‹ L'horticulteur français de (volume 3)Chapitre 6 sur 162 · BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

Essai sur l'Entomologie horticole, par le Dr Boisduval (1).

Jusqu'à ce jour nous avons été tous, horticulteurs et agriculteurs, dans une ignorance complète sur les as et coutumes des insectes qui pullulent dans nos jardins. Sans trop savoir pourquoi, nous détruisons les uns et nous respectons la vie des autres, et souvent c'est le contraire qu'il faut faire. Je viens d'en trouver mille preuves dans le livre si intéressant du Dr Boisduval. C'est un réel service qu'il a rendu à la science horticole, en publiant son Essai sur l 'Entomologie.

c Les ouvrages de la nature de celui-ci, dit-il dans sa pré- > face, ne peuvent être que le résumé plus ou moins fidèle des » connaissances acquises au moment de leur apparition. Nous » avons donc, à nos propres observations poursuivies pendant » plusieurs années, ajouté tout ce que nous avons trouvé de » meilleur dans les travaux de nos devanciers. »

Malheureusement, presque toujours les observations des savants sont faites en vue de la science pure. On disserte longuement pour savoir si tel insecte est d'un vert jaunàtref plutôt que d'un jaune verdâtre ; si ses aritennes sont velues ou cotonueuses, etc.; mais on s'inquiète peu de rechercher de quoi il vit, s'il est utile ou nuisible aux cultures . Ainsi je demandais dernièrement, à un savant distingué qui s'occupe spécialement des Poissons, si le brochet mangeait réellement le petit poisson. — t Ça se peut bien, » me répondit-il.. . 0! # savants de cabinet ! . . .

VEntomologie appliquée est donc une science toute nouvelle, et si le Dr Boisduval, malgré ses vastes connaissances et ses observations pratiques, n'indique pas toujours les moyens

(t) Librairie d horticulture de K. Donnaud, rue Cafe selle, 9. Prix : 6 fr.

de détruire ou de se débarrasser des insectes nuisihles, nous croyons qu'il a rendu déjà un immense service, en dévoilant leurs mœurs et en faisant connaître cetfx qui sont utiles, et ceux qui causent les plus grands ravages dans nos jardins, et spécialement les espèces qui attaquent les végétaux de serres, sur lesquelles se taisent tous les auteurs entomologistes ses devanciers.

V Essai sur F Entomologie horticole commence par une introduction dans laquelle l'auteur définit l'insecte, ses caractères, et fait connaître sa vie, ses métamorphoses, etc. Tout cela est dit naturellement, simplement, et la petite anecdote y trouve souvent place* Ce n'est pas seulement un livre à consulter, c'est un livre qui se lit, car sa lecture est pleine d'jrttrait.

Après l'introduction vient l'histoire des animaux utiles : mammifères^ oiseaux, reptiles, insectes, etc. Puis l'étude des classifications; les caractères des différentes classes et enfin le défilé de ces milliers d'ennemis qui affligent l'espèce végétale; 125 sont représentés par de jolis dessins sur bois .

C'est d'abord le Cloporte et les Iules ou Millepattes, les Araignées avec la fameuse Tarentule sur laquelle plaisante spirituellement le docteur; les Acarus dont une espèce détermine la maladie dite la Grise.

Acarus tisserand.

Les Coléoptères suivent cette avant-garde d'insectes sans ailes dits aptères. Je ne les passerai pas tous en revue, je n'en finirais pas. Je veux montrer seulement quelques-uns des jolis petits dessins qui accompagnent le texte.

La Criocère des Lis, d'un beau rouge vermillon et que bien

Crîocère des Lis.

des gens confondent avec la petite bète à bon Dieu.

Le Kermès du Figuier, en forme de patelle, et qui détermine

Kermès du Figuier.

le dessèchement de l'arbre par suite de l'épuisement de la sève.

Voici YAnthonome de Pommier ; c'est lui qui dépose dans la

mtbonome de Pommier.

fleur entr'ouverte du Pommier un petit ver qui ronge les organes de la fructification.

Qui n'a pas remarqué sur ses Rosiers des sortes de petits pompons microscopiques formés de fils terminés par une petite

Hémérobe perle.

bouleîCesont les petits nids d'Hémérobe, insecte très-élégant qui

dévore les pucerons. Il ne faut donc pas le détruire. En tout cas on doit se garder de l'écraser avec les doigts, car, dit le docteur, a il laisse une odeur infecte, qui rappelle le mot énergique de » Cambronne » et que les poètes ont rendu par le fameux : La garde meurt, mais elle ne se rend pas !

Voici l'Ichneumon, qui dévore les entrailles des larves d'autres insectes ; respectons-le.

■ \rf

lchaeumon,

Voulez- vous savoir qui nous prive parfois d'Aubépine fleurie?

Regardez cette Tenthrède à écusson. Ce n'est pas unechc-

TcnUirèdeà écussou.

nille, c'est la larve d'une petite mouche. Elle vit en famille dans des poches soyeuses et mange, à l'automne, les feuilles et les extrémités des bourgeons qui doivent fleurir au printemps suivant.

Nous arrivons à la classe des Papillons, c'esUi-dire des

Lépidoptères. Les Papillons sont des «èlres parfaitement inoffensife*, mais comme ils naissent d'une chenille, c'est sous cette forme qu'ils causent de grands ravages. De tout temps on les a traités en ennemis. En 1420, — c'est déjà loin de nous fort heureusement, — l'évèque de Laon, alla même jusqu'à les excommunier; et, en 1316, l'official deTroyes prononça contre elles la sentence suivante : « Parties ouïes, faisant droit sur la requeste des habitans de Villenoxe, admonestons les chenilles de se retirer dans six jours, et, à défaut de ce faire, les déclarons maudites et excommuniées. » — C'est un congé un peu brusque, dit le Dr Boisduvâl, ordinairement on donne huit jours pour déménager.

Les Choux sont dévorés, chacun sait celai par une chenille

te grand Papillon do Chon femelle.

du Pieri* brassicœ. La voilà sur sa feuille; à côté d'elle sa

Chenille du Papillon.

chrysalide de laquelle sortira le papillon.

Voici la chenille et le, papillon do Cossus gâte-bois, qui

Cossus gâte -bois-

creuse dans les tiges d'Ormes des galeries profondes ; c'est la chenille la plus nuisible aux environs de Paris.

Bombyx livrée.

Le Bombyx livrée est très-curieux par sa manière de dis-

poser ses œufs tout autour des rameaux. On le voit là en compagnie de sa chenille, de la coque dans laquelle la chenille s'enferme pour opérer sa métamorphose, et au-dessous sa bague d'qeufs.

Enfin, tout le monde connaît les Pommes véreuses. C'est

Pyrale des pommes.

une pyrale, petit papillon d'un gris cendré, qui dépose son œuf dans l'œil du fruit nouvellement noué. Aussitôt que la chenille est éclose, elle pénètre dans l'intérieur, se creuse une galerie latérale pour se donner de l'air. Malgré son ver rongeur le fruit continue de grossir; mais bientôt il tombe ; on le croît màr, il est tout simplement véreux.

Le nombre des insectes qui attaquent les plantes est pour le moins aussi considérable que le nombre des maladies qui sévissent sur notre pauvre espèce humaine. Dans le livre de M. Boisduval, j'ai compté 25 espèces de Pyrales, 10 de Teignes, 16 de Noctuelles, 34 Hermès, 14 Acarus et 163, Pucerons du genre Aphis!

C'est un livre des plus intéressants, et nécessaire à tout homme qui s'occupe de culture. 11 lui apprendra à connaître bien des insectes et des animaux qui sont pour lui des collaborateurs, des auxiliaires précieux ; car ils ne coûtent rien à nourrir; et, parle temps d'augmentation de salaire qui court, de pareils ouvriers ne sont pas à dédaigner.

F..HERINCQ.

Travaux du mois de Janvier.

Potager. On doit préparer le terrain pour semer sur ados ou eotitos: Pois, Fèves de marais, Ail, Échalottes, Poireaux, Oignons rouges et pales. Dans les planches d'oignons, on peut semer quelques chou, soil de Yaugirard ou gros Milan, qu'on repique en place ensuite vers le mois de mars, pour être bons à récolter en juin. On peut encore y semer un peu de carottes que l'on tire pendant Tété ; du Persil qui reste pour la consommation d'automme : ces plantes ne nuisent aucunement aux plantsd' oignons. Pendant la gelée, on couvre ces semis de litière sèche. Vers la fin du mois, on plante les pommes de terre hâtives, Comice d'Amiens et Marjolin. Sur couche et sous châssis, on sème : Poireau, Carottes, Tomates, Pois et Haricots nains, Melons, Concombres, Choufleurs tendres, Chicorée frisée d'Italie ; on continue les semis de Laitues et Romaines hâtives, Radis roses , Navets, Cerfeuil. On pinee au-dessus de la quatrième feuille les Pois semés le mois précédent ;. la transplantation qu'on leur fait subir en avance la production . On chauffe les châssis de fraisiers en pots ; les variétés les plus convenables sont : Queen Seedling, Goliath, Comte dé Paris, Princesse royale, Crémone, etc.

Fruitier. On peut commencer la taille des arbres, mais il est préférable d attendre la pousse : on obtient de meilleurs résultats; les cicatrices se recouvrent plus rapidement, et l'on n'a pas à craindre les décollements de l'écorce on /e dessèchement des bourgeons supérieurs voisins de la coupe. On continue le* travaux de défoncement et plantations : il faut se bien garder de planter par un temps pluvieux ou par la gelée; la terre doit être très-meuble. On peut placer des panneaux vitrés coulre les espaliers de Vignes, Cerisiers, Pêchers, etc., pour en obtenir des fruits précoces.

'Parterre. Couvrir et découvrir les plantes délicates suivant l'état de l'atmosphère ; il est bon de couvrir, si le froid est vif, les Pensées au moyen d'un pot renversé ; préserver aussi de l'humidité les Œillets et Auricules cultivés en pots* Terreauter les gazons et bordures de fleurs. Tailler les Rosiers et arbres A fleurs, excepté les Rosiers thés qu'on ne doit tailler qu'à la fin de février»

Serres. Maintenir la température nécessaire, la propreté sur les feuilles, arroser suivant le besoin. On doit farre des boutures de Fuchsia, Bouvard ia, Pelargonium, Lantana, Sauges, Héliotropes, Cuphea, etc.

Pour conserver les Épacris et les Ericas ou bruyères, il ne faut pas chauffer les serres ; il suffit de couvrir les vitres de paillassons ou de feuilles pendant les froids ; on doit leur donner le pins d'air possible, toutes les fois que le temps la permet; ces plantés peuvent supporter quelques degrés de froid sans souffrir.

Paris. —Imprimerie horticole d* E. Donxaud, rue Cassette, 9.

SOMMAIRE DES ARTICLES CftimOTOS DANS CE NDIfltRO.

F. Haamctf, Chraatqae. — J.-X. Jamk, Adg. Rivière, F. Hejuncq» réclamations au sujet da Ptnmlcr en cordon lioritontal. — 0. Lbsci/Vbr, Véronique Impériale (PI. Il): — L. Chaté et F. Hbribcq, cboix de Pelara>alaan BOnalo-Inquiaai»*. — Ci. Baltbt, plantation du Poirier dans les terres médiocres. — En. Chaté, lettre sur le Marché aux fleurs couvert — Eue. dk Martbagnt, compte rendu de rBspeallloa autaanaal* de Troyw. — A. de Talov, revue des Jeurnaux aatslak». — Travaux du mois de février. — Catalogues d'horticulture pour 1867.

CHRONIQUE

L'hiver de 4 967; les causes présumée* de la courte durée du froid ; la luue et le climat pluvieux de Paris ; — La neige ; son rôle comme abri protecteur des végétaux dans les région glaciales ; elle cause la pourriture des plantes après le dégel y précautions à prendre. Un professeur* de potago-arboriculture ; changement de domicile du Biége de ses conférences ; la cause; méthode surprenante de taille : 4 5,000 fruits sur î\ arbres ; contradictions ; intérêt de ces conférences ; leur ressemblance avec celle de Raynard sur le fusil à aiguille ; en quoi elles diffèrent. — Guide arboricole, par M. Van Huile.

L'hiver est enfin veim nous visiter* mais il est resté peu de, temps parmi nous. La cause de son départ précipité est en- veloppée d'une brume mystérieuse. Pour d'aucuns il" aurait fui devant la pleine lune. Dans ce cas, il a mis de la réflexion ; caria pleine lune lui a apparu le 20 janvier à 7 heures 45 mi* mîtes du matin , et ce n'est que le 23 vers 2 heures après minuit qu'il a quitté Paris, accompagné d'une pluie torrentielle**, le 22 à dix heures du soir, il fonctionnait encore avec une force de deux degrés au-dessous de zéro. Trois jours pour obéir à l'injonction de l'astre des nuits! O lune, ma mie, la puissance s'émousse. Bientôt, je le crains, tu pourras prendre ta lyre et chanter comme dans Richard Cœur-de-Lion : l'univers m'abandonne. Je n'en serai ma foi pas fâché ; car je verrai avec bonheur mes contemporains reléguer les influences lunaires sur la pluie et le beau temps, sur la végéta- Février 4867. 3

tion et la duplicature des fleurs; etc., au rang des contes de nos bonnes grand'mères.

Il est des hommes, plu» sérieux, qui affirment que l'hiver a fui parce que le climat pluvieux de la France ne convient plus à son tempérament sec et nerveux. lis parlent de créer une nouvelle société d'acclimatation qui aurait pour mission de modifier sa constitution par des procédés physiques, graduellement et savamment appliqués, pour l'amener à resupporter le climat humide de la région gallique. Le succès ne leur parait pas douteux. — L'honime est assez puissant, disent-ils, pour opérer ce phénomène : Josué n'a-t-il pas fait tourner la terre en suspendant la marche du soleil ! — C'est possible, maïs il y a longtemps.

Je fais néanmoins des vœux pour le succès de l'entreprise : car j'aime l'hiver, non pas pour les lacs glacés sur lesquels patinent, « une chandelle à la main » , les hautes sociétés civilisées, mais pour la gelée qui procure un repos salutaire à la végétation et pour sa neige qui recouvre. le sol, et protège les délicats végétaux de nos jardins.

Un des rôles de la neige, dans la nature, est, en effet, de revêtir la terre d'un pardessus blanc qui lui conserve sa température à peu près invariablement; car si le blanc, comme chacun sait, est moins prompt que la couleur noire à absorber le calorique , il se le laisse reprendre aussi plus lentement. En couche épaisse sur le sol, elle empêche ^tonc la déperdition de la chaleur de la terre plus élevée que celle de l'atmosphère, puisque l'air atmosphérique ne peut arriver au sol qu'après s'être équilibré avec l'air enfermé dans la multitude de petites cavités formées par l'enchevêtrement des milliards de petits cristaux étoiles qui constituent ces innombrables flocons neigeux. Sans la neige, les Alpes, les régions septentrionales de notre globe se trouveraient dépouillée de toute végétation pendant l'été; car la gelée

tuerait les germes , et les racines des plantes dans la terre. Loin de nous plaindre de sa présence pendant l'hiver, nous devons an contraire nous en réjouir.

Mais si la neige protège les plantes durant la gelée, elle défient souvent mortelle au moment du dégel, par l'eau qu'elle produit en abondance, et qui amène la pourriture des plantes, surtout de celles qu*on couvre d'une couche de litière ou de feuilles. Il importe dans ce cas, au moment du dégel, — lorsque la neige a couvert le sol, — de retirer aussitôt la litière ou les feuilles qui ont servi à couvrir les plantes pendant la gelée; sans cette précaution, on entretient autour des tiges et des racines une humidité surabondante qui désorganise les tissus et détermine la mort des sujets. C'est ainsi qu'on perd beaucoup de plantes dites délicates pendant l'hiver ; ce qui vient de m'arriver pour plusieurs, et entre autres pour un Yucca. Le jardinier, par excès de précautions, l'avait recouvert de feuilles; dimanche dernier, en le trouvant encore emmaillotté, je voulus le débarrasser de son abri inutile ; mais le malheureux était gelé... de pourriture ! Les extrémités des feuilles qui n'avaient pas profité de la couverture étaient parfaitement saines; les bases seules étaient en complète putréfaction. — Même résultat pour des Artichauts, etc., etc. — Nous conseillons donc à nos lecteurs de découvrir leurs plantes aussitôt le dégel. — Mon conseil vient un peu tard; mais qui sait, l'hiver peut être aussi capricieux que les hommes : revenir sur une décision antérieure , et se réinstaller à nouveau au milieu de nous.

Un savant professeur de potago-arboriculture vient d'en agir de la sorte. Par des prospectus- annonces, il avait informé le monde horticole qu'il ouvrirait ses conférences au siège de la Société impériale et centrale d'horticulture de Frarfce. Ce cours, disait le programme, est public et gratuit; il sera seulement perçu tin droit d'entrée de 50 centimes par personne (!) pour couvrir les frais , etc. La foule était telle à la porte de l'hôtel de lait» de Grenelle, le jour de l'ouverture, que l'illustre

conférencier fut obligé de revenir sur sa première décision ; il a emmené aussitôt ses auditeurs dans une salle beaucoup... plus petite, mais bien plus commode, a-t-il-dit, d'une maison sise dans une ru£ dont j'ai oublié le nom. L'avis placé en tête du journal de la Société aurait-il produit son effet ? C'est dans cette salle beaucoup plus petite qu'il enseigne sa méthode, la seule bonne, la seule vraie, et basée, comme toujours, sur les lois de la physiologie végétale.

Cette méthode est tellement supérieure à toutes les autres que, sur 21 arbres qu'il a plantés dans son jardin, il y a 6 ans, le merveilleux professeur a récolté, Tannée dernière, quinze mille fruits!!!! 11 a dit quinze mille fruits, et son auditoire n'a pas ri !..^ Dans quel siècle vivons-nous, ô mon Dieu ! Après cela, l'auditoire a sans -doute compris, comme moi, qu'il s'agissait de groseilles à grappes, — car l'habile professeur n'a pas nommé l'espèce fruitière. Je suis d'autant plus fondé à croire qu'il s'agit ici, en effet, de Groseilliers, que, dans une autre conférence, le merveilleux professeur a déclaré qu'on ne peut pas récolter, sur un arbre en palmette, plus de 20 poires par mètre carré. Or donc, si ces 21 arbres étaient des Poiriers, pour avoir produit 15,000 poires, à raison de 20 par mètre, chacun de ses arbres couvrirait une étendue superficielle de 35 mètres! Elle est vraiment bien bonne cette méthode-là ! Du reste, tout ce que dit cet illustre conférencier potago-arboricole, est bien bon. Ainsi il professe, dans une conférence, que le cœur de l'arbre ne sert exactement à rien; on peut l'enlever, dit-il, et le remplacer par du plâtre ; ça ne fait ni chaud ni froid à la végétation, lesarbres poussent tout de même. Puis, dans la conférence suivante, il recommande de ne point laisser d'onglet au-dessus de l'œil sur lequel on taille, parce que cet onglet se dessèche, et la carie (!) gagne le cœur de l'arbre; et, messieurs, ajoute-t-il, dès que le cœur est attaqué, l'arbre n'a plus long temps à vivre. !...

Ces conférences sont extrêmement intéressantes, au point de

vue de l'histoire de renseignement horticole en France; quant au point de vue instructif, elles m'ont paru aussi savantes, aussi substarftielles, aussi claires que celles de Raynard sur le fusil à aiguille, dans le Diable boiteux, ' au théâtre du Châtelet; avec cette différence, toutefois, que Raynard, demande à son auditoire la permission d'aller lui-même prendre des renseignements auprès de l'inventeur, quand il se trouve embarrassé, et que le conférencier potago-arboricole envoie ses auditeurs acheter ses ouvrages, pour plus amples ren* seignements !

Je ne voudrais cependant pas avoir l'air de lui faire concurrence, en annonçant un nouveau livre sur l'arboriculture; il me faut néanmoins en parler, car cela rentre dans mon rôle de chroniqueur : c'est du nouveau-

Ce livre est le Guide arboricole, par M. Van-Huile, jardinier en chef au jardin botanique de Gand, professeur de culture à l'Ecole normale primaire, etc. Avec ce guide, qui est ample et clair, on désapprend la routine, et on n'apprend pas d'absurdités. M. Van-Huile, que j'ai eu le plaisir de rencontrer à Amsterdam, est le plus ancien professeur chargé "des conférences horticoles en Belgique ; c'est un homme sérieux, (f un grand savoir. Ses leçons ont eu le plus grand succès en Flandre, et son traité d'arboriculture, le Boomteelt, a été assez apprécié, dans les provinces flamandes et en Hollande, pour exiger sous peu une quatrième édition. Le Guide arboricole, est la traduction française de Ce Boomteelt. Il n'est pas douteux que cette traduction n'obtienne, chez nous, le même succès (1).

F.Herincq.

(4) En vente à Paris, chezE. Donnaud, éditeur, rue Cassette, 9. Prix : 3 fr. 50

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