RÉCEPTION DES DÉPUTATIONS
DE LA SOCIÉTÉ d' HORTICULTURE DE MELUN ET DE FONTAINEBLEAU ET DE LA SOCIÉTÉ DES ROSIÉRISTES DE BRiE-COMTE-ROBERT AU PALATS DE FONTAINEBLEAU.
18 juin 4868.
Dimanche dernier Leurs Majestés l'Empereur et l'Impératrice ont reçu à une heure, au Palais de Fontainebleau, une dé-
putation des membres de la Société d'horticulture des arrondissements de Melun et de Fontainebleau ainsi que les lauréats de l'Exposition horticole de Nemours. Leurs Majestés ont éga* lement reçu à la même heure une députation de la Société des rosiéristes de Brie-Comte-Robert et ses environs. M. le Vi* comte de Vesins, préfet de Seine-et-Marne, M. le baron de Beauverger, député, président de la Société d'horticulture de Melun et Fontainebleau, M. le comte de Jaucourt, député» et M. Josseau, député et président de la Société d'Horticulture de Coulommiers, accompagnaient les députations . Après les présentations, la Société d'horticulture de Melun et de Fontainebleau, placée sous le patronage de Sa Majesté l'Impératrice, h offert à Leurs Majestés une corbeille garnie de plantée tnagni* fiques à feuillage, au milieu desquelles étaient étalés les beaux raisins sortis des serres de M. Rose Charmeux deThomery qui avait placé au milieu de^son chasselas Napoléon, Fratikental, muscats d'Alexandrie et trois Pèches admirables sur chacune desquelles il avait eu la gracieuse idée d'incruster ces mots : Vive l'Empereur! Vive l'Impératrice! Vive le prince Impérial! Leurs Majestés ont complimenté les membres de la Société d'horticulture et félicité les principaux lauréats de l'Exposition de Nemours sur les succès qu'ils avalent remportés à cette solennité horticole.
La Société des rosiéristes de Brie-Comte-Robert, placée aussi depuis l'année dernière sous le patronage de l'Impératrice, a ofîert ensuite ^ Leurs Majestés une admirable corbeille des plus belles Roses cultivées dans sa circonscription.
Au milieu derce gracieux groupe de trois mille fleurs trônait un bouquet de Roses Impératrice Eugénie, soutenues par les variétés Empereur Napoléon , Prince Impérial, entourées ellesmêmes par les nouvelles Roses mises au commerce par les rosiéristes de Brie-Comte-Robert, telles que Vicomtesse de Vesins, Baronne de Beauverger, Elise Chabrier, ainsi que les Roses de
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semis primées dans les différentes Expositions de l'année. Leurs Majestés ont daigné féliciter les rosiéristes sur la beauté et la fraîcheur de leurs belles Roses. L'Empereur s'est entretenu ensuite avec M. Camille Bernardin, président de la Société, sur l'importance considérable du commerce de Rosiers dans sa contrée et a bien voulu accueillir favorablement la demande qui lui était faite de planter dans le jardin des Tuileries les plus beaux gosiers cultivés à Brie-Comte-Robert et dans ses environs. De sou côté, Sa Majesté l'Impératrice questionnait les rosiéristes sur les heureux résultats qu'ils obtenaient chaque jour dans leur commerce et a reçu elle-même des rosiéristes quarante magnifiques bouquets de Roses que chacun d'eux offrait à Sa Majesté comme témoignage de son respect et de sa reconnaissance. Les députations se sont ensoi te retirées vivement impressionnées du gracieux accueil qui venait de leur être fait. lin sortant du palais les rosiéristes ont jonché six hectolitres de pétales de Roses sur le grand escalier et dans la cour d'honneur du château, voulant ainsi ématller de fleurs le chemin qu'allaient parcourir Leurs Majestés pour se rendre anx course» de Fontainebleau.
ROSE DUCHESSE D'AOSTE (MÀRGOTTIN» (Pl. VII).
Arbuste vigoureux, à rameaux de couleur marron clair nuancé de vert olive, et recouverts d'une fine poussière glauque comme celle qui constitue la fleur des Prunes; les aiguillons sont de couleur carminée, aplatis latéralement, recourbés en bec de corbb, et d'iuégaie grosseur ; les plus petits sont droits, et se confondent avec les poils glanduleux qui garnissent la partie supérieure des rameaux.
Les feuille^ d'un vert clair en dessus et d'un vert pâle blanchâtre en dessous, sont composées de 3 ou 3 folioles fixées
à an pétiole qui est coudé au point d'insertion de la foliole su* périeure, creusé en gouttière, rougeâtre, garni de cils glanduleux en dessus, et armé de quelques aiguillons rudimeutairesen dessous. Les stipules sont vertes, ciliées sur les bords, élargies dans la portion soudée, très-étroites, linéaires-lancéolées dans la portion libre, et formant un angle droit avec le pétiole. Les folioles ont une consistance qui tient le milieu entre celle des folioles des Roses île Bourbon et c^Jle des Rosiers hybrides : les deux inférieures, beaucoup plus petites, sont obloûgues -lancéolées, aiguës ; les deux supérieures, ovaleslancéolées, et la terminale, plus grande, est ovale-oblongue, atténuée au sommet ; toutes sont finement et inégalement dentelées, glabres en dessus, pourvues de poils glanduleux sur la nervure médiane delà face inférieure.
Le pédoncule est très-gros, très-ferme, rouge-marron clair, tout hérissé de nombreux poils glanduleux courts.
La fleur, solidement soutenue sur son pédoncule, est grande, très-pleine, d'un joli rose groseille carminé, nuancé plus pâle, exhalant une fine et délicate odeur de rose cent-feuilles* Les pétales extérieurs sont obovales, formant cuillère , dressés, puis plus ou moins étalés, rose pâle avec veines rose vif en dessus, rose argenté en dessous ; les pétales du centre, d'un beau rose carminé vif, *sont plus petits ou plus ou moins repliés, simulant lecteur de la rosette <T officier de la Légion d'honneur. Le tube du calice ou ovaire est oblong, à peine contracté au sommet, de couleur vert olive nuancé de brun clair ; les sépales ou folioles calicinales sont très-inégaux : deux sont bordés à leur base d'appendices sur les deux côtés, tout à fait foliacés, plus ou moins profondément dentelés au sommet; deux autres sont simples, entiers, terminés en pointe ou par une petite expansion foliaire ; le cinquième offre une forme intermédiaire, c'est-à-dire qu'il n'a d'appendices que d'un seul côté.
C'est ici, surtout, que ce dernier sépale pourrait poser l'énigme latine du poète botaniste :
Quinque sumus fratres, duo sunt sine barba Barbatique duo, sum semi-berbis ego.
C'est-à-dire : nous sommes cinq frères (allusion aux cinq sépales), deux sont sans barbe, autrement dit sans cils ou sans appendices foliacés ; deux sont barbus sur leurs bords ; moi je ne suis barbu que d'un côté.
Cette nouvelle variété a été obtenue par M. Margottin, horticulteur de Bourg-la-Reine (Seine), qui a été autorisé à la dédier à MAt la princesse Dalpozzo délia Cisterna, nouvellement mariée à un des fils du roi d'Italie, à S. A. R. le duc d'Àoste.