DE L'INFLUENCE DU SUJET SUR LA GREFFE
C'est une question qui a longtemps préoccupé les physiologistes et les horticulteurs ; tous, à peu près indistinctement, ont nié que le sujet puisse exercer une influence sur la greffe, de manière à lui faire subir un changement quelconque. C'est que jamais, en effet, les horticulteurs ne se sont aperçus de la moindre modification dans les caractères de l'espèce greffée, — ■ Dieu sait ce qui se fait de greffes par an en horticulture, — et c'est pour cette raisoh qu'ils multiplient les variétés accidentelles par la greffe pour en fixer le caractère, pour maintenir la variation. On croyait le fait positivement acquis à la science. Aujourd'hui la romantique Allemagne jette une lumière toute nouvelle sur la question, à l'aide de Pommes de terre greffées qui viennent témoigner' en faveur de l'influence du sujet; et le doute ne parait pas possible, en présence de l'exactitude des expériences, pour lesquelles la Providence s' est montrée, toutefois, bien bonne mère, en dirigeant son fils, le Hasard, dans la reprise des greffes.
M. Hildebrand est un savant allemand. Il avait entendu dire qu'une personne, ayant eu l'idée de greffer les yeux de Pommes de terre colorées dans des Pommes de terre blanches, en avait obtenu des tubercules bigarrés; mais il ne crut pas au sérieux de cette opération qui lui semblait quelque chose de fabuleux. C'est un homme habile, M. Hildebrand, de déclarer tout d'abord qu'il regardait cette chose comme fabuleuse, afin de faire croire qu'il est, lui, 'très-sérieux et très-véridique ; 'malheureusement son récit tient trop du roman. Ecoutez-le ; je l'emprunte au journal de la Société d'horticulture de Paris, qui en donne la traduction dans son numéro de mai qui vient de paraître. M. Hildebrand, pensant toutefois que l'expérience valait la peine d'être répétée, s'exprime ainsi :
« Dans ce but, j'eus recours-, d'un côté, à une variété de