‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 107 sur 162 · POIRIER · texte numérisé non relu

POIRIER

L'arqùre dont nous voulons parler n'est pas l'arqùre des anciens auteurs. Celle-ci appliquée radicalement sur tous les membres de charpente d'un arbre ne tardait pas à le fatiguer et à le déformer sans avoir atteint le but. Les Chartreux employaient ce moyen défectueux, en accrochant de grosses pierres aux extrémités des branches de leurs quenouilles et éventails; mais la tradition rapporté que le bruit des pierres qui s'entre-choquaientla nuit, empêchant les révérends de dormir — ce qui est essentiellement contraire au régime monastique.

— le système fut condamné, comme si un matérialiste l'eût inventé .

C'est encore le même procédé que recommandait Cadet de Vaux, dans une brochure que nous avons là sous les yeux. Un dictionnaire biographique nous apprend que jadis M. Cadet de Vaux proposa au gouvernement de rétablir la retia pour améliorer la race humaine * Cet amour de la ligne circulaire a dû le conduire à y soumettre les arbres fruitiers*

li'arqûre s'applique aux arbres fruitiers très- vigoureux et peu productifs en fruits. Elle est basée sur ce principe, que l'absence de taille et la courbure d'une branche gênent la vé* gestion, et prédisposent les bourgeons à se transformer eu dards et lambourdes. Or, si l'on arque une branche charpen? tière, il est certain qu'elle se mettra à fruit, mais la symétrie 4e la forme y perdra. Donc il sufljra d'arquer, c'est-à-dire de courber la tète en bas, les branches et rameaux d'un arbre qui ne concourent pas à la construction de sa charpente»

Habituellement, les rameaux vigoureux se rencontrent au sommet des branches, à côté du rameau terminal, surtout quand on n'a pas eu le soin d'en éborgner l'œil rudimentaire lors de la taille* Ces bourgeons favorablement placés, se transfprrnent en gqqrmands, et sont assez récalcitrants k la mise à fruit. L'arqùre les domptera, et l'arbre n'en sera pas fatigué, puisque le rameau terminal est conservé intact, et continue à recevoir la taille.

Cette combinaison de la taille courte et de la taille longue, ou de la taille et de la non-taille est donc à l'avantage de la végétation et de la fructiQoation. — Désormais le Dr Pigeaux et le professeur Gressent peuvent s'embrasser.

Les branches arquées pourront être écimées ou légèrement écourtées, au moment de l'arqùre si elles sont trop longues;

— et au moment de la floraison si elles sont trop chargées de fleurs.

Il est à remarquer que F arbre mis à fruits forcément, aura sa vigueur domptée, et se couvrira naturellement de boutons à fruit. Les branches courbées seront soumises au traitement ordinaire, une fois . leur première production achevée. Après une ou deux années de taille, elles seront réduites à l'état de coursonne fruitière ordinaire.

Depuis une quinzaine d'années, nous employons ce système, et en avons toujours été satisfaits.

Nous avons actuellement un exemple assez bizarre de l'influence de l'arq&re sur la fructification. Un Poirier palmettecandélabre, Docteur Trousseau, a été regreffé sur tous ses membres avec la variété Duchesse précoce. Deux rameaux ont été conservés à chaque greffe: L'un dirigé verticalement, est.soumis à la taille; l'autre est courbé en arc. La variété étant très- • fertile, des boutons à fruit se sont montrés partout, et les bran* ches droites ont fleuri aussi abondamment que les branches courbées. Mais aujourd'hui la courbure a détruit l'harmonie; un seul bouquet de poires est resté sur les 10 branches verticales, tandis que les branches arquées en sont littéralement couvertes. La branche courbée a-t-elle nui à la branche droite, ou si c'est un effet du tempérament de la variété; car cette différence n'est pas autant caractérisée sur d'autres variétés, soumises au même traitement.

Chaque année nous greffons en fente ou en couronne les 9 nouveautés fruitières, sur les branches d'anciens arbres. Nous conservons deux jeunes branches à chacune, lors de la végétation. L'une est soumise à la taille et nous fournit de nouveaux greffons. L'autre est destinée à la courbure, et nous permet de juger promptement la variété.

Enfin ce procédé est applicable aux sujets de semis ; aux arbres dressés en haute-tige et en basse-tige, en pyramide, en palmette, en vase et en cordon ; et plus particulièrement aux variétés très-vigoureuses et moins fécondes. Ainsi dans le Poi-

rier, on l'appliquera plutôt aux : Conseiller de la Cêur, Triomphe de Jodoigne, Jaminette, Madame Élisa, Beurré de Ronce, André Desportes, Prince Albert, Bon-Chrétien d'été, Urbaniste, Curé, Doyenné du Comice, Nec plus Meuris, Souvenir de laBeine des Belges, tandis qu'il n'y aura pas nécessité d'x avoir recours à l'égard de : Madame Millet , Prévost, Frédéric de Wurtemberg, Baronne de Mello, Beurré Clairgeau, Duchesse, Colmar d'Aren* berg, Van Marum, Beurré d'Albret, Sucrée de Montluçon> Alexan* drine Douillard, Sénateur Vaisse, Passe Crassane, Zéphirin Grégoire, Napoléon Savinien, Sucrée blanche, suffisamment fertiles.

Charles Ballet,

horticulteur à Troyes.

PROCÉDÉ POUR HATER LA PRODUCTION DES BOUTONS A FRUITS DES POIRIERS GREFFÉS SUR FRANC (1).

Le Poirier greffé sur franc est à peu près le seul arbre qu'on puisse planter dans les terrains où le Cognassier ne vit pas. A Meaux, où le sol ne convient pas au Cognassier, il faut donc, lorsqu'on veut cultiver les Poiriers, les greffer sur franc. Mais alors ces arbres, soumis à la culture, poussent avec une telle vigueur qu'il arrive fréquemment que les dards et 1res- souvent les lambourdes se convertissent en branches à bois, fait que le pinçage même n'empêche pas. Il provoque des empâtements à la base des branches, qui, en peu de temps, forment des espèces* de têtes de saule. Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet, qui est bien connu. A qui s'en prendre de ce fait, si ce n'est à nous qui n'avons pas su dompter à temps cette luxuriante végétation?

Un amateur de notre ville, M. Vavasseur, praticien éclairé

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(4) Bull. Soc. d'hort. de. Meaux.

et intelligent, et surtout très-bon observateur, a su vaincre cette difficulté et faire que les Poiriers, dbnt la vigueur est tout à fait inaccoutumée, se couvrent chaque année de fruits. Il a fait lui-même la plantation de son jardin, et ses arbres, on peut le dire, sont des modèles de perfection dans les formes comme dans la régularité. On peut faire aussi bien, mais mieux, cela n'est guère possible.

Son jardin, d'une contenance de 21 ares, entouré d'un mur, est uniquement consacré à la culture des arbres fruitiers ; il contient 230 Pommiers, 220 Poiriers, 14 Pêchers, 22 Pruniers, 6 Abricotiers, 16 Cerisiers et 68 pieds de Vignes. À part quelques Fraisiers qui croissent à l'ombre des arbres, il n'y a aucune autre plante de cultivée'. Bien que M. Vavasseur ait, pour ainsi dire, adopté toutes les formes, celle qui dominé chez lui est le cordon oblique.

Son jardin, qui est un vrai modèle en ce genre, est divisé par carrés, et chacun de ceux-ci est entouré de poteaux supportant sept gaulettes de treillage qui servent à la direction des branches charpentières ; dans l'intérieur des carrés existent encore plusieurs lignes de poteaux, plantées d'arbres .

On remarque plusieurs Poiriers et Pommiers qui ont 10 mètres d'étendue, et, comme chacun d'eux a sept branches charpentières de cette même longueur, cela donne 70 mètres par arbre de production fruitière. Les branches des arbres qui se rencontrent sur la même ligne sont greffées par approche.

Primitivement, tous ces arbres, qui étaient taillés d'après les principes généralement admis, donnaient les résultats que nous avons signalés plus haut. C'est alors que M. Vavasseur s'est posé cette question : c Pourquoi les Poiriers sur franc, qui poussent si vigoureusement, sont-ils si inférieurs, comme production de fruits, à ceux qui sont greffés sur Cognassiers ? » Pour M. Vavasseur, il y avait là quelque chose d'anormal ; sans doute le

fait d'une pratique vicieuse. Convaincu de oe fait, il observa encore aveG plu» d'attention le mode de production des lambourdes, et c'est alors que, par un travail raisonné, il est parvenu k faire naître sur les Poiriers sur franc, même dans les parties des tranches cbarpentières les plus rapprochées du tronc de l'arbre, de nombreuses productions fruitières. Ajoutons que, par son traitement, les jeunes Poiriers sur franc rapportent du fruit dès la troisième année, de plantation, ce qui, ordinairement, n'a lieu que vers la dixième.

Afin de ue pas faire une révolution trop subite et trop considérable, et maintenir en même temps l'équilibre dans toutes les parties des arbres, M* Vavasseur procède avec prudence dans la suppression des rugosités formées par le pinçage sur les branches chapentières ; il en fait l'ablation en deux ans : une entre deux, pour revenir Tannée d'après à celles qui restent. Ces suppressions étant faites avec la scie, et les coupes étant ravivées avec la serpette, n'offensent pas l'écoree de l'arbre; elles sont faites à peu près à la sommité de la ride, où existent toujours des yeux latents, et ces plaies sont recouvertes de cire à greffer. Les bourgeons qui sortent du collet de l'amputation et qui, suivant les variétés, ont 7 à 8 centim, de longueur, ont l'extrémité pincée de manière à n'enlever qu'un centimètre, au plus ; le deuxième et le troisième pinçage, qui se pratiquent sur les bourgeons qui repoussent, sont traités de la même manière, et, s'il part d'autres bourgeons, on leq rabat sur le premier pincement en les cassant.

Par ce système, le bois de la base des bourgeons se maintient relativement mou, et il est mieux disposé à former des lambourdes que par la méthode du pinçage ordinaire, qui durcit le bois des productions. En effet, si Ton examine attentivement la base du bourgeon, au-dessus des rides de l'empâtement, on reconnaît que les tissus sont relativement mous; on pourrait même dire que sa consistance diffère peu du support de la

partie qui supporte les fruits. Si tous ne sont pas dans oes conditions, l'exception est en minorité.

Le pincement se fait à partir du printemps et se continue pendant Tété jusqu'au moment du ralentissement de la végétation-; si l'été est pluvieux et que la sève se prolonge jusqu'à l'automne, le dernier pincement sera fait plus tard. Comme le pincement doit être fait successivement et proportionné à la force de l'arbre, qnne pincera pas plus de dix à quinze branches, pour y revenir quelques jours après, et ainsi de suite depuis le commencement.

Quant à ce qu'on est convenu d'appeler taille, ici il n'y en a pas, et M- Vavasseur se borne à opérer le cassement au-dessus du deuxième œil et très-rapproché de ce dernier. Ce cassement se fait en posant le tranchant de la serpette au-dessus et tout près de l'œil, du côté opposé, et en appuyant aveo le pouce, de sorte que d' un tour de main renversée on passe le rameau, d'où résulte une déchirure des fibres du bois, qui se prolonge dans l'intérieur et détermine la formation et la sortie des lambourdes, au lieu que, par le procédé ordinaire, on n'obtient le plus souvent que des branches à bois.

Les branches charpentières ne sont pas taillées, si ce n'est les plus vigoureuses, qu'on arrête sur un œil inférieqr, à la distance des autres branches de prolongement qui, étant plus faibles, ne sont pas taillées.

Peur certaines variétés de Poiriers , telle que Crassane, Bon-Chrétien d'hiver, Doyenné Goubaut, Beurré Diel, Van Mons, Léon Leclere et Orpheline d'Enghien, qui sont difficiles à se mettre à fruits, on doit modifier l'opération, car si on les traitait comme nous venons de le dire, on n'obtiendrait pas de bosses fruitières. Pour celles-ci, le .pinçage doit se faire de quelques centimètres plus long, et la cassure devra être pratiquée au quatrième oeil.

Tel est le système suivi par M « Vavasseur, et à l'aide duquel

il a pu amener à une fructification prompte et régulière des Poiriers greffés sur franc, fait que, jusqu'ici, ou avait regardé comme impossible. Du reste, M. Vavasseur ne fait pas un secret de ce procédé; il est prêt à l'enseigner et à montrer ses résultats à tous ceux qui le désirent. S'il n'en a jamais parlé', c'est par convenance et parce que sa modestie égale son talent. Quant à nous, qui avons l'avantage d'être admis dans l'intimité, peutêtre avons-nous commis une indiscrétion; mais, connaissant son désintéressement et son amour du progrès, nous espérons qu'il nous pardonnera en faveur de l'intention qui nous fait agir.

Quetier.

LES ERREURS EN HORTICULTURE; FAUSSES DÉNOMINA- TIONS DES PLANTES, D'APRÈS M. HERDER.

Bien des fois nous nous sommes élevé contre la facilité avec laquelle on fait des plantes nouvelles en horticulture. Le plus souvent, disions-nous, l'horticulteur peu versé généralement dans la science des plantes, considère comme nouvelles toutes celles qu'il ne connaît pas ; il n'admet pas qu'en dehors de ses connaissances, il puisse y avoir encore quelque chose. C'est bien présomptueux sans doute; mais c'est comme cela, pour quelques-uns du moins. Il en résulte que, chaque année ; on présente aux amateurs une infinité de nouveautés qui n'en sont pas ; ou bien encore, on vend une plante pour une autre, de là une confusion dans laquelle le plus habile botaniste y perd sa science. Aussi avons-nous dû nous incliner souvent devant certaines déterminations horticoles, que nous savions erronées, parce qu'il était difficile d'établir rigoureusement les rectifications, ne sachant pas si l'erreur était ou n'était pas le résultat de la transposition d'étiquettes, ou le fait de l'igno-

rance, car souvent nous trouvions la même plante sous plusieurs noms, ou bien encore plusieurs espèces sous le même nom.

Ce que nous n'avons pas- osé faire» M. de Herder, du Jardin des plantes de Saint-Pétersbourg, l'a entrepris pour les plantes annuelles ornementales qui, chaque année, sont mises au commerce comme nouveautés, et il publie ses rectifications dans leGartenflora.

Nous lui empruntons aujourd'hui une partie de son travail, pour nous encourager à publier ensuite les rectifications que nous avons faites pour les arbustes d'ornement. C'est rendre service — comme le fait observer le secrétaire-rédacteur de la Société impériale et centrale d'horticulture de France — nonseulement aux amateurs qui se tiennent au courant de nouveautés et qui se trouvent par là entraînés à des erreurs fâcheuses, mais encore aux horticulteurs qui pourront ainsi rectifier les noms des plantes qu'ils possèdent sous de fausses dénominations.

Voici donc les rectifications faites par M. de Herder., auquel naturellement nous laissons la responsabilité :

Agrostis pulchella de rétablissement de M. Jùhlke, est simplement Y A ira caryophyllea .

Amarantus giganteus de la maison Benary, est Amarantus hypochondriacus.

Anagallis grandi flora de M. Benary, est A. collina.

Argemone Barklayana de M. Mœhring, est Argemone mexicana ochroleuca.

Argemone platyceras de M. Jùhlke, est la variété albi flora de Y Argemone mexicana*

Briza rufibarbis de M. Jùhlke, est le Briza maxima.

Calceolaria flexuosa du même, est C. glutinosa.

Calendula speciosa imbricata du même, est C. officinalis, à fleurs orangées pleines.

Calendula Pongiï fl. pleno de M; Ausfeld, est tout simplement le Dimorphotheca pluvialis.

Chœnostoma fastigiatum de M. Mœhring, est C. hispidum.

Chrysanthemum multicaule à fleur blanche, de MM. Haage et Schmidt, est Anacyclus radiatus.

Chrysanthemum îricolor Dunetli à fleurs pleines de MM. Benary, Jiihlke et Mœhring, est Chrysanthemum carinatum à fleurs pleines, variété du reste très-inconstante.

Chrysanthemum carinatum Dunetli dé M. Huber, est C. carinatum venustum.

Chrgsanthemûm carinatum purpureum de M. Beriary, est encore C. carinatum venustum.

Chrysanthemum nanum luteum plénum et C. nanum album plénum de M. F. À; Haage, sont tout bonnement des Chrysanthemum coronarium, qui ne sont pas nains du tout.

Cleome iberica de MM. Haage et Schmidt, est le C. steveniana.

Coreopsis Oemleri provenant de rétablissement de M. F. A. Haage, est le C. integrifolia.

Corydalis sempervirens de MM- Haage et Schmidt, est synonyme de C. glauca.

Cosmidium Engelmanni de M. Àusfeld, est Cosmidium ou Thelesperma Burridgeanum atropurpureum.

• Cosmidium atropurpureum du même, est le C. filifolium.

Cuphea miniatade MM. Huber, est le C. purpurea.

Cuphea purpurea lilacina de MM. Haage et Schmidt, est le C. procumbens.

Eschscholtzia crocea de M. Benary, est le Californica.

Gilia minima cœrulea de MM: Haage et Schmidt, est le G. làciniata. '.

Gilia nivalis de M. Jùhlke, est G. multicaulis.

Gilia splendens du même, est G. tricokr.

Iberis arvatica et umbellata alba de M. Jûhlke, est lberis amara.

Iberis odorata de M. F. À. Haage, est I. Lagascana.

Iberis umbellata nana superba de M . Mœhring, est le simple umbellata, sans rien de nain ni de plus superbe.

Ipomœa schizoloma de MM. Haage et Schmidt, est Pharbitù ou Ipomœa hispida;

Ipomœa pûrpurea Hermesina de M. F. À. Haage, est encore le même Ipomœa hispida.

, Ismenia coronopifolia de MM. Haage et Schmidt, est Chrysanthemum varnulosum.

Lathyrus azureus de M. F. À. Haage, est L. sativus.

Lathyrus mauritaniens de MM. Huber, estL. tingitanus.

Limnantes sulphurea odorata de MM. Haage et Schmidt, est L. Ikmglasii.

Linarià elegans de M. Mœhring, est L. versicolor. . Lopezia mexicana de MAL Haage et Schmidt, est L. coronata.

Lupinus venustus versicolor de M. Mœhring, est t. Barkeri.

Lupihus Dunetii atroviolaceus du même, est L* elegans, var. thmetti.

Lupinus Dunetti atroviolaceus de M. Benary, est le L* elêgùns, var. hybridus.

Lupinus mutabilii rostu* de MM. Haage et Schmidt, est L. thutabilis, vnr. Cruickshanskii.

Lupinus afjinis de M. Benary, estJL. nanus.

Lupinus Ehrenbergii et speciosus de M. Jûhlke, sont le L. pubescens.

Lycopersicum giganteum de MM. Haage et Schmidt, est le simple L, esculentum.

{La suite au prochain numéro).

— iez —

Travaux du mois de Juin.

Potager. Le jardinier doit toujours penser à l'avenir; si les légumes abondent ce mois-ci, il n'en est pas de môme dans les mois d'automne; il doit continuer ses semis de choux-fleurs, brocolis, choux-navets, navets, radis roses et noirs, choux à grosses côtes, de Milan, de Bruxelles, chicorée, scarole, laitues, haricots, pois de Glamart, etc .

Jardin fruitier- Le pincement, l'ébourgeonnage et le palissage sont les principaux travaux du mois . Les branches nouvelles qui s'emportent trop devront être pincées; mais il faut bien se garder de les couper trop court; tous les bourgeons de la base se développeraient, et à la taille prochaine on se trouverait très-embarrassé par la présence d'une foule de faux bourgeons. On doit se contenter de pincer seulement l'extrémité, ainsi que le recommande M. Lepère, et si plusieurs bourgeons se développant au -sommet faisaient confusion, on les taille en vert au-dessus du bourgeon inférieur qu'on pourra lui-même pincer si son élongation est trop rapide . Pour rébourgeonnement du pécher, on peut enlever sans inconvénient tous les bourgeons qui se trouvent sur les branches fruitières, au-dessous des fruits, et qui pourraient gôner dans le palissage ; le bourgeon terminal qu'on peut rogner indistinctement, suffit pour appeler la sève nécessaire à la maturation des pèches.

Jardin d'agrément. Les soins de propreté, placement des tuteurs, palissades des plantes grimpantes, sont à peu près ce que réclament les jardins d'agrémeal. On plante les Dahlias, et met en place les plantes repiquées en pépinières, ei pendant la belle saison, telles que Petuniai Cftrisanthême frutescent, Petergonium, Habrotamnus .

Les se'mis de plantes annuelles du mois dernier peuvent se continuer dans les premiers jours du mois ; mais il est trop tard pour les Reines-Marguerite et les grosses Giroflées jaunes. C'est le bon moment de semer les espèces vivaces et bisannuelles, telles que Primevères, Ancolies, Phlox, Pieds d4 Alouettes vivaces, Croix de Jérusalem, Roses Tremiàres, Œillet de Poètes, Campanules, Digitales, Coquelourdep, etc.

paris. - Imprimerie horticole de E. DONNAI)!), roe Caweite. I.

SOàTJUIftB DIS ARTICLES COMTIMJS MHS CE MMiftft.

F. Hmircq, Chronique. — X..., réeeptioi des dépvcavtlemei ■•rsleolM aa palais de Fontainebleau. — 0. Lbkïïtii. 1«w BaeliCMKe 4'Awt* (Pl#VW). — F. Ht* aiMQ, bu booqael de fleurs de Stoffres, et notamment do Leipedesa t>lee)le>r. —

L. CoRDua, i*ffre.§otr U culture" forcée de* AspergM. — H in y* *b'Qobtilly, de Cem. ploi des *?•■»«• eto terré malades. — F. Hbb»cq, de finfloeiee de la sjreflfe iar le sujet. — Herder, les erreurs en hortieoUnre. Travaux do mois de juillet.

CHRONIQUE

Deux nouvelles livraisons 4e Y Histoire des familles, par M. Bâillon. Traités des Plantes aquatiques et du Champignon. Ce que dit de moi un ami inconnu de chemin de fer; biographe imprudent et inconséquent. Singulier résultat d'hybridation de deux Fuchsia ; comme quoi le Lophospermum ne serait qu'un hybride et le Dianthus superbus un Silène armeria . Erreurs et théories ; trop pressés d'atteindre à la célébrité ; les monstres ne prouvent rien ; ils font divaguer les aveugles. Un Chamcerops humilis qui produit, à la volonté de son propriétaire, ou des fruits ronds, ou des fruits allongés -, la cause. L'hybridation ne change ni les caractères ni la forme du fruit du sujet fécondé ; exemple tiré du règne animal et de ^espèce humaiue : ânesse, négresse et blncche. Chenilles et Hannetons. Les Pierrots attaqués par M. Eugène Robert et défendus par M. Chatel : ce qu'ils détruisent de Hannetons. Les Engrais minéraux de M. Georges Ville. Évanouissement, résurrection et recommandation démon ami inconnu.

C'était samedi dernier. Sept heures venaient de sonner au chemin de fer qui conduit dans la patrie de Corneille, et je fuyais à toute vapeur, comme tous les samedis, cet excès île civilisation parisienne qui altère et déprave les consciences. Tétais en compagnie d'un brave Monsieur qui imite ma sage prudence, pour lequel j'ai unegrande vénération et qui éprouve pour moi, mVt-il dit cent fois, depuis deux ans que le hasard nous réunit presque chaque semaine dans le même train, la plus vive et la plus profonde sympathie. Nous sommes ce qu'on peut ^ •* appeler des amis de chemin de fer ; je le vénère sans connaître son nom, et lui, malheureusement, m'adorait sans savoir que j'étais inscrit sur le registre de l'état civil sous celui de

Juiilet 4S68. 43

F. Hérincq,et que je suis le rédacteur de V Horticulteur français, car j'ai pour principe de ne jamais parler herbe, en dehors de l'exercice de mes fonctions» na voulant pas fatiguer les gens de choses qui peuvent ne point les intéresser. J'emportais les deux Monographie* des Dilléniacées et Anonacéesde M. Bâillon, récemment parues, pour me Lien pénétrer — dans le silence des bois — des nouvelles et intéressantes vérités scientifiques contenues dans oes deux dernières publications du savant professeur de l'École de médecine; j'avais, en outre, deux petits livres qui viennent de paraître à la librairie Donnaud : les Plantes aquatiques, par M. Hélye, et la Culture des Champignons, par M. Laizier.

— Qu'est ce que cela ? me demanda mon vénérable ami inconnu.

Je lai passai les Dilléniacées et Anonacées^ et, jusqu'à la station de Poissy, où saint Louis fut baptisé, il resta muet, dévorant, des yeux, ces deux nouvelles livraisons de VHisloire des Plantes. En un l'usage de la parole lui revint à la hauteur de la résidence d'été du grand peintre Meissonnier qui fait de si petits tableaux.

— € Mais c'est très-intéressant, dit-il. Voilà comme je comprends les livres de botanique. Science d'abord, ensuite histoire, propriétés, et usage des espèces, leur application dans les arts, la médecine, l'industrie, etc. Et puis c'est écrit clairement, en bon français et non en ce langage scientifique moderne, incompréhensible souvent pour les savapts eux-mêmes, et qui arrête tout nouvel apôtre au seuil du sanctuaire, comme Ta dit avec raison, je le reconnais, un écrivain grincheux, en parlant de la première livraison de cet ouvrage, dans son Horticulteur français, l'année dernière. Il faut que je me paye ça, Vous vous occupez de botanique, à ce que je vois. Et ces petits ivres ? fit-il en prenant les Traités des plantes aquatiques et du Champignon ?

Et le voilà replongé dans sa lecture»

— * Tiens, tiens, dit-il, à la station de Meulan, j'ai une grande pièce d'eau inculte, j'en vais faire un aquarium. Ce petit livre contient d'excellents renseignements sur les plantes aquatiques, sur celles qu'on peut cultiver et sur celles qu'on doit bannir. Il faut que je me le paye, avec la Culture du CAaropignon. Mon jardinier n'a jamais pu m'en faire pousser un seul ; et pourtant, d\iprè3 ce petit Traité, c'est simple comme bonjour. La grande affaire, à ce que je vois, c'est de bien connaître le degré de maturité du fumier. Où vend-on cela? Àh ! c'est chez Donnaud ; c'est lui qui est aussi l'éditeur du fameux journal YHorticulleur français. Vous connaissez ce journal»? « 11 est bien fait, oui ! c'est seulement dommage que son rédacteur en chef soit si méchant. C'est un garçon d'esprit que cet Herincq, mais mauvais esprit ; et puis, entre nous, mauvais gredin, mauvais coucheur en diable.

— Est-ce que vous avez couché avec lui et reçu des horions?

— Non, reprit- il, je ne le connais pas ; mais tout le monde le dit. C'est un petit bout d'homme rageur et hargneux comme tous les avortons.

— Vous confondez, avec un autre dis-je; car celui qui ne me parait pas être votre ami, est assez grand.

— t)u tout, du tout, il est très-petit, et avec ça une figure, un regard.... qui vous donnent le frisson, et montrent de suite ce qu'il est. On a voulu me faire faire sa connaissance, mais je ne tiens pas à connaître un aussi mauvais homme

Et lancé sur ce chapitre, mon brave biographe ne tarissait .pas. J'avoue que j'étais assez embarrasé de ma personne; j'au* rais bien voulu être ailleurs ; non pas qu'il m'était désngréâble d'entendre ce panégyrique, — je le connais depuis silongtemps ! — mais je redoutais pour cet excellent homme, — qui se faifait ainsi l'écho des louanges qu'on débite sur mon compte, — le dénouement qui devait arriver nécessairement ; car il était

difficile de conserver longtemps encore notre incognito, et le jour où il devait apprendre que je suis cet être dont le simple regard donne le frisson, ce jour-là ne me paraissait pas devoir être pour lui le plus beau jour de sa vie.

Fort heureusement, qu'en passant devant le parc du prince de Talleyrand Périgord, à la station de Triel, mon panégyriste aperçut les éclatantes corbeilles de (leurs qui garnissent la pelouse devant le château, et il changea le sujet de sa conversation; il se mit à parler alors horticulture, hybridation.

— « -Mon jardinier, dit-il, est un garçon assez intelligent qui s'amuse à hybrider. Cette année il a obtenu un singulier résultat. Il avait fécondé, Fan passé, le Fuchsia fulgens avec le Vainqueur de Puebla; il en a eu trois graines, qui récoltées et semées avec soin lui ont donné. . . . devinez quoi ?. . . .

— Un rosier ? dis-je.

— Du tout, mais aussi fort que cela. Une plante grimpante de la famille du Muflier!... Oui, Monsieur, de cette fécondation croisée de deux Fuchsia, il a obtenu un Lophospermum ! Et qu'on vienne dire que le* croisement ne produit pas d'effet. *

Voyez vous d'ici l'annonce d'un Fuchsia grimpant à fleur extraordinaire! Comme Herincq aurait daubé dessus.

— Et vous croyez qu'il aurait eu tort ?

— Assurément non 1 tyais un autre fait du Dianthus su* perbus, charmant Œillet à pétales très-finement frangés, et que je cultive abondamment, car il est très-joli. Cette année, il s'est trouvé, dans le semis, moitié plant du Silène armeria) et, chose extraordinaire, par le repiquage, chaque touffe se trouve composée d'un pied d'ŒilIet et d'un pied de Silène. Un «partisan de l'instabilité de l'espèce, ou un ami de l'hybridation, ne manquerait pas de faire grand bruit de ce résultat. Ce serait pour lui du dimorphisme, de la disjonction de deux races ! Et c'est tout simplement le résultat de graines mélangées ; ce qui arrive souvent dans les opérations de culture.

Les expérimentateurs et les faiseurs de théories ne* tiennent pas' assez compte des erreurs de ce genre* Ils établissent des lois — pressés qu'ils sont d'atteindre à la célébrité — sur des faits semblables ou sur des anomalies qui ne prouvent rien, qui ne peuvent pas plus témoigner eu faveur de n'importe quoi, que les bossus et les muets ne prouvent que l'espèce humaine était primitivement ornée d'une bosse sur le dos et privée de l'usage de la parole. En général, l'homme qui se passionne pour une chose, ne voit jamais ce que cette chose est réellement : elle l'aveugle et le fait divaguer.

« Ainsi, un amateur du Midi prétend que le Chamœrops humilis, quia les fruits ronds, lui donne des fruits allongés quand il le féconde avec le pollen du Dattier. Je ne nie pas le fait de la présence de fruits allongés sur son Chamaerops, mais je suis très-porté à douter de la cause qu'il donne. La fécondation agit sur l'embryon qui, lui, peut produire un arbre dont les fruits auront plus 01* moins les caractères du père. Le pollen n'agit en effet que médiatement, c'est-à-dire par l'intermédiaire de la petite plantule contenue dans l'ovaire de la fleur fécondée, et non immédiatement, directement sur la plante, sur le fruit entier.

» Le croisement végétal ne produit pas plus d'effet sur la mère que le croisement animal. Ici jamais on n'a vu, par exemple, une ânesse, mère future d'un mulet, modifier sa forme et se rapprocher de celle du cheval ; elle est et reste toujours ce qu'était l'âne sur lequel notre Seigneur fit son entrée à Jérusalem. De même pour la race humaine. Jamais une négresse ne perd de son beau noir nubien par le seul fait de son mariage avec un -blanc ; et si une femme blanche devait prendre la moitié de la couleur noire d'un nègre en se mariant avec lui, il est à parier 100 contre 1 que les maires des 20 arrondissements de Paris n'auraient jamais à proclamer une telle union.

« Le Chamœrops d'Hyères, qui donne des fruits ronds et longs, n'est certainement qu'un individu d'une variété trèsnoniade, c'est-à-dire sans fixité, donnant tantôt des fruits longs comme ceux de la variété signalée par M. Cosson, tan* tôt des fruits ronds comme le type, et cela sans qu'il soit besoin de lui imposer le pollen du Dattier. Je n'aime pas beaucoup Herincq, ajouta mon estimable compagnon, mais je trouve qu'il a raison de rire et de plaisanter sur certaines hybridations horticoles. — Mais voyez donc ces malheureux arbres ; dans quel triste état ils sont. ;»

Nous passions, alors, devant une prairie dans laquelle sout plantés des Pommiers, et, en effet, ils ont été tellement ravagés par les chenilles qu'il ne leur reste plus une seule feuille.

— « Ce mangeur de ver blanc, continua mon bienveillant compagnon, devrait bien se nourrir aussi de chenilles — (FauUil qu'il me déteste pour me vouera une telle nourriture I) — lui qui prétend que les Pierrots mangent les Hannetons et les chenilles, il ferait chorus avec eux, et la France serait bien vite débarrassée de ces désastreux insectes.

— Vous avez l'air de rire, dis*je enfin à cet excellent homme, mais votre ennemi intime, M. Herincq, me parait être dans le le vrai. Voici une notice que j'ai reçue ce matin de M. Chalel, en réponse aux anathèmes de M. le Dr Eugène Robert contre les Moineaux, dans laquelle il est dit aussi que c c'est en partie à leur disparition presque complète et inexpliquée dans un grand nombre de localités, et aussi à la grande diminution dans leur nombre et celui des oiseaux en général, par suite des divers moyens auxquels on a recours pour les détruire, que doit surtout être attribuée la grande multiplication des Hannetons » .

M. Eugène Robert a traité, en effet, le Pierrot avec uu sansfaçon qu'on est surpris de trouver chez un homme sérieux; il veutbien concéder à ces vauriens, a ces voleurs, à ces effrontés.

— 10» — comme il les appelle, qu'au printemps Us s'emparent de quelques chenilles. M. Chatel lui affirme que c'est par centaines chaque jour, et que d'après une expérience faite par M. Roy, de la Société d'acclimatation, un ménage de Moineaux apporte journellement à ses petits 60 à 65 Hannetons. Or, dit M. Chatel en supposant 300 Moineaux par chacune des 38,01)0 corn* munes de France, on trouve qu'il y a 11,400,000 Pierrots français. Ce chiffre ne m'étonne pas, j'ai toujours cru qu'il était égal à celui des trois quarts des habitants. Mais prenons les chiffres approximatif de M- Chatel. — 11,400,000 Moineaux doivent former au printemps, statistiquement parlant, 5,700,000 ménages, soit, en moyenne, 150 par commune. Donc 60 Hannetons par couvée, et 25 pour la nourriture quotidienne des grands parents, font 85 par famille) par corné* quent les 5,700,000 ménages débarrassent la France de 484,500,000 Hannetons par jour. Maintenant en multipliant ce chiffre par 30, qyi est le nombre de jours que peut durer cette grande Saint-Barthélémy, on obtient le chiffre de quatorze milliards cinq cent trente-cinq millions de Hannetons qui sont annuellement dévorés par les Pierrots. Quand on voit de pareils chiffres, on est étonné qu'il existe encore des vers blancs. Que serait-ce donc s'il n'y avait plus de Moineaux?

— C'est vrai, dit mon compagnon, c'est très-vrai, mais ce sont des chiffres, et avec eux on prouve et on démontre tout ce qu'on veut. Le tout est de bien savoir s'en servir. Ainsi voyea pour les engrais chimiques. D'après les chiffres donnés par M. Georges Ville, son engrais produirait énormément plus, et à meilleur marché que le fumier. Mais pour moi ce ne sont toujours que des chiffres, de la statistique, et je n'ai qu'une médiorre confiance en eux et en elle. Ce que je voudrais ce sont à** «tit. • résultat» matériels, et M. Ville n'en montre pas.

'— Jo \ ous demande bien pardon. Il les montre dans ses conféicno s ii Vi- cennes, qui ont lieu les dimanches pendant les

mois de juin et juillet.Là, chacun peut voir ses cultures comparatives, et les effets surprenants de cet engrais. Je suis ces expériences depuis trois ans, et ce que je vois chaque année ne me permet pas de douter de la supériorité des engrais minéraux et de leurs avantages sur tous les autres engrais chimiques qui sont toujours plus ou moins falsifiés. Si cet engrais était employé en horticulture on obtiendrait certainement des effets merveilleux. Je me propose de l'essayer pour les plantes cultivées en pot, et j'en espère de bons résultats. Nous en recauserons à notre prochaine rencontre.

J'étais, en effet, arrivé au terme de mon voyage, à la première station de Mantes ; je quittai mon bienveillant panégyriste. Mais au moment où je fermais la portière, il me tendit la main en me priant de lui laisser mon adresse parce que, ajouta-t-il, il pourrait bien avoir quelque chose à me communiquer avant de me revoir. J'eus un moment d'hésitation, car je redoutais l'effet.

Le train se remettait en marche quand je lui tendis ma carte. Hélas! à peine avait-il lu mon nom, qu'il poussa un cri déchirant; laissa échapper le fatal petit carré de papier, et disparut dans sa case

Lundi matin en reprenant le train pour Paris, j'appris qu'un employé du buffet, de la station suivante, avait trouvé un homme évanoui dans un compartiment, en ouvrant les portières pour permettre aux voyageurs de profiter des 10 minutes d'arrêt ; mais que, grâce aux soins intelligents du médecin de la compagnie, le docteur Drouet, il revint à la vie et put continuer son voyage, après avoir fait celte recommandation à son sauveur.

€ Jeune homme, ne dites jamais de mal de quelqu'un que vous ne connaissez pas, à une personne dont vous ignorez le nom, quelle que soit la sympathie que vous éprouviez pour elle. C'est imprudent et très-malsain ; on peut perdre l'amitié d'un homme qu'on estime. >

Que mon spirituel et respectable ami de chemin de fer se rassure sur les suites de cette aventure. Je ne m'en suis rappelé que pour m'en amuser un instant; demain elle sera oubliée. Je suis taquin mais non rageur ni hargneux. Quant à ma méchanceté, si c'est le fait d'un être méchant de dire la vérité aux gens, de dévoiler les charlatans et les intrigants ; de ne pas s'astreindre à toutes les volontés de tout le monde, ou de ne pas toujours applaudir aux vues ambitieuses de certains hommes, oui, je suis méchant, et je reconnais qu'il est difficile d'en trouver un qui le soit plus que moi ; mais je proleste contre l'idée de ceux qui veulent que je sois un de ces êtres pervers, qui aiment à faire le mal, pour se donner le misérable plaisir de nuire à de pauvres innocents, de sacrifier à leurs rancunes de malheureuses brebis qui ne veulent pas se soumettre à leurs

ciseaux tondeurs.

F. Herincq.

P. S. M. Camille Bernardin nous a fait adresser la note

suivante avec prière de lui donner place dans ce recueil. Nous

l'insérons uniquement pour lui montrer notre désir d'aider au

progrès de l'horticulture, puisque l'honorable président de la

Société des rosiéristes croit que cette note peut contribuer à

son avancement — du progrès bien entendu.

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