‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 13 sur 162 · REVUE DES JOURNAUX ANGLAIS · texte numérisé non relu

REVUE DES JOURNAUX ANGLAIS

* Meconopsis nepalensis, D C. (Papaver pani&tlatum, Don.) Papavéracée. Magnifique plante découverte par le célèbre Wallich dans les) montagnes du Népaul, et retrouvée plus récemment par sire Dalton Hooker, dans les régions les plus élevées de l'Himalaya. C'est là une espèce que Ton doit introduire dans tous les jardins, car elle en est parfaitement digne,

Cette Papavéracée bisannuelle ou vivace, atteint environ 4 m: 50 c; elle est élancée, touffue et garnie, dans toute sa partie supérieure, â'é- , normes fleurs d'un jaune d'or du plus bel effet.

Lobella nicotianœfolla, Heyne (Lohelia excelsa Moore). Lobe-

liacée. Originaire des montagnes de llnde et de Ceylan, ce Lobelia est remarquable non-seulement par sa taille, de plus de 2 m. dans nos culinres et de 5 ou Ç dans les lieux où il croit spontanément, mais encore par le luxe de sa floraison et la beauté de son feuillage.

Ancylogine longiflora,Hook.Acanthacée introduite de Guayaquîl par MM. Veitch. Elle a quelque rapport, dans son inflorescence, avec le Busselia jvncea. On ne saurait trop recommander ces plantes pour l'ornement des serres chaudes. Leur floraison est vraiment magnifique.

Fremontia caHfornica, Torrez (Méliacée). Arbrisseau trèsdigne d'intérêt ; car, originaire des montagnes de la Californie, il sera très-probablement rustique en France, comme il Test en Angleterre. II avait été découvert dès 4846 par le colonel Frémont dans son exploration des montagnes Rocheuses. Le Fremontia atteint 2 et 3 mètres de haut. Lorsqu'il n'a pas de fleurs, il ressemble à un figuier. Ses feuilles entières ou crénelées, pubescentes en dessus, glauques en dessous, ferrugineuses lorsqu'elles sont sèches, courtement pétiolées, ses feuilles, disons-nous, ne garnissent que l'extrémité des rameaux., Ses fleurs d'un beau jaune d'or sont grandes, nombreuses et extrêmement serrées. Aussi est-ce là une heureuse introduction. Nous souhaitons que le Fremontia soit cultivé et multiplié et n'ait pas le sort de quelques bonnes* espèces qui apparaissent chez quelques-uns de nos habiles horticulteurs et qu'une fâcheuse indifférence rejette bientôt dans l'oubli.

Sempervivum Pairee, Lowe {Crassulacée). Grande espèce originaire de l'île de Gœmera, Tune des Canaries.

Sancbezia nobilis, Hook (Acanthacée). Encore une de ces remarquables Acanthacées de l'Amérique du Sud, dont le feuillage et la floraison sont d'un si bel effet. Celle-ci a de longues fleurs jaune clair réunies à l'aisselle de bractées d'un rouge vif.

Rhododendrum Fortune!, Lindley (Ericée). C'est uue espèce • bien connue que ce rosage découvert par le hardi et intelligent explorateur auquel il est dédié; mais l'on peut revenir sur des espèces aussi intéressantes que celle-ci. Les Rhododendrum sont, pour la grande majorité, originaires de l'Asie orientale; mais les espèces de la Chine et du Japon sont peu nombreuses. Celle-ci croit en Chine dans les montagnes de la province de Clekiang. Cultivé d'abord chez MM. Glendi-

ning, oe bel arbuste s'est irwntté parfaitement rustique. C'est le point Ar lequel noua voulions insister. Cette espace est très-voisine dee R. GriffUkiwm et de sa variété Auckland* \ mais elle tes surpasse pat là beauté de ses fleurs roses, et par le luxe de soh feuillage.

Uex laiffbiia» Thunb. (Uicinée)* Cet Hoax est comme le fOtage précédent» bien connu et bien généralement cultivé; mais le motif qui a déterminé sir Dalton Hooker à le faire figurer dans le Bctanical Magazim nous engage à le citer de turaveaa : c'est la beauté, encore probablement inconnue en France, de sa fructification. Nous devons toutefois ajouter qu'en Angleterre il n'a fructifié jusqu'à présent qu'en «erre froide. Ses fruits sont plus gros que ceux de notre Houx et «ont agglomérés comme dans quelques variétés. Ils sont d'un rouge plus clair, mais pourtant très-éelatant.

Ntersmbérgia Veilcbii, Berkeley {Solonée), Petite espèce du <&t*d de i' Amérique, trèe-voisme du N. repemt originaire du Chili et du N. spatktUate^ originaire du Pérou. Tous ces Nterembergia ne sont du reste peut-être que des formes d'une seule et même espèce très-polymorphe, et qui serait répandue dans presque toute l'Amérique du Sud. Dans celui-ci les fleurs sont blanches, légèrement lavées de rose.

Iftereflibertjia rivularis, Miers {Solanée). Jolie petite espèce de la Plata, remarquable par l'abondance de ses grande^ fleurs blanches.

Ksempferia Roscœana, Wall. (Scitaminée). Puisque le goût des plantes à feuillage remarquable est si répandu aujourd'hui et appelle l'attention sur de nouvelles espèces de Scitaminées, il est peut-être à propos de fixer de nouveau l'attention sur cette espèce plus Ancienne, mais assurément plus J>eHe, quoique beaucoup moins connue. Le Kmnpferia Rotc&ana est originaire de Burma, où il fut découvert par Wallkh en 4896. Dès 4829, il fleurissait dans les jardins de la Société d'Horticulture ; mais bientôt abandonné , ce n'est que cette année, chez V. Veitch, qu'il fut remis en honneur.

Les Kœmpferia n'ont que deux feuilles, qui s'étalent toriaentak-» meut ; elles sont assez grandes, orbiculaires, presque aiguës, xm peu ondulées, bardées dans leurs contours d'une membrane cartitagâfiueé ; • A leur fece supérieure ^tlas sont d'un vert foncé presque noir, .mais elles portent des tores beaucoup plus claires; à la face inférieure H vert a'est plu xmbre, mais roiigeâtre. Les fleurs «ont fasçiculées, sessiles,

et ne s'ouvrent que l'une après l'autre ; elles sont d'un blanc pur, sans odeur.

Glyptostrobus pendulus, Endi. (Taxodium smense, Noisette; T. sinensependulum, Forbes ; Cupressus di$ticha% var. nutans,tet.), -* Cmifli** — Cette espèce, si anciennement introduite, mm si puu f était jad is considérée «omma une variété du Taxoéitm dùti* t, «t * Rew, où tes dètax Mbfes étaient plantés Cfoe à ttte, Âîttto liNfe pu les distinguer ; mais, gràfce à une étudie très-complète du professeur Olivier» le docteur Hooker a dernièrement reconnu d'une kçoQ certain* que le Giypt&ëtmha p$nè*km> malgré son ifleroyaMe iwetekNàfcce fttec te Tatiodim êi$ttokm> en était bien distinct, car il en diffeft pat Soû feuillage nôff distique, et p&? les écailles de ses «oies non pettés.

ItoMohia Waîfastoni, Love. (Campamûacée). Belle plante de Madère» introduite depuis une dizaine d'année*. Elle a ée grandes feund'ua jMM veidêlre

A. de Talou.

CATALOGUES D'HORTICULTURE

roua 1867.

, horticulteur à Lille. — • Catalogue de plantes et arbustes dtasfeiftent. Brisant, horticulteur à Poitiers (Vienne); -» Plantes notariés : Pefunm

Dahlia, VerYtfttft, <5eranfcxin.

Crouase, à Nancy. — Plantes nouvelles de semis ï ïtetphihhïm', Fuctisia.

PsUfçvtfutt, ioftetia, Feutstwaoi, Petania et Pyreshwun.

tfiséMt, gralnîeMfeariate, e, quai Lepêttètter, Parts. — Catilogtie gênerai, îles graines de plante* potages, fourragères, économiques, d**tbres ^éMe fleurs.

■avfcrsl et Conap., grainiers-fleuristes, 44, rue Àuber, Paris. — Catalogue dvs graines de fleurs, d'arbres, d'arbustes et de plantes nouvelles.

Ibemèlm, horticulteur a Nancy. — Catalogne de graines de fleurs et plantes •nouvelles.

■easlsilei-, à Nancy. — Oefttsjgqe 4e fiante* bsuvoUm de semis.

Travaux du mois de Février.

Jardin d'agrément. On peut commencer à la fin du mois les semis de gazons et de plantes annuelles de pleine terre qui ne supportent pas le repiquage, telles que giroflée de Manon, pavot, coquelicot, adonis, coreopsis, nigeUes, pieds d'alouette, réséda, nemophila, clarkia, gilia, etc. On plante en motte les plantes vivaces et bisannuelles qui n'auraient pu l'être à l'automne, telles que campanules, digitales, coquelourdes, œillet de poôte, etc. Les bordures de pâquerettes, mignardises, etc., peuvent être- aussi replantées, si les gelées ne sont pas trop fortes. C'est encore le moment de semer sur couche les quarantaines, giroflée, amarante, cobéa, verveine, sensitive, pétunia, pervenche, rose, etc. On doit tailler ou éplucher les arbustes, et avancer le plus possible les labours.

Jardin fruitier. On continue activement les labours, les plantations et la taille» Mais le groseillier noir ou cassis ne doit être taillé qu'au moment ou tes feuilles commencent à se développer; il en est de même des framboisiers. On peut commencer, si le temps le permet, de mettre la main aux fraisiers qui ont dû être fumés avant l'hiver ; on émiette le fumier, on débarrasse le cœor des plantes, et si le terrain est préparé, on peut planter du nouveau plant. Enfin, s'il y a des punaises sur le bois des pêchers, il faut les détruire, en. brossant, par un beau temps, toutes les branches qui en sont garnies.

Potager. On sème en pleine terre l'oignon, les pois hâtifs, tels que michaux, nain de Hollande, prince Albert, d'Auvergne, des lentilles, des fèves de marais, etc. Dans la seconde quinzaine, ce sont : salsifis, scorsonères, poireau,, panais, carotte, épinards, cerfeuil, persil, pimprenelle, cresson alénois, chicorée sauvage, et des petites laitues de printemps dans les planches d'oignon. Ces différentes salades et fournitures doivent être semées très-serrées, sans quoi les feuilles deviennent très-dures; la chicorée surtout est très-amère. On repique do la romaine verte, oignons, choux-pommés, choux-fleurs, oseille. Vers la fin du mois, on peut semer choux-fleurs, gros choux cabus de Saint- Denis, de Milan ; pomme de terre Marjolin, comice d'Amiens, etc.

Les couches et châssis reçoivent de nouveaux semis de pois, haricots, Sèves, concombres, melons, choux rouge, choux-fleurs, aubergine, piment, radis roses» raves, céleri. Ou y repique les éucurbitacées semées le mois précédent, ainsi que des laitues pommées et des romaines. On continue le forçage des asperges et des fraisiers.

Serres» Maintenir une chaleur suffisante pour entretenir la vie des plantes, mais pas assez élevée pour provoquer la végétation . Donner de l'air toutes les fois que la température extérieure le permettra, et arroser avec modération les plantes qui sont encore dans leur période de repos.

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Paris. — Imprimerie horticole de E. Donnaud, iue Cassette, 9.

S0U4IH1 DBS ARTICLES COmMJS DAIIS CE NTOttUft,

F.Hisi»co.ClHWBlej«e. — F. Haineo* Bneee)e*ae**i# fteBajelleMe» (W. H)*-* lui GAffttA, conserrition des Celée* pendant Thirer. — Courtois-Gérard, planUlion kt rmaw aie terre. « Remura, Mes) e» •! eîe fur» («v«e fifore).— Ch. Baltit, Nivelle greffe de la Vigne. — L. Li Plat, atseesltieai universelle : Lettre an FtOMem é* M CQUttiÉtioo eeitMttthrè se l'BOrticiHare.— F. Hirihcq, Bl»llefr*rhl6: * choix et de la ovltare 4es riwwti et© lèvre; do eaoJx el 4e la en Itère ses tiremlaée* pour pelouses «t prairies; Pieeeetelefjte hertleele, ete* — En. Curtj lee mmrmhéM **x A***» à Parti (sait*). — CtUlûfsee é?toriictttire fceor fM7. — TrtTaéz de mois de surs.

CHRONIQUE

Les arbustes et plantes de pleine terre, qui fleurissent dans le courant de février. Périéde de transition; le» petite» gelées du printemps et les variations atmosphériques sont plus funestes aux végétaux que les fortes gelées d'hiver; la raison; précautions à prendre pour conserver les plantes délitâtes et garantir celles dont la végétation est avancée. Les cornets de papier du fardia des plantes; étonneraient des promeneurs. Le toit en chaume de M. Eugène Lévéque ; CameUia, Chamasrops, Thés, ea pleine terre, à Sainte Maur-lès-Fossés et à Segrez. Rusticité des Ceanothus californiens et des Ar„ ëm eaenftta. I* Marronnier du J6 février au Jardin des Plantes. Abus de rélagage; nouvelle mutilation des arbres d'une prenwnàje à Charenton. Les Gamellia de M. Sacken. Exposition universelle \ on demande ma protection pour faire accepter une vieille; ma réponse.

Déjà, depuis quelques temps, les Noisetiers, les Chimonanthes et le Jasmin tnjdîflore avaient préludé, par leur floraison, au réveil de la nature9 et le thermomètre indiquait quelquefois, à l'ombre, i 5 ou 16 degrés au-dessus de zéro» Tout annonçait que la saison des frimas touchait à sa fin, et que le printemps était à nr>$ portes* Les Garrya arboraient leurs longs chatons flottants et partiellement dorés; l'Orme nouait ses ovaires pour les convertir en pain de hannetons; l'Amandier inondait le sol de ses nombreux et caducs pétales blanc rosé ; les Amygdalus orientalis, les Prunus chicasa et myrobolanus, les Cognassiers du Japon, entrouvraient leurs délicates corolles ; les Lonicera Standishii, Copias mas» Erioa mediterranea,

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Forsythia suspensa et viridissima, dressaient leurd rameaux fleuris. Enfin, le sol était orné des charmantes fleurs de Bulbocodium vernum, Scilla sibirica, Hyacinthus praecox, Narcissus minor et pseudo-narcissus, Iris persica, Saxifraga ligulata, Crocus, Ficaire, Tussilages; et la Giroflée, la Violette, répandaient dans les airs cette douce senteur de printemps qui réjouit les cœurs et ranime les forces épuisées des pauvres convalescents. C'était le 26 février, chacun allait entonner YHo • satina.

Mais, voilà que tout à coup, Eurus succède à Auster, comme dirait le poëte, c'est-à-dire que le vent passe du midi à l'est. Une fine pluie de neige fondue, en traversant l'atmosphère, s'empare de son calorique. La température tombe alors à i degré au-dessus de zéro; le 27, de gros flocons de neige tourbillonnent dans l'espace comme un essains de mouches affolées, et, depuis, la glace a reparu à la surlace des eaux ; l'hiver semble vouloir reprendre les rênes du gouvernement. Que va-t-il sortir de cette révolution atmophériqueî Dieu le sait sans doute! Quant à nous, il nous faut veiller l'arme au bras, c'est-à-dire les paillassons et la litière à la main, pour protéger au besoin les produits de nos serres et de nos jardins.

La période de transition dans laquelle nous entrons est, en effet, pleine d'écueils pour le jardinier; elle exige beaucoup plus d'attention que la période hivernale, parce que les variations atmosphériques sont fréquentes, et que la végétation est en activité.

Telle plante, par exemple, qui résiste au froid rigoureux des mois de décembre et janvier, est tuée subitement par la plus légère gelée blanche de mars ou d'avril. La raison est, que pendant l'hiver les tissus sont lignifiés, durcis, presque assé-' chés; dans cet état ils sont peu impressionnables à l'action des agents atmosphériques. Au mois de mars, au contraire, ces anciens tissus sont déjà gorgés de liquide séveux, qui amollit

leur paroi ; les bourgeons excités par les premiers rayons du soleil printanier ont quitté leur demeure ; ils sont sortis de l'enveloppe duveteuse ou résineuse qui les protégeait; leurs tissus sont tendres, presque encore aqueux ; par conséquent, l'action alternative du chaud et du froid est relativement plus puissante. C'est donc surtout à cette époque qu'il faut veiller sur les plantes délicates, et sur celles dont la végétation est .très-avancée.

0 /l'est pas nécessaire, comme on le croit, d'emmaillotter complètement le sujet pour le garantir des gelées tardives ; un simple toit en gros papier huilé ou en toile cirée suffit parfaitement.

Au Jardin des Plantes de Paris, depuis quelques années, on coifie, chaque soir, pendant cette période de transition, d'un immense cornet en papier, toutes les Pivoines en arbre des plates-bandes qui montrent leurs boutons à fleurs ; et ce simple appareil suffit pour assurer leur épanouissement. Les promeneurs sont étonnés de voir des plantes ainsi affublées d'un long bonnet pointu ; pour beaucoup c'est une curiosité, pour quelques-uns c'est un sujet d'étude et de piquantes observations qui aident plus ou moins au développement de leur intelligence.

Ce qui est pratiqué au Jardin des Plantes peut recevoir son application dans les jardins particuliers, pour les mêmes plantes, pour les Rosiers thés et Ile Bourbon, enfin pour tous les végétaux qui ont à rédouter les faibles rigueurs du printemps.

Avec un simple toit protecteur en chaume, on peut même cultiver en pleine terre, à l'air libre, des arbustes qu'on a l'habitude de rentrer en orangerie ou en serre froide.

J'ai vu ces jours derniers, dans le parc de M. Sacken, à Saint-Maur-les-Fossés, un magnifique et vigoureux Camellia qui, depuis six ans, est abandonné à la pleine terre, et auquel on n'accorde, pendant l'hiver, qu'une calotte en paille sup-

portée {ter quatre piquets. Cet abri représente une chaumière à colohtie en ininiatuïe. Le Càtiitellià n'est ainsi protégé qu'en dessus ; lin lit de feuilles de 20 à 25 centimètres seulement couvre le sol & la base de la tige; l'air circule tout autour. De** puis six ans, cet arbuste n'a pas reçu d'antres soins. Il forme actuellement une pyramide de i* 50 centimètres environ de hauteur, et tous les rameaux sont terminés par trois ou quatre boutons à fleurs gros comme des Noisettes avelines. Aussi, lï. Eugène Lêvèque, l'habile jardinier-chef de M* Sacken, se propôse-t-il d'établir des groupes deCameliia dans les mêmes conditions.

Du reste, cet exemple de Camellia en pleine terre ne m'a pas très-surpris; àSegrez, M. Alphonse Lavaliée en cultive ainsi, depuis 4 ans, plusieurs variétés qui fleurissen tadmirablement au printemps en compagnie de l'Arbre à thé qui, chaque année, sous la faible protection d' un Herbert s dulcis, épanouit ses jolies fleurs blanches.

En faite de rusticité, on peut mentionner celui d'un Charnœrops humilis qui n'a pas été autrement protégé que le .Camellia; puis encore celui des Ceànothusrigidus, Veitchianus, et Lobbianus, charmantes espèces californiennes à feuilles persistantes, avec lesquelles M. Eugène Lévèque a établi un massif à côté de son Camellia ; les feuilles ne portent aucune trace de auffrance, et les bourgeons, déjà formés, n'attendent plus qu'une température soutenue pour montrer leurs délicates fleurs d'uh beau bleu azuré.

H y a aussi les Ardisia crenata, ravissants petits arbustes à feuilles persistantes, très-recherchés pour l'ornement des appartements à cause de leurs jolis petits fruits rouge-corail ou jaunes, et qui, jusqu'à ce jour, ont été trailés comme plantes deserre. Plusieurs sujets de ces Ardisia ont passé cet hiver en pleine terre, à Noisiel, sans perdre une seule feuille ; ils ont an contraire gagné en végétation. L'année dernière, ils étaient

— es —

malades, chétifg, épuisés par les pucerons. M. Dupuy, jardinier de M, Ménier, eut l'idée de les livrer en pleine terre, et les abandonna dans cette situation à leur malheureux sort. Les pucerons disparurent et les plantes reprirent une vigueur nouvelle; ils sont aujourd'hui couverts de fruits.

Combien d'autres espèces qui vivent ainsi chétivement emprisonnées dans nos serres, et qui deviendraient de vigoureux colosses s'ils vivaient en liberté ! Hais l'hiver que nous vepons de traverser n'a pas été, il est vrai, très-rigoureux ; c'est à peine si la végétation a été suspendue, et si de nouveaux froids ne surgissent, on pourra compter une avance de plusieurs semaines.

Le Marronnier du 20 mars va être obligé, naturellement, de déroger à ses vieilles habitudes, et s'il tient à la renommée qui repose sur ses feuillet, il doit se hâter ; car j'ai rencontré dès le 26 dernier, dans l'allée des ours du Jardin des Plantes, son cou* current qui étalait déjà orgueilleusement ses premières feuilles et laissait apercevoir les rudiments de sa première grappe de fleurs.

Puisque nous parlons de Marronnier, il parait qu'on mutile quelque peu ceux qui forment, avec des Ormes et des Acacias, une promenade située devapt la maison de santé de Charenton. Un de nos abonnés pous écrit :

Monsisuile DiBsoraji, Dans votre dernier numéro, vousblimes, avec raison, l'éiagage irrationnel des arbres de la place Royale. Que diriez-vous si vous voyiei l'état des Marronniers et des Ormes de l'allée du bord de l'eau parallèle à la maison d'aliénés de Charenton ? Vous accuseriez certainement les malheureux pensionnaires, de ce triste refuge, de s'être livrés à des actes de folie sur ces pauvres arbres. Vous seriez dans Terreur. L'homme qui se livre à ce genre d'exercice a tonte sa raison, du moins il le prétend ; ce qui ne l'empêche pas de faire de ces arbres, qui pourraient être beau* et vigoureux, d'informes têtards, dont la moitié des grosses branchas est pourrie. Il y a entre autres quatre Ormes séculaires , en face

rentrée de l'hospice, qui sont complètement creux et difformes. Et c'est sous les yeux de plusieurs membres de la Société impériale et centrale d'horticulture de France, autorités du pays, qu'une pareille mutilation s'opère tous lés deux ou trois ans ! c'est à n'y pas croire. Je vous engage, Monsieur, à voir ces arbres, et je ne doute pas que vous ne protestiez ensuite contre l'abus de la serpe et du croissant.

Agréez, Monsieur, etc.

BlÉZAN,

un de vos abonnés .

Notre aimable correspondant ignore, paralt-il, que le titre de membre d'une société d'horticulture quelconque ne comporte pas absolument des connaissances horticoles. En voyant Tétat dans lequel on met les arbres qui font le très-juste sujet de sa protestation, il aurait dû le deviner. Quoi qu'il en soit, j'ai voulu voir ce travail de Vandales, et franchement, j'étais loin de me douter qu'il pût y avoir en France des hommes assez dépourvus d'intelligence pour faire mutiler aussi impitoyablement des arbres.

Mais à quelque chose, dit-on, malheur est bon. En effet, sans cet acte d'ignorance, — le mot n'est pas trop fort — je ne connaîtrais pas le parc de M. Sacken; je n'aurais pas vu les Camellia magnifiques, sans pareils même, qui, provisoirement, sont relégués dans l'orangerie, en attendant l'achèvement du grandiose et élégant palais qu'on leur construit. Il est probable que nous les reverrons à l'exposition du Champ-de-Mars, qui est, en ce moment, le sujet de toutes les conversations, de discussions et de réclamations.

Nous publions plus loin, une lettre de M. le président de la Commission impériale, en réponse au mémoire adressé par un ^certain nombre d'exposants du groupe de l'horticulture, qui ont manifesté la crainte de ne pas voir leurs produits récompensés selon leur mérite. On verra comment la Commission impériale apprécie l'importance de l'art horticole.

Que chacun s'apprête néanmoins, le jour de la lutte ap-

f ■/■/ s v v/Vy/^/, )f, Je I // v/y /// w/V ; J .

proche. Ce sont lesCaxnellias qui entrent les premiers en lice. Que les retardataires fassent leurs demandes. C'est à la Commission consultative qu'ils doivent s'adresser et non à nous, comme vient de le faire un pépiniériste des environs de C... qui, en même temps, me prie tout particulièrement de faire accepter une vieille qu'un de ses amis, fabricant de musique, désire exposer. « Sa demande, dit-il, a été faite trop tard; cependant ça ne tient pas beaucoup de place. Si vous pouviez la faire accepter vous me feriez bien plaisir, car il a déjà travaillé après. • Je suis désolé de ne pouvoir procurer ce plaisir à notre spirituel correspondant; il sait très-bien que je m'occupe de jardinage et non pas de musique,

F. Heringq.

EUCODONOPSIS NOEGELIOIDES (Pl. II.)

Le nom de cette jolie et ravissante plante est une nouvelle preuve à l'appui de notre opinion, concernant la nomenclature horticole : que la botanique ne doit tenir aucun compte des noms donnés par le commerce, parce que ces noms sont appliqués, le plus souvent, sans examen sérieux à des espèces Connues, déjà décrites ou à des plantes qui ne sont que des formes ou variations insensibles d'espèces anciennes.

Ici, la plante qui fait l'objet de cet article est, dit-on, un hybride, et pour elle on à créé un genre nouveau ! Sur quel caractère ce genre est-il établi ? On ne Ta pas encore dit jusqu'à ce moment, et on sera très-probablement embarrassé de le dire. Nous n'insisterons pas davantage sur l'abus de créer des noms, et nous passons à l'historique de cette brillante nouveauté.

VEucodonopsis nœgelioides, que nous figurons d'après les plantes qui ont fleuri l'automne dernier chez MM. Thibaut et

Keteleér, i*6* rue de Charonne, est un hybride, et un hybrié? dont la parenté est impossible h trouver, dit AL Van-Houtte, tant elle est étrange. En effet, la mère serait un YEucodmia Ehrenbergii, et son père leNœgelia zebrina splendens. Issu, de parents appartenant à deux genres différents, il était difficile de dresser son acte de naissance* Devait-on l'inscrire au livre de l'état civil horticole comyme un Nœgelia ou comme un Eucodonia? Par ses feuilles planes, roides, laineuses; par ses pédoncules ténus teintés de rose ; par ses grandes fleurs d'un violet virant sur Ie rouge, avec des dessins couleur cramoisi velouté sur les lobes inférieurs, et l'intérieur du tube jaune citron vif pointé de carmin ; par tous ces caractères, le nouveau né resr semble beaucoup plus à un Eucodonia, qu'à un Nœgelia. C'est pour cela que le parrain, pour trancher la question, sans froisser un des deux parents, a créé le genre nouveau, Eucodonopsis, sans s'inquiéter si la botanique y trouvera profit et avantage.

Quant à l'horticulture, elle a gagné une charmante Gesnériaoée, d'une culture aussi simple que celle des Achimenes; comme elles, on la çraltiplie très-facilement, par ses rhizomes écailleux.

F. Herincq.

CONSERVATION DES COLEUS.

La conservation des Cokus pendant l'hiver est, comme chacun sait, très-difficile, surtout quand on ne possède pas de serre chaude* Les plantes qu'on rentre en serre tempérée ne tardent pas à fondre et à périr.

J'ai trouvé le moyen de les conserver, ou plutôt d'en produire de nouveaux qui remplacent avantageusement les anciens pieds. Je conserve ces derniers en serre tempérée de 8 à 10 degrés centigrades jusqu'au mois de janvier. Vers le 1S

de ce mois j'établis une couche chaude, sur laquelle je fais des boutures qui réussissent très-bien, et qui me permettent d'avoir au mois de mai, autant de Coleus que j'en avais en septembre. Les plantes que je rentre en serre! à cette époque, proviennent de boutures faites au raoi3 d'août, et qui sont déjà fortes au moment de la rentrée.

Jean Gautra,

jardinier aux Chapelles (ladre).

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