‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 136 sur 162 · IL N'Y A PAS DE SÈVE DESCENDANTE · texte numérisé non relu

IL N'Y A PAS DE SÈVE DESCENDANTE

Depuis que nous avons publié (1) une notice pour démontrer qu'il n'y a pas de sève descendante, nous avons reçu l'adhésion de plusieurs physiologistes, et de quelques horticulteurs expérimentés. Mais certains praticiens persistent à vouloir faire descendre la sève, et entre autres M. Bassot, de la Société d'horticulture de Ghauny, qui prépare; parait-il, un travail pour nous réfuter. Le bureau de cette Société, qui avait donné un résumé de notre notice , a décidé dans sa séance du 28 juin dernier, que le travail de M. Bassot nous serait envoyé aussitôt qu'il en aura fait le dépôt. Nous remercions la Société de sa décision; si ce travail nous parvient, nous l'examinerons, et si son auteur paraît comprendre la question, nous l'insérerons pour pouvoir, à notre tour, réfuter à nouveau cette vieille théorie de la circulation de la sève, derniers débris d'un système suranné, éclos dans le cerveau de ces savants philosophes des siècles passés, qui voulaient que les plantes fussent pourvues d'un cerveau, d'un

(4) VHortic. franc., 1867, page Î33

estomac et d'un cœur avec tout son appareil de veines et d'artères. En attendant la défense de M. Bassot, nous croyons utile au progrès de la science et de la question en litige, de reproduire une observation faite par le savant professeur M. Brongniart, à la séance du 13 août de la Société d'Horticulture de Paris, qu'il présidait, A l'occasion d'une communication de M. Lepère sur un Pécher, portant et nourrissant une branche greffée et séparée d'un pêcher voisin, M. Brongniart s'exprime ainsi :

« La reprise de la greffe une fois opérée, il n'y a rien d'extraordinaire à ce que la sève se porte des racines qui constituent son point de départ vers toutes les parties qui sont en végétation et oh la continuité des tissus lui permet de se "rendre sans difficulté. Il ne faut point prendre au pied de la lettre les mots de sève ascendante et sève descendante, auxquels il serait très-convenable de substituer, à l'exemple des physiologistes les dénominations de sève brute et sève élaborée ou nourricière. Ces mots ne préjugent rien sur la direction suivie par la sève, selon les circonstances, mais ils indiquent que la sève brute, résultat de l'absorption opérée par les racines, se porte vers les feuilles pour y être modifiée et concentrée ; q!T ensuite l'autre sève élaborée ou nourricier, produit de cette modification et concentration, va fournir les éléments essentiels des nouvelles productions partout où elles se développent (BulL Soc. d'Hort. 1868, p. 450).

Nous ne sommes pas seul, comme on voit, à combattre la théorie de la sève ascendante et descendante. Le plus grand physiologiste de notre époque, notre savant professeur M. Brongniart, le dit positivement ; il ne faut point prendre à la lettre le mot de <t sève ascendante et descendante • . Toutefois nous ne partageons pas tout à fait l'opinion de notre éminent et illustre maître, quand il dit que la sève brute se porte vers les feuilles pour y être modifiée et concentrée . Nous ne voyons

pas que les feuilles soient chargées exclusivement de ce travail d'élaboration. D'après nos observations et nos nombreuses expériences nous sommes arrivé à conclure : que chaque ois gane élabore la sève nécessaire à ses besoins, c'est-à-dire à la production de ses nouveaux tissus. M. Lep&re, dans la même séance du \ 3 août, a signalé un fait, que nous avons observé et provoqué souvent artificiellement, et qui démontre trèsclairement l'exactitude de nos conclusions : Voici en quels termes ce fait est annoncé au Journal de cette société, p. 450 :

€ M • Lopère signale encore ce fait qu'une bonne partie de ses pêches Galande sont déjà mûres, comme étant venues sur des brindilles non accompagnées de scions feuilles » .

Ce fait est assez concluant ce nous semble . ILn'y avait pas de feuilles pour élaborer la sève brute; les fruits ont dono dû l'élaborer eux-mêmes. F. Herincq.

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