Gesnériacées et des Cyrtandracées, que les dernières ne diffèrent en somme des premières que par l'absence d'un périsperme dans les graines ; caractère aujourd'hui reconnu comme étant d'une valeur fort secondaire pour la classification.

Les tiorcoceras sont des plantes vivaces, à rosettes de feuilles appliquées contre le sol; ces feuilles sont alternes, parsemées de poils, à bords découpés de larges crénelures. De ces rosettes sortent des hampes dressées qui portent quelques fleurs formant des cymesqui imitent une sorte de grappe lâche. La fleur â un calice à cinq divisions profondes, à peu près égales entre elles. La corolle est monopétale, campanulée, à limbe irrégulier, partagé en cinq lobes imbriqués dans le bouton. Elle ne porte que deux étamines qui s'insèrent sur sa gorge et répondent au côté antérieur de la fleur. Les anthères sont introrses. Le pistil est formé d'un ovaire uniloculaire, avec deux gros placentas latéraux bilobés et chargés d'un nombre consi-

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dérable d'bvales. Le style est coudé, graduellement renflé vers son extrémité stygmatique. Le fruit est une bapsule bivalve et polysperme. Par tous ces caractères, le3 Dorcoceras sont très- voisins des Baea, petit genre établi par Commerson pour une plante américaine du même groupe, comme nous l'apprend À. L. de Jussieu, qui lès désigne, après Lamarck, sôus le nom français dé Béole. Mais M. A. de Bunge a séparé les Dorcoceras des Béoles pour des raisons qui île paraissent pas d'ailleurs avoir une grande valeur, et il a également noté leur grande analogie avec les Strèptocarpus, dont ils se distinguent, dit-il, c par le tube dé la corolle presque nul et par le manque d'étamines stériles. »

Le Dorcoceras hygrometica est une petite platite du iiord de la Chine, que M . A. de Bunge a le premier décrite dans son Enumeratio plantarum Chinœ borèalis (page 64). Le R. P. David Retrouva cette herbe en Mongolie , et c'est de graines envoyées par lui, à Paris, que l'on A obtenu, au Muséum, de3 piedd représentés par de petites rosettes de feuilles irrégulièrement obovales, molles, cassantes, découpées irrégulièrement eti crénelurefc dont les bords portent d'assèfc longs poils blanchâ* très. Les nervures partent toutes en éventail de la base de la feuille et sont fort saillantes sur les deux faces. Elles softt, comme toute la plante, à un certain âge, et principalement à Tétat sauvage, complètement recouvertes de longs poils blancs et mous qui leur donnent beaucoup dé ressemblance avec les jeunes feuilles de la Solarée . La hampe florale est nue dans l'étendue d'un décimètre environ, puis elle porte un petit nombre de fleurs pédicelées, qui s* épanouissent sufefcessivement, de manière que deux ou trois d'entre elles étalent en même temps leurs corolles délicates d'une jolie couleur lilasviolacé, — ayec le fond blanc légèrement teinté de jaune . Les deux étamines sont d'un beau jaune d'or et ressortent sur le fond pâle de la corolle qui rappelle, de loin, celle de quelques

violettes et celle de plusieurs Cyrtandra. Les boutons du sommet de l'inflorescence sont, pendant ce temps, encore teintés d'un jaune pâle ou verdâtre et demeurent enroulés en crosse lâche, comme il arrive dans toutes les cymes scorpioïdes. Les fruits sont tout à fait ceux d'un Streptocarpus*

Le mode de végétation des Baea a été décrit par les botanistes voyageurs. On sait que leurs feuilles velues semblent se dessécher et se rapprochent les unes des autres, quand le ciel n'est pas chargé d'humidité, et que ces plantes sont alors comme collées contre les roches arides qui les supportent, tandis que la pluie leur permet de s'étaler et de reprendre leur fraîcheur et leur vigueur "de végétation. On était, d'après cela, porté à croire que le Dorcoceras s'accommoderait d'un mode de culture qui réunirait des conditions analogues. Mais l'expérience a prouvé, à M. L. Neumann, que le Dorcoceras souffrait beaucoup de se trouver exposé à la sécheresse et au vent. Il lui faut la culture des Streptocœrpus, c'est-à-dire une serre chaude, ou au moins une bonne serre tempérée, avec beaucoup d'humidité pendant la période de végétation. Pendant celle du repos, il convient de tenir encore les sujets à une bonne température. Jusqu'ici la plante a été reproduite de graines, et les pieds ont été divisés cette année avec succès.

H. Bâillon.

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