‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 117 sur 162 · U VIGNE VIERGE DU JAPON · texte numérisé non relu

U VIGNE VIERGE DU JAPON

Cissus Roylei des horticulteurs, ou Cissus tricuspiiala Sieb,

et Zucc.

Il y a déjà plusieurs années que le commerce horticole est en possession de cette magnifique Vigne-vierge, et c'est à peine si on la rencontre dans quelques Jardins. Elle a cependant des droits à faire valoir pour prendre place à côlé de l'ancienne espèce> qu'elle pourra même supplanter lorsqu'elle sera mieux connue.

Mais d'abord, est-ce bien de la Vigne- vierge du lapon ou Cissus Roylei dont je veux parler?

La plante cultivée au Jardin des Plantes de Paris, sous ce nom, est un arbrisseau grimpant qui s'attache au moyen de vrilles dont les bras sont terminés par une sorte de ventouse; ses feuilles sont composées de cinq folioles obovales, pétiolulées, dentelées, d'un beau vert luisant en dessus, et de couleur glauque en dessous. Cette plante ne diffère de la Vigne- vierge commune ou de Virginie que par ses ventouses et la couleur glauque de la face inférieure de ses feuilles. Elle ressemble tout à fait aux échantillons rapportés par Michaux, de l'Amérique et de l'Orient, et qui est son Ampélopsis hederacea, se rapportant parfaitement au Vitis hederacea de Willdenow, pour lequel il est dit que ses tiges grimpent à l'aide de ra- , cines : caulis radicansscandens. C'est là, avec la face inférieure glauque des feuilles, le caractère qui distingue la plante de Michaux du Vitis quinquefolia de Linné ou Vigne-vierge ^commune des jardins, auquel on a cru devoir la réunir. Quoi qu'il en soit , le Cissus Roylei du Jardin de Paris est | exactement la plante de Michaux. M. Verlot, jardinier

L chef de l'École de botanique, dit cependant qu'il tient

\ cette plante de l'obtenteur même du Cissus Rêylei. Ce ne serait

donc pas une espèce» mais tme variété obtenue* par le semis. Et pourtant le Cissus Roylei est indiqué dans le Nouveau Jardinier illustré, comme une espèce dps montagnes de Vflymalaya, qui se fixe solidement comme le Lierre, et la figure qu'il en donne le représente avec des feuilles simples, cordiformes et non à cinq folioles.

Aucun livre de botanique ne mentionne ce Cissus. Dans le Bon Jardinier seulement on l'indique comme originaire do Népaul, et ayant deux sortes de feuilles : tes unes à trois folioles, les autres simples, cordiformes ; il s'appliquerait sur les murailles à l'aide de ventouses. C'est bien là la plante dont . je veux parlée, le vrai Cissus Roylei f très-différent de l'individu du Jardin des Plantes, lequel n'est réellement, je le répète que V Ampélopsis hederacea de Michaux.

Mais maintenant qu'est-ce que c'est que le Cissus Roylei du commerce horticole? C'est une espèce qui a été trouvée au Japon, et que Siebold et Zuccarini ont nommée et décrite sous le nom de Cissus ou Ampélopsis tricuspidata.* L'horticulteur qui amis cette plante au commerce ignorait ce fait. Des échantillons authentiques avec lesquels j'ai comparé le Cissus Roylei du commerce ne laissent aucun doute sur l'identité spécifique.

Comme le dit notre collaborateur, M. Alptu Lavallée, dans le Nouveau Jardinier illustré, ce Cissus est très-élégant. De la base de la tige naissent, chaque année, des petits rameaux rampants et rayonnants, garnis de petites feuilles simples en cœur, dentelées, d'abord rouge lie de vin, et ensuite d'un beau vert foncé. Les tiges se fixent sur les arbres ou sur les mu* railles à l'aide de nombreux crampons ou vrilles à ventouse, qui les tiennent exactement appliquées sur ces corps, comme les tiges du Lierre. Les feuilles sont très-variables de forme. Les unes sont simples, dentelées, ou à trois lobes égaux entre eux, mais plus ou moins profonds, quelquefois lobées seulement

en trois courtes pointes {tricuspidées\ d'autres fois divisées presque jusqu'à la base du limbe; les autres sont à trois folioles distinctes allongées, grossièrement dentées et terminées par une pointe. Ces feuilles ont parfois une ampleur extraordinaire, et sont d'un beau vert foncé luisant, reflétant des nuances métalliques.

Par la manière dont il s'attache , par sa vigoureuse végétation, par l'ampleur et la teinte de son feuillage, ce Cissustricuspidata supplantera un jour, je le répète — quand il sera connu, — la Vigne- vierge commune qui s'attache mal sur les murs et fait souvent un affreux fouillis. Le Cissus tricuspidata qu'on pourrait appeler vulgairement Vigne-vierge du Japon, tapisse au contraire comme le Lierre, et ses tiges une fois fixées ne se détachent plus ; il faut les briser. Nous le recommandons expressément.

F. Heringq.

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