‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 144 sur 162 · EMPLOI DU SEL EN HORTICULTURE · texte numérisé non relu

EMPLOI DU SEL EN HORTICULTURE

Une des plus grandes gloires des députés constituants de 1848, c'est l'abolition de l'impôt du sel, impôt inique, qui pesait lourdement sur le pauvre monde, dont la principale nourriture n'est pas précisément cette denrée peu alimentaire ; aussi, depuis ce moment, mange-t-on du sel à bouche que veux-tu; nos ménagères en sont moins chiches dans l'assaisonnement des ragoûts et du pot-au-feu, et les cultivateurs le répandent à pleines mains sur leurs terres pour doubler leurs récoltes ; ce qui fait, naturellement, que le prix du pain et de la viande a diminué de moitié, et il aurait diminué davantage encore si les paysans avaient mieux compris ce bienfait des députés républicains. Il parait, en effet, que la grande culture n'a guère mangé plus de sel après que durant l'impôt. Un de nos parents, gros négociant en sel, à Paris, n'a jamais livré

pour l'agriculture depuis la diminution et la suppression de ce fameux impôt, que 10 sacs de 100 kilogrammes chacun de sel (!!)'; ses livres sont à la disposition des incrédules.

Et cependant, les expériences faites dernièrement par M. Tobitz, père, de Lyon, et dont les résultats sont consignés dans le Bulletin de la Société d'horticulture du Rhône, démontrent que les cultivateurs se privent d'un puissant auxiliaire en n'employant pas cette substance. « Le sel, dit M. Tobitz, active la végétation, développe les organes, rend les tissus plus tendres et les sucs qui les gorgent plus savoureux; il a même aussi la propriété de détruire les plantes parasités. » C'est un agent bien intelligent que le sel, on en conviendra; il reconnaît les plantes parasite^ et les tuel Enfin, sous son action, toujours au dire de M. Tobitz, les feuilles prennent une teinte verte plus foncée, et les fleurs acquièrent des nuances plus variées et plus vives. Mais c'est surtout dans les terrains légers formés de calcaire siliceux que, le sel sera employé avec avantage ; il est considéré au contraire comme nuisible dans les sols argileux et marécageux, ainsi qu'à regard des plantes à suc aigre.

D'après l'habile expérimentateur lyonnais, voici les proportions dans lesquelles il convient de l'employer en horticulture, car elles ne sont parles mêmes pour tous les végétaux :

Pour les Datura, Phlox et Chrysanthèmes, il en faut de 30 à 60 grammes par mètre carré, et répandu dans le courant d'avril; pour les Glaïeuls, les Lis, de 40 à 50 grammes, au moment de leur croissance.

Pour la Bette, c'est de 50 à 60 grammes, en répétant l'opération dans le courant d'août; les Cardons en demandent 50 grammes, avec addition de 40 à 50 grammes dans le courant d'avril. Enfin pour les salades, il en faut de 30 à 55 gr. par mètre carré, répandu 48 jours après la plantation, et une quantité qui varie. . . suivant la grandeur du saladier et le goût

des consommateurs, au moment de l'assaisonnement.

F. Herincq.

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