SH
Pomme de terre dont les tubercules sont rouges, comme écailleux à leur surface et généralement plus longs qu'épais; d'un autre côté, à une variété dont les tubercules sont blancs, unis à leur surface et constamment globuleux. Pour m'assurer de la pureté et de la fixité de ces deux variétés, je plantai un certain nombre de tubercules de l'une et de l'autre, qui tous, tant les rouges que les blancs, donnèrent des tubercules entièrement semblables aux tubercules semences. »
— Et ose* dire, amis lecteurs, que les Allemands ne s'entendent pas à préparer des petits coups de théâtre, pour donner à leur roman scientifique un petit air de réalisme ! Ainsi voilà qui est bien établi : les tubercules rouges et blancs non greffé* ont produit des tubercules exactement semblables à eux*. Voyons ce qu'il va advenir de l'union de sèves par le greffage,
& En même temps, dit notre romancier, je pris quelques tubercules blancs sur lesquels j'enlevai avec soin les yeux ; à la place de ceux-ci j'introduisis et je maintins, au moyen de petits morceaux de bois, d'autres yeux que j'avais pris sur la variété rouge. Réciproquement sur quelques tubercules de la variété rouge j'enlevai tous les yeux que je remplaçai par ceux que j'avais détachés des tubercules blancs. >
— Tel est le morceau d'ouverture; c'est une musique bien nourrie comme toute musique allemande, et les accords sont plus que parfaits. Attention maintenant ; le rideau se lève. Sur le premier plan est un champ de Pommes de terre ; M. Hilde» brand entre en scène du côté du jardin. Il prend un air sérieux; mais le mouvement de ses bras et de ses jambes prouve qu'il..» ne l'est pas.
c Les tubercules ainsi greffés furent ici mis en terre, dit-il. La plupart ne donnèrent pas de pousse; mais (/eux d'entre eux, un blanc et un rouge, donnèrent naissance chacun à une plante. >
— Ici M. Hildebrand tombe à genoux et remercie la divine
Providence d'avoir bien voulu autoriser son fils, le Hasard, à conserver la vie seulement à deux de ses tubercules greffés et de manière à ce qu'il ne s'en trouve juste qu'un blanc et quun rouge. S'adressant ensuite au parterre il continue :
• Lorsque je les arrachai, à l'automne suivant, pour chaoun dfc ces pieds, avec plusieurs tubercules unicolores, tout à fait semblables à la variété mère, j'en trouvai un qui tenait plus oi} moins le milieu entre les deux,
— Un seul dan* chacun des pieds 1 Je trouve que ce n'est pas assez ; M, Hildebrand aurait bien pu en mettre deux ; au moins le père et la mère eussent eu ainsichacunleleur. Moi, plus ma* lin, j'en aurais trouvé un dans la touffe rouge, et uneldemi dans la touffe blanche ; ça aurait eu un petit air de vérité bien plus naturel que un tout seul dans chaque pied, surtout quand, sur deux piedssauvésdu naufrage, il y aeu déjà un pied de chaque, un de rouge, un de blanc. Ce un partout sent un peu trop ce fameux héros de roman du jour> qu'on appelle Rocambole, Après cela, la Providence a des coups à elle, qu'il n'est pas donné à l'homme de comprendre, et M. Hildebrand ne pou* vait pas aller contre sa volonté. Enfin il a deux tubercules qui tiennent plus ou moins le nailieu entre les deux tubercules rouges et blancs» Comment sont -ils?
• Le plus beau était celui qui provenait d'un œil de la variété rouge, implanté dans un tubercule de la variété blanche. Il était allongé; à Tune de ses extrémités il ressemblait parfaitement à la Pomme de terre rouge par sa couleur et par l'état de sa jmrface ; à partir de cette portion colorée, la coloration rouge s'étendait jusque près du milieu de la longueur du tubercule, puis venait une zone blanche avec des raies transversales rouges ; enfin le reste du môme tubercule, formant l'extrémité opposée, était complètement blanc, comme le sujet dans lequel avaient été implantés les yeux du tubercule rouge. Ce tubercule avait donc nettement, ajoute M. Hildebrand, vers l'un de ses bouts, le caractère de la variété rouge, vers l'autre
bout le caractère de la variété blanche ou du sujet, et sa portion moyenne offrait un mélange des deux caractères, néanmoins avec quelque prédominance de la variété rouge, c'est-àdire de celle d'où provenait l'œil greffé. ■
Quanti l'autre tubercule mixte qui provenait d'un œil de la variété blanche, greffé dans un tubercule rouge, M. Hildebrand déclare qu'il était moins bien venu. Cela se comprend. La couleur rouge est l'emblème de la force et de la toutepuissance — le pantalon rouge des militaires en est la preuve, — tandis que le blanc est le symbole 'de la virginité et de la faiblesse ; donc un tubercule blanc doit produire naturellement un être moins bien venu qu'un tubercule rouge ! De tout ceci l'auteur conclut ainsi du dénoùment de sa petite comédie :
c Ces tubercules sont évidemment le produit de l'union non sexuelle de deux variétés, entre lesquelles ils tiennent le milieu, et ils montrent d'une manière éclatante l'influence que peut exercer le sujet pour changer les propriétés d'un œil qui y a été implanté. »
Pour moi, ils montrent, en outre, qu'il y a en Allemagne des hommes assez peu respectueux des choses sérieuses pour se moquer des savants, gens généralement crédules.
Les expériences de M. Hildebrand ressemblent à celles d'un médecin français qui a entretenu, ces années dernières, l'Académie des Sciences d'un nouveau mode de culture des Champignons, qui consistait à faire germer les spores sur une plaque de verre, et de les prendre ensuite, à l'aide du microscope, pour les déposer sur les couches. Il en obtenait, disait-il, des Champignons colossaux, et pour montrer sa bonne foi, il en déposait des échantillons sur le bureau de la docte assemblée. Nous avons ri de l'effronterie de cet enfant d'Esculape, et plaisanté de ses prétendues expériences. Le résultat définitif a prouvé que nous avions eu raison de ne point prendre la chose au sérieiyc ; car, depuis, on a appris que les
magnifiques agarics, qui ornaient le bureau de l'Académie des Sciences, poussaient tout seuls dans la cave d'un marchand devins du quai Valmy ! Je ne veux pas conclure cependant que le docteur français et le savant allemand se moquent intentionnellement du public. Je les crois, au contraire, sérieusement de bonne foi ; mais j'ai la conviction qu'ils ont chacun, non pas un tubercule de Pomme de terre dans le cerveau, mais seulement, et malheureusement, un grain d'inflammation cérébrale, qui donne naissance à des productions sur* naturelles, comme la germination des spores des Champignons sur les plaques de verre, comme des Pommes de terre hybrides par l'union de deux sèves, et comme la fameuse théorie de la Parthénogenèse.
On me reprochera sans doute encore de n'èlre pas sérieux dans la discussion ; mais peut-on prendre au sérieux des expériences qui n'ont jamais été faites ; car il n'est pas besoin d'être en possession d'une bien grosse somme d'intelligence pour découvrir que les expériences de M. Hildebrand n'ont jamais existé que dans son cerveau, comme celles du Champignonniste du quai de Yalmy . Dès lors il faut se garder d'en parler sérieusement; ce serait leur donner un brevet d'autorité. H faut au contraire les traiter selon leur valeur ; dans ce cas, on ne peut qu'en rire et s'en moquer .
F. Herincq.
LES ERREURS EN HORTICULTURE; FAUSSES DÉNOMINA- TIONS DES PLANTES, D'APRÈS M. HERDER.
(2a article.) '
Continuons la publication des rectifications de M . Herder. Madaria coryrnbosa des mêmes, est M. élégant. Malva variegata de M. Jùhlke, est M. mauritiana. Mimulus robustus de M. Benary, est M. luteus var. cupreus. Mimulusquinquevulnerusrobustus de MM. Haage etSchmidt, est le luteus grandi flor us.
Nemophila. Trois espèces de ce genre : atomaria discoïdalis, insignis et maculatay sont vendus dans plusieurs établissements sous douze noms différents !
NicotianadrientalisàeT/L. Àusfeld, estîeiV. tabactm.
Nigella orientalis de M. Jùhlke^ est le A7, damascena; le té* ritable orientalis de Linné a les fleurs jaunes.
Ocimum meccicanum de M. F. A. Haage, est ©< basilicum.
OBnothera Drwnrfxondii nana du même, est le Drummondii genuina.
QEnothera Sellowii du même, est le OEnothera odorata.
Oxalis tropœoloides de M. Jûhlke, est le corniculata atropurpurea.
Phacelia tcxana de MM. Haage et Schmidt, est tantôt du P. congesta, tantôt du P. tanacetifolia.
Podolepis affinisde M. F. Haage, est le P. chrysantha*
Polygonum orientale speciosum de M. Benary, est tout simplement le type.
Heseda arborea de MM. Haage et Schmidt, est le ft. méditerrahea.
Ricinus macrophyllus atropurpureus de M . Mœhring, est Te A. eommunis var* gemiinus.
Ricinus spectabilis de M. Benary, est même plante que oh dessus*
Ricinus rutilant de M. F. A. Haage, est R. commuais tu* ridts.
Rxcinus tunicensis de M- Benary, et JR. ornalus de M. Mœhring, sont le R. eommunis var. rubescens.
Schizantkus. Les deux variétés du pitmdius : violaceus genuinus et lildcinus oculatus ont été vendues par MM, Haage et Schmidt, sous les noms de i gracilisr humilis, obtusifoliusypor* rîgens, pulchellus, venustus et violaceus } par M. F. À. Haage, sous celui de grandi flor us oculatus; et par M* Benary, sous la désignation de Schizanthus species du Chili.
Silène hirsuta de MM. Haage et Schmidt, est S. biparlita*
Silène Bergeri des mêmes, est Silène trinervia.
Silenè procumbens et S.pukhella des mêmes, est S.vespertina.
Solarium decurrens des mêmes, est S. sisymbriifolium.
Sorghum rubens de M. Jùhlke, est tout bonnement le S. vulgare.
Tropœolum Tom Thumb white (Capucine Tom Pouce hlanche), est Tropœolum majus var. citrina.
Tropœolum elegans nanum et T. King Theodar de M. Mœhring, est T. majus var. nana.
Venidium calenduloïdes et V. multiflorum de M. F. A. Haage, sont Arctotis fastuasa et var. spmulofy.
Waitzia acuminata citrina et W. corymboia sulphurea, sont du W. corymbosa.
Zinnia ambigua de M. JUhlke, est Zinnia tenuiflora.
On voit, par cette liste, que nous devons avoir raison quand nous disons que les noms des horticulteurs ne doivent jamais être pris en considération par les botanistes, et que la nomenclature horticole n'a rien à voir avec la nomenclature botaniste»
Nous pourrions en donner une nouvelle preuve en publiant des rectifications de noms d'arbustes. Mais il nous faudrait citer un millier de noms, au moins, et cela deviendrait fastidieux; outre les fausses nouveautés, il y a, en effet, des erreurs qui proriennent de la négligence, ou de l'ignorance des pépiniéristes qui envoient la môme espèce sous trois et quatre noms différents; pour citer ne qu'un exemple nous prendrons un Berberis qui est venu de la même provenance sous le nom de flerberis ruscifolia, glauca et umbellata.
Les erreurs de ce genre sont tellementnombreuses9 que nous n'avons plus aujourd'hui la moindre confiance dan» les noms sous lesquels les plantes nous sont envoyées, non-seulement par les horticulteurs, mais aussi par les établissements scien* tifiques, et c'est malheureux, on en conviendra. Si nous citions toutes les fausses déterminations qu'on rencontre dans les écoles de botanique, on nous accuserait aussitôt de calomniateur; car on ne voudrait jamais croire qu'au foyer même des lumières, on trouve par exemple le platane 'd'orient, sous le nom de Platanus occident alis, etc., etc. F. Herincq.
Travaux du mois de Juillet.
Jardin Potager. On continue, pour les couches, les opérations du mois pré* cèdent; on veille sur les Melons, les Patates et les Aubergines qui les couvrent.
En pleine terre, on sème Poôeaux, Ciboule, Chicorée de Meaux, Scarole et Choux-fleur; on met en place ceux qu'on a semés le mois dernier. On peut encore semer des Navets, Raiponces, en mêlant des Radis, des Carottes demi-longues pour l'hiver, et, à la fin du mois, de la Chicorée blanche, de l'Oignon blanc pour être repiqué en octobre, et de la Scorsonère pour passer l'hiver ; on met en place le Céleri turc, et on en butte tous les quinze jours pour en avoir toujours de bon à être consommé; c'est le meilleur temps pour l'arrachage des Échalotles etPAil*
Jardin fruitier, il faut visiter fréquemment les espaliers; palisser, ébourgeonner, découvrir, sans trop les dégarnir, les fruits dont on veut avancer la maturatiop ; veiller avec attention à maintenir l'équilibre des arbres, arquer ou pincer les branches vigoureuses; dépalisser et dresser les faibles» Regarnir les vides des espaliers ou des quenouilles, par le procédé de la greffe par approche des rameaux herbacés . Dans les journées très-chaudes arroser les pieds des arbres nouvellement plantés, surtout les Pêchers, et seringuer les feuilles.
Vers la fin du mois on greffe en écusson, à œil dormant, les Cerisiers, Pêchers, Abricotiers, Poiriers, etc., dont la sève s'arrête de bonne heure; et à œil poussant tous les arbres dont la végétation se prolonge jusqu'aux gelées.
Jardin d'agrément. Arroser, palisser, élaguer, mettre en place les plantes d'automne, ébourgeonner les Dahlias, relever et mettre sur les tablettes, dans un endroit sain et aéré, les bulbes ou griffes de Jonquilles, Narcisses, Jacinthes, Tulipes, Renoncules. Anémones, etc., aussitôt que les feuilles ou hampes seront desséchées; marcotter les Œillets, semer les Cinéraires et les Lupins.
Serres. Les plantes restées en serre ne demandent plus que des arfoseménti, âe l'air et un peu d'ombre quand le soleil est trop ardent*
w&oass*
Parts. « Imprimerie horticole de E. DOflTMUD.raeCisftette.!*
MUAltt DBS ARTICLES COITEfTS DANS CE fUJattiO.
F. Bwtnco, Chreaia|e)e. .— Jûtn Jaulot, îe« PrlmeTèrcai 4e I» Chine, variétés 1w«Hés (Pi Vlil..'— 0. Uscdtkr, H«vten*ra ou njdrancra neuvenz. — F. Huincû, le Marri» et le Kantien eau. — F. Mbbmcq, .a Vlgae vierge en
Jap*a : CUsos Royle oo Cissns tricntpidaïa. — L. Coudur, ■aricat a nm^s i cosse violette. — Th. Mont, fireffe d'été en couronne.— 0. Limotiav revue des Jauraaax :
plantes iwaveilef. — Travaux do mois d'août. a
CHMNÏQUE
Ud nmt sur l'hybridation par les sèves; un hybride de la carpe ot du lapin. M. Darwin, et sa théorie delà transformation des être?; comment on établit des lois scientifiques. NoïtveHes greffes* des pommes de t»»rre de M. Trail; création de la première molécule attfto-pbèrede l'homme et du chêne. Graines d'héliotrope au tédilu viennes trouvées à Mantes. Nouveau procédé espagnol de multiplication des poiriers, M. Naner. Résultat de nos expériences sur l'engrais de hannetons ; engrais nouveau, les cendres végétatives; essai de culture
. 4e l'Arracacha, par M. Vavin ; une plaisanterie que je trouve mauvaise; l'Exposition de Levallois; une histoire scandaleuse mais instructive.'
Dans notre dernier numéro , nous avons fait connaître un fait d'hybridation obtenue par le greffage de bourgeons de Pommes de terre sur nn tubercule. Un membre de la Société d'horticulture nous écrit, à cette occasion, que nousavous eu1 tort de traiter aussi légèrement cette question ; « car, dit-il, le fait est incontestable, on nous a montré le produit de cette hybridation par les deux sèves. »
0 crédule confrère, ne vous rappelez-vous pas cet illustre saltimbanque qui annonçait le fruit incestueux d'une carpe et d'un lapin, mais qui ne montrait que le père et la mère, s'excusant de ne pouvoir faire admirer leur fils, parce que, disaitil, € il est, pour le moment, chez le célèbre Cuvier, ce grand naturaliste l'ayant emporté pour l'étudier plus à son aise. » M. Hildebrand, lui, fait le contraire, il montre l'enfant, parce que la chose est plus facile .
AoiU 4868. 45
Il y a quelque dix ?uas, ayaut reçu d'Amérique des graines de Pommes de terre, je les semai, et en obtins une foule de variétés parmi lesquelles il se trouvait des tubercule? moitié rouge* el moitié blancs et d'autres qui étaient marbrés de plaques hUucb.es et ïQuges. J'aurais certainement pu, avec ces tubercules, me faire Mors un grand nom dans la science, en publiant un récit bouffon sur leur provenance; mais j'ai toujours eu un profond respect pour la science et les vrais savants , et j'ai préféré rester un ètreinfiçue, tout au plus bon à cbarivariser les pantins scientifiques. C'est un rôle qu'on m'attribue et que j'accepte sans honte ; car, en le remplissant aves conscience^ o.n peut rendre service au monde vraiment savant, qui est trop honorable pour soupçonner même qu'il y a des gens capables d'inventef des faits pour soutenir leur opinion* défendre une mauvaise théorie, ou qui les appuient sur les expériences des autres, tout en n'ayant aucune confiance en elles. En voici un exemple que j'emprunte k la célébrité du jour, à M. Darwin, l'adversaire acharné de l'espèee.
M. Darwin veut que l'homme soit une transformation de la puceau du pou, qui ne seraient eux-mêmes qu'un perfectionnement de l'animal leplus infime, la monade.- H paré tend également que le Chêne rustique n'est qu'un frère de l'homme ayant subi nne transformation différente, en s'engageait dans l'autre voie du perfectionnement des êtres. C'est sublime de philosophie, n'est-ce pas? Op, M. Darwin appuie sa théorie sur des faits de la force de celui-ci : — € M. Trail, dit- il, a fait en 1$67, à la Société botanique d'Edimbourg, une comu&unican tion dans laquelle il rapporte (et depuis, il m'a donné de non* veaux détails sur ce sujet) qu'à la date de plusieurs années il avait coupé en deux moitiés une soixantaine de Pommes de terre, les unes bleues, les antres blanches, et de teUe aorte que la section partageât un œil ou bourgeon* Après avoir ainsi
— ni —
supprimé les autres yeui, il avait réuni avec soin ce* demitubercules, » — une bleue et une blanche, et de mwnfcte à unir exactement deux moitiés eTyen*. — c Quelques-uns des tubercules ainsi unis produisirent des Pommes de ter?e blanches, d'autres bleues, ai les tubercule» nés 4e quatre ou oinq plantes étaient régulièrement mélangés de ees deu* ôQHleurs.... J'ai répété ees expériences, dit M, DarwifU niais sans succès i) »
M. Darwin est ne homme sérieux, j'aime à le croire* Gobh ment alors accepte- t-U, pour prouver la transformation des êtres, des faits que ses expériences n'ont pu ectftfiriftOf? De ce que certaines plantes, certains animaux éprouvent des modifications dans leur forme, sous l'iufluenœ de es*-* taines conditions dans lesquelles ils se trouvent placés, est-ea donc une raison pour conclure que Dteu, que la Nature si l'on veut, n'a orée qu'pn être organisé des plus infimes, qui s est transformé ensuite de mille et mille manières pour fort mer toutes ees innombrables espèces animales et végétale* qui peuplent la terre l M. Darwin ne peut pas admettre, dit-il, 91e l'homme et le Chêne soient sortis de toute pièce et directe^ meut de la création. La pensée que ees êtres ont été ainsi créés de rien bouleverse son imagination, il y en a bien d'autres placés à la même enseigne ; seulement ils sont plus caison* nahles que lui. Ils déclarent carrément le fait incompréhensible et ne cherchent pas à l'expliquer; ils se contentent de dire : qui peut le moins peut le plus. En effet , cérame la première molécule qui a servi de pivot à tentes celles qui sont venues se grouper autour d'elle pour constituer se que noua appelons l'univers, a dû être nécessairement créée de rien, ils admettes! que celui qui Ta forgée n'a pas été pins embarrassé de forger ensuite tout d'une pièce un homme, «1 cheval, un Chêne, et le Pommier, source de tous nos malheurs. Mais l'homme est tefle- 1 rempli d'orgueil et de vanité qu'il ne peut pas souffrir une
intelligence plus forte que la sienne. 11 veut l'anéantir ; mais il ne fait que perdre son tempsetle plus souvent sa pauvre raison.
En admettant, un instant, la théorie de la transformation successive des êtres , il faut avouer que la nature met bien du temps pour modifier ses anciennes transformations; car l'homme existe depuis des siècles sans avoir encore perdu un seul poil de sa barbe, et nous possédons aujourd'hui, 1er août 1868, des plantes que les ancêtres de Noé ont dû connaître. Voici, en effet, ce qui a été constaté, dernièrement, par un botaniste de Mantes (Seine-et-Oise), M. Lecureur, et qui le prouve surabondamment.
pes travaux de nivellement d'une rue de cette ville ont nécessité des terrassements jusqu'à deux mètres de profondeur. Le terrain sur lequel ses travaux ont été exécutés n'est pas un terrain de remblai ; on pourrait dire que c'est une terre vierge ; car c'est un sable d'alluvion qui a été apporté là par les eaux, par conséquent il y est depuis le déluge. Or, le nouveau sol de cette rue est actuellement tapissé par une herbe qu'on ne trouve pas dans les environs de cette partie de la ville et qui est très-rare dans quelques champs de la partie opposée : cette herbe ainsi née de graines antédiluviennes, n'est autre que VHeliotropium europœum dans toute sa pureté! Que M. Darwin ou ses disciples veulent bien expliquer le cas.
En attendant la solution de cet intéressant problème, voici un Espagnol qui a franchi les Pyrénées pour démontrer au peuple français qui s'occupe d'arboriculture fruitière, que cet art est encore à l'état d'enfance dans notre belle patrie, et qu'on a besoin de ses leçons pour multiplier les Poiriers. M. Naner, tel est le nom de ce noble et fier Castillan, nous apporte, en effet, un procédé de multiplication qui n'est ni le semis, ni le greffage, ni le marcottage M...
Pendant quelque temps l'auteur faisait un secret de son procédé, espérant, sans doute « s'en faire dix mille livres de rente;
aujourd'hui il Ta dévoilé en opérant dans les pépinières du Muséum.. C'est tout simplement le bouturage ! mais de grosses rameaux, comme pour le saule, et non de petits tronçons de branches. Certainement le Poirier peut reprendre de boutures. J'ai vu dans les pépinières de M. André Leroy, à Angers, de mauvais Poiriers de rebut qu'on avait utilisés en les transformant en tuteurs, et qui avaient émis des racines sur la portion affilée. Néanmoins, je ne vois pas trop l'avantage de ce procédé. Pour avoir de ces grosses branches, il faudra les couper sur de gros arbres qu'on détruira plu3 ou moins, et ensuite sera-t-on certain de la reprise? Eu Espagne, à Angers, c'est très-possible; mais sous les climats de Paris et du nord, je ne garantis rien. Ce que je puis garantir — sans le concours du gouvernement, — c'est que l'engrais des hannetons ne produit pas de vers blancs, comme l'ont assuré quelques médecins membres de la Société d'horticulture de Paris. Les expériences que j'ai faites ne laissent aucun doute dans mon esprit ; elles me paraissent très-concluantes. J'ai enfoui des hannetons dans une caisse divisée en trois compartiments et enterrée jusqu'aux bords supérieurs qui se trouvaient par conséquent au niveau du sol. Ces hannetons avaient subi une mort différente : les uns avaient été écrasés; les autres asphyxiés dans un tonneau, et la troisième catégorie était des décapités, qui subissaient l'opération au moment .même de l'enfouissement : la vie ne les avait pas encore entièrement abandonnés. Je viens de vider la caisse avec la plus grande précaution en présence de mon excellent ami, M. Alphonse Lavallée ; j'ai étalé le contenu sur le sol, en passant en revue — à la main — chaque grain de terre. Une odeur infecte se dégageait de cette sépulture de laquelle nous fûmes obligés, plusieurs fois, de nous éloigner; mais de vers blancs, pas la moindre trace. La pâtée des hannetons était complètement décomposée; des hannetons enterrés entiers, il ne restait plus que quelques ailes. Nous sommes donc con-
Vaincu (Jù'll n'y a aucuii ih'cbriVéhieut à se servir de i'tengrais dès hàhtttetôilS, et MM. lès médecins de la Société d'horticulture de Paris pourront en conclure : que l'asphyxie produit sur le hanneton l'es mêmes phénomènes que sûr la chatte qui va devenir mèrie : là vie abandonne eh même temps et la mère et les œufs .
En tait d'engrais, en voici encore un nouveau, pour lequel notre àini et collaborateur Jules )arlot réclamé ùrie petite place dans ma chronique. Comme je n*ai rien à lui refuser quand il ne demande pas l'impossible ou une chose injuste, la petite place est accordée : Voici sa lettre :
Parlé, W» juillet lW«.
Mon cher Mkcfferjifc,
MM. Van feomiiercheh et Cîfe d'Ahvers vîehnéût de ^tôdûî^e uù ttodVel éngràfe artiMel qu'ils désignent sotos te nom de ceMres vêyttative$i Ils ont avec ce produit obtenu en Belgique des résultats trèssatisfaisants , et ils désirent propager la découverte en France. M. Victor Léniau, agent général de la Société, 8, place delà bourse, à PàH's, ôffrt auk lectelrts de Vïfàrïictdtear françai*, tjui lui fen ferbttt là deitiatfd'e, ta (JUâtilité de eçmdre$ végétatives qu'ils désireront pour en faire l'essai et> de plus, ils n'auront aucuns frais à faire, M. Léniau se chargeant d'expédier franco à la gare qui lui sera désignée.
Je vous prie donc, mon cher directeur, de me faire une petite place tfenfc vtrtre cftronique pour l'insertion dfc la présente. Veuillez agréer* etc.
J. Jarlot.
fiteu& âtohs reçu tiné autre ltetttè dé M, lé Président de la Société d'horticullttre dé Pontôise, cohcérifàtil i'Arracachû, pknte de la famille défc Ombéllifètes, qui prbdbit de gi-osses Racines âlirtventaitefc fort estimées datis certaines parties de l'Àrtiériqué, et dont la teiiltura siérait aVântageuste en Ftànce. Cet honorable Piésidehl, M. VaVih, nous annonce qu oîi lui a envoyé de Santiiago (lie de Ctiba) des tubercules de cette plante intéressante ; qu'il ëti â obtenu des pieds d'uiie Végétatioh
extraottiinaifce, et dont qùéKJtoés'-UM sont actuellement en fruits
te h'est pas la première fois dpïè fcette plahte ësk introduits eh Ftanée; les premiers essais d'introductioA remontent à l'année 1 830, et, depuis, beaucoup d'autres ont été tentés, mail toujours saiis succès. C'est iqu'âussi te hiode de culture appliqué était diamétralement opposé à celui usité en Àttiéri^ué, comme Ta fait côhftaitre hotré malheUrôUx ami, M. Goudot, trop tôt eûlevéà la sciéncte, dans un mémoire pté&enté ôh 4$4fy àFÀcadéiUie,swr la culture de VA&acacka dans h Noùvelle&renade et sur la possibilité de Fâcclimalei* en Europe. M. Goudot en avait encore apporté, à cette époque, des thbercuttes en France, mais les personnes auxquelles ils les avait confiés, au lieu de suivre ses conseils, qui étaient de ne point pousse* à la fructification, firefct précisément le contraire. Ils voulurent en obtenir des fruits, et toutes leurs plantes périrent, ce que l'introducteur avait prédit. Lés Néo-Grenàdtens empècheut, en effet, YArracacha de fteurir; ils le tnultipliebt par boutures du collet qui est divisé en plusieurs morceaux munis chacun d'un œil. Il est bien certain qu'en laissant développer l'oeil central en hampe florale, on détermine l'oblitération de tous les autteis yeux latéraux et l'épuisement de la racine qui meurt ensuite comme meurt la betteraVe, te taâvet qUia fructifié. M. Vavin&e réjouit d'avoir Un piedd'ÀrTacàcha haut d'un mètre et couvert déjeunes fruits. Nous, au contraire, hou* te regrettons; car c'est un pied mort sians profit pour 1# propagation. Nous espérons que lt. Vavin abandonnera tes etremehts de ses devanciers, et qu'il empêchera ses autres Arracacha de fleurir pour pouvoir les multiplier par le procédé indiqué et recommandé par M. Goudot. •
Voici maintenant une plaisanterie, que, pour mon compté* je trouve très-mauvaise.
Vêts là fin du mois de juillet, M. lé Président nomVné de la
Société d'horticulture de Levallois-Perret, m'informait, par une lettre Irès-aimable, qu'il y aurait dans ce pays —ignoré des dieux — une Exposition du Vr au 7 août, et qu'elle pourrait € offrir à la presse horticole matière à quelques notes utiles pour l'instruction générale. » Après avoir consulté, en vain, tous les dictionnaires géographiques , j'appris d'un cocher de fiacre que celte noble ville, qui possède une Société d'horticulture et une Exposition, est située au pied des fortifications de Paris : côté
nord. Je m'y rendis S'il est permis de se moquer des
gens, MM. de Levallois ont largement abusé de la permission. Oser appeler Exposition quelques Géraniumschétifs et trois ou quatre plantes de serres réunies, à peu près pèle-mèle , dans une grande salle à manger, c'est montrer qu'on a perdu complètement le sentiment de la pudeur. J'admets que les habitants de Levallois-Perret se soient rassemblés pour former une Société d'horticulture, afin d'être : les uns Président, les autres Vice-Présidents, secrétaire-général, etc.; j'admets cela, parce que, dans un pays aussi essentiellement démocratique que la France, chacun éprouve le besoin d'être ou de paraître un peu plus que son voisin. Mais je ne puis admettre qu'on dérange des honnêtes gens, et qu'on leur fasse payer 50 centimes pour voir les réclames vivantes, et peu attrayantes de quelques horticulteurs. J'en excepte toutefois deux Ipomœa du Japon à feuilles panachées, du jardinier Labrousse; un magnifique pied de Cyanophyllum et quelques Gymnoslachys de M. Jean Maître. C'étaient des perles égarées dans un tas de gros sable ; mais elles ne sauraient composer toute une Exposition florale.
Si encore ces Sociétés, ces Expositions, aidaient à l'instruction générale, au progrès de l'horticulture ! mais point. Dans le plus grand nombre de cas, elles ne sont que le marchepieds de l'intrigue et de l'ambition. Ce qui vient de se passer dans une de nos grandes villes de province en est une grotesque et
scandaleuse preuve.. Écoutez cette histoire, elle est instructive..
M. Trois étoiles est un honnête commerçant, que la croix de son fils empêche de dormir ; il n'a jamais pu comprendre qu'un père ne soit pas décoré quand le fils Test. Il remua donc ciel et terre pour l'être aussi ; mais en vain. Possédant les connaissances nécessaires pour voir une Pensée en arbre dans un Pelargonium à cinq macules, il se fit recevoir membre de la Société d'horticullure de sa localité, et bientôt, grâce aux procédés en usage chez les gens de son espèce, et à l'aveuglement de ses collègues, il fut porté au fauteuil de la présidence. Alors recommença une nouvelle série de démarches. Il envoya son épouse «dévouée à Paris, auprès d'un de ses amis : Je serai décoré, lui dit-il, s'il le veut. La femme partit, et deux jours après il en recevait un télégramme qui lui annonçait qu'il Tétait.
Ivre de joie, il court la ville et montre le télégramme à qui veut le voir. Le malheureux cependant était trompé par sa femme et son ami. Il l'apprit de la bouche même de sa tendre moitié . Elle lui avoua, à son retour, rouge de honte, qu'il ne Tétait pas; que son ami n'avait pas pu le faire — malgré sa bonne volonté, — chevalier comme son fils. — Je crois plutôt que la conscience de l'ami lui avait interdit de servir les vues ambitieuses de son ancien camarade. Mais l'intrigue ne se décourage pas : chassée par la porte, elle rentre par la fenêtre. Profitant, de l'exposition qui a eu lieu le mois dernier, le zélé président obtint ce qu'il convoilait depuis si longtemps. Aujourd'hui il Vestl Les moyens qu'il a employés ne sont peutêtre pas très -honorables, car il a trompé le pouvoir, trahi ses collègues ; mais bast ! la fin justifie les moyens.
Telle ne fut pas cependant Vopinion des exposants. Au jour de la distribution des récompenses, ils manifestèrent une opinion contraire, en huant le président à son entrée solennelle
dans la salle. Des cris « à la porte V intrigant! > l'accueillirent dès son apparition. Il voulut parler, et monter au bureau : mais les cris redoublèrent et des mains vigoureuses, crispéefc par la colère ûé l'indignation, l'empêchèrent de franchir les premiers degrés. Le ttomutte était à son comble; la sonnette du courageux sectétaire-générâl, qtoi avait pris là présidence, était impuissante à apaiser l'orage ; les invectives les plus sanglantes couronnaient f œuvre de l'astucieux président. One voix enfin, dominant toutes les autres, demanda que la révocation du traître lût Mise aux voix, et elle fut prononcée à l'unanimité moins une voix. — Après la révocation vint l'expulsion, demandée et votée avec la même unanimité. Ce président sans Vergoghefut aussitôt chassé honteusement de la salle des séances ; le scandale s'étendit par toute la ville, et l'expulsé fat accompagné jusque chez lui par la populace, qui chantait la dernière phrase du fameux télégramme : « Oui, tu Tes, • sur l'air des lampions. Mais peu lui importe. Il Test bel et bien, et aujourd'hui il se moqué tranquillement des moutons quvil a si magnifiquement tondus.
Tel est le «lénoûmeiit de l'exposition d'urte defc pltis importantes sociétés d'hortiôulture de France, que le fameux art. 1 1 de la loi Guilloutet ne nous permet pas de nommer. Nous àvohs voulu néanmoins relater ce fait inique, et non unique dans l'histoire de l'horticulture, afin que ce scandaleux abus du pouvoir présidentiel éclaire tous les hommes sérieux, les véritables amis de la science. Nous les engageons à imiter leurs courageux confrères, quand ils reconnaîtront parmi eux de semblables impuretés; car ce sont ces èttes méprisables qui tuent toutes les associations horticoles dont le but est ihcontestablement utile; mais qui est raremeht atteint, parce que presque toujours l'ivraie sociale envahit et étoUÏte le bon grain.
F. Herincq.
/; f*nté#x*j,Ày tfai
P. S. L'Exposition dtt insectes nuisible* et utiles est ouverte au Palais de l'Industrie depuis le l" août, et ne sera close que le 31 . Elle intéressé à la fois et tes horticulteurs, et les agriculteur, et surtout les apiculteurs.