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DE L'ACIDE PHÉNIQUEEN HORTICULTURE

Décidément l'acide phénique est une panacée; il guérit tout, détruit tout, salubrifie tout, — pardon pour ce mot. — Encore un peu dé temps, et il resuscitera les morts, ou bien il ne sera plus bon à rien. Parlons donc un peu de l'emploi de ce fameux agent en horticulture, pendant qu'il possède encore ses précieuses propriétés.

L'acide phénique est une substance que la chimie a découverte et extraite de la houille ; ce puits sans fond duquel on retire les couleurs les plus riches, les essences les plus précieuses et les plus variées, depuis l'infecte benzine Collas, jus* qu'à la douce et suave essence de violette.

On trouve l'acide phénique, dans le commerce, sous deux états : liquide et solide.

1 L'acide phénique liquide a la consistance d'une huile, de couleur brun foncé. Le Phénol Bobeuf, qu'on a tant et tant prôné, n'est autre chose que ce liquide auquel on a ajouté de

la soude et de l'eau. Avec l'un ou l'autre de ces deux liquides, on tue parfaitement les plantes qu'on veut guérir; car il faut employer l'acide phénique à des doses très-précises, et le dosage de ces liquides est impossible, puisque les fabricants ne peuvent pas faire connaître exactement la composition et la richesse, en acide, de la marchandise qu'ils livrent. Or, il faut qu'on le sache bien, au point de vue horticole, l'acide phénique peut être comparé aux substances médicamenteuses de la médecine homœopathique ; il ne faut l'employer qu'en solution très-faible ; au millième, de 1 à 4 millièmes au plus. La préparation, toutefois, est très-simple et très-facile avec l'acide phénique solide.

À cet état, il se présente sous forme de sel blanc cristallisé en longues aiguilles, ou en paillettes, h peu près comme le sel de sedlitz (sulfate de magnésie). Le Dr Lemaire, auquel on doit la découverte des nombreuses propriétés de cette substance, recommande, pour les applications horticoles, l'emploi de cet acide à l'état du sel très-blanc. Il peut être employé en dissolution dans l'eau ou incorporé à des poudres inertes.

Pour préparer la dissolution aqueuse, on fait fondre ce sel, à une température de 35 degrés centigrades seulement ; on agite fortement l'eau , car, sans cette précaution, il se forme des gouttellettes d'huile, et, alors, malheur à la feuille, au fruit, etc., sur lequel tomberait une de ces gouttes, il serait impitoyablement et subitement frappé de mort. On voit qu'il faut beaucoup de précaution et de grands soins pour administrer, aux plantes, ce précieux remède. Il est assez probable que c'est pour n'avoir point pris de suffisantes précautions et avoir négligé ces soins que certains expérimentateurs n'ont obtenu que de tristes résultats.

M. Lemaire indique un moyen très-simple et très-sûr de préparer l'eau phéniquée, exactement selon les formules : à 1 , 2, 3, 4 et 5 millièmes.

On fait dissoudre 50 gramipes d'acide phénique cristallisé,

dans un litre d'eau. Cette solution concentrée est ensuite plus ou moins étendue d'eau, pour obtenir les solutions faibles à *, % 3, etc. millièmes. Ainsi, en ajoutant 49 litres d'eau, à ce Ktre concentré, on obtient exactement Tean phéniquée à un millième ; si Ton Rajoute que 24 litres, la préparation donnera 95 litres de solution à deux millièmes. Enfin on pourra encore doser en prenant pour base i gramme d'acide par litre d'^aa, ce qui donne la solution à un' millième; deux grammes, ta solution à 2 millièmes, etc.

Et maintenant quel genre de service peut rendre cet acide phénique à l'horticulture ? M. Lemaire détruit les microphytes, tes microzoaires et les larves de toutes espèces d'insectes qui fourmillent dans les fumiers; il combat, avec ce H* quide, les maladies parasitaires des végétaux, pucerons, cryptogames, etc.

Pour tuer tous les insectes du fumier, il arrose avec de feau pbéniquée à deux millièmes ; puis, après, il étale l'engrais pour lui faire perdre la plus grande partie de l'acide phénique, et au bout de 2 ou 3 jours il peut procéder à son enfouissage par le labour, et ensuite au semis. L'introduction de cet engrais phénique, d'après le D* Lemaire, fait fuir les insectes, et les graines germent, que c'est grand plaisir à voir*

Pour combattre les maladies parasitaires et les animaux nuisibles, on prépare une poudre que l'on répand sur le soi j l'effet se produit alors par la volatilisation de l'acide. La préparation est simple : on étale sur un plancher une quantité de 6 à 8 centîm. d'épaisseur de terre, sable, marne pulvérisée, et même sciure de bois ; on arrose avec de l'eau phéniquée i cinq millièmes, soit cinq kilogrammes d'aride phénique pour 100 kiL de terre en poudre; puis on mélange bien avec une pelle par un bon brassage.

Cette terre ainsi phéniquée est ensuite étalée sur le solr en couche de 2 eentim. d'épaisseur, à l'air libre. Rien ne résiste

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aux émanations de l'acide phénique. Insectes, champignons parasites, chenilles, voire même le hanneton et sa larve, tout meurt, excepté naturellement la plante, qui recouvre la santé et une vigueur à nulle autre pareille- Dans les serres, n ne faut employer de poudre phéniquée qu'à t ou % millièmes.

Û faut se bien garder de phéniquer son sol par un temps venteux; car les principes volatils sont entraînés loin des vé* gétaux malades : autant alors en emporte le vent; il faut recommencer.

Nous ne pouvons qu'engager les ennemis des insectes, des ammaux nuisibles et des champignons parasistes, à suivre IeDr ternaire dans la voie phéniquée qu'il indique ; ils finiront peutêtre par purger leurs cultures de toute les maladies qui affligent la vigne, ta Pomme de terre, et autres végétaux de nos jardins. Qui ne risque rien n'a jamais rien.

F. Hebincq.

CATALOGUES D'HORTICULTURE POUR 4868

Pontalme et Daflot. grainiera, S, quai de U Mégisserie, Paria; — îfupsJé ment au catalogue de graines > nouveautés et récente» introduction*.

H>a«e et •ckmidt, à Brfurt (Prime). — Catalogne générai et extrait de* « catalogues de graines de plantes de serre, de pleine tecre, potagères et feu** * rageres.

■emrj «Isveotot, à Dijon (Côte-d'Or). Catalogne général : nouveautés*

Lebevf, à Argenitntl (Seine-et-Oi*e). « Catalogne descriptif o*Aantrg*% Frai» tiers, Vignes et de fleurs.

Lkértmlt (Louis), 44, rue de Calaia, à ÀrgenteuÛ. — Asperges et Figuier»

4*4t* Basjtotlsjir, korticuMaur. près la gare du eheasin de fer, à- Nancy (Meurthe). ■— Plantes nouvelles ; Gaillardia, Phloxr Àbutilon, Bégonia» Ge* ranium, Pelargonium* Penstemon, Weigelia, Calcéolaires, Verveines, I/anhaa, Plantes de serre chaude, froide et tempérée*

1%ibmfct et lieteleêr, rue Houdan, 7, à Sceaux (Seine). Catalogue général :

nouveautés de plantes de serre : Oîoxinia, Azalea, Pelargonium, etc. Verttoi» (Eugène), 3, rue Dunois», Faris . LiHom auratum et autres.

VOntorin-AndrieM, I. quai de la Mégisserie, Paris. — Extrait général des catalogues de plantes potagères, de fleurs, arbres et artontet, etc.

Travaux du mois de

Potager. Cest pendant le mois de mars que l'artichaut exige le plus de soins. On peut commencer vers le 45 à dégarnir les souches de la terre et du fumier entassés à chaque pied : la litière sèche doit rester à portée pour recouvrir sj la température l'exigeait. Aussitôt que le haie n'est plus ^a craindre, il faut enlever à chaque souche les œilletons superflus et ne laisser que les deux plus beaux ; après cette opération, il faut arroser copieusement les artichauts et leur donner une bonne couverture de fumier. C'est aussi pendant ce mois qu'on sème, laboure et fume les asperges. Le fumier de cheval est le meilleur pour ce dernier usage; mais, dans les terrains très- secs, on doit employer le fumier de vache; l'un et l'autre doit être à moitié décomposé. On plante choux-pommés, chouxfleurs, fraisiers, laitues, oignon blanc, oseille, poireau, romaines* On fait les semis de carottes, chicorée sauvage, choux-fleurs, choux-cabus de Saint- Denis, de Milan, de Bruxelles, épinards, fàves, ciboules, cresson alénois, panais, persil, poireau, tous les pois, radis rose et noir, salsifis, scorsonères, pommes de terre Vers la fin 'du mois: céleri à couper, cerfeuil, choux Quintal et de Poméranie* toutes les laitues, romaines blondes et grises.

Les couches et châssis exigent beaucoup d'attention, car, à cette époque, les réchauds dont on entoure les couches sont trop forts : il se produit des coups de chaleur qui détruisent toute la récolte ; il faut aussi veiller aux coups de soleil, qui produisent le même effet.

On sème sur couche : concombres, melons, piments, tomates, raves, salade et fournitures diverses.

Jardin fruitier. Finir la taille, labourer et pailler les plates-bandes. i Jardin d'agrément. Terminer les labours, travaux de propreté, la taille des arbustes divers et la plantation des plantes vivaces ; faire des boutures d'arbres et d'arbritfseaux. On sème en pleine terre : Giroflée de Mahon, Adonis, Coreopsis, Nigelles, Réséda, Nemophila, Clarkia, Gilia, Crépis roses, Giroflée jaune, Malope, Œillets de Chine, Pois de senteur, Reines-Marguerites , Capucines, Volubilis, Collinsia bicolor, Silérié à fleurs roses, Balsamines, Belles de Nuit et Belles de Jour, Muflier, Pétunia, Thlaspi, Scabieuse ou Fleur des Veuves, Phacelia, Linaria tripartia. On sème .sur couche: Célosia Crète de coq, Amarantes, Balsamines, ReineB-Marguerites, Calcéolaires, Quarantaine, Martinia, Cosmos.

On place aussi sur couche les tubercules de Dahlia pour déterminer la végétation des bourgeons, les séparer ensuite et les mettre en pot jusqu'au moment de les livrer en pleine terre.

Serres. C'est en mars que les Camellia sont dans toute leur beauté; il faut leur donner des arrosages modérés et entretenir avec soin la propreté des feuillages. Pour les autres plantes, même soin que pour le mois précédent ; mais on veillera pour éviter l'effet des coups do soleil; on blanchit les vitres avec de la chaux, ou l'on tend des toiles.

Paris. — Impriment horticole de E. Donnaud, rue Cassette, 4.

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