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SERVANT A LA DÉCORATION DES APPARTEMENTS

Aujourd'hui que Je goût et la mode persistent à jnlroduiw Jes plantes dans les appartements, l'horticulture est parvenue à connaître les espaces qui supportent le mieux l'atmosphère des salons, dans laquelle les végétaux les plus rustiques finissent par perdre d'abord leur exubérante santé, et ensuite la vie lorsqu'on s'obstine à les y maintenir.

Pour épargner aux lecteurs de Y Horticulteur français de nombreuses et cruelles déceptions, nous allons consigner les résultats des observations de notre ami et collaborateur M, Purel, qui a entrepris "une étude spéciale du tempérament des espèces les plus employées dans la décoration des appa?-> tements.

Mais d'abord nous rappellerons, en quelques mots, les con* ditions d'existence des végétaux.

L'eau est le véhicule qui dissout et charrie les principes aliimentaires qui se trouvent dans la terre. Il faut donc avoi* soin d'arroser, de manière à ce que la terre soit toujours hu* jmde, depuis |a surface jusqu'au fond des vaseg, mais sans ja*

mail former boue. L'arrosement est une des opérations le* pins délicates du jardinage; de la manière dont l'eau est dis* tribuée dépendent la vigueur et la santé d'une plante. Quelques personnes, dans la crainte de voir leurs plantes mourir de soif, leur donnent quotidiennement une petite ration d'eau ; voyant ainsi la surface constamment humide elles s'imaginent que tout va bien, et quand, après quelques jours d'un pareil régime, les plantes se flétrissent ou perdent leurs feuilles, elles «ont tout étonnées d'apprendre que c'est par le manque d'eau : le les ai cependant arrosées tous les jours un peu, disentelles.

H faut donc se bien garder de tomber dans ce travers. Ce système est très*mauvais, en ce que la petite ration d'eau versée ne mouille que la superficie de la terre; et il arrive ceci : la température des appartements l'enlève très-rapidement par évaporation ; l'eau n'arrive jamais au fond du vase qui est généralement le séjour des racines. De là dessèchement de ces organes d'absorption, dépérissement et mort de la plante. Pour que l'arrosement produise son effet, il ne faut pas que lé pot soit entièrement rempli avec la terre. Au moment de rempotage, on doit réserver toujours, à la surface, une cuvette de 5 à 10 milfimètres de profondeur, suivant la grandeur du vase, qu'on emplit alors complètement d'eau à chaque arrosement. De cette manière la terre se trouve mouillée jusqu'au tond du pot.

Malheureusement cette disposition ne peut pas toujours être prise ; on veut mettre dans des petits vases de très-grosses plantes, et, pour y parvenir, il faut diminuer la motte de terre, couper les racines, et malgré cette mutilation, le vase se trouve rempli au delà des bords. Dans cette condition, Tarrosement est impossible ; les plantes dépérissent. On traite alors le jardinier d'ignorant, ou bien le marchand est accusé d'avoir mis de la chaux dans la terre.

Pour qu'une planta vienne convenablement, il faut qu'aile

soit dans un pot de grandeur proportionnée à sa force, pour que ses racines puissent s'y développer et trouver la nourriture nécessaire à l'entretien des organes aériens.

La chaleur est indispensable à l'accroissement des végétaux, surtout exotiques ; mais il faut en même temps que cette chaleur soit accompagnée d'une atmosphère un peu humide. Sans humidité atmosphérique les tissus se dessèchent et les plantes se rident par la perte de leur eau de végétation qu'elles cèdent à l'atmosphère. Or, comme dans les appartements l'air est toujours sec et aride, la végétation se trouve presque aussitôt arrêtée. Il faut, pour atténuer l'effet désastreux de cet air sec, laver les feuilles en dessus et en dessous aussi souvent que possible, à grande eau qui doit être à la température de l'appartement. On doit surtout se bien garder de placer les plantes trop près des bouches de chaleur et sur les, cheminées. Le lavage des feuilles a ce double avantage, d'humecter leurs tissus, et d'enlever la poussière qui entrave la respiration.

Les plantes ont, comme les animaux, besoin d'air ; il faut par conséquent, chaque fois que le temps le permet, changer celui du milieu dans lequel elles vivent, en ouvrant les fenêtres, pendant quelques instants ; les hommes y trouveront également leur profit. Mais il faut faire bien attention de ne point les placer dans un courant d'air froid ; car ces courants sont aussi funestes aux plantes qu'à nous-mêmes.

Enfin, la lumière étant l'agent sous l'influence duquel se forme la matière verte, on doit se garder de mettre les plantes dans les endroits obscurs, parce que, placées dans cette condition, elles s'étiolent, deviennent chlorotiques et finissent par mourir.

Et maintenant que nous passons en revue les plantes qu'on soumet à ce genre de culture, nouslaissons la parole à M. Burel. F. H.

Les Pandanus sont des arbres des pays chauds de l'ancien

continent : Indes orientales, Madagascar., les lies de France et Maurice, Java, etc. On n'en connaît aucune espèce en Amérique. La tige est généralement simple, et porte dans sa partie supérieure de longues feuilles s'élargissant vers la base et semblables, quant à la forme, à celles du Poireau ; mais beaucoup plus amples, très-fermes, coriaces, souvent bordées de dents épineuses, et disposées autour de Taxe sur trois rangées spirales, qui simulent comme trois petits escaliers en colimaçon. On pourrait reprocher à ces plantes trop de roideur dans le port, et les dents épineuses qui bordent leur feuilles. Néanmoins on emploie dans la décoration des appartements de très-jeunes sujets de Pandanus utilis ou sativus, de Madagascar ; odoratissimus, des Indes orientales et des lies de l'océan Pacifique ; candelabrum, de l'Afrique tropicale ; amaryllifolius, d'Amboine ; les javanicus et graminifolius. Tous ces Pandanus demandent une température élevée ; ils craignent beaucoup les courants d'air.

Les Dracœna sont nombreux dans les cultures, et, à peu près tous, peuvent concourir à la décoration des appartements. Ce sont des plantes qui, par leur port, ressemblent aux Pandanus, du moins certaines espèces à feuilles élargies à leur base. Au sommet d'une tige généralement simple, se dresse un bouquet de feuilles tantôt en forme de longues lanières non épineuses, tantôt plus ou moins rétrécies à la base en un pétiole cylindrique.

Les plus rustiques, ceux du moins qui supportent le mieux l'air très-chaud et toujours aride des appartements sont : les Dracœna (l) ferrea, terminalis, cernua, brasiliensi*, gracilù, umbraculifera, marginata et nobilis.

Les wngesta, mbra, cannœfolia, reflexa et leurs variétés, se

(4) Les botaniste* ont divisé le genre Dracœna; ils ont conservé le nom de Dracmia aux espèces qui n'ont qu'un seul ovule dans chaque loge de l'ovaire; et la nom de Cofdyline a été appliqué aux espèces chez lesquelles ont trouve plu-

contenter i d'une température moins élevée et n'exigent pas tine trop vive lumière.

Les espèces qui exigent moins de chalenr mais beaucoup de lumiè *e et d'air, sont les australis, draeo, (ndivisa et leurs variétés.

Toutes ces espèces veulent néanmoins de l'air et de la lumière; car, placées dans les endroits obscurs des apparte* ments; ils prennent en quelques jours une teinte jaunâtre, qui est le prélude de la mort. Pour ne pas les perdre, il faut s'empresser de les remettre enserre; avec quelques soins, lejaiv dinier peut leur rendre la santé .

H. Burel,

Jardltiier-fleutlete; njt du H&det*

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